Norman Finkelstein : «L’Europe en a marre de payer les factures des destructions israéliennes à Gaza»

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La Suède vient de franchir le pas, en reconnaissant aujourd’hui officiellement l’Etat de Palestine. «C’est un pas important qui confirme le droit des Palestiniens à l’autodétermination», assure la ministre des Affaires étrangères, Margot Wallström. Le politologue américain et spécialiste du Moyen-Orient, Norman Finkelstein, explique les raisons de cette reconnaissance qui a surpris plus d’un. Dans une intervention diffusée sur la chaîne russe Russia Today, face au journaliste israélien Amir Oren, il pense qu’il y a deux raisons principales à cela.
 
La première est le dernier massacre perpétré par Israël à Gaza. «Les Européens en particulier, affirme-t-il, sont maintenant las de ces massacres qui se produisent régulièrement : l’un en 2008-2009, l’opération «Plomb durci», l’autre en 2012, l’opération «Pilier de défense», et maintenant cette dernière explosion de furie israélienne, l’opération «Bordure protectrice». Ils en ont également assez, car tandis qu’Israël détruit, ravage et saccage, c’est l’Europe qui est censée prendre en charge les factures et payer la note régulièrement», explique-t-il. Et d’enchaîner : «Israël a cette étrange conception selon laquelle les seules personnes au monde qui méritent des réparations pour les crimes qu’ils ont subis sont les Israéliens ou les juifs, alors que pour les crimes qu’ils infligent régulièrement aux Palestiniens, ceux de Gaza en particulier, les factures doivent être payées par d’autres pays, notamment européens».
 
La seconde raison est, selon Finkelstein, l’effondrement de l’initiative de paix de John Kerry. Sur ce point, il dira : «Bien que Kerry ait offert à Israël tout ce qu’il souhaitait officiellement, à savoir l’annexion des principaux blocs de colonies et la liquidation de la question des réfugiés palestiniens, Israël refusa l’offre dont les termes lui étaient si favorables.» Répondant aux doutes émis par son interlocuteur, Amir Oren, sur la capacité des Palestiniens à ériger un Etat fort et à garantir la sécurité d’Israël, le politologue américain estime que «les termes qui doivent résoudre le conflit ne sont pas ce que les Israéliens veulent, pas plus d’ailleurs que ce que les Palestiniens veulent, mais bien ce que dit le droit international». «Israël, explique-t-il, n’a droit qu’à ses frontières basées sur celles d’avant la guerre de juin 1967. Les colonies qu’Israël a implantées dans les territoires occupés, y compris les principaux blocs de colonies, sont illégales d’après le droit international. Plus encore, d’après le Statut de Rome, elles constituent un crime de guerre», assène-t-il.
 
Sur la récente prise de conscience de la communauté internationale sur la question du Proche-Orient, Finkelstein s’en réfère aux débats de la Chambre des communes britannique, où tous les députés parlent des colonies israéliennes que Tel-Aviv persiste à étendre. «Les actions montrent que jour après jour, Israël persiste à étendre les colonies et à commettre, d’après les termes du droit international, des crimes de guerre», insiste-t-il encore une fois. Il rappelle qu’Israël «n’a jamais accepté un Etat Palestinien dans toute la Cisjordanie incluant Jérusalem-Est et Gaza, ce que le droit international détermine comme le territoire réservé à l’autodétermination des Palestiniens».
 
Remettant en cause l’idée reçue selon laquelle Israël se serait retiré de Gaza, Norman Finkelstein juge que si tel était le cas, il n’y aurait pas eu de blocus sur la bande. C’est pour toutes ces raisons que les Suédois, les Français, la Chambre des communes britannique «agissent de cette manière». «Il est absolument évident, dira-t-il, que cet Etat n’a pas la moindre intention, alors que nous approchons de la date anniversaire d’un demi-siècle, d’accorder aux Palestiniens leur droit à l’autodétermination». Il accuse l’actuel gouvernement israélien d’avoir déclenché les hostilités en mai dernier, rien que pour saborder l’accord de réconciliation entre le Hamas et l’Autorité palestinienne à Ramallah ; la même tactique utilisée contre le Fatah dans le passé. «Ce sont les offensives de paix palestiniennes, et non l’extrémisme, qu’Israël exècre le plus», résume-t-il. Finkelstein conclut son intervention en appelant à déclarer l’occupation des territoires palestiniens «illégale selon le droit international» et à mettre en demeure Israël «du fait que s’il continue à violer le droit international, des sanctions vont être imposées».

R. Mahmoudi
 
 

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2 COMMENTAIRES

  1. BHL a, en tous les cas, bien manipulé la plupart de nos intellectuels et de nos médias. Ils ont bien relayé ses thèses sans s’en apercevoir ! Chapeau pour lui qui défend bien les siens; contrairement à nos idiots!
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    Certains médias, analystes et journalistes arabes, dont algériens, n’ont pas eu le niveau nécessaire, la dignité et le sérieux pour contrer les thèses moribondes de l’occident. Nous avons bien suivi leurs articles depuis l’agression de la Libye par l’Otan. Ils étaient bien pro-Otan, pro Qatar, pro Arabie Saoudite dans l’entreprise contre la libye, l’Irak, la Syrie . Ils avaient bien appuyé ceux qu’ils affublent de «thouars»(révolutionnaires).
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    Ils étaient bien, subséquemment, avec ce que fomentait ce sinistre philosophe du Mal Bernard-Henry Lévy, ce notoire sioniste Franco-israélien. Ils reprenaient comme des perroquets, par tendance, revanche, incompétence, corruption ou félonie, les informations des agences internationales sans en faire une petite analyse pour en voir les conséquences géostratégiques. La plupart de ces analystes avaient une tendance « islamistes » des choses sans se rendre compte qu’il suivait une stratégie américano-sioniste qui consistait à détruire les musulmans par leur religion et leurs hommes. L’association internationale des FM (de Kardhaoui) qui a montré son vrai visage, dans ce désordre arabe, en était un instrument financé par le Qatar et sa chaine.
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    Nos « intellectuels » et nos médias ont pris fait et cause pour les thèses Occidentales dans la déstabilisation de certains États arabes (exclu les monarchies) soit faute de vision politique lucide ou incompétence soit pour cause de corruption et fourberie.

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