Lettre ouverte – Réponse à l’appel de M. Le Drian : Aidez-nous en faisant un « Plan Marshall » directement en faveur de nos villages sans passer par l’État central

124

Par Fouad Abou Nader président de la fondation Nawraj ainsi que les présidents des municipalités:

Menhem Mehanna (Rass Baalbeck- Bekaa). Bashir Matar Qaa- Bekaa). Milad Kehdi (Koussaya-Bekaa). Dr. Jean Maacaron (Rayak- Bekaa). Abdo Makhoul (Qobeyat –Akkar). Dr. Elie Abou Nakkoul Kawkaba, Hasbaya). Pierre Attallah, Adjoint du maire (Rashaya Al Foukhar- Hasbaya). Elie Loukas Debel Sud). Jean Ghafari (Alma Al Chaab-Sud). Imad Lallous (Ain Ebel -Sud).

Elie Mushantaf (Abra- Zahrani). Nader Makhoul (Ain Al Mir- Jezzine). Habib Fares Bkassine- Jezzine). Joeseph Azouri (Azour- Jezzine). Fadi Romanos (Lebaa-Jezzine). Chehade Maalouf (Kfar Okab- Matn). Jean Maalouf (Kfartai-Matn). Elias Noujaim (Kfartai-Kesrouan). Samih El Khazen (Bekaatet Kanaan-Kessrouan)-Roukoz Al Rahi (Ghabat- Jbeil). Bachir Afram (Mazareeb-Jbeil). Georges Alam (Baskinta-Matn). Ernest Eid (Mtolleh- Chouf).

Les Moukhtars: Georges Karam (Zabbougha-Matn). Pierre el Haybe ( Machraa-Matn). Rachid Hajj. Ain el Kabou-Matn). Antoine Nakad (Wadi el Karem-Matn). Adel Atieh (Bkassine-Jbeil). Bachir Abdeljalil (Saïfi-Beyrouth). Mounir Hobeika (Baskinta-Matn). Georges Karam (Baskinta-Matn). Elias Khoury Hanna (Baskinta-Matn). Adel Abou Haidar (Baskinta-Matn). Nabil Ghosn (Khraybe- Akkar).

Monsieur le Ministre,

L’État central est paralysé par des allégeances confessionnelles, partisanes et étrangères et par des conflits d’intérêts avec les milieux d’affaires, financiers et bancaires. C’est pourquoi, les réformes que vous appelez de vos vœux (et nous aussi) sur « la transparence, la régulation de l’électricité, la lutte contre la corruption, la réforme du système financier et bancaire » sont bloquées. « Rien ne bouge » comme vous dites. Et cela dure depuis trente ans.

Les Libanais souhaitent édifier un État-nation. Celui-ci reposerait sur la liberté, une identité citoyenne (avec un code civil unifié du statut personnel civil), le droit et l’égalité, la promotion sociale par le mérite, la sécurité (avec un État ayant le monopole des armes sur l’ensemble du territoire et contrôlant celui-ci et ses frontières) et la dignité ainsi que sur une neutralité positive et permanente reconnue et garantie internationalement et sur une décentralisation poussée (le régionalisme). Pour lutter contre la corruption et récupérer les fonds détournés, nous espérons que l’audit juricomptable (« forensic audit ») prévu par le plan du gouvernement sera effectué et étendu à tous les ministères, les organismes étatiques, les services de l’administration, la Banque Centrale et les banques. Pour obtenir de la transparence, il est nécessaire de passer à une gouvernance 2.0, c’est-à-dire un e-gouvernement et une e-administration.

Mais voilà, cette vraie « Révolution » ne pourra être impulsée que par le bas, c’est-à-dire au niveau local : les municipalités, les villages et les citoyens, notamment les femmes et les jeunes. Ceux-ci sont prêts à « bouger » (pour reprendre votre expression) immédiatement sans attendre que l’État central bouge. Vous avez appelé les Libanais à prendre des « initiatives indispensables pour leur sursaut ». En voici une. C’est une initiative de municipalités, de villages et de citoyens consistant à vous demander à mettre en place un « Plan Marshall » ou plutôt un « Plan Le Drian » directement en leur faveur, sans passer par l’État central. L’ambassadeur de France a d’ailleurs annoncé un soutien de votre pays directement aux 53 écoles à programme français du Liban ; des fonds d’aides d’urgences directement aux familles non françaises de vos 46 écoles ; ainsi que le soutien financier de l’AFD accordé directement à des projets locaux.

Pour pallier les carences de l’État central, nous pouvons en effet agir localement car nous sommes les premiers concernés et prendrons rapidement les décisions qu’il faut. Les municipalités, les villages et les citoyens ont un grand nombre de projets locaux pouvant relancer l’économie, développer le pays et freiner l’exode rural et l’émigration. En effet, nous pouvons créer de l’emploi grâce à ces projets liés à l’agriculture, la pêche, l’industrie, l’électricité, l’eau, l’écotourisme, le tourisme religieux, l’éducation locale permanente (y compris dans l’apprentissage des innovations et des nouvelles technologies, des langues, de l’artisanat, des arts comme la musique et de métiers comme la profession d’infirmière), l’innovation technologique (y compris dans le digital et le numérique), l’environnement (y compris le ramassage et le traitement des ordures), le développement durable, l’assurance maladie et la santé.

En cette année du centenaire de l’État du Grand-Liban, après 401 ans de joug ottoman, aidez-nous, municipalités, villages et citoyens, directement et non à travers l’État central. L’initiative n’est pas seulement économique et sociale, elle est également culturelle : la francophonie serait au cœur de ce « plan ». Quelle institution plus vivante que cette longue et profonde complicité culturelle, qui depuis si longtemps nous permet d’ourdir ensemble, par un même discours, dans un même langage, le complot de la liberté, qui a fondé nos deux pays et que nous pourrions aussi perpétuer en jumelant nos villages avec des communes françaises.

Nous nous tenons à votre entière disposition pour discuter de cette initiative ou de tout autre pouvant assurer notre « sursaut ». Veuillez Monsieur le Ministre, agréer nos sentiments les plus respectueux.  

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Il ne s’agit pas d’un espace pour les commentaires.