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Revue de presse du 13/11/25: l’option du compromis négocié sous pression

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Les déclarations de Joseph Aoun au centre du paysage

Le fil conducteur des unes du 13 novembre 2025 est le même: le Liban mise sur une option de compromis négocié avec Israël, alors que les pressions américaines et les risques d’escalade militaire s’intensifient. Dans plusieurs journaux, le président Joseph Aoun répète que le pays « attend la réponse israélienne via les États-Unis » à la proposition de négocier la libération des terres occupées, en soulignant que « le Liban n’a reçu officiellement aucun positionnement américain clair » sur ce dossier. 

Dans la même séquence commentée par Ad Diyar le 13 novembre 2025, Joseph Aoun insiste sur un changement de logique, affirmant que « le langage de la force ne mène plus à rien » et qu’il faut désormais « aller vers la force de la logique ». Il pose la question de façon directe: si le pays n’est pas en mesure d’aller à la guerre, mais que la région est entrée dans une phase de « vague de compromis », que peut-il faire d’autre que chercher une voie politique. 

Annahar reprend le même message dans sa rubrique « Radar » du 13 novembre 2025, notant que « le Liban est dans l’attente de la réponse d’Israël, via les États-Unis, au choix du compromis pour libérer la terre » et citant la phrase du président: « le langage de la force ne sert plus, nous devons aller vers la force de la logique ». Cette présentation condense la ligne officielle que le chef de l’État cherche à imposer à l’agenda politique et médiatique. 

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Le « mécanisme » du cessez-le-feu comme cadre de la négociation

L’un des points techniques mis en avant par la presse est le rôle de la « commission du mécanisme » chargée de suivre l’accord de cessez-le-feu et les violations au Sud. Al Bina’, dans son édition du 13 novembre 2025, rappelle que cette commission s’est réunie à Naqoura, sous la présidence du général américain Joseph Clearfield, pour traiter des « violations israéliennes », en particulier les frappes récentes contre plusieurs localités du Sud. 

Ad Diyar détaille de son côté, le 13 novembre 2025, la lecture donnée par Joseph Aoun devant ses visiteurs: ce mécanisme est présenté comme un prolongement des négociations passées sur la frontière maritime. Le président affirme que ce comité « regroupe toutes les parties » et que des personnes supplémentaires peuvent y être intégrées si nécessaire, laissant entendre que l’outil existe pour prendre en charge l’éventuelle phase de négociation. 

Al Sharq Al Awsat, dans son édition du 13 novembre 2025, met vertement en exergue la même articulation. Le quotidien panarabe titre sur le fait que le président libanais confirme être « en attente d’une réponse israélienne sur la négociation », et souligne que Nabih Berri appelle à « activer la commission du mécanisme » avec la participation des pays garants de l’accord de cessez-le-feu, afin d’obliger Israël à cesser son offensive et à se retirer des zones encore occupées au Sud. 

Pressions américaines et menace d’ultimatum sur l’armement de Hezbollah

La marge de manœuvre libanaise est décrite comme très étroite. Al Quds Al Arabi, le 13 novembre 2025, rapporte que le Liban est « soumis à des pressions militaires et politiques » et évoque des informations selon lesquelles la partie américaine aurait donné un délai de soixante jours aux autorités libanaises pour trancher la question du désarmement de Hezbollah. Le journal lie cette pression au passage d’un délégue du Trésor américain venu à Beyrouth pour renforcer le « dessèchement des circuits de financement » du parti. 

Dans ce même article, Al Quds souligne que la tournée américaine n’a pas inclus une visite au président de la Chambre Nabih Berri, ce qui est présenté comme un signal politique. En parallèle, Joseph Aoun y réaffirme deux points qui structurent son discours: d’abord que « Hezbollah ne se mêle pas » de la zone située au sud du Litani, ensuite que l’armée libanaise « accomplit un travail considérable au Sud et dans toutes les régions ». Ces formulations cherchent à dissocier le front des combats et le dispositif officiel de sécurité, tout en rassurant les partenaires occidentaux sur le rôle de l’armée. 

Ad Diyar ajoute, dans son édition du 13 novembre 2025, un autre volet du message présidentiel. Joseph Aoun explique à ses interlocuteurs que le président américain Donald Trump dispose d’un « projet pour la région fondé sur la stabilité et la sécurité », tandis que le Liban a son propre projet centré sur l’arrêt des agressions, la libération du territoire et la restitution des prisonniers. La conclusion qu’il en tire est que, lorsque la guerre n’aboutit à aucun résultat, « elle finit en diplomatie », ce qui justifie à ses yeux le recours à la voie de la négociation indirecte. 

Le débat sur l’échec du « choix du compromis » selon les proches de la résistance

Face à ce pari sur le compromis, Al Bina’ publie le 13 novembre 2025 un texte qui pose crûment la question: « l’option de la négociation n’a pas réussi, que faire alors ? ». Le journal rappelle que, en Syrie, la voie politique n’a pas suffi à mettre fin aux occupations et aux agressions, en dépit d’un processus diplomatique long et de multiples médiations internationales. Il souligne que Damas ne disposait pas d’un outil de résistance comparable à celui du Liban, ni d’un front de confrontation active au Golan, ce qui renforce la méfiance de certains milieux envers la seule voie négociée. 

