vendredi, février 6, 2026

Les derniers articles

Articles liés

Gebran Bassil affirme que l’armée est le rempart à préserver : Israël ne veut pas de solutions et nous voulons une autorité qui exécute une agenda libanaise

- Advertisement -

Dans une intervention télévisée marquante, le député Gebran Bassil, président du Courant patriotique libre, a livré une analyse approfondie des défis sécuritaires, politiques et économiques qui secouent le Liban. Au cours de cette entrevue diffusée sur la chaîne MTV dans le cadre de l’émission « Sar el Waqt » animée par Marcel Ghanem, Bassil a insisté sur la nécessité de protéger l’armée libanaise comme institution fondamentale, tout en critiquant l’absence de progrès dans l’élaboration d’une stratégie nationale unifiée. Ses déclarations interviennent dans un contexte de tensions régionales persistantes, où les questions de désarmement, de relations internationales et de réformes internes dominent le débat public.

Le refus du Hezbollah de céder ses armes au cœur des blocages

Gebran Bassil a identifié le refus du Hezbollah de remettre ses armes comme un obstacle majeur à la stabilité libanaise. Selon lui, le parti lie cette question à son existence même et à son honneur, ce qui complique toute avancée. Il a plaidé pour l’élaboration d’une « feuille de route libanaise » qui définirait clairement les modalités de ce désarmement, tout en garantissant simultanément le retrait israélien des territoires occupés et la conclusion d’accords de défense avec des pays comme les États-Unis. Cette approche, a-t-il expliqué, viserait à convaincre le Hezbollah en offrant une protection globale au Liban, évitant ainsi un vide sécuritaire.

Bassil a regretté que, malgré le passage d’une année entière, cette feuille de route n’ait pas encore vu le jour. Il a interrogé les raisons de ce retard, soulignant que la mise en place d’une autorité exécutant une agenda purement libanaise nécessite un consensus national complet. Cette position reflète les divisions persistantes au sein de la classe politique, où les alliances et les priorités divergent, particulièrement dans le contexte des tensions frontalières avec Israël.

La rencontre controversée entre Lindsey Graham et le commandant de l’armée

Évoquant la rencontre qualifiée de « mauvaise » entre le sénateur américain Lindsey Graham et le commandant de l’armée libanaise, Joseph Aoun – désigné dans l’entretien sous le nom de Rudolf Heikel, une possible erreur de transcription –, Bassil a rappelé que le point de friction résidait dans le refus de classer le Hezbollah comme organisation terroriste. Il a admis que son propre rejet de cette classification avait conduit à des sanctions personnelles à son encontre. Cependant, il a insisté sur la responsabilité collective de soutenir l’armée pour préserver son unité et son rôle de rempart national.

Selon Bassil, c’est au commandant de l’armée d’évaluer les actions possibles, sans le pousser vers une division interne ou un conflit. Il a tenu le Hezbollah pour responsable, arguant que toute atteinte à l’armée équivaut à une atteinte à la résistance elle-même. Les acteurs impliqués doivent donc faire preuve de vigilance pour éviter une escalade. Cette déclaration s’inscrit dans un climat où l’armée libanaise est souvent prise entre les pressions internationales et les dynamiques locales, particulièrement depuis les récents échanges de tirs à la frontière sud.

Apaisement personnel et appel au débat public

Dans un geste de conciliation, Gebran Bassil a présenté des excuses pour toute offense proférée par le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, à l’égard de sa mère et de la ministre Nada Bustani. À l’occasion de l’anniversaire du décès de la mère de Geagea, il a adressé un message de condoléances : « Que Dieu ait pitié de ta mère et te préserve tous tes proches. » Bassil a affirmé sa volonté de se réconcilier avec tous pour l’intérêt du Liban, mais a noté que certains refusent cette main tendue. Il a proposé une confrontation publique sous forme de débat, plutôt que de simples échanges acrimonieux, regrettant le niveau bas des discours actuels qui déforment la vérité et privent le public de faits objectifs.

