La naissance de Mohammad coïncide cette année à la période ou on commence à célébrer la nativité de Jésus Christ, événement qui advient pour la première fois après 457 ans. Certains y voient, notamment dans les pays où les communautés religieuses coexistent comme le Liban, un signe de rassemblement dans ces moments épineux, où la menace d’une troisième guerre mondiale se reflète sous l’étendard de la religion. Cependant, il existe des traditions et des cultures où les signes communs de rapprochement entre les peuples sont beaucoup plus importants que la promotion de la haine inter-communautaire. Comme par exemple la figuration du prophète Mohammad, qui a fait couler plus de sang que d’encres au cours des dernières décennies, alors que le principe de représentation du monde sacré, n’est pas catégoriquement interdit dans l’Islam, mais devant se faire dans le respect des constantes religieuses et sacrées de la foi musulmane. Cette tradition tient d’ailleurs son inspiration le plus souvent, notamment au niveau de la construction de la composition ainsi que de la figuration des scènes, de la tradition iconographique chrétienne.

Pas d’interdiction de représentations en Islam

L’Islam est une religion monothéiste qui se veut une religion sans images, dans la lignée de l’héritage biblique et du rejet de l’atmosphère païenne prédominant dans la péninsule arabique. Cependant, le Coran ne renferme aucune condamnation catégorique des représentations. L’interdiction générale de représenter les vivants est de rigueur après la mort de Mohamad, dans le but de combattre l’idolâtrie devenue une hantise avec le développement de l’Islam dans un contexte majoritairement polythéiste.

Cependant, les miniatures représentant le prophète de l’Islam existent.  Il est bon de savoir que la Sunna (corpus regroupant les paroles et actions de Mohammed écrit entre le VIIIème et le IXème siècle) ne mentionne pas non plus explicitement l’interdiction de la représentation du prophète, mais fait preuve d’une attitude méfiante quant à la représentation figurative des êtres vivants, qu’elle juge suspecte, puisqu’elle peut être associée à l’idolâtrie. Par contre, dans le milieu chiite, étant donné que le Coran ne mentionne aucunement une prohibition d’un art figuratif, aucune appréhension quant à la diffusion des images religieuses.

Ainsi, à partir du XVIème siècle, le prophète de l’Islam est représenté, le plus souvent avec un voile blanc recouvrant son visage – ce qui est le cas également pour l’ensemble des prophètes mentionnés dans le Coran et des douze imams. Le XIXème  siècle est témoin d’un foisonnement d’images dans l’ensemble du monde musulman. C’est dans ce sens d’ailleurs que l’ayatollah Ali Sistani, haute autorité du chiisme en Irak, décrète dans le cadre d’une fatwa sur les images, que le Prophète peut être représenté d’une manière digne et louable, dans le respect de son image sainte dans l’esprit des croyants – en d’autres termes, sans que cela soit d’une manière insultante.

La Naissance du prophète Mohammad en images

La tradition musulmane rapporte qu’en l’an 570 de l’ère chrétienne un enfant nait à la Mecque, d’un père issu de la tribu de Qoreich, et d’une mère native du clan médinois des Banou Zohra. Mahomet serait né, selon le calendrier arabe, un lundi soir, le 12 du mois de Rabih al Awal. L’année de sa naissance est désignée traditionnellement comme étant l’année de l’éléphant, en référence à l’attaque de la Mecque, par une troupe d’éléphants envoyés par le général éthiopien et vice-roi du Yémen, Abraha, afin de démolir le sanctuaire de la Kaaba vénéré par les Arabes. Le Coran (105:1-5) raconte que cette attaque a été repoussée par une volée miraculeuse d’oiseaux jetant des pierres brûlantes contre les soldats sans les tuer, mais en les blessant superficiellement afin de les empêcher de détruire la Kaaba.

Ainsi, rien n’empêche que cet épisode de la naissance de Mohammad, qui a eut lieu historiquement, soit traduit en images. Les exemples au sein même de l’art islamique en est une belle preuve, comme nous allons le découvrir ci-dessous à travers ces miniatures illustrant des manuscrits islamiques, conservés en Iran ou en Turquie.

Sur ces belles images riches en couleurs, nous vous souhaitons une Bonne Fête du Maouled el Nabi, espérant que la rencontre de cette commémoration et celle du Christ le lendemain, rapprochent les esprits et les cœurs pour que nous puissions vivre dans un monde où la Paix, l’Amour, la Tolérance et la Charité triomphent sur toutes les mauvaises volontés de guerres, de haines, de fanatisme et d’égoïsme. 

Mohammad, nouvellement né et porté sur les bras de sa mère qui le montre à son grand-père Abd Al-Mouttalib, ainsi qu’à une foule d’habitants de la Mecque.
Minature du Siyar el Nabi (Biographie du Prophète),  XVIème siècle Musée Topkapi, Istanbul, Turquie.

La mère de Mohammad et les anges apportant des présents au nouveau-né, dans une attitude d’adoration devant le prophète de l’Islam.
Minature du Siyar el Nabi (Biographie du Prophète),  XVIème siècle, conservée au Musée Topkapi, Istanbul, Turquie.

Mohammad, porté par deux anges, alors que sa mère sur sa couche est entourée de femmes qui l’assistent. A gauche, quatre femmes dont l’une tenant une canne supposée être la grand-mère observent la scène, et à droite, assis, le grand-père Abd Al-Mouttalib dirige son regard vers son petit fils qui vient de naître.
Miniature de l’Histoire universelle de Rachid el Dine, encre sur papier, 1315, Tabriz, conservée à la Bibliothèque de l’Université d’Edinbourg, Royaume Uni.

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Marie-Josée Rizkallah est une artiste libanaise originaire de Deir-el-Qamar. Versée dans le domaine de l’écriture depuis l’enfance, elle est l’auteur de trois recueils de poèmes et possède des écrits dans plusieurs ouvrages collectifs ainsi que dans la presse nationale et internationale. Écrivain bénévole sur le média citoyen Libnanews depuis 2006, dont elle est également cofondatrice, profondément engagée dans la sauvegarde du patrimoine libanais et dans la promotion de l'identité et de l’héritage culturel du Liban, elle a fondé l'association I.C.H.T.A.R. (Identité.Culture.Histoire.Traditions.Arts.Racines) pour le Patrimoine Libanais dont elle est actuellement présidente. Elle défend également des causes nationales qui lui touchent au cœur, loin des équations politiques étriquées. Marie-Josée est également artiste peintre et iconographe de profession, et donne des cours et des conférences sur l'Histoire et la Théologie de l'Icône ainsi que l'Expression artistique. Pour plus de détails, visitez son site: mariejoseerizkallah.com son blog: mjliban.wordpress.com et la page FB d'ICHTAR : https://www.facebook.com/I.C.H.T.A.R.lb/

2 COMMENTAIRES

  1. prophéte Mahomet exuse moi que la France est charlie se mauque de toi est de mon pére est des musulmans du monde (le saint fis d’Allah)

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