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Revue de presse: le Liban au centre d’une escalade militaire et d’un marchandage régional

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Le Sud-Liban sous pression, Beyrouth de nouveau menacée

Dans son édition du 26 mai 2026, Annahar place la tension libanaise au premier rang de l’actualité. La une montre des secouristes et des pompiers à Kfar Remmane, dans le district de Nabatiyé, après une frappe israélienne. Le titre principal insiste sur l’escalade du Hezbollah et sur les menaces israéliennes visant la banlieue sud de Beyrouth. Le journal présente donc la journée comme un moment de bascule. Le Sud n’est plus seulement un front d’usure. Il devient le point de départ d’un risque plus large, qui peut toucher Beyrouth et la Békaa. Annahar, le 26 mai 2026, écrit que les effets d’un accord encore non conclu entre les États-Unis et l’Iran se répercutent déjà sur le Liban. Selon le journal, le Hezbollah semble miser sur des gains iraniens attendus, tandis qu’Israël menace de revenir à une guerre plus dense après la chute de drones du Hezbollah dans le nord d’Israël.  

Cette lecture est renforcée par Al Sharq Al Awsat, qui écrit, le 26 mai 2026, que l’armée israélienne a mené contre le Liban sa campagne la plus rude depuis la trêve d’avril. Le journal précise que les frappes ont visé surtout Tyr et Nabatiyé. Il ajoute que le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a demandé à son armée d’intensifier les frappes contre le Liban, en promettant de « broyer » le Hezbollah. Dans le même temps, deux ministres israéliens d’extrême droite, Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, ont réclamé des attaques contre Beyrouth en réponse aux drones du Hezbollah. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, rapporte aussi que Smotrich a demandé la destruction de dix bâtiments à Beyrouth pour chaque drone lancé vers le nord d’Israël.    

La menace ne reste donc pas limitée au langage militaire. Elle touche les infrastructures civiles et la capitale. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte que Ben Gvir et Smotrich ont appelé à couper l’électricité au Liban et à détruire des dizaines de bâtiments à Beyrouth. Le journal lie ces appels au recours du Hezbollah à des drones. Il écrit aussi que le Hezbollah affirme répondre aux violations israéliennes quotidiennes de l’accord de cessez-le-feu annoncé le 17 avril et prolongé jusqu’au début de juillet. Ainsi, la bataille des récits accompagne les frappes. Israël parle de riposte aux drones. Le Hezbollah parle de réponse aux violations et aux attaques contre les villages du Sud.  

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Les drones du Hezbollah changent le niveau d’alerte israélien

Dans son édition du 26 mai 2026, Al Quds Al Arabi détaille l’impact militaire de cette séquence. Le journal rapporte que le Hezbollah a annoncé sept attaques contre des véhicules et des soldats israéliens dans plusieurs localités du Sud-Liban. Ces opérations ont visé, selon les communiqués du parti repris par le journal, des rassemblements de soldats et de véhicules à Qouzah, Rchaf et sur un nouveau site militaire dans le caza de Bint Jbeil. Le journal indique aussi que le Hezbollah a utilisé des drones d’attaque contre des soldats israéliens près de Aadaysé et contre une position d’artillerie israélienne. Il évoque également l’attaque de deux chars Merkava à Debel.  

Ce point est important, car il explique la dureté des réactions israéliennes. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, écrit que le Hezbollah annonce chaque jour des attaques contre des soldats israéliens par drones suicides. Le journal ajoute que le parti a lancé des drones de type Ababil vers la profondeur israélienne. Des médias israéliens ont alors fait état d’explosions en Galilée occidentale et en Haute Galilée. Selon la même source, l’armée israélienne a diffusé des avis d’évacuation visant plus de quinze localités, dont Tyr et le camp palestinien de Rachidiyé, au sud de Tyr. C’est, selon le journal, la première alerte de ce type pour ce camp depuis le début de la guerre.  

Cette extension géographique donne une tonalité plus grave à la journée. La guerre n’est plus décrite comme une succession de frappes limitées. Elle prend la forme d’une confrontation avec plusieurs seuils. Il y a le seuil du Sud, déjà ravagé. Il y a le seuil de Beyrouth, à nouveau évoqué par des responsables israéliens. Il y a aussi le seuil de la Békaa, que Annahar, le 26 mai 2026, présente comme une zone désormais observée avec inquiétude après l’intensification des frappes israéliennes hors du Sud. Le journal évoque des interrogations sur une possible nouvelle phase israélienne, surtout dans les secteurs où le Hezbollah dispose d’influence et d’un environnement favorable.  

L’État libanais défend la négociation face à la logique de guerre

Face à cette montée du risque, les journaux donnent une place centrale à la position officielle libanaise. Annahar, le 26 mai 2026, cite le président Joseph Aoun, qui affirme que le chemin vers le retrait israélien complet restera une exigence nationale fixe. Il ajoute que l’État travaille à cet objectif par le choix de la négociation, qui ne sera ni une concession ni une reddition. Cette formule installe une ligne officielle claire. Le Liban ne reconnaît pas le fait accompli israélien. Mais il place la réponse dans le cadre de l’État, de l’armée et des canaux politiques.  

Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, reprend une position proche. Le journal rapporte que Joseph Aoun considère le retrait israélien complet comme une exigence nationale non négociable. Il précise que la négociation doit confirmer le droit exclusif du Liban à défendre sa terre, sa souveraineté et l’autorité de son État par son armée et ses forces de sécurité légitimes. Cette formulation oppose directement deux voies. La première est celle du Hezbollah, fondée sur la poursuite de la confrontation. La seconde est celle du pouvoir, fondée sur une reprise de souveraineté par les institutions. 

Dans cette même logique, Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, écrit que le premier ministre Nawaf Salam a appelé à faire de la fête de la Résistance et de la Libération une journée de solidarité avec les familles des tués, les blessés, les prisonniers, les déplacés et les habitants du Sud. Il ajoute que la fête ne sera vraiment retrouvée que le jour du retrait israélien complet et du retour sécurisé et digne des habitants. Le journal souligne aussi que l’État emprunte le chemin de la négociation directe avec Israël sous parrainage américain, avec une réunion sécuritaire prévue à Washington.  

Ce contraste nourrit la tension interne. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte que Naim Kassem a accusé le gouvernement d’échec face à Israël et a parlé du droit du peuple à descendre dans la rue pour faire tomber le gouvernement. Le journal cite ensuite la réaction du secrétaire d’État américain Marco Rubio, selon laquelle les propos de Naim Kassem montrent que le Hezbollah tente de ramener le Liban vers le chaos et la destruction. Cette réponse américaine donne une portée internationale au débat libanais. Elle place le gouvernement dans un camp soutenu par Washington et le Hezbollah dans une position plus isolée.  

Washington, Téhéran et Doha redessinent le cadre régional

Le dossier libanais ne peut pas être séparé des négociations entre Washington et Téhéran. Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, place en une le lien établi par Donald Trump entre l’accord avec l’Iran et l’élargissement des accords d’Abraham. Le journal écrit que Trump demande à l’Arabie saoudite, au Qatar et à d’autres pays de rejoindre ces accords, faute de quoi ils ne seraient pas partie prenante de l’accord avec l’Iran. Le même journal précise que Mohammad Baqer Qalibaf, Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale iranienne sont à Doha pour discuter des détails du mémorandum d’entente, notamment des avoirs gelés, du détroit d’Ormuz et de l’uranium hautement enrichi.  

Dans son édition du 26 mai 2026, Al Quds Al Arabi confirme que la visite de Qalibaf et d’Araghchi à Doha a placé la médiation entre Washington et Téhéran au centre de l’actualité. Le journal précise que les discussions portent sur un accord possible avec les États-Unis pour mettre fin à une guerre qui dure depuis trois mois. Il ajoute que la présence du gouverneur de la Banque centrale iranienne vise à discuter de la libération des fonds iraniens gelés par décision américaine. Le dossier n’est donc pas seulement militaire. Il est aussi financier, énergétique et diplomatique.  

Annahar, le 26 mai 2026, donne une lecture politique de la méthode Trump. Le journal écrit que le président américain cherche à utiliser le moment de la négociation avec l’Iran pour produire une grande transaction qui dépasse l’arrêt de la guerre. Cette transaction donnerait à Washington une occasion de rétablir son influence régionale après des mois de tension militaire dans le Golfe et autour du détroit d’Ormuz. Annahar ajoute que Trump a laissé entendre que les pays refusant de rejoindre les accords d’Abraham pourraient afficher de mauvaises intentions. 

Dans ce cadre, le Liban apparaît comme un terrain de conséquence. Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, écrit que les choix d’Israël sont difficiles. Si Israël veut conserver sa liberté d’action au Liban dans tout accord de cessez-le-feu, elle risque de contrarier Donald Trump, qui veut fermer le dossier de la guerre avec l’Iran au plus vite. Si elle accepte que l’accord inclue le Liban, cela peut signifier un recul par rapport à l’objectif déclaré de démantèlement du Hezbollah. Le journal présente donc le Liban comme un élément sensible de la négociation régionale, même lorsque le centre officiel des discussions reste l’Iran.  

Gaza reste l’autre front vulnérable

La une régionale du 26 mai 2026 ne se limite pas au Liban. Gaza reste présente comme le front humanitaire le plus lourd. Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, rapporte la poursuite des attaques israéliennes dans la bande de Gaza. Le journal écrit qu’un camp de déplacés à l’ouest de Khan Younès a été visé, tuant une femme palestinienne et une enfant, et faisant plusieurs blessés. Il cite aussi des sources médicales selon lesquelles le bilan de la guerre atteint 72 797 morts et 172 821 blessés depuis le 7 octobre 2023.  

Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, donne des chiffres complémentaires sur les violations du cessez-le-feu à Gaza. Le journal indique que, depuis l’entrée en vigueur de l’accord, 904 Palestiniens ont été tués, 2 713 ont été blessés et 777 corps ont été retirés des décombres. Il ajoute que les tirs, les bombardements et les attaques se poursuivent dans plusieurs zones, dont Khan Younès, le camp de Maghazi, l’est de Gaza et le littoral. La même source cite l’organisation Al Dameer, qui accuse les forces israéliennes de poursuivre des violations systématiques contre les civils malgré l’annonce du cessez-le-feu. 

Enfin, Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, rapporte que des sources du Hamas ne s’attendent pas à ce que Gaza soit incluse dans le futur accord entre les États-Unis et l’Iran. Le journal indique que, selon une source vivant à Gaza, le territoire pourrait devenir le maillon le plus faible si le calme se stabilise au Liban. Cette source estime qu’Israël pourrait alors accroître la pression sur Gaza. Cette hypothèse donne une cohérence sombre à la journée. Le Liban est sous menace d’extension de la guerre. Gaza reste sous siège et sous frappes. Et l’accord régional en discussion peut redistribuer les risques plutôt que les réduire.  