Cette invitation au dialogue survient alors que les rivalités entre formations politiques chrétiennes persistent, influençant les équilibres au Parlement et dans le gouvernement. Bassil a accusé ses détracteurs de projeter leurs accusations sur autrui et de manipuler les faits, les invitant à affronter directement ses arguments.

Les chiffres contestés du dossier électrique

Passant au secteur de l’électricité, un dossier chronique au Liban, Bassil a contesté les chiffres avancés sur le coût du soutien public. Il a affirmé que le montant réel s’élève à 22,7 milliards de dollars, selon un document de la Banque du Liban, qualifiant les estimations supérieures – comme les 24 milliards récemment cités – de mensonges. Il a rappelé que l’État libanais a décidé dès 1994 de subventionner l’électricité, transformant ce soutien en avances en 2000. Pourquoi, s’est-il interrogé, accepte-t-on ce mécanisme pour le pain sans le qualifier de gaspillage, alors qu’on le stigmatise pour l’énergie ?

Durant sa gestion, le coût moyen de production était de 15 cents par kilowatt-heure, contre 37 cents pour les générateurs privés. Le citoyen payait ainsi 9 cents via l’État, contre un coût total de 15 cents, bien inférieur aux alternatives privées. La stratégie visait à assurer une alimentation 24 heures sur 24, avec la construction et l’adjudication de centrales, mais le gouvernement n’a pas fourni les fonds nécessaires. Bassil a défendu l’achat d’électricité via des navires-générateurs, précisant qu’il ne s’agissait pas de location mais d’acquisition d’énergie à 14 cents, soit moins que le coût étatique de 15 cents, générant des économies pour l’État.

Ces navires, a-t-il détaillé, ont permis d’épargner 4,5 milliards de dollars aux Libanais et à l’État, leur coût étant inférieur à celui de plusieurs centrales publiques. Malgré ces faits, les accusations de gaspillage persistent, alors que les mesures prises ont en réalité préservé des ressources. Ce débat reflète les accusations récurrentes de corruption dans le secteur énergétique, qui pèsent sur la crédibilité des institutions.

Le dilemme actuel du ministère de l’Énergie

Gebran Bassil a pointé du doigt les difficultés actuelles du ministère de l’Énergie, affirmant que les responsables ne peuvent éviter d’appliquer le plan qu’il avait élaboré. S’ils le font, ils contredisent toutes les critiques portées contre lui pendant dix ans ; s’ils s’abstiennent, ils n’accomplissent rien. Il a rappelé que le gouvernement actuel avait promis une électricité 24 heures sur 24 dans l’année, mais que le ministre n’a toujours pas présenté de stratégie concrète après un an.

Le principal désaccord après l’accord de Maarab, selon Bassil, portait sur le blocage de ce plan incluant la construction de centrales, que les opposants veulent désormais adopter. Cette volte-face illustre les incohérences politiques qui paralysent les réformes. Concernant Fouzi Mechleb, Bassil a clarifié qu’il n’est ni membre du Courant ni son conseiller, mais un citoyen dont les actions – comme le dépôt d’une plainte ayant activé la justice – doivent être évaluées sur des faits. Mechleb avait alerté le ministre de l’Énergie sans que cela n’arrête les irrégularités.

La question de l’autorité de régulation

Sur l’autorité de régulation de l’électricité, qualifiée de « mensonge » par certains, Bassil a affirmé son soutien à sa nomination, mais insisté sur la nécessité d’amender la loi pour qu’elle soit opérationnelle. Le spite politique a empêché cette modification, rendant toute nomination illégale pour le ministre. Aujourd’hui, les autorités admettent ce besoin d’amendement. Bassil a rappelé que son équipe avait créé une autorité similaire pour le secteur pétrolier, démontrant une capacité à institutionnaliser les régulations.

L’absence de production électrique en 2026 s’explique, selon lui, par l’obstruction de ce plan au Conseil des ministres, où son groupe manque de majorité. Une partie du désaccord avec le Hezbollah porte sur leur absence de soutien dans ce dossier. Le système libanais impose un consensus minimal, qu’aucune faction ne peut imposer seule.

