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Taekwondo libanais : Raad bronze au Luxembourg

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Le taekwondo libanais a signé une nouvelle présence sur le podium européen avec la médaille de bronze remportée par Charbel Raad lors de l’Open international du Luxembourg. Le résultat, obtenu dans la catégorie des moins de 87 kg, offre à la sélection nationale un repère positif dans une compétition qui réunissait des adversaires venus de plusieurs pays européens. Autour de Raad, la délégation libanaise comptait aussi les jumeaux Mark Zarifeh, engagé en moins de 63 kg, et Peter Zarifeh, aligné en moins de 68 kg. Sous la conduite du grand master Ralph Harb, directeur des sélections nationales et entraîneur de la mission, le Liban repart donc avec une médaille, deux victoires supplémentaires et plusieurs enseignements utiles pour la suite de la saison.

Le taekwondo libanais tient son podium

La médaille de Charbel Raad compte d’abord par sa simplicité sportive. Dans une délégation réduite, chaque combat pèse davantage. Le Liban n’avait pas engagé un large collectif capable de multiplier les chances statistiques de podium. Trois combattants seulement portaient les couleurs nationales. Dans ce format, une médaille de bronze n’est pas un résultat de présence. Elle traduit une capacité à résister à la pression d’un tableau international, à gérer l’éloignement, l’échauffement, l’arbitrage, les temps d’attente et les ajustements tactiques imposés par des adversaires peu connus.

Le résultat est aussi important par la catégorie concernée. Les moins de 87 kg demandent un profil particulier. Les combattants y associent puissance, mobilité et lecture rapide de la distance. Le moindre retard dans l’entrée ou la sortie de zone se paie cher. Un podium dans ce poids suppose donc une solidité physique, mais aussi une maturité de combat. Raad apporte au Liban un résultat qui confirme sa compétitivité dans une division exigeante, où les écarts se construisent souvent sur quelques actions décisives.

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La dépêche ne détaille pas le parcours complet de Raad combat par combat. Il faut donc rester prudent et ne pas reconstituer artificiellement son tableau. Ce qui est établi, en revanche, est net : le Libanais a terminé troisième et a offert au pays une médaille de bronze. Cette retenue est importante. Le sport de combat se raconte souvent à partir de gestes, de retournements et de moments clés. Mais lorsque les détails techniques ne sont pas disponibles, le résultat lui-même doit être placé au centre, sans embellissement.

Mark et Peter Zarifeh, deux victoires utiles

Autour de Raad, les prestations de Mark et Peter Zarifeh complètent le bilan. Mark Zarifeh, engagé en moins de 63 kg, a remporté son premier combat face à un adversaire suisse avant de s’incliner lors de sa deuxième rencontre contre un Français. Peter Zarifeh, en moins de 68 kg, a suivi un parcours proche. Il a gagné son premier match contre un Néerlandais, puis a perdu face à un second adversaire néerlandais. Les deux frères quittent donc le Luxembourg sans médaille, mais pas sans résultat. Chacun a franchi un tour dans un tournoi international, ce qui reste une donnée importante pour des athlètes en construction.

Dans les catégories légères et intermédiaires, l’enchaînement des combats impose une forte exigence de rythme. Les moins de 63 kg et les moins de 68 kg sont souvent des divisions rapides, avec des athlètes capables d’attaquer en rafales et de changer de direction sans perdre l’équilibre. Une victoire d’entrée permet d’installer la confiance. Une défaite au tour suivant rappelle aussitôt la densité du niveau européen. Pour Mark et Peter Zarifeh, le tournoi sert donc de test concret. Il montre qu’ils peuvent entrer dans la compétition, mais aussi que le passage vers les derniers tours réclame une marge supplémentaire.

Le rôle de Ralph Harb mérite aussi d’être souligné. La présence d’un directeur des sélections nationales à la tête d’une mission de trois athlètes traduit une volonté d’encadrement rapproché. Dans une compétition internationale, l’entraîneur ne se contente pas de donner des consignes depuis le bord de l’aire. Il gère les horaires, les récupérations, les lectures vidéo lorsqu’elles sont disponibles, les choix tactiques, les réclamations éventuelles et l’équilibre mental des combattants. La médaille de Raad et les deux victoires des frères Zarifeh s’inscrivent dans ce travail de suivi.