Politique locale: l’État libanais face au défi des armes et de la souveraineté

Une fête de la libération sans sentiment de victoire

Dans son édition du 26 mai 2026, Al Sharq Al Awsat décrit une scène politique libanaise dominée par un paradoxe. Le Liban commémore le vingt-sixième anniversaire de la libération du Sud en 2000. Pourtant, cette date ne prend pas la forme d’une célébration pleine. Le journal écrit qu’Israël occupe de nouveau environ quarante-deux localités et villages du Sud. Il ajoute qu’un cordon de feu a poussé les habitants d’environ vingt villages à partir presque totalement. Le symbole national se transforme ainsi en rappel de fragilité. La mémoire de la libération se heurte à une réalité de guerre, de déplacements et de souveraineté incomplète. Cette contradiction pèse sur le pouvoir. Elle oblige le président Joseph Aoun, le premier ministre Nawaf Salam et le président de la Chambre Nabih Berri à parler d’unité, de retour des habitants et de restauration de l’autorité de l’État, plutôt qu’à se limiter au langage habituel de la fête nationale.  

Dans ce contexte, Joseph Aoun fixe une ligne institutionnelle. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, rapporte que le président affirme qu’il n’y aura pas de renoncement à l’exigence du retrait israélien. Il précise que l’État travaille à cet objectif par le choix de la négociation. Ce choix est présenté comme une voie nécessaire, et non comme une concession. Le président ajoute que la libération du Sud relève d’un devoir assumé par l’État avec l’appui de ses citoyens. Le propos vise deux publics. Il s’adresse d’abord aux habitants du Sud, qui attendent une protection réelle. Il s’adresse aussi aux forces politiques qui contestent la voie diplomatique, en particulier le Hezbollah, dont le secrétaire général Naim Kassem a accusé l’État d’impuissance. La présidence cherche donc à reprendre le vocabulaire de la souveraineté. Elle affirme que la défense du territoire ne peut plus être dissociée des institutions, de l’armée et des forces de sécurité légitimes.  

Le premier ministre Nawaf Salam adopte une tonalité complémentaire. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, cite son message publié à l’occasion de la fête de la Résistance et de la Libération. Il appelle à faire de cette journée un moment de solidarité avec les familles des tués, les blessés, les prisonniers, les déplacés et les habitants des villages frontaliers. Il affirme que la fête ne pourra être pleinement retrouvée qu’après le retrait complet d’Israël et le retour des habitants en sécurité et dans la dignité. La formule est sobre, mais elle est politiquement lourde. Elle évite l’exaltation. Elle ramène la date au coût humain de la guerre. Elle inscrit aussi l’action du gouvernement dans une logique de protection des civils. Nawaf Salam ne nie pas la valeur historique de la libération. Cependant, il refuse d’en faire un slogan détaché de la situation présente. Le message place donc l’État devant une obligation concrète. Il doit obtenir le retrait, restaurer la sécurité et permettre le retour des familles.  

Le discours de Naim Kassem ouvre une crise politique

La principale secousse politique vient du discours de Naim Kassem. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte que le secrétaire général du Hezbollah a accusé le gouvernement d’échec dans la défense du pays face à Israël. Il a affirmé que le peuple avait le droit de descendre dans la rue pour faire tomber le gouvernement. Il a ajouté que, si le gouvernement était incapable d’imposer la souveraineté, il devait partir. Ces propos changent le niveau du débat. Ils ne portent pas seulement sur la stratégie militaire. Ils visent la légitimité même du cabinet. Ils interviennent au moment où la question de la limitation des armes à l’État revient au centre des décisions publiques. Le journal souligne que cette déclaration ne peut pas passer comme une phrase ordinaire, surtout dans une période où un projet de compréhension entre Washington et Téhéran se prépare, avec un volet possible sur l’arrêt de la guerre au Liban.  

Annahar, le 26 mai 2026, donne à cette sortie une portée plus large. Le journal écrit que les menaces de Naim Kassem d’abattre le gouvernement dans la rue ont ouvert une nouvelle réalité politique. Selon le quotidien, cette séquence a provoqué une réponse immédiate du secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a averti que le temps où le Hezbollah pouvait transformer le Liban en otage touchait à sa fin. Annahar ajoute que le gouvernement libanais bénéficie du plein soutien des États-Unis. Cette réaction extérieure pèse sur la scène interne. Elle donne au gouvernement un appui international, mais elle accroît aussi la polarisation. Le Hezbollah peut dénoncer une tutelle américaine. Ses adversaires peuvent, au contraire, présenter cette réponse comme la preuve que l’État n’est plus seul face au parti. Le débat local devient donc un prolongement direct de l’affrontement régional. 

La réaction religieuse sunnite prend aussi une place notable. Annahar, le 26 mai 2026, écrit que le mufti de la République, Abdel Latif Derian, a répondu de manière directe aux menaces de Naim Kassem. Le journal souligne qu’il a défendu avec force le choix de l’État et des négociations. Il a aussi critiqué, de façon implicite mais ferme, les politiques du Hezbollah. Cette prise de position est importante, car elle sort le débat du seul champ partisan. Elle donne une caution institutionnelle et religieuse à la ligne gouvernementale. Elle renforce aussi Nawaf Salam, dont l’action dépend de sa capacité à tenir ensemble la défense de la souveraineté, la stabilité interne et le refus de l’affrontement civil. Dans un pays où les équilibres communautaires restent déterminants, le soutien du mufti à l’option de l’État ajoute une pression politique sur le Hezbollah. Il signale que la menace de la rue n’est pas reçue comme une simple posture de mobilisation. Elle est perçue comme un risque pour la paix civile et pour les institutions.  

Les armes du Hezbollah au cœur du rapport de force interne

La question de l’armement du Hezbollah structure toute la séquence. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte que les propos de Naim Kassem sont lus selon deux pistes par des sources libanaises. La première serait une menace contre le pouvoir exécutif si celui-ci poursuivait l’application de l’agenda lié au retrait des armes du parti. La seconde serait une disposition conditionnelle à remettre les armes lorsque l’État serait capable de défendre le Sud. Cette lecture montre le nœud politique du moment. Le Hezbollah ne nie pas seulement le calendrier voulu par ses adversaires. Il conteste aussi la définition même de la défense nationale. Pour lui, l’État n’est pas encore en mesure de protéger le territoire. Pour ses opposants, ce raisonnement maintient l’État dans une faiblesse sans fin, puisque la présence d’une force armée parallèle empêche justement la pleine restauration de son autorité.  

Dans son édition du 26 mai 2026, Al Sharq Al Awsat cite le député Mark Daou, qui estime que le concept de dissuasion attribué aux armes du Hezbollah n’a jamais vraiment existé sous la forme promue depuis des années. Il distingue la période de résistance, liée à l’occupation israélienne et au retrait de 2000, de la période ouverte après 2005. Selon lui, après le retrait syrien, l’influence iranienne s’est imposée progressivement dans l’État libanais par des étapes politiques et sécuritaires. Il évoque notamment la période qui a suivi l’assassinat de Rafic Hariri, puis la guerre de 2006 et l’ouverture durable du front avec Israël. Cette analyse sert un argument central. Les armes ne seraient plus un outil de libération nationale, mais un facteur d’emprise politique. La frontière entre résistance et domination interne devient alors le cœur du débat libanais.  

Le même article de Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, cite encore Mark Daou, qui affirme que la transformation essentielle entre 2000 et 2026 tient au passage des armes du statut de résistance à celui d’outil entre les mains de l’Iran. Selon lui, ces armes sont devenues un prétexte permanent pour Israël et un facteur de blocage de l’État libanais. Le journal cite aussi le journaliste politique Ali Al Amine, pour qui la formule de dissuasion promue par le Hezbollah relève davantage d’un concept construit que d’un système réel. Il affirme que la guerre récente et les développements ouverts depuis 2023 ont révélé un écart entre le récit défendu par le Hezbollah et la réalité des rapports de force. Ces avis ne sont pas neutres. Ils appartiennent à un camp critique du parti. Mais ils montrent la progression d’un discours politique qui cherche à retirer aux armes leur légitimité nationale et à les présenter comme un danger pour la société libanaise.  

La négociation devient un test pour l’autorité de l’État

La ligne défendue par Joseph Aoun repose sur un pari. La négociation doit permettre le retrait israélien tout en évitant une guerre plus vaste. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, cite le président en affirmant que le retrait israélien complet reste une exigence nationale fixe et non négociable. Il ajoute que l’État libanais œuvre à ce but par la voie des pourparlers, qui ne sont ni une concession ni une reddition. Le président insiste sur le droit exclusif du Liban à protéger sa terre, sa souveraineté et son autorité par l’armée et les forces de sécurité légitimes. Il affirme aussi que l’armée demeure le seul garant de la sécurité nationale et de l’intégrité territoriale. Ce vocabulaire répond directement au Hezbollah. Il ne nie pas le passé de la résistance. Il le replace dans une suite institutionnelle. Selon cette logique, la fidélité à la libération ne passe plus par la multiplication des armes, mais par la construction d’un État fort.  

Annahar, le 26 mai 2026, présente toutefois cette voie comme difficile. Le journal reconnaît que Naim Kassem peut avoir une part de raison lorsqu’il critique le comportement israélien dans le processus de négociation. Il note qu’Israël n’a pas encore donné de signaux de bonne foi suffisants. Il ajoute que le gouvernement peut donner l’impression de se presser sans obtenir de gains visibles. Mais le journal trace une limite nette. Il affirme que Naim Kassem n’a pas le droit de se retourner contre l’État, de reprendre le contrôle des décisions publiques ou de confisquer le pouvoir de décision comme par le passé. Le texte accuse aussi le secrétaire général du Hezbollah d’avoir introduit le Liban dans les guerres des autres et d’en avoir fait une arène de règlements de comptes régionaux. Cette analyse reflète une inquiétude politique majeure. Le gouvernement a besoin de résultats pour justifier la négociation. Sans résultats, le Hezbollah peut exploiter l’impatience du Sud. Mais la menace de la rue fragilise encore plus le cadre étatique. 

La pression américaine s’ajoute à cette équation. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, publie une analyse selon laquelle les défis dépassent la seule question des armes. Le problème touche aussi une structure étatique traversée par des obstacles profonds, qui bloquent l’exécution des décisions gouvernementales et révèlent la persistance de l’influence du Hezbollah à l’intérieur des institutions. L’article évoque aussi les sanctions américaines qui ont visé, entre autres, deux officiers supérieurs en service. Selon cette lecture, il s’agit d’un signal politique et sécuritaire destiné à enlever les obstacles qui empêchent l’application des décisions du Conseil des ministres. Ce point est sensible. Il place les institutions libanaises sous un regard extérieur plus strict. Il montre aussi que la crédibilité du négociateur libanais dépend de sa capacité à faire appliquer les décisions de son propre gouvernement.  

Nabih Berri et la recherche d’un minimum de cohésion

Dans ce climat, Nabih Berri tente de maintenir un discours d’équilibre. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, place le président de la Chambre dans le cadre de la commémoration de la libération. Le journal indique qu’il met l’accent sur la capacité commune des Libanais à libérer le pays et à le reconstruire. Il appelle aussi à se libérer de la haine. Ce registre contraste avec les termes plus durs employés par Naim Kassem et par les adversaires du Hezbollah. Nabih Berri cherche à préserver une marge de médiation. Il reste proche de l’environnement politique de la résistance, mais il est aussi l’un des pivots institutionnels du système. Son rôle consiste donc à éviter que le conflit sur les armes et la négociation ne se transforme en rupture totale entre les institutions et le camp du Hezbollah.  

La scène politique locale apparaît ainsi prise entre trois exigences. La première est militaire et territoriale. Elle impose d’obtenir le retrait israélien, de protéger les villages du Sud et de permettre le retour des habitants. La deuxième est institutionnelle. Elle exige que les décisions du gouvernement ne soient pas suspendues par la menace de la rue ou par une force armée hors du contrôle de l’État. La troisième est sociale. Elle impose d’éviter une fracture interne alors que le pays reste affaibli par la guerre, les déplacements et les effets économiques du conflit. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte que Joseph Aoun a également échangé avec le roi Abdallah II de Jordanie, qui a réaffirmé le soutien de son pays aux mesures prises par le Liban pour rétablir la sécurité, la stabilité et la souveraineté sur l’ensemble de son territoire. Cette dimension arabe donne un appui supplémentaire à la ligne présidentielle. Elle confirme que la souveraineté libanaise est redevenue un dossier régional, mais elle montre aussi que l’État ne pourra transformer cet appui en résultat que s’il conserve une cohésion minimale à l’intérieur.  

Citation et discours des personnalités politiques: souveraineté libanaise, menace de guerre et marchandage régional

Joseph Aoun place la négociation au centre de la souveraineté

Dans son édition du 26 mai 2026, Al Quds Al Arabi rapporte un discours de Joseph Aoun construit autour d’une idée centrale: le retrait israélien complet reste un objectif national fixe. Le président affirme que le Liban ne peut pas accepter le retour de l’occupation au Sud. Il présente la négociation comme un outil de souveraineté, et non comme une forme de faiblesse. Selon la formulation citée par le journal, ce choix ne relève ni de la concession ni de la reddition. Il confirme plutôt le droit exclusif du Liban à protéger sa terre, sa souveraineté et son autorité par son armée et ses forces de sécurité légitimes. Le chef de l’État lie donc le souvenir de la libération de 2000 à une exigence présente: reconstruire une autorité publique capable de parler au nom de tous les Libanais.  

Dans la même déclaration, Joseph Aoun insiste sur le rôle de l’armée. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, cite le président lorsqu’il affirme que l’armée restera le seul garant de la sécurité nationale et de l’intégrité territoriale. Cette phrase vise directement le débat sur les armes du Hezbollah. Elle ne nomme pas seulement une institution. Elle trace une frontière entre l’État et les forces armées partisanes. Elle renvoie aussi à une mémoire collective plus large. Joseph Aoun affirme que ceux qui ont libéré le Sud par leur sang, soldats, résistants et citoyens, méritent un État fort, uni par ses institutions civiles et militaires. Cette rhétorique permet de ne pas nier le passé de la résistance, tout en cherchant à l’intégrer dans un cadre étatique. Le président évite ainsi la rupture symbolique avec la mémoire du Sud, mais il refuse que cette mémoire serve de justification à une souveraineté partagée ou fragmentée.  

Annahar, le 26 mai 2026, retient la même phrase comme un repère politique majeur. Le quotidien souligne que Joseph Aoun considère le retrait israélien comme une demande nationale constante, sans renoncement possible, et que l’État veut l’obtenir par la négociation. Le contexte rend cette formule plus forte. Le Sud est frappé. Des localités sont déplacées. Israël menace Beyrouth. Et le Hezbollah affirme son droit à maintenir ses armes. Le discours présidentiel tente donc de remplacer la logique de la riposte armée par celle de l’autorité légitime. Il parle à l’opinion intérieure, mais aussi aux parrains étrangers de la négociation. Il leur signale que le Liban officiel veut obtenir un retrait total, tout en gardant la maîtrise de sa décision publique. 

Nawaf Salam transforme la fête en journée de solidarité

Le premier ministre Nawaf Salam adopte une parole plus sociale et plus sobre. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, rapporte son message publié pour la fête de la Résistance et de la Libération. Il appelle à faire de cette journée un moment de solidarité avec les familles des tués, les blessés, les prisonniers, les déplacés et les habitants du Sud. Il ajoute que la fête ne pourra être réellement retrouvée qu’après le retrait israélien complet et le retour des habitants en sécurité et dans la dignité. Cette formule évite toute célébration triomphale. Elle replace la date dans la douleur actuelle des villages frontaliers. Elle transforme un symbole politique en rappel du devoir de protection.  

Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, reprend le même message de Nawaf Salam et montre qu’il s’inscrit dans une séquence tendue. Le journal rappelle que le discours du premier ministre arrive après les propos de Naim Kassem sur le droit de descendre dans la rue pour réclamer la chute du gouvernement. Dans ce contexte, la parole de Nawaf Salam ne répond pas par une attaque frontale. Elle oppose au vocabulaire de mobilisation du Hezbollah un langage de cohésion nationale. Le chef du gouvernement refuse de faire de la fête un terrain de surenchère. Il parle des morts, des blessés, des prisonniers et des déplacés. Il place ainsi les civils au centre. Cette approche permet aussi d’élargir le débat. La question n’est pas seulement de savoir qui a résisté. Elle est de savoir qui peut garantir le retour des habitants et la sécurité durable du Sud. 

La formule de Nawaf Salam a aussi une portée institutionnelle. En disant que la fête ne sera retrouvée qu’après le retrait complet et le retour digne des habitants, il fixe un critère de résultat. Il ne suffit pas d’invoquer la libération. Il faut la rendre réelle dans les villages. Il faut que les familles reviennent. Il faut que les routes, les maisons et les services reprennent vie. Ce discours évite les mots lourds, mais il pose une pression concrète sur le gouvernement. Celui-ci devra prouver que la négociation produit des effets. Sinon, le Hezbollah pourra présenter son propre discours comme plus direct et plus efficace. La phrase du premier ministre est donc prudente, mais elle n’est pas neutre. Elle défend une souveraineté mesurée par la protection des habitants, et non par la seule capacité à menacer Israël.

Naim Kassem durcit le ton contre le gouvernement

Le discours le plus conflictuel est celui de Naim Kassem. Annahar, le 26 mai 2026, rapporte que le secrétaire général du Hezbollah accuse l’État d’être un outil du projet israélo-américain. Le quotidien cite aussi son rejet de la remise des armes. Selon la formulation rapportée, Naim Kassem affirme que le désarmement équivaudrait à une extermination et qu’il ne peut pas l’accepter. Il ajoute que la résistance défendra la terre, le peuple et l’honneur, et que toute personne qui l’affrontera aux côtés d’Israël sera affrontée comme Israël. La déclaration transforme le débat sur les armes en débat existentiel. Elle ne parle pas seulement de défense. Elle place les adversaires internes du Hezbollah dans une zone de suspicion politique et nationale.  

Dans son édition du 26 mai 2026, Annahar estime que ces propos menacent l’entité de l’État et affaiblissent ses positions à l’intérieur comme à l’extérieur. Le journal lit la formule de Naim Kassem comme une pression directe sur les partenaires libanais. Le secrétaire général du Hezbollah affirme que ses armes resteront entre ses mains jusqu’à ce que l’État soit capable d’assumer son devoir dans une stratégie nationale claire, programmée et mesurable. Cette condition reporte toute remise des armes à une étape non définie. Elle donne au Hezbollah le pouvoir de juger lui-même si l’État est prêt. Elle renforce donc le désaccord central. Pour le parti, l’État ne peut pas demander le monopole des armes avant d’avoir prouvé sa capacité. Pour ses adversaires, cette logique empêche justement l’État de devenir capable.  

Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte une autre phrase de Naim Kassem, plus directement tournée contre le cabinet. Il affirme que le peuple a le droit de descendre dans la rue et de faire tomber le gouvernement. Il ajoute que si le gouvernement est incapable d’imposer la souveraineté, il doit partir. Cette déclaration ouvre une crise politique, car elle dépasse le débat militaire. Elle met en cause la légitimité de Nawaf Salam et de son équipe. Elle intervient aussi à un moment où Washington et Téhéran discutent d’un accord régional possible. La parole de Naim Kassem semble ainsi remplir deux fonctions. Elle parle au public du Hezbollah, inquiet d’une négociation qui pourrait limiter ses armes. Elle avertit aussi le pouvoir que toute décision sur la souveraineté aura un coût intérieur. 

Marco Rubio soutient le gouvernement et vise le Hezbollah

La réponse de Marco Rubio donne une dimension internationale à la crise. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte que le secrétaire d’État américain critique durement Naim Kassem après ses propos sur le droit du peuple libanais à se soulever contre le gouvernement. Selon le journal, Marco Rubio estime que ces déclarations montrent que le Hezbollah tente de ramener le Liban vers le chaos et la destruction. Cette formule est brève, mais elle place Washington dans le camp du gouvernement libanais. Elle qualifie la menace de rue non comme une pratique politique ordinaire, mais comme un risque de déstabilisation.  

Annahar, le 26 mai 2026, donne à cette réaction américaine une portée plus large. Le journal écrit que Marco Rubio a averti le Hezbollah que le temps où le parti pouvait transformer le Liban en otage approchait de sa fin. Il ajoute que le gouvernement libanais bénéficie du soutien complet des États-Unis. Cette phrase a un double effet. Elle renforce Nawaf Salam et Joseph Aoun face à la pression du Hezbollah. Mais elle peut aussi nourrir l’argument du parti, qui accuse ses adversaires de rejoindre un projet américain. La parole américaine soutient donc l’État, tout en risquant de durcir la polarisation interne. Elle confirme surtout que la question libanaise n’est plus seulement libanaise. Elle est désormais intégrée aux calculs américains sur l’Iran, les armes régionales et la stabilité du front nord d’Israël. 

Marco Rubio intervient aussi sur le dossier iranien. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte qu’il affirme qu’une décision nucléaire ne peut pas être prise en quelques jours sur la base d’un plan provisoire. Il dit que les détroits doivent d’abord être rouverts, puis que des discussions très sérieuses doivent commencer sur l’enrichissement, l’uranium hautement enrichi et l’engagement iranien à ne jamais posséder d’armes nucléaires. Cette déclaration montre la méthode américaine. Washington veut un accord rapide sur les urgences régionales, mais reporte les points nucléaires les plus lourds à une étape suivante. Pour le Liban, cela signifie que le sort du front sud peut dépendre d’un calendrier plus large, fixé entre les États-Unis, l’Iran et les médiateurs.  

Les responsables israéliens menacent Beyrouth

Les paroles israéliennes rapportées par les sources sont parmi les plus agressives. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, écrit que Benjamin Netanyahu a demandé à l’armée israélienne d’intensifier les frappes contre le Liban, en promettant de broyer le Hezbollah. Le journal rapporte aussi que Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir ont appelé à viser Beyrouth en réponse aux drones du Hezbollah. Ben Gvir demande de couper l’électricité au Liban, de s’emparer du fleuve Zahrani et de reprendre des combats intenses. Smotrich réclame, pour sa part, la destruction de dix bâtiments à Beyrouth pour chaque drone lancé vers le nord d’Israël.  

Ces déclarations donnent à la crise une dimension de menace contre les civils et les infrastructures. Elles ne se limitent pas aux positions militaires du Hezbollah. Elles évoquent l’électricité, Beyrouth et des destructions massives. Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, rapporte aussi la proposition de Smotrich et note que Netanyahu n’a pas validé cette logique de manière mécanique. Selon le journal, le premier ministre israélien lui aurait demandé s’il fallait détruire dix bâtiments à chaque drone lancé, quel que soit le front concerné. Cette réponse ne signifie pas une modération stratégique. Elle montre plutôt que le débat israélien porte sur le niveau de riposte et sur son utilité. Le Liban reste donc exposé à une menace lourde, même lorsque les dirigeants israéliens divergent sur la forme de la punition.  

Donald Trump relie l’Iran aux accords régionaux

Le discours de Donald Trump élargit encore le cadre. Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, rapporte que le président américain demande de façon pressante aux États de signer les accords d’Abraham. Il affirme que si l’Iran signe son accord avec lui, ce serait un honneur que ces États fassent partie d’un nouveau rassemblement régional. Il demande aussi à ses représentants de commencer et de conclure avec succès le processus de signature par les pays concernés. Le ton rapporté par le journal est impératif. Il ne s’agit pas seulement d’une invitation diplomatique. C’est une tentative de lier le règlement avec l’Iran à une réorganisation politique régionale favorable à Israël.  

Annahar, le 26 mai 2026, analyse cette sortie comme une tentative de produire une grande transaction qui dépasse l’arrêt de la guerre. Le journal écrit que Donald Trump cherche à utiliser la négociation avec l’Iran pour rétablir l’influence américaine dans la région après des mois de tension dans le Golfe et autour du détroit d’Ormuz. Il relève aussi que Trump suggère que les pays refusant de rejoindre les accords d’Abraham pourraient afficher de mauvaises intentions. Cette parole américaine pèse indirectement sur le Liban. Si l’accord avec l’Iran sert à relancer une normalisation régionale, la place du Hezbollah, de Gaza et du Sud-Liban deviendra un point de tension dans la mise en œuvre de cette transaction. 

Diplomatie: Doha au centre du marchandage entre Washington, Téhéran et les fronts régionaux

Une médiation accélérée autour d’un accord encore fragile

Dans son édition du 26 mai 2026, Annahar présente la séquence diplomatique comme un moment d’accélération entre les États-Unis et l’Iran. Le journal rappelle que ce n’est pas la première fois que des informations annoncent un accord proche entre Washington et Téhéran, avant un retour aux menaces. Mais le climat décrit cette fois semble différent. Annahar, le 26 mai 2026, évoque des déplacements intenses de responsables pakistanais, puis l’entrée du Qatar dans la médiation. Selon le journal, ces éléments ont donné l’impression que la signature d’un mémorandum d’entente entre les deux parties pouvait être une question d’heures, et non de jours. Le cœur de la proposition reposerait sur une division du règlement en deux temps. D’abord, une trêve de soixante jours, accompagnée de la réouverture du détroit d’Ormuz par l’Iran et de la levée du blocus naval américain sur les ports iraniens. Ensuite, des négociations sur le programme nucléaire iranien.  

Cette architecture diplomatique montre une volonté de traiter l’urgence avant le fond du contentieux. Le détroit d’Ormuz devient ainsi le premier test. Il ne s’agit pas seulement d’un passage maritime. Il devient une clé de la désescalade. Sa réouverture donnerait un signal aux marchés, aux États du Golfe et aux puissances engagées dans la médiation. En retour, la levée du blocus naval américain offrirait à Téhéran une première compensation visible. Cependant, cette méthode comporte un risque. Elle reporte les questions les plus dures à plus tard. Le nucléaire, l’uranium hautement enrichi, les garanties de contrôle et les engagements de long terme ne seraient pas réglés dès le départ. La diplomatie tente donc de créer un sas de sécurité. Mais ce sas peut aussi devenir une période d’attente tendue, si l’une des parties estime que l’autre ne respecte pas les premiers engagements.

Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, décrit la même prudence. Le journal rapporte que la visite soudaine à Doha de Mohammad Baqer Qalibaf, président du Parlement iranien, et de Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a propulsé la médiation entre Washington et Téhéran au premier rang de l’actualité. Le quotidien ajoute que la délégation iranienne a rencontré le premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani. La présence du gouverneur de la Banque centrale iranienne, Abdelnasser Hemmati, donne une autre dimension aux discussions. Selon Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, ce volet concerne la libération possible d’avoirs iraniens gelés par décision américaine, dans le cadre d’un blocus économique, financier et naval imposé à l’Iran. 

Doha, Islamabad et Mascate dans une chaîne de médiation

Le rôle du Qatar apparaît central, mais il n’est pas isolé. Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, écrit que l’attention s’est tournée vers Doha avec l’arrivée de Qalibaf, Araghchi et Hemmati. Le journal précise que les discussions portent, selon les informations disponibles, sur les points les plus sensibles du mémorandum en préparation. Ces points sont le détroit d’Ormuz, l’uranium hautement enrichi et les comptes iraniens gelés, dont une partie se trouve dans des banques qataries. Le même article mentionne aussi des contacts téléphoniques entre responsables qataris et omanais. Il rapporte que l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, a reçu un appel du sultan d’Oman, Haitham ben Tarek, tandis que Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani a parlé avec son homologue omanais Badr Al Busaidi.  

Cette chaîne de médiation donne une image claire de la diplomatie régionale. Le Pakistan agit comme médiateur officiel ou moteur initial. Le Qatar devient une plateforme de négociation et de mise en œuvre possible. Oman reste un canal utile, en raison de son expérience dans les échanges discrets avec l’Iran et les États-Unis. Ainsi, les puissances régionales cherchent à éviter une guerre longue qui toucherait le Golfe, les routes de l’énergie et les fronts alliés de l’Iran. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, indique que Doha aurait assumé un rôle plus visible dans les arrangements de mise en œuvre d’un accord de fin de guerre au cours des dernières semaines. Le journal rappelle aussi un précédent jugé peu encourageant par des sources iraniennes: un accord ancien sur des avoirs gelés en Corée du Sud, transférés ensuite vers le Qatar, sans que l’accès de l’Iran à ces fonds soit réellement garanti.  

Cette mémoire diplomatique pèse sur la confiance. Pour Téhéran, un accord écrit ne suffit pas. Il faut vérifier que les fonds peuvent être utilisés, que le blocus est vraiment levé et que les engagements américains ne restent pas théoriques. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, cité par Al Quds Al Arabi le 26 mai 2026, présente la participation de pays comme le Qatar, en plus du Pakistan, comme un rôle positif pouvant aider à résoudre certains points. Mais la formule reste prudente. Elle indique que les médiateurs ne remplacent pas les garanties. Ils aident à construire un mécanisme. Ils ne suppriment pas la méfiance entre Washington et Téhéran.

Les accords d’Abraham comme levier de pression américain

La surprise diplomatique vient de Donald Trump. Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, rapporte que le président américain a lié l’accord final avec l’Iran à l’élargissement des accords d’Abraham. Il a appelé l’Arabie saoudite et le Qatar à signer rapidement des accords de paix avec Israël, sous peine d’être exclus de l’accord avec Téhéran. Le journal cite une longue déclaration dans laquelle Trump affirme avoir parlé avec Mohammed ben Salmane, Mohammed ben Zayed, Tamim ben Hamad Al Thani, Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, Asim Munir, Recep Tayyip Erdogan, Abdel Fattah Al Sissi, Abdallah II et Hamad ben Issa Al Khalifa. Selon le récit de Al 3arabi Al Jadid, le président américain a dit qu’après les efforts des États-Unis pour résoudre ce problème complexe, les pays concernés devraient signer en même temps les accords d’Abraham.  

Annahar, le 26 mai 2026, analyse cette démarche comme une tentative de transformer la négociation avec l’Iran en grande transaction régionale. Le journal écrit que Trump veut dépasser le simple arrêt de la guerre. Il chercherait à offrir à Washington une occasion de rétablir son influence après des mois de tension militaire dans le Golfe et autour d’Ormuz. Le même article note que Trump laisse entendre que les pays refusant de rejoindre les accords d’Abraham pourraient montrer de mauvaises intentions. Cette phrase modifie le ton de la médiation. Elle fait passer le dossier d’un accord de sécurité à une pression de normalisation. 

Cette approche peut créer des résistances. Elle ajoute une condition politique lourde à une négociation déjà complexe. Le Qatar joue un rôle de médiateur avec l’Iran et détient une partie des leviers financiers. L’Arabie saoudite reste liée à la question palestinienne. La Turquie, l’Égypte et la Jordanie ont chacune leurs propres équilibres. En liant tout cela aux accords d’Abraham, Washington cherche un gain politique plus large. Mais cette méthode peut aussi compliquer la trêve, car elle oblige les capitales régionales à répondre à une demande liée à Israël au moment même où Gaza reste sous pression et où le Liban subit des frappes.

Le Liban comme front indirect de la négociation

Le Liban n’est pas au centre officiel des discussions de Doha. Pourtant, il apparaît comme l’un des terrains les plus exposés aux effets de l’accord. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, écrit que la négociation américaine et iranienne avance avec prudence au moment où un haut responsable iranien arrive à Doha pour discuter d’un accord possible avec Washington. Le journal précise que les dossiers mis sur la table sont Ormuz, l’uranium hautement enrichi et les avoirs iraniens gelés. Dans la même page, il rapporte que le cessez-le-feu à Gaza reste violé et que des sources du Hamas craignent que Gaza soit séparée de tout accord régional.  

La logique peut s’appliquer aussi au Liban. Si l’accord entre Washington et Téhéran stabilise certaines lignes sans traiter tous les fronts, chaque théâtre peut être soumis à un calcul différent. Le Liban peut bénéficier d’un apaisement si l’Iran choisit de réduire la pression régionale par le Hezbollah. Mais il peut aussi devenir une carte de pression si les discussions échouent ou si Israël veut conserver une liberté militaire au Sud. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte d’ailleurs que Marco Rubio a critiqué Naim Kassem après ses propos sur le droit de descendre dans la rue contre le gouvernement libanais. Le secrétaire d’État américain a estimé que le Hezbollah tentait d’entraîner le Liban vers le chaos et la destruction. Ce commentaire montre que Washington ne sépare pas totalement la diplomatie avec l’Iran de la question libanaise.  

Le gouvernement libanais cherche alors à défendre sa propre voie. Les déclarations de Joseph Aoun et de Nawaf Salam, citées dans les sections précédentes, prennent ici un sens diplomatique. Elles disent que l’État libanais veut le retrait israélien, mais par la négociation et par l’autorité des institutions. Cette position devient plus sensible au moment où les États-Unis soutiennent le gouvernement et où le Hezbollah conteste sa capacité à défendre la souveraineté. Le Liban officiel tente de ne pas devenir un simple appendice du marchandage entre Washington et Téhéran. Mais son espace reste étroit. Il dépend des décisions israéliennes, de la posture américaine, des calculs iraniens et de la capacité interne à contenir le face-à-face entre le gouvernement et le Hezbollah.

Gaza, Ormuz et l’énergie dans le même calcul régional

Le dossier de Gaza montre les limites possibles de la diplomatie en cours. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, cite une source du Hamas à Gaza selon laquelle même l’accord antérieur de cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis n’avait pas garanti la fin de la guerre dans l’enclave. La même source affirme qu’il existe une volonté israélienne et américaine de séparer Gaza des autres fronts, y compris du Liban, malgré l’intervention du Hezbollah au nom du soutien au territoire palestinien.  

Cette séparation des fronts est au centre du calcul diplomatique. Pour Washington, elle permettrait de traiter Ormuz, les flux énergétiques et l’Iran sans lier chaque accord à Gaza ou au Liban. Pour Israël, elle peut donner une marge militaire plus grande contre le Hamas ou le Hezbollah. Pour l’Iran, elle peut devenir un compromis difficile à vendre à ses alliés. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, cite aussi une source du Hamas selon laquelle, si l’accord est conclu, Gaza pourrait devenir le maillon le plus faible. Cette source estime qu’Israël pourrait accroître la pression sur Gaza si le calme se stabilise avec le Liban.  

L’économie mondiale ajoute une autre pression. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, indique que les risques sur l’énergie et les approvisionnements poussent les puissances internationales vers un règlement diplomatique rapide. Le journal évoque aussi le choix de Washington, exprimé par son secrétaire d’État, de donner une chance aux voies politiques malgré les obstacles liés à l’enrichissement nucléaire et à la navigation dans le détroit d’Ormuz. Il mentionne enfin la médiation pakistanaise, le soutien chinois et les efforts de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar pour reporter une frappe qui aurait été prévue le 19 mai 2026.  

Un accord par étapes, mais sans confiance complète

Le projet de mémorandum repose donc sur une diplomatie par étapes. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte, à partir d’informations attribuées à un responsable iranien, que le texte attendu ne comprendrait pas un accord nucléaire immédiat. Il se limiterait à un engagement d’entrer plus tard dans des pourparlers sur le dossier nucléaire. Le même passage évoque une réouverture progressive du détroit d’Ormuz, avec une première phase comprenant le déminage, la levée du blocus américain et la libération de douze milliards de dollars au profit de l’Iran.  

Cette méthode peut réduire le risque immédiat. Pourtant, elle ne résout pas le cœur du désaccord. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rappelle que les détails sur le désarmement nucléaire iranien seraient discutés pendant les soixante jours suivants. Le journal note que l’Iran aurait accepté de se défaire de son stock d’uranium hautement enrichi, mais qu’il n’aurait pas encore accepté la demande de Trump de remettre cette matière à l’Occident. Des solutions seraient envisagées, comme la réduction du niveau d’enrichissement ou l’envoi dans un pays tiers, avec vérification par l’Agence internationale de l’énergie atomique.  

La diplomatie du 26 mai 2026 avance ainsi entre urgence et méfiance. Les médiateurs cherchent une pause. Washington cherche une victoire régionale. Téhéran cherche des garanties concrètes. Les pays du Golfe cherchent la stabilité des routes maritimes et de l’énergie. Israël veut préserver sa liberté d’action. Le Liban veut éviter de payer le prix d’un accord qui se ferait au-dessus de lui. Dans cette configuration, Doha devient le lieu visible de la négociation, mais le résultat dépend d’acteurs qui ne poursuivent pas tous le même objectif.

Politique internationale: guerres prolongées, États fragiles et recompositions de puissance

Gaza reste isolée malgré les tractations régionales

Dans son édition du 26 mai 2026, Al Sharq Al Awsat écrit que des sources du Hamas ne s’attendent pas à l’intégration de Gaza dans le futur accord entre les États-Unis et l’Iran. Le journal rapporte que quatre sources du mouvement, à l’intérieur et à l’extérieur du territoire, affirment ne pas avoir reçu de garanties sur l’inclusion de Gaza dans ce parcours diplomatique. Selon ces sources, la bande de Gaza reste séparée des arrangements entre Washington et Téhéran, comme cela avait déjà été le cas lors de l’accord intervenu durant la guerre de juin 2025. Cette séparation donne à Gaza un statut de front vulnérable. Le territoire subit les effets de la guerre, mais il ne bénéficie pas forcément des mécanismes de désescalade discutés ailleurs.  

La situation humanitaire reste donc au centre de l’actualité. Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, rapporte que le bilan de l’offensive israélienne contre Gaza atteint 72 797 morts et 172 821 blessés depuis le 7 octobre 2023. Le journal évoque aussi des frappes contre Khan Younès, le camp de Maghazi et des pêcheurs palestiniens blessés par des tirs israéliens. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, souligne que le cessez-le-feu conclu en octobre 2025 sous parrainage américain et régional reste marqué par des violations répétées. Selon le journal, plus de 900 Palestiniens ont été tués depuis son entrée en vigueur. Ainsi, l’accord formel ne produit pas encore une sécurité réelle pour les civils.    

Cette fragilité nourrit une crainte plus large. Si le front libanais se calme dans le cadre d’un marchandage régional, Gaza pourrait devenir le terrain principal de la pression israélienne. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, cite des sources du Hamas qui parlent d’un blocage dans les négociations de consolidation du cessez-le-feu, en raison de l’intransigeance israélienne. Le journal évoque une nouvelle réunion attendue au Caire après l’Aïd al-Adha pour tenter de rapprocher les points de vue. Pourtant, la logique dominante reste celle de l’attente. Les acteurs locaux subissent les choix des puissances régionales. Les civils, eux, restent exposés aux frappes, au blocus et au manque d’aide.  

La Russie menace Kiev et élargit le seuil de confrontation

Sur le front ukrainien, Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, rapporte que Moscou menace de viser des centres de décision dans la capitale ukrainienne. Le ministère russe des Affaires étrangères a appelé les ressortissants étrangers, y compris les diplomates et les employés d’organisations internationales, à quitter Kiev aussi vite que possible. Selon le journal, cette menace intervient alors que des frappes ukrainiennes ont tué six personnes dans les régions russes de Belgorod et Briansk, ainsi que dans des zones contrôlées par Moscou. Dans le même temps, deux personnes ont été tuées par une frappe russe dans la région de Kharkiv.  

Le message russe vise à créer un effet politique avant même l’action militaire. Il signale que la capitale ukrainienne peut redevenir une cible directe, avec des conséquences pour les représentations étrangères. Le vocabulaire des centres de décision a une portée plus forte que celui des positions militaires. Il désigne le cœur du pouvoir. Il implique aussi une menace contre les lieux de commandement, les institutions et les réseaux de coordination. Ainsi, la guerre entre dans une nouvelle phase de pression psychologique. Moscou ne cherche pas seulement à répondre aux frappes ukrainiennes. Elle cherche à rappeler sa capacité à imposer un coût à Kiev et à ses partenaires.

Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, évoque également la dimension maritime et sécuritaire de cette confrontation. Le journal rapporte une enquête russe sur des mines magnétiques découvertes sur un navire, avec des accusations visant indirectement un pays de l’Alliance atlantique. Cette information reste distincte du front terrestre, mais elle montre l’extension des soupçons dans les espaces portuaires et les routes maritimes. La guerre ne se limite plus aux lignes de front. Elle touche les ports, les navires, les circuits d’énergie et les infrastructures de transport. 

La Syrie entre promesse de citoyenneté et contestation kurde

En Syrie, les journaux décrivent une situation contrastée. Annahar, le 26 mai 2026, rapporte que des partis kurdes syriens rejettent les résultats du processus de choix des représentants des régions à majorité kurde au Conseil du peuple. Selon le journal, vingt et un partis et mouvements politiques kurdes, dont le Parti de l’union démocratique qui dirige l’administration autonome, ont déclaré à Qamichli que les personnes choisies ne représentaient qu’elles-mêmes. Ils dénoncent une logique d’exclusion et de marginalisation, ainsi que des nominations sélectives.  

Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, donne plus de détails sur ce mécanisme institutionnel. Le journal rappelle qu’en octobre, des instances locales formées par une commission nommée par le président Ahmad Al Charaa ont élu les deux tiers des membres d’un Conseil de 210 sièges. Cette procédure n’a pas prévu de vote direct de la population. Les régions contrôlées par les forces kurdes au nord-est et les régions druzes au sud avaient été exclues de la représentation sur fond de tensions avec Damas. Les partis kurdes estiment que cette méthode reproduit une mentalité centralisatrice. Ils réclament une démarche politique nationale capable de garantir une représentation équitable et une volonté libre pour tous les Syriens. 

Dans le même temps, Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, traite du décret présidentiel syrien qui accorde la nationalité aux Kurdes privés de citoyenneté. Le journal rappelle que ces Kurdes avaient été privés de passeport, de propriété, d’emploi, de droits politiques, et parfois même de la possibilité d’enregistrer mariages et naissances. Le décret numéro 13 de 2026 vise donc à réparer une injustice ancienne. Mais la contestation du processus de représentation montre que la citoyenneté administrative ne règle pas à elle seule la question politique. La Syrie doit encore répondre à une demande de reconnaissance, de participation et de garanties contre le retour d’un pouvoir central fermé.  

L’Irak pris entre pressions iraniennes, désarmement et crise carcérale

L’Irak apparaît comme un autre terrain de tensions imbriquées. Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, rapporte que l’Iran accentue ses pressions sur Bagdad au sujet des groupes kurdes iraniens d’opposition présents dans la région du Kurdistan irakien. Le journal écrit que Téhéran demande leur éloignement de tout le territoire irakien, estimant que l’accord sécuritaire conclu en 2023 n’est plus suffisant. L’Iran menace aussi de mener des opérations militaires contre leurs camps. Selon la même source, des attaques de drones se poursuivent contre des sites liés à ces groupes, dont une opération récente contre le Parti des travailleurs du Kurdistan iranien près d’Erbil.    

Cette pression rejoint une autre dynamique, évoquée par Al Sharq Al Awsat le 26 mai 2026. Le journal indique que cinq factions armées irakiennes ne s’opposeraient pas au dépôt de leurs armes auprès des autorités, sous pression américaine, tandis que deux factions refuseraient cette option. Même si les détails restent sensibles, la lecture politique est claire. L’Irak se trouve entre deux contraintes. D’un côté, Washington veut limiter les capacités des groupes alliés à l’Iran. De l’autre, Téhéran demande à Bagdad de neutraliser des opposants kurdes installés sur son sol. Le gouvernement irakien doit donc gérer sa souveraineté sous pression croisée.  

La crise irakienne ne se limite pas au champ sécuritaire. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, cite un rapport de l’Observatoire irakien des droits humains selon lequel au moins 400 détenus et prisonniers sont morts dans les prisons et centres de détention irakiens en 2025. Le rapport parle d’une aggravation grave des violations, avec surpopulation, torture, négligence médicale et manque de transparence. Le journal précise que certaines prisons dépassent 300 pour cent de leur capacité et que le nombre total de personnes détenues atteindrait environ 67 000, pour une capacité réelle de 25 000 places.    

Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte aussi des accusations de torture, de chocs électriques, de suspension prolongée, de privation de sommeil et de privation de soins. Le rapport lie ces violations au recul des libertés publiques et aux restrictions imposées aux journalistes et aux défenseurs des droits humains. L’Irak cumule ainsi trois crises. Il affronte la question des armes, la pression des puissances voisines et le naufrage de son système carcéral. Ces dossiers paraissent distincts. Pourtant, ils renvoient au même problème: la capacité réelle de l’État à contrôler la violence, à appliquer la loi et à protéger les droits. 

La Turquie entre processus kurde et crise de l’opposition

En Turquie, Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte une nouvelle prise de parole d’Abdullah Ocalan, qui demande un cadre légal pour une transition démocratique. Selon le journal, il estime qu’un cadre juridique ouvrirait la voie à une évolution positive réelle. Il affirme aussi que la démocratie est un besoin urgent et que la réussite de ce processus rapprocherait le pays de cet objectif. Cette déclaration intervient alors que le gouvernement turc veut s’assurer de la fin complète du désarmement du Parti des travailleurs du Kurdistan avant toute avancée législative.    

Dans le même temps, la vie politique turque connaît une forte tension. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte que des forces de sécurité ont pris d’assaut le siège du Parti républicain du peuple après l’annulation judiciaire de l’élection interne de son dirigeant Ozgur Ozel, élu en 2023. L’ancien chef du parti, Kemal Kilicdaroglu, a été nommé dirigeant temporaire. Ocalan a dénoncé cette intervention en la reliant à l’absence de démocratie. Le journal présente donc une double crise. D’un côté, Ankara parle d’un possible règlement de la question kurde. De l’autre, l’opposition accuse le pouvoir d’utiliser la justice et la force publique pour neutraliser un rival politique.  

Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, publie aussi une analyse selon laquelle la décision judiciaire contre le principal parti d’opposition offre au pouvoir une occasion de frapper son concurrent dans un environnement judiciaire politisé. L’enjeu dépasse le sort d’un responsable partisan. Il touche l’équilibre institutionnel turc. Si le processus kurde avance sans pluralisme politique réel, il risque de rester un arrangement sécuritaire. Si l’opposition est fragilisée par des décisions contestées, la transition démocratique demandée par Ocalan perd une partie de son cadre national. 

Afrique, Caucase et Asie: d’autres lignes de fracture

Sur le continent africain, Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte que la guerre en Iran crée un nouveau risque pour les récoltes au Soudan. Des agriculteurs soudanais affirment que la hausse mondiale des prix du carburant et des engrais va les forcer à réduire les surfaces cultivées durant l’été. Cette baisse attendue de la production menace un pays déjà frappé par la guerre civile et par une grave crise alimentaire. Le journal cite aussi des agriculteurs de l’ouest du Kordofan qui évoquent le manque de financement, l’absence de machines agricoles et l’insécurité créée par les pillages.    

En Libye, Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, rapporte l’appel du Baghdadi Al Mahmoudi, dernier premier ministre sous Mouammar Kadhafi, à ouvrir une nouvelle page fondée sur la fraternité et l’unité. Ce premier commentaire intervient après sa relaxe, le 18 mai 2026, avec trente autres responsables de l’ancien régime, dans une affaire liée à la répression des manifestants de février 2011. Le journal indique que cette déclaration a suscité de nombreuses réactions. Elle renvoie à une question centrale pour la Libye: la possibilité d’une réconciliation sans effacement des responsabilités.  

Dans le Caucase, Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, décrit l’Arménie comme placée devant un choix difficile entre son lien traditionnel avec la Russie et l’attraction européenne. Le journal rapporte des avertissements russes selon lesquels Erevan reproduirait des erreurs commises par l’Ukraine. Des experts proches de Moscou préviennent que l’Arménie pourrait perdre une part de sa souveraineté ou de sa richesse nationale si elle s’éloigne des cadres dominés par la Russie pour rejoindre des projets européens. Cette rhétorique montre que la guerre d’Ukraine a transformé les choix d’alignement dans tout l’espace post-soviétique.  

Enfin, Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, analyse la rencontre entre Vladimir Poutine et Xi Jinping à Pékin après une visite de Donald Trump en Chine comme un signe de recomposition du système international. Le journal estime que le centre du monde n’est plus seulement à Washington, mais aussi à Pékin. Cette lecture rejoint les autres dossiers. En Ukraine, en Iran, en Syrie, en Irak, en Turquie, au Soudan ou en Arménie, les crises locales sont de moins en moins locales. Elles deviennent des scènes où se croisent les ambitions des grandes puissances, les fragilités des États et les demandes de sociétés confrontées à la guerre, à la répression ou à l’insécurité.  

Économie: le Liban entre récession de guerre, blocage financier et crise sociale du logement

La guerre efface les espoirs de reprise

Dans son édition du 26 mai 2026, Al Sharq Al Awsat consacre sa page économique au recul brutal attendu de l’économie libanaise. Le journal cite l’agence de notation Moody’s, qui prévoit une contraction de 14 pour cent de l’économie libanaise pendant l’année en cours. Cette chute est attribuée à la guerre locale et aux effets du conflit régional. La même source indique qu’un retour à une croissance positive de 5 pour cent serait possible l’année suivante. Mais ce rebond éventuel partira d’une base affaiblie. Il ne signifie donc pas un vrai redressement. Il peut seulement traduire un effet mécanique après un choc profond. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, ajoute que le ministre des Finances Yassine Jaber estime le recul du produit intérieur brut entre 7 et 10 pour cent, avec des dommages directs et indirects qui atteindraient 20 milliards de dollars.  

Cette évaluation confirme que la crise libanaise ne se limite plus aux déséquilibres nés de l’effondrement financier de 2019. Le pays subit désormais une crise composite. Elle mêle la dette, la faiblesse de l’État, la guerre au Sud, les destructions d’infrastructures, le déplacement des habitants et la chute de l’activité touristique. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, écrit que le conflit a créé un choc important sur l’économie en raison du déplacement des populations, de l’effondrement du tourisme, du blocage de l’agriculture et de l’industrie, ainsi que des dégâts subis par les infrastructures. Le journal ajoute que la baisse des recettes publiques, face à la hausse des besoins sociaux et des dépenses de reconstruction, risque d’aggraver la pression sur les finances publiques.  

Le recul est d’autant plus sensible que l’économie libanaise venait d’enregistrer un léger mieux. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, rappelle que le produit intérieur brut avait atteint 33 milliards de dollars à la fin de l’année précédente, avec une croissance de 3,8 pour cent selon des mises à jour chiffrées attribuées à la Banque du Liban. Mais cette amélioration restait limitée. Le journal rappelle aussi que l’économie avait déjà perdu près de 60 pour cent de son niveau le plus élevé, qui approchait 53 milliards de dollars avant l’effondrement économique. Ainsi, la guerre vient frapper une économie qui n’avait pas retrouvé son équilibre. Elle casse une reprise encore fragile, sans filet budgétaire solide et sans système bancaire pleinement restauré.  

Le Fonds monétaire international reste prudent

Le recours au financement extérieur apparaît comme une nécessité. Mais il reste incertain. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, rapporte que des discussions avec le Fonds monétaire international portent sur un financement d’urgence pouvant atteindre un milliard de dollars. Ce montant pourrait apporter un soutien financier temporaire. Il pourrait aussi contribuer à couvrir des dépenses sociales et humanitaires urgentes. Mais le journal précise que ce soutien ne suffirait pas à traiter les faiblesses structurelles de l’économie libanaise. Il ajoute que la réponse de la direction du Fonds n’a pas été positive, selon des sources du ministère des Finances, en raison du maintien du Liban en situation de défaut sur sa dette souveraine.  

Cette prudence du Fonds monétaire international illustre le blocage profond du dossier libanais. Le pays a besoin de liquidités pour faire face aux dégâts immédiats de la guerre. Mais ses créanciers et partenaires demandent des réformes. Or ces réformes restent liées à plusieurs dossiers sensibles: restructuration de la dette, réforme bancaire, répartition des pertes, gouvernance des finances publiques, transparence des institutions et capacité réelle de l’État à appliquer ses décisions. La guerre ajoute un degré d’urgence. Elle ne supprime pas les conditions de confiance. Au contraire, elle les rend plus difficiles à réunir. Le gouvernement doit donc agir sur deux fronts à la fois. Il doit financer l’urgence sociale et préparer une reconstruction. Mais il doit aussi convaincre les bailleurs que l’argent ne servira pas seulement à combler un déficit de plus.

Le lien entre souveraineté politique et crédibilité économique devient ici évident. Les débats sur les armes, la guerre et la capacité de l’État à négocier avec Israël ne sont pas séparés de la question financière. Un pays qui ne contrôle pas totalement ses décisions de guerre peine à rassurer les investisseurs. Un État dont les décisions sont contestées par une force armée interne peine à convaincre les créanciers. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, note dans une analyse politique que les obstacles ne se limitent pas aux armes, mais touchent aussi une structure d’État traversée par des blocages qui empêchent l’exécution des décisions gouvernementales. Même si ce passage relève de l’analyse politique, son impact économique est direct. Sans autorité publique claire, la reconstruction, l’aide et l’investissement restent exposés au doute.  

