Plume livre

« Bad day at Black Rock » .
L’acteur , Spencer Tracy joue un juge qui cherche la vérité.Imperturbable de lucidité. Regard net, stature carrée, la tête couverte d’un élégant chapeau melon, il  fera passer une droiture dans une ville  poussiéreuse, typique de l’ouest américain, »sans histoires ». Entouré de mauvais garçons, il résiste seul en manchot, poursuit son enquête et la défend. Une solitude coriace renforce ses convictions : Le principe du devoir mené jusqu’au bout confirme sa démarche. Cependant, la résilience de ceux qui cohabitent difficilement avec les délits  des « forts » mène aussi à garder ce silence douloureux sur la corruption.

La complexité  de la souffrance humaine rappelle étrangement un demi siècle plus tard sur l’écran de vie, des populations arabes épuisées et tenaces qui tentent inlassablement de promouvoir la démocratisation de leurs régimes. Longtemps soumis au paradoxe de la fragilité des pouvoirs  rapaces, d’autres choisiront la pire des habitudes; Celle de regarder ailleurs  sans réagir vraiment, faisant gravement  taire le bon sens de l’indignation.

Ainsi, dans un monde peu  inspiré, rarement dirigé avec clairvoyance et sagesse, les faillites financières, l’abus des pouvoirs, les fuites des capitaux, des informatiques  et les impuissances reconnues de nations face aux massacres humains accélèrent à perte de vue la non reconnaissance de valeurs humaines fondamentales. Elles sont pourtant, intimement liées à la santé morale, relationnelle de l’humain en nous et à la reprise économique mondiale. Une pénurie d’identités; d’hommes, de femmes et de dirigeants autrement respectables et responsables se fait drastiquement sentir à tous les niveaux.

Enfin, ce message est adressé à vous, Messieurs les décideurs de stratégies politiques. A quoi serviraient les manœuvres pour la stabilité financière si le facteur humain profondément ébranlé perds considérablement de sa substance au détriment de l’équilibre identitaire de l’individu. En négligeant son histoire tribale, celle du quotidien géré par la loi du clan, il va certes gagner un processus de globalisation  mais au prix de perdre considérablement  une stabilité personnelle primaire inhérente à la sécurité des groupes. En ne considérant les  différences d’appartenances entre les individus que par l’objectif de la standardisation, on peut insensiblement et involontairement favoriser le terrain de l’extrémisme; violent, revendicateur d’un passé dur, archaïque, provocateur qui menace l’ordre publique.

La justice, la vérité et l’application du droit exigent une réflexion grave sur toutes  les formes d’extrémismes mais aussi sur la responsabilité des puissances à définir les critères et l’application d’une culture identitaire modérée à tous les niveaux de notre civilisation,  salvatrice de tant de maux!

Par  Joe Acoury
Libnanews