Les avocats de Raja Salamé tentent une nouvelle fois d’obtenir sa libération

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Les avocats de Raja Salamé, frère du gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, ont une nouvelle fois présenté une demande en vue de faire libérer leur client au juge d’instruction Nicolas Mansour.

Depuis, le juge a déféré la demande à la procureur du Mont Liban, la juge Ghada Aoun, ainsi que des documents liés au patrimoine immobilier de Raja Salamé.

Pour rappel, ce dernier est emprisonné depuis maintenant 2 semaines dans le cadre de l’enquête concernant des détournements de fonds de la Banque du Liban alors que son frère, qui ne s’est pas présenté devant le juge la semaine dernière a également été inculpé et qu’une nouvelle session visant à confronter les 2 hommes est prévue pour ce jeudi.

Cette confrontation a cependant peu de chances de se produire, en raison de la probable absence de Riad Salamé alors que le premier ministre souhaitait voir sa présence lors du conseil des ministres, ce que refuse le président de la république estimant, pour sa part, la présence d’une personne soupçonnée de crimes comme indésirable lors de la réunion.

Ils sont tous 2 accusés d’avoir détourné 326 millions de dollars sous couvert de commissions via la vente d’Eurobonds de la Banque du Liban. Cependant, ces montants auraient été transférés à un compte au nom de Raja Salamé en Suisse.

Plusieurs dirigeants de banque dont le président de l’Association des Banques du Liban Salim Sfeir ont vu leurs biens et ceux de leurs établissements gelés sur décision de la procureur du Mont Liban dans le cadre du même dossier. Parmi les autres dirigeants de banque visés par une nouvelle plainte déposée par le groupe “People want to reform the Regime”, fin du mois de février, ceux de la Banque Audi Samir Hanna, de la SGBL Antoun Sehnaoui propriétaire aussi d’un nouveau site d’information francophone entre autre, de Saad Azhari pour la Blom Bank et de l’ancienne ministre de l’intérieur Raya Hassan, dirigeante de la Bank Med dont la famille de l’ancien premier ministre Rafic Hariri est le principal actionnaire. 

Pour rappel, le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, fait également l’objet d’un mandat d’arrêt cependant non exécuté par les Forces de Sécurité Intérieure du général Imad Othman, proche comme lui de l’ancien premier ministre Saad Hariri. Côté libanais aussi , le procureur de la république, le juge Ghassan Oweidat, un proche comme Riad Salamé de l’ancien premier ministre Saad Hariri, aurait empêché le magistrat Jean Tannous en charge de l’enquête Forry Associates de communiquer avec ses homologues étrangers.

Selon les termes du contrat, Forry Estate recevait ainsi une commission des 3/8ème des 1% commissions sur l’achat des certificats de dépôts de l’état via la Banque du Liban par les banques privées entre 2004 et 2014. Ces montants qui atteignaient ainsi ensuite plusieurs millions de dollars étaient reversés et redistribués, selon les aveux même de Riad Salamé, en connaissance de la commission centrale de la Banque du Liban. Cependant, le contrat signé par la Banque du Liban avec les banques locales ne stipule pas le nom de Forry Associates, ce qui amène les experts judiciaires à s’interroger sur les versements effectués au bénéfice de cette entreprise et transférés en connaissance de cause par 6 banques locales à l’étranger.

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