Le logement devient une crise économique et sociale

La crise des loyers donne une autre image du malaise économique. Annahar, le 26 mai 2026, place en une le dossier de la loi sur les loyers et s’interroge sur une possible montée de la rue entre locataires et propriétaires. Le sujet est économique, mais aussi social. Il touche les familles, les petits commerces, les artisans et les classes moyennes. Le journal rapporte que des manifestants se sont rassemblés rue Hamra sous le slogan du refus des lois d’expulsion et des politiques d’arrachement social. Ils ont affirmé leur attachement au droit au logement, au droit au travail et à la stabilité sociale. Ils ont aussi refusé que les maisons et les commerces deviennent une marchandise aux mains d’un cartel immobilier, de spéculateurs et d’intermédiaires, dans un contexte de crise économique et sociale.  

Le président du Comité de défense des droits des locataires, Castro Abdallah, cité par Annahar le 26 mai 2026, affirme que les locataires au Liban ne seront pas déplacés et ne se rendront pas. Il décrit la défense du logement et du travail comme une bataille de dignité et d’existence. Cette formule traduit la profondeur de la crise. Le loyer n’est pas seulement une charge mensuelle. Il devient le lieu où se joue la survie d’un mode de vie urbain, en particulier pour les ménages pauvres, les revenus limités, les classes moyennes et les petites entreprises. Les militants cités par le journal dénoncent un projet de déplacement social visant ces catégories. Ils mettent en cause une alliance entre argent politique et intérêts immobiliers.  

Le conflit sur les loyers montre aussi les failles de l’application de la loi. Annahar, le 26 mai 2026, rapporte que la commission rejette les décisions judiciaires qui ignorent, selon elle, la réalité économique et sociale catastrophique. Elle s’interroge sur l’application de lois jugées expulsives en l’absence des commissions, du fonds et des mécanismes d’exécution. Le débat dépasse donc la seule opposition entre propriétaires et locataires. Il renvoie à l’incapacité de l’État à faire fonctionner les dispositifs censés amortir les effets de la réforme. Dans une économie normale, un changement de régime locatif peut être accompagné par des aides, des recours, des délais et des fonds publics. Dans le Liban actuel, l’État manque de moyens. Les ménages manquent de revenus. Les propriétaires veulent récupérer une valeur perdue. Le marché immobilier devient alors un champ de tension sociale.  

La guerre régionale renchérit les coûts

La situation économique libanaise dépend aussi de l’environnement régional. Le dossier du détroit d’Ormuz illustre cette dépendance. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, rapporte que le passage est presque fermé depuis le début de la guerre le 28 février. Seul un nombre limité de navires y circule, alors que le trafic quotidien était auparavant compris entre 125 et 140 navires. Le journal ajoute que cette fermeture a provoqué une hausse des prix du pétrole et une crise énergétique mondiale. Celle-ci a entraîné une hausse des coûts du carburant, des engrais et de l’alimentation.  

Pour le Liban, ces chiffres ont une portée immédiate. Le pays importe l’essentiel de son énergie et dépend fortement des prix extérieurs. Une hausse du carburant se transmet vite aux transports, aux générateurs, aux boulangeries, aux hôpitaux, à l’agriculture et au commerce. Elle alourdit les dépenses des ménages et des entreprises. Elle réduit aussi la marge de manœuvre de l’État, déjà fragilisé par la baisse des recettes. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, indique que les prix du pétrole ont reculé de plus de 4 pour cent lundi, à leur plus bas niveau en deux semaines, en raison d’un optimisme lié à un possible accord entre les États-Unis et l’Iran. Mais le journal précise aussi que l’Iran veut maintenir une forme de contrôle sur le passage stratégique. Le retour à la normale reste donc incertain.  

Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, décrit le détroit d’Ormuz comme un couloir à effets successifs. Le journal explique que la menace ne produit pas seulement une secousse énergétique. Elle se propage du secteur du carburant aux chaînes de production des engrais, aux intrants agricoles, puis aux marchés du poisson, des produits de la mer et aux systèmes alimentaires en général. Cette lecture est essentielle pour comprendre la pression sur les pays importateurs. Une crise maritime devient une crise alimentaire. Une crise du pétrole devient une crise du panier de consommation. Une crise régionale devient une inflation locale. 

Le même journal donne des éléments chiffrés sur les effets internationaux. Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, rapporte que le blocus iranien du détroit d’Ormuz a perturbé les cargaisons mondiales de pétrole et fait monter les prix du brut de plus de 40 pour cent par rapport aux niveaux d’avant-guerre. Il indique aussi que le prix du soufre est passé de 150 à 1000 dollars la tonne, ce qui pousse des sociétés d’engrais à réduire leur production. Le journal ajoute que des pays asiatiques et africains commencent à limiter l’usage des phosphates, dans un contexte de crainte d’une baisse des récoltes et d’une hausse mondiale des prix alimentaires. Ces données montrent que le Liban n’est pas seulement affecté par les frappes au Sud. Il est aussi touché par les prix mondiaux que cette guerre fait bouger.  

Le tourisme et les services sous menace

Le tourisme, déjà fragile, reste l’un des secteurs les plus exposés. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, cite Moody’s en associant la contraction économique à l’effondrement du tourisme. Cette mention est courte, mais elle pèse lourd. Le Liban compte sur les visiteurs, les expatriés, les restaurants, l’hôtellerie, les services et les dépenses de saison pour soutenir une partie de son activité. Or la guerre au Sud, les menaces contre Beyrouth, l’incertitude aérienne et le risque d’extension du conflit réduisent l’attrait du pays. Même lorsque les régions non touchées restent ouvertes, l’image générale du risque suffit à freiner les réservations et les dépenses.

Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, évoque toutefois l’existence d’un tourisme intérieur dans plusieurs pays arabes, y compris dans certaines régions touristiques du Liban, qui commencent à attirer davantage de visiteurs locaux. Le journal inscrit cette tendance dans un contexte d’incertitude liée aux fermetures d’aéroports et aux tensions militaires. Ce mouvement peut aider certains établissements. Mais il ne compense pas la perte d’un tourisme extérieur plus dépensier. Il traduit plutôt une adaptation de crise. Les ménages voyagent moins loin. Ils cherchent des lieux proches, moins coûteux et plus sûrs. Pour le Liban, cela peut soutenir quelques zones de montagne ou de bord de mer. Mais cela ne peut pas remplacer une saison touristique normale. 

Les services libanais restent donc pris dans une contradiction. Ils sont nécessaires pour maintenir des revenus et des emplois. Mais ils dépendent de la confiance, de la circulation et de la stabilité. Une frappe, une menace contre Beyrouth ou une fermeture de route peut annuler en quelques heures des semaines d’efforts commerciaux. Les petites entreprises, déjà touchées par le dossier des loyers et par la baisse du pouvoir d’achat, supportent alors la partie la plus lourde du choc. Elles paient des charges en hausse, vendent à une clientèle plus prudente et n’ont pas toujours accès au crédit. La crise économique se lit donc dans les indicateurs. Elle se lit aussi dans les vitrines, les appartements, les ateliers, les taxis, les restaurants et les hôtels.

Les accords commerciaux du Golfe dessinent un contraste

Dans le reste de la région, les sources montrent un contraste avec la situation libanaise. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, traite de l’accord commercial entre les pays du Golfe et la Grande-Bretagne. Le journal cite des données britanniques selon lesquelles le commerce actuel entre les deux parties atteint environ 52,9 milliards de livres sterling, soit 72 milliards de dollars, avec des attentes de hausse de 20 pour cent, équivalant à 15,5 milliards de livres sterling par an. Le texte indique aussi que l’accord doit faciliter les exportations du Golfe vers le marché britannique, soutenir les services et les métiers, et simplifier les procédures de visas et de visites d’affaires.  

Cette information n’est pas libanaise. Mais elle éclaire le décalage régional. Pendant que le Liban cherche un financement d’urgence et affronte une contraction de guerre, les économies du Golfe cherchent à sécuriser des cadres juridiques pour le commerce, l’investissement et les services financiers. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, cite aussi Raja Al Marzouqi, coordonnateur général des négociations et chef de l’équipe de négociation du Golfe, selon lequel le commerce entre le Golfe et la Grande-Bretagne atteint actuellement l’équivalent de 80 milliards de dollars et pourrait augmenter de plus de 60 pour cent selon l’expérience d’accords similaires.  

Le même responsable estime que les accords de libre-échange favorisent l’investissement étranger et le transfert de technologie. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, rapporte que des expériences internationales ont montré une hausse de plus de 30 pour cent des flux d’investissement étranger après des accords comparables. Là encore, le contraste est net. Les économies stables utilisent les accords commerciaux pour attirer des capitaux. Le Liban, lui, doit d’abord réduire le risque politique et militaire, restaurer la confiance financière et reconstruire ses institutions économiques.  

Technologie: intelligence artificielle, souveraineté numérique et nouvelles lignes de fracture

Les plateformes cherchent la confiance locale

Dans son édition du 26 mai 2026, Annahar consacre un article au développement de Jodel en Arabie saoudite. Le journal présente cette plateforme comme un modèle différent des réseaux sociaux classiques. Elle ne repose pas d’abord sur les comptes personnels, ni sur la course aux abonnés. Elle fonde l’échange sur la proximité géographique, les quartiers, les villes et les communautés locales. Selon Annahar, le fondateur de Jodel, Alessio Avellan Borgmeyer, affirme que la confiance est devenue le socle de l’expérience des utilisateurs. Il explique que la plateforme a lancé un centre de confiance pour rendre plus lisibles les règles de signalement, les mécanismes de révision des décisions et les voies de recours. Ce choix répond à une crise plus large des plateformes numériques, souvent accusées de manquer de transparence dans la modération des contenus.  

Le même article de Annahar, le 26 mai 2026, montre que l’intelligence artificielle ne sert pas seulement à recommander des contenus. Elle devient aussi un outil de contrôle, de tri et de prévention. Borgmeyer indique que la modération repose sur deux niveaux. Le premier utilise des systèmes de sécurité appuyés par l’intelligence artificielle, capables de repérer certains contenus dangereux avant leur apparition auprès des utilisateurs. Le second dépend des signalements de la communauté, ensuite examinés selon leur degré d’urgence. Les menaces ou les risques liés à la sécurité des enfants sont traités en priorité. Les cas de harcèlement, de messages indésirables ou de fausses informations sont aussi pris en charge. Cette architecture donne une image plus concrète de l’intelligence artificielle dans les plateformes. Elle n’est pas seulement un moteur de croissance. Elle devient une infrastructure de surveillance et de protection, avec des choix éditoriaux et sociaux intégrés dans les systèmes techniques.  