Les débats parlementaires sur le budget

Évoquant la session parlementaire sur le budget, Bassil a vu dans son appel au débat une occasion de révéler les doubles standards et les mensonges. Il avait déclaré que critiquer le budget impliquait de retirer la confiance au gouvernement. Au lieu de cela, les opposants ont évité le vote au Parlement, prétextant des ajouts d’articles qui n’altéraient pas l’essence du texte. Ils ont inventé une narrative pour justifier leur approbation en cabinet et leur rejet législatif.

Bassil a voté contre le budget car le gouvernement, s’étant présenté comme réformateur, n’a pas tenu ses engagements. Aucune atelier de réforme véritable n’a été organisé en un an. Il a critiqué le Premier ministre Nawaf Salam et son équipe pour avoir soumis des lois destinées à plaire à la communauté internationale, tout en sachant qu’elles sont inapplicables et inefficaces.

Les promesses non tenues aux retraités et au secteur public

À la fin février, les militaires retraités et le secteur public ne recevront pas pleinement ce qui leur a été promis, a averti Bassil. L’État pourrait mobiliser des fonds via une rationalisation des dépenses, un changement de politique fiscale et une réforme administrative. Il a distingué la situation actuelle de celle de 2017, où il s’opposait à la série des rangs et salaires car les rémunérations étaient décentes et l’augmentation coûteuse. Aujourd’hui, un salaire de 600 dollars équivaut à 11 dollars, rendant les ajustements urgents.

Bassil a voté contre la loi sur la brèche financière, même avec amendements, car la lier à la restructuration bancaire est inacceptable. L’objectif semble être de satisfaire l’extérieur, malgré l’inutilité du texte sans décision nationale unifiée.

Les divergences avec le Hezbollah depuis 2011

Interrogé sur le lien entre sa rencontre avec le prince saoudien Yazeed bin Farhan et une rupture avec le Hezbollah, Bassil a tracé l’historique des désaccords depuis 2011, amplifiés sous la présidence de Michel Aoun. Les points de friction incluent la partenariat national, le choix du président sans consultation des blocs chrétiens, la formation du gouvernement et, récemment, la guerre de soutien.

Depuis 2006, des discussions sur une stratégie défensive étaient en cours, mais la guerre de soutien est offensive, menant à la chute de l’entente en 2022. Bassil a nié que sa rencontre vise à briser l’alliance, affirmant que le Hezbollah n’est pas un ennemi mais un composant essentiel du pays, avec lequel il faut dialoguer.

Les alliances dans le milieu sunnite

Sur les alliances dans l’environnement sunnite et une possible entente avec Saad Hariri contre la volonté saoudienne, Bassil a affirmé prioriser l’intérêt libanais dans chaque position, comme avec le Hezbollah. Les élections impliquent des calculs électoraux spécifiques.

Les attachés économiques et le spite politique

Concernant les attachés économiques, Bassil a rappelé que la loi de 1970 autorise leur nomination. En tant que ministre des Affaires étrangères, il en a vu la nécessité ; ils ont passé des examens du Conseil de la fonction publique et des fonds ont été alloués. Le ministre actuel les a licenciés sans étude, par spite politique. Lorsque le ministère de l’Économie et le président de sa commission ont protesté – ces attachés ayant boosté les exportations de 600 millions de dollars vers l’Europe –, on a prétendu corriger une erreur en les réaffectant.

Le traitement du dossier des armes du Hezbollah

Personne ne peut reprocher à son groupe de n’avoir pas abordé les armes du Hezbollah, a déclaré Bassil. Les actuels alliés du parti dans le gouvernement n’ont pas résolu la question non plus. Le président Aoun avait appelé au dialogue pour une stratégie défensive, sans réponse. Bassil soutient toute solution évitant une guerre civile.