Une médaille dans un contexte sportif difficile

Pour le taekwondo libanais, ce type de déplacement garde une valeur particulière. Le pays traverse une crise économique et institutionnelle qui affecte directement le sport. Les fédérations travaillent avec des budgets contraints. Les clubs portent souvent une part importante de la formation. Les familles assument des coûts élevés, entre équipements, déplacements, stages et compétitions. Dans ces conditions, chaque participation internationale demande une organisation lourde. Revenir avec une médaille permet de justifier l’effort et de maintenir une dynamique autour des athlètes.

La performance intervient aussi dans un moment où le sport libanais cherche des signes positifs. Les disciplines individuelles jouent un rôle essentiel, car elles permettent à des athlètes de haut niveau de porter le drapeau dans des compétitions étrangères, même lorsque les moyens collectifs restent limités. Le taekwondo a déjà montré cette capacité, notamment grâce à un réseau de clubs actifs, à une culture technique solide et à une présence régulière dans les compétitions régionales et internationales. La médaille de Raad s’ajoute à cette continuité.

Le choix d’envoyer trois combattants seulement peut être lu de deux manières. Il révèle d’abord la prudence financière et sportive d’une délégation ciblée. Il montre aussi que la sélection préfère parfois miser sur des profils capables de tirer un bénéfice réel de l’expérience internationale, plutôt que de multiplier les inscriptions. Cette approche peut produire de la concentration. Elle donne à chaque athlète une responsabilité forte. Elle expose aussi davantage le bilan final, car une ou deux défaites rapides peuvent effacer la visibilité de toute une mission.

Le bronze de Raad comme point d’appui

Le bronze de Raad évite ce scénario. Il donne un point d’ancrage au déplacement. Il permet de parler du tournoi autrement que comme d’une simple étape d’apprentissage. Il offre aussi au groupe une image de réussite partagée. Dans les sports de combat, une médaille obtenue par un membre de l’équipe nourrit souvent l’ensemble du collectif. Elle valide une préparation, confirme une méthode et encourage les combattants battus à revenir avec une cible plus précise. L’effet psychologique peut être aussi utile que le résultat comptable.

Les parcours de Mark et Peter Zarifeh méritent d’être lus sans sévérité excessive. Une élimination après une victoire ne signifie pas un échec complet. Elle indique plutôt un niveau atteint et un seuil encore à franchir. Pour Mark, battre un Suisse puis céder face à un Français donne une mesure de la compétition continentale. Pour Peter, vaincre un Néerlandais puis perdre face à un autre adversaire du même pays offre une lecture intéressante : le style national, la densité technique et les ajustements d’un combat à l’autre peuvent peser lourd. Ces éléments doivent ensuite nourrir le travail à l’entraînement.

Un tournoi comme l’Open du Luxembourg sert aussi de laboratoire. Les athlètes y affrontent des opposants qu’ils ne connaissent pas toujours. Ils découvrent des rythmes d’arbitrage, des manières différentes d’engager le combat, des stratégies de gestion du score et des attitudes propres aux écoles européennes. Le Liban ne peut pas se contenter d’un calendrier local s’il veut maintenir ses combattants au niveau international. Il lui faut multiplier ces confrontations, même lorsque le retour immédiat se limite à une médaille de bronze et à des combats d’expérience.

Trois catégories, trois lectures techniques

La gestion des catégories sera un autre point à suivre. Charbel Raad a obtenu sa médaille en moins de 87 kg. Mark Zarifeh évoluait en moins de 63 kg. Peter Zarifeh combattait en moins de 68 kg. Ces trois poids couvrent des profils différents. Ils permettent à l’encadrement d’évaluer plusieurs besoins : puissance et contrôle dans les catégories plus lourdes, vitesse d’exécution dans les divisions intermédiaires, capacité à marquer sans s’exposer chez les combattants plus légers. La lecture du tournoi ne doit donc pas se limiter au podium. Elle doit servir à planifier les prochaines échéances.

La Fédération libanaise de taekwondo pourra tirer plusieurs enseignements de ce déplacement. Le premier concerne la compétitivité réelle de ses athlètes. Une médaille et deux premières victoires montrent que les combattants libanais ne sont pas seulement présents pour apprendre. Ils peuvent gagner à l’extérieur. Le deuxième concerne la profondeur de l’encadrement. Le suivi par Ralph Harb confirme l’importance d’une direction technique active. Le troisième porte sur la continuité. Une performance isolée ne suffit pas. Elle doit être suivie par d’autres sorties, d’autres stages et une préparation cohérente.

Il faudra aussi protéger les athlètes de l’excès d’attente. Une médaille de bronze internationale est un résultat positif, mais elle ne doit pas être transformée en promesse automatique de titres futurs. Le taekwondo progresse par cycles. Un combattant peut monter sur un podium une semaine, puis tomber tôt dans un autre tournoi plus relevé. L’important est de mesurer les tendances : capacité à franchir les premiers tours, qualité des réponses tactiques, gestion du stress, condition physique en fin de journée, aptitude à revenir après une défaite.

Transformer le résultat en progression

Pour Charbel Raad, la prochaine étape sera précisément de convertir ce podium en stabilité. Le bronze du Luxembourg peut servir de référence, à condition de ne pas devenir un point d’arrivée. Il faudra analyser les combats, identifier les situations qui ont permis de marquer et celles qui ont freiné l’accès à la finale. Dans les catégories où la puissance joue un rôle majeur, la précision technique reste déterminante. Les coups spectaculaires ne suffisent pas. La gestion des pénalités, des sorties de tapis et du temps faible fait souvent la différence.

Pour les frères Zarifeh, le message est différent. Leur tournoi montre une capacité à entrer dans un tableau et à gagner un premier duel international. C’est une base. Le travail devra porter sur le deuxième combat, celui où l’adversaire est souvent plus expérimenté, mieux classé ou mieux adapté après observation. Passer ce cap demande parfois peu de choses : une meilleure entame, une défense plus patiente, un changement de rythme ou une gestion plus froide du score. À ce niveau, les détails deviennent des résultats.

La médaille libanaise au Luxembourg peut aussi avoir un effet dans les clubs. Les jeunes athlètes suivent ces performances. Ils savent que les podiums internationaux restent rares et difficiles. Voir un combattant libanais monter sur la troisième marche dans une compétition européenne nourrit l’idée que le parcours est possible. Cela ne remplace pas les salles d’entraînement, les années de discipline et les sacrifices financiers. Mais cela donne une direction. Dans un pays où les jeunes sportifs se heurtent souvent au manque de perspectives, cette dimension compte.

Une visibilité précieuse pour la discipline

Dans l’immédiat, le résultat donne aussi à la fédération un contenu concret pour communiquer. Le sport libanais souffre souvent d’un déficit de visibilité, surtout lorsque l’actualité nationale est dominée par la crise politique, économique ou sécuritaire. Une médaille internationale, même modeste dans la hiérarchie mondiale, permet de rappeler que des athlètes continuent de s’entraîner, de voyager et de représenter le pays. Elle peut aider à attirer des soutiens, à convaincre des partenaires privés et à maintenir l’attention sur une discipline qui dépend fortement de la continuité du travail en club.

La couverture médiatique de ce résultat doit donc rester équilibrée. Elle doit saluer Charbel Raad, mentionner le travail de Mark et Peter Zarifeh, reconnaître l’encadrement de Ralph Harb et rappeler le contexte difficile du sport libanais. Elle doit aussi éviter de survendre l’événement. Le bronze du Luxembourg n’est pas un titre mondial. Il n’en est pas moins une performance internationale utile, obtenue par une délégation réduite, dans une discipline où le Liban continue de chercher sa place face à des nations plus équipées.

Le sport libanais a besoin de ces résultats intermédiaires. Ils ne font pas toujours la une longtemps, mais ils construisent une réputation. Ils permettent aux fédérations de défendre leurs programmes, aux clubs de motiver leurs élèves et aux athlètes de croire dans leur trajectoire. Dans le cas du taekwondo, la régularité compte plus que l’éclat isolé. Un podium au Luxembourg, puis une autre sortie réussie, puis une progression dans les compétitions régionales peuvent créer une dynamique réelle.

La suite dépendra du calendrier de la sélection, des moyens disponibles et de la capacité à transformer l’expérience en progression. Raad repart avec une médaille. Mark et Peter Zarifeh repartent avec une victoire chacun et des combats à analyser. Ralph Harb repart avec un bilan exploitable, à la fois positif et exigeant. Le taekwondo libanais, lui, gagne une nouvelle preuve que ses athlètes peuvent exister sur la scène internationale lorsque la préparation, l’encadrement et l’exposition compétitive se rejoignent.

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