Annahar, le 26 mai 2026, souligne enfin que Jodel a adapté ses systèmes aux dialectes saoudiens et aux spécificités culturelles locales. Ce détail est important. Il montre que les technologies mondiales doivent apprendre les contextes nationaux et régionaux. La modération automatique ne peut pas fonctionner de la même manière dans toutes les langues et toutes les cultures. Les mots, les allusions, les plaisanteries et les formes de violence changent selon les usages. La plateforme présente donc son ancrage local comme un avantage. Elle affirme que ses utilisateurs ne sont pas réunis par l’âge ou le métier, mais par l’appartenance à une même communauté locale. Annahar décrit ainsi le passage d’une application d’abord liée aux étudiants vers un espace plus large, couvrant les emplois, les services, les transports, les événements, les conseils quotidiens et la qualité de vie. 

Les puces deviennent un terrain de souveraineté

Le dossier des semi-conducteurs est traité par Annahar sous l’angle de la rivalité entre Washington et Pékin. Dans son édition du 26 mai 2026, le journal écrit que la Chine cherche une sortie qui ne passe pas par les usines de ses adversaires. L’exemple retenu est Huawei, présenté comme un symbole de cette guerre technologique froide. L’entreprise annonce à Shanghai un objectif ambitieux: atteindre, dans les cinq prochaines années, une densité de transistors équivalente aux techniques de fabrication de 1,4 nanomètre. Annahar précise que ce niveau correspond à l’objectif que prépare la société taïwanaise TSMC, premier producteur mondial de puces avancées, pour un lancement commercial en 2028.  

L’enjeu ne réside pas seulement dans le chiffre. Annahar, le 26 mai 2026, insiste sur la méthode. Plutôt que de poursuivre la réduction classique des transistors, limitée par les restrictions américaines sur les machines avancées de gravure, Huawei choisit une autre voie. La société met en avant un principe technique appelé loi de Tao de l’échelonnement. Selon l’article, ce principe vise à réduire le temps de déplacement des signaux et des données à l’intérieur des puces et des systèmes de calcul. L’objectif est d’améliorer la densité de traitement et les performances, même lorsque les moyens industriels sont limités. Cette stratégie montre que la contrainte géopolitique peut provoquer une innovation de contournement. Elle ne supprime pas le retard industriel, mais elle cherche à le rendre moins décisif par l’architecture et la conception.  

Le même article indique que Huawei prévoit de lancer une nouvelle génération de puces Kirin cette année, avec une architecture destinée à raccourcir les connexions internes et à améliorer l’efficacité. Annahar, le 26 mai 2026, relie aussi cette évolution aux puces Ascend, dont le rôle grandit dans le fonctionnement des modèles chinois d’intelligence artificielle. Cela élargit le dossier. Les semi-conducteurs ne sont plus seulement un secteur industriel. Ils déterminent la capacité d’un pays à entraîner et utiliser ses propres systèmes d’intelligence artificielle. Ils conditionnent aussi l’autonomie militaire, commerciale et scientifique. Dans cette lecture, la rivalité sino-américaine se déplace au cœur de la matière numérique: la puce, le calcul, la vitesse de transfert et la capacité à produire sans dépendre de l’autre camp.  

Les centres de données deviennent une base stratégique

Dans son édition du 26 mai 2026, Al Sharq Al Awsat met l’accent sur la course aux centres de données en Arabie saoudite. Le journal écrit que la localisation des grands centres de données constitue une pierre angulaire pour créer l’environnement technique et réglementaire nécessaire aux modèles complexes d’intelligence artificielle générative. Il ajoute que cette dynamique accompagne la mise en place de règles strictes sur la gouvernance et la sécurité de l’information. L’objectif est clair: construire une infrastructure qui ne soit pas seulement rapide, mais aussi conforme aux règles locales et capable d’accueillir des usages sensibles.  

Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, cite Abdullah Al Khurmi, dirigeant du secteur des affaires de la société Etihad Salam, qui affirme que la localisation des centres de données en nuage est le moteur réel et le passage obligé de la réussite de la révolution de l’intelligence artificielle dans les entreprises locales. Le même responsable explique que la Vision 2030 a créé une nouvelle réalité technologique, dans laquelle l’infrastructure numérique devient un facteur décisif pour attirer les sièges régionaux des entreprises mondiales. Le journal rapporte aussi que l’Arabie saoudite veut devenir le premier centre numérique reliant les lignes de données entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique. 

Cette approche montre que la compétition numérique se joue moins dans les seules applications visibles que dans les couches profondes. Le centre de données devient une infrastructure de puissance. Il abrite les données, les calculs, les services, les outils d’intelligence artificielle et les fonctions critiques des entreprises. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, ajoute que les opérateurs de télécommunications cherchent à bâtir des partenariats avec les grands acteurs internationaux pour offrir des solutions gérées, compatibles avec les cadres réglementaires locaux et capables de protéger les actifs numériques des grands projets nationaux. La technologie devient donc un mélange de puissance privée, de souveraineté publique et de coopération internationale.  

La cybersécurité devient un usage central de l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle est aussi présentée comme un outil de défense. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, rapporte qu’Abdullah Al Khurmi voit dans l’intelligence artificielle la première ligne de défense du développement des systèmes de cybersécurité. Selon lui, sa capacité à repérer les comportements anormaux des données et à détecter les failles de façon préventive permet de garantir la continuité des activités et de renforcer les infrastructures contre les attaques complexes. Cette lecture traduit un changement majeur. Les systèmes numériques ne peuvent plus attendre l’attaque pour répondre. Ils doivent prévoir, repérer et neutraliser plus tôt.  

Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, donne une illustration financière de ce risque. Le journal rapporte que la Banque centrale européenne a appelé les grandes banques de la zone euro à une réunion urgente pour discuter des risques de cybersécurité révélés par les modèles avancés d’intelligence artificielle. Il cite Frank Elderson, vice-président du conseil de supervision, selon lequel l’évolution rapide de ces modèles a montré des failles dangereuses dans les systèmes techniques des banques. Le responsable appelle donc à accélérer la protection électronique et à mettre à jour les logiciels de manière urgente. 

Le lien entre banques et intelligence artificielle montre que le risque n’est pas théorique. Les établissements financiers disposent de données sensibles, de systèmes de paiement et de réseaux connectés. Une faiblesse technique peut se transformer en crise de confiance. Al 3arabi Al Jadid, le 26 mai 2026, place donc l’intelligence artificielle dans une double position. Elle peut renforcer la détection des attaques. Mais elle peut aussi révéler ou exploiter des failles si les institutions tardent à moderniser leurs systèmes. La technologie n’agit pas seule. Elle dépend du niveau de préparation des banques, du rythme des mises à jour, de la qualité des équipes et de la capacité des autorités à imposer des règles communes.

Les appareils grand public intègrent le calcul intelligent

La technologie ne reste pas confinée aux infrastructures. Elle entre aussi dans les appareils utilisés au quotidien. Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, présente l’ordinateur portable Acer Predator Helios Neo 16 AI comme une nouvelle génération d’appareils fondés sur l’intégration d’unités de traitement neuronal. Le journal indique que cet ordinateur vise les joueurs et les créateurs de contenu. Il combine un processeur puissant, une carte graphique moderne et des fonctions d’intelligence artificielle générative pour accélérer le travail, le jeu et la diffusion vidéo en ligne.  

Le même test de Al Sharq Al Awsat, le 26 mai 2026, souligne l’usage de l’intelligence artificielle pour améliorer l’image et le son. L’ordinateur utilise une fonction qui améliore l’image de la caméra et cadre le visage de manière automatique. Il emploie aussi un système de réduction du bruit autour de trois microphones intégrés, afin d’obtenir un son plus clair pendant les séances de jeu collectif en ligne. Ces détails montrent comment l’intelligence artificielle devient moins visible, mais plus présente. Elle ne se limite plus à produire du texte ou des images. Elle ajuste la caméra, nettoie la voix, optimise la vidéo et soutient les usages quotidiens.  

Cette évolution change la définition même de l’ordinateur personnel. L’appareil n’est plus seulement un outil d’exécution. Il devient un système d’assistance. Il anticipe, corrige, adapte et optimise. Cette tendance peut améliorer l’expérience des utilisateurs. Mais elle pose aussi des questions sur les données traitées localement, la confidentialité des échanges, la dépendance aux fabricants et la durée de vie des appareils. Les fonctions intelligentes exigent des composants plus coûteux et des logiciels mis à jour. Elles peuvent donc creuser l’écart entre les utilisateurs équipés de machines récentes et ceux qui restent sur des appareils plus anciens.

La technologie devient un instrument de puissance mondiale

Dans son édition du 26 mai 2026, Al Quds Al Arabi inscrit l’intelligence artificielle dans la rivalité mondiale entre les États-Unis et la Chine. Le journal écrit que l’intelligence artificielle n’est plus seulement un secteur économique prometteur. Elle est devenue, dans la pensée stratégique américaine, un outil de recomposition des rapports de force mondiaux. Les États-Unis disposent des entreprises les plus avancées, d’une grande partie de l’infrastructure numérique mondiale, des puces électroniques avancées, des grands serveurs, des centres de données et des réseaux de calcul en nuage. Ils disposent aussi d’universités et de centres de recherche puissants, capables d’attirer les compétences du monde entier.  

Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, ajoute que la puissance militaire américaine se restructure elle aussi autour de la révolution technologique. Le journal cite les drones, les systèmes de commandement, la guerre cybernétique et l’usage de l’intelligence artificielle dans les opérations militaires et le renseignement. La compétition technologique devient donc militaire, économique et scientifique à la fois. Elle ne porte pas seulement sur les parts de marché. Elle concerne la capacité à décider plus vite, à surveiller plus largement, à produire plus efficacement et à conduire des opérations avec des systèmes autonomes ou semi-autonomes. 

Cette lecture rejoint le message du pape Léon XIV, rapporté par Al Quds Al Arabi le 26 mai 2026. Le journal écrit que le pape a demandé une réglementation stricte de l’intelligence artificielle et a appelé ses développeurs à travailler pour le bien commun plutôt que pour le profit. Il a publié sa première lettre, intitulée « Humanitas Magnifica », dans laquelle il présente l’intelligence artificielle comme le plus grand défi posé aujourd’hui à l’humanité. Il y dénonce une culture de la force qui pousse la course technologique, surtout dans la mise au point de méthodes plus avancées de guerre à distance.  

Le contraste est net. Les États, les entreprises et les armées voient dans l’intelligence artificielle un levier de puissance. Le Vatican y voit aussi un risque moral, social et humain. Al Quds Al Arabi, le 26 mai 2026, montre ainsi deux lectures du même phénomène. La première est stratégique: celui qui contrôle les puces, les données, les modèles et les centres de calcul contrôle une partie de l’avenir. La seconde est éthique: si cette puissance n’est pas encadrée, elle peut produire de nouvelles formes de domination, de surveillance, de guerre et d’inégalité. Le débat technologique de la journée ne porte donc pas seulement sur les machines. Il porte sur les règles, les limites et la place de l’être humain dans un système numérique de plus en plus puissant.

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