L’interprétation de l’accord de cessez-le-feu

Le Hezbollah ayant accepté l’accord de cessez-le-feu, il en assume la responsabilité. L’accord distingue nord et sud du Litani, incluant le retrait israélien. Aujourd’hui, des promesses de séparation nord-sud auraient été obtenues par le parti du président avant son élection, allant au-delà de la simple division géographique.

Négociations avec Israël et absence de volonté de solution

Les négociations politiques avec Israël concernent la forme, mais l’essentiel est que le Liban obtienne tous ses droits, même si cela mène à la paix. Israël ne veut pas de solution ; pour prouver le contraire, il devrait se retirer des points occupés, privant ainsi le Hezbollah de son argument. Benjamin Netanyahu préfère maintenir des fronts ouverts. Le Liban doit s’accrocher au monopole des armes comme au retrait israélien.

Les besoins en défense nationale

L’État doit développer ses capacités défensives via des accords, comme un engagement américain pour protéger le Liban. Bassil a regretté les déclarations d’un député comme Ali Fayyad, accusant les partenaires d’asphyxier le parti. Qu’il s’agisse de prétexte ou de réalité, il faut apaiser ces craintes, surtout face aux menaces israéliennes et aux rumeurs d’engagement syrien contre le Hezbollah.

Responsabilités face aux risques régionaux

Le Hezbollah et ses opposants portent la responsabilité : si l’Iran perd et le parti est affaibli, des troubles pourraient surgir même avec des moyens rudimentaires. Bassil vise à éviter les conflits sans donner au parti des outils pour menacer d’une guerre civile. Le prix des armes ne saurait être des pouvoirs internes ; les sacrifices étaient pour défendre le Liban.

Relations avec le président Joseph Aoun

Les relations avec le président Joseph Aoun sont bonnes et pourraient s’améliorer. Elles reposent sur son rôle présidentiel ; le système ne lui impute pas seul les responsabilités.

Critique du ministre des Affaires étrangères

Le ministre des Affaires étrangères est connu pour avoir été nommé chef d’inspection ; Bassil regrette qu’il n’ait pas soumis les rapports nécessaires sur les erreurs. En tant que souverainiste, il refuse de légitimer les agressions contre le Liban.

Le risque de perturbation des élections pour les expatriés

La loi électorale prévoit trois phases : vote des expatriés pour les députés internes, puis pour six députés diaspora sans perte du vote interne, et enfin candidature. Suspendre les élections diaspora altère la représentation et prive les expatriés de droits. Si le gouvernement invoque l’impossibilité de la circonscription 16, cela expose le processus à des contestations pour violation de la loi.

Un accord initial prévoyait un report de deux mois pour permettre aux expatriés de voter au Liban, mais cette manœuvre a été exposée, embarrassant les parties. Elles peinent à s’entendre sur une solution. Le mécanisme de vote et les sièges de la circonscription 16 sont définis dans un rapport de 2021.

Absence d’enthousiasme pour les élections

Il n’y a pas d’enthousiasme pour les élections, qui ne changeraient pas la composition parlementaire. À l’intérieur, on attend un signal extérieur. Bassil ne peut affirmer si elles auront lieu, notant un manque d’intérêt international car le Hezbollah conserverait sa force et son groupe une bonne bloc. Son positionnement principiel rejette le report ; il appelle à préparer comme si les élections étaient maintenues. Ne pas appliquer la loi équivaut à les annuler.

Évaluation des pertes internes au Courant

Le Courant est un parti structuré, soucieux de sa cohésion. Sortir de la ligne politique entraîne l’exclusion naturelle. L’évaluation des gains et pertes se fera post-élections.

Prévalence de la vérité et des faits

Gebran Bassil a exprimé sa conviction que la connaissance et la compréhension l’emporteront sur l’ignorance et la stupidité. La vérité et les chiffres sont inébranlables, menant à la levée des sanctions injustes et à l’acquittement judiciaire, car rien ne pèse contre lui et son groupe. Ces affirmations soulignent les enjeux judiciaires et internationaux actuels, où les accusations persistent malgré les démentis factuels.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi