Le Ministère des finances a publié une lettre d’information à destination des détenteurs des eurobonds de la République Libanaise. Pour rappel, le Liban avait déclaré, début mars, un état de défaut de paiement sur les eurobonds arrivant à échéance le 9 mars 2020, puis sur la totalité des émissions obligataires internationales, le 23 mars 2020.

Le communiqué rappelle que la situation économique et financière a été aggravée par l’épidémie liée au coronavirus et réitère son soutien aux négociations en cours avec le Fonds Monétaire International (FMI), décrite comme étant “pierre angulaire” et permettant la mise en place du programme de réformes économiques jugées nécessaires.

Les autorités libanaises estiment ainsi que les négociations se poursuivent de manière constructive avant de plaider pour “une solution équitable et cohérente pour tous les créanciers”.

Selon les informations actuellement disponibles, le gouvernement et officieusement la Banque du Liban qui fait l’objet d’un audit juricomptable se seraient accordés sur le chiffrage des pertes du secteur financier, à hauteur de 241 000 milliards de livres libanaises. Pour l’heure, les responsables de la Banque du Liban dont le gouverneur Riad Salamé refusent de reconnaitre officiellement l’ampleur des pertes financières de la Banque Centrale. Cependant, un document confidentiel rendu public ce vendredi de source anonyme a révélé que ce dernier aurait “inventé” près de 6.8 milliards de dollars d’actifs pour la seule année de 2018 au motif des profits fiduciaires. ce document a également révélé que les réserves monétaires nettes seraient négatives de près de 30 milliards de dollars.

Cependant, ce chiffrage est rejeté à la fois par le parlement – de nombreux parlementaires étant également actionnaires de banques privées – qui estime les pertes à 81 000 milliards de livres libanaises seulement et par l’Association des Banques du Liban qui réfute toute notion de perte financière.

En raison de l’importance des pertes financières, le gouvernement envisage de restructurer le secteur bancaire privé et public, chose également refusée par la Banque du Liban et par les banques privées qui ont ainsi activé leurs relais dans le parlement.

Autre point crucial, les banques libanaises ont revendu une partie des eurobonds qu’elles détenaient à des fonds vautours comme Ashmore Group qui détient ainsi plus d’un tiers de certaines émissions obligataires. Cela complique les négociations avec les détenteurs d’eurobonds alors que les banques locales souhaitent leurs faire porter la plus grande partie de la restructuration de la dette à venir. Ces créanciers pourraient ainsi refuser tout accord et privilégier ainsi des actions judiciaires avec saisies de biens libanais situés à l’étranger.

Le texte du Ministère des Finances

Le Liban est aujourd’hui confronté à une grave crise économique et financière aux graves conséquences sociales. Cette urgence a récemment été aggravée par une résurgence du COVID-19.
Le Gouvernement libanais poursuit ses meilleurs efforts pour guider le pays sur la voie du relèvement de cette crise sur la base de son plan global de redressement financier adopté en avril de cette année, qui reste le plan essentiel pour sauver le Liban.

Le gouvernement reste fermement convaincu qu’un programme du FMI est la pierre angulaire de cette voie de reprise. Un accord de financement garantira que la reprise est associée à la mise en œuvre de véritables réformes et contribuera à restaurer la confiance dans l’économie libanaise.

Dans la poursuite de cet objectif, le gouvernement a récemment approuvé la nomination de trois cabinets internationaux pour effectuer un audit complet des comptes de la Banque du Liban.

L’engagement avec le FMI se poursuit sur la base de l’analyse et des propositions du plan de relance financière que les responsables du FMI ont, à plusieurs reprises, décrit comme un bon point de départ pour les négociations. Le dialogue avec le FMI se poursuit et est constructif.

Parallèlement au processus du FMI, le gouvernement reste pleinement déterminé à s’engager de manière constructive avec tous les autres propriétaires pour la restructuration de sa dette publique. En particulier, le Liban apprécie les réactions qu’il a reçues à ce jour de ses divers créanciers internes et externes et continue d’évaluer les contributions reçues dans le cadre de ses efforts quotidiens pour résoudre la crise. Enfin, le gouvernement réitère son engagement en faveur d’une solution équitable et cohérente pour tous les créanciers.

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