Dans le même article, Al Bina’ rapporte les messages envoyés par le secrétaire général de Hezbollah, Naim Kassem. Celui-ci exclut explicitement toute « remise des armes de la résistance » et tout alignement sur les conditions israéliennes. Il réaffirme l’engagement du parti vis-à-vis de l’accord de cessez-le-feu, mais en insistant sur le fait que ce respect ne peut être à sens unique et que l’ennemi doit être contraint de mettre en œuvre « sa part » des engagements. Cette lecture met l’accent sur l’asymétrie des pressions, alors que le désarmement de Hezbollah est placé au centre des exigences occidentales. 

Ad Diyar rapproche ces éléments du contenu de la visite à Beyrouth du chef du renseignement égyptien Hassan Rachad, qui a évoqué un projet visant à « geler » ou « neutraliser » l’armement au nord du Litani comme partie d’un plan global pour mettre fin à la guerre. Le journal estime que l’acceptation conditionnelle par Hezbollah de ne pas viser les colonies israéliennes, telle que rapportée dans les discussions, peut être lue comme une forme d’ouverture, dans la mesure où elle reste assortie d’un refus net de toucher à l’arsenal lui-même. 

Une scène intérieure polarisée par la question du dialogue

Al Joumhouriyat, le 13 novembre 2025, décrit un paysage politique marqué par un « blocage complet de l’horizon »: relations tendues entre les niveaux supérieurs de l’État, Parlement quasi paralysé, gouvernement réduit à une gestion des affaires courantes en décalage avec la gravité de la phase. Le quotidien souligne que les facteurs de tension s’accumulent, qu’il s’agisse du dossier des armes ou d’un scrutin législatif « piégé » par la question du vote des expatriés et les doutes sur le respect des délais. 

Dans ce contexte, Al Joumhouriyat relève la phrase de Joseph Aoun qualifiant l’idée d’un dialogue national avant les élections de « dialogue de sourds ». Pour lui, insister sur cette formule équivaut à dire que ce type de réunion ne pourrait produire ni compromis sur l’armement ni accord sur le cap stratégique, et ne ferait que retarder l’échéance électorale. Le même article cite un « responsable politique » qui martèle qu’il n’y aura « ni report des élections ni prolongation, même d’une minute, du mandat du Parlement », soulignant ainsi l’enchevêtrement entre l’agenda interne et le dossier de la frontière sud. 

Le quotidien rapporte également la visite d’un « large » délégue américain, décrit comme plus « exécutif » qu’exploratoire, dont la composition rappelle des équipes déjà impliquées dans le ciblage des installations nucléaires iraniennes. Al Joumhouriyat note que ce groupe a dessiné devant ses interlocuteurs libanais une sorte de « feuille de route » possible: sanctions, puis frappes israéliennes qualifiées d’« opérations chirurgicales », avant une éventuelle grande entente calée sur les nouvelles données du terrain. 

Réactions éditoriales et inquiétude sur la vulnérabilité du pays

Sur le terrain éditorial, plusieurs journaux reviennent sur le risque que le Liban soit perçu comme le maillon « le plus faible » de la région. Al Liwa’, dans son édition du 13 novembre 2025, publie un texte qui s’interroge sur cette image de fragilité, en rappelant que la faiblesse apparente ne signifie pas absence de droits ni renoncement aux obligations issues du droit international. Le journal insiste sur le fait que la dignité du Liban ne se protège pas par un « silence » résigné, mais par la capacité à négocier « en position debout » et à refuser les attaques planifiées ou les opérations graduelles menées par Israël. 

Ce même article du 13 novembre 2025 décrit l’invitation lancée par la présidence de la République à rompre un « silence inutile » et à répondre à l’appel au compromis, sans se laisser enfermer dans l’alternative entre reddition et confrontation totale. Al Liwa’ insiste sur l’idée que les nations ne se sauvent pas par des scènes spectaculaires de colère, mais par une « volonté ferme » et un refus constant d’accepter les faits accomplis, même lorsque les rapports de force paraissent défavorables. 

Enfin, plusieurs journaux libanais et arabes soulignent le poids de la bataille de communication qui entoure cette phase. Ad Diyar note que Joseph Aoun regrette que « certains Libanais qui se rendent aux États-Unis » déforment la réalité en « répandant du poison les uns contre les autres », ce qui alimente les discours qui ne veulent pas la construction d’un État fort au Liban. Al Quds insiste pour sa part sur le rôle de l’information et sur la nécessité de ne pas « déformer l’image du pays » au moment où les décisions prises à Washington, Tel-Aviv ou Téhéran convergent vers une remise à plat des équilibres régionaux.

Politique locale: un scrutin sous tension entre loi électorale et vote des expatriés

Un horizon politique bloqué par le dossier électoral

Al Joumhouriyat, dans son édition du 13 novembre 2025, décrit une scène politique intérieure « embouteillée ». Le quotidien évoque un « horizon politique » aussi fermé que l’horizon sécuritaire, avec des relations « électrisées » entre les plus hauts niveaux de l’État, un Parlement « quasi paralysé » et un gouvernement réduit à un rôle de simple gestion des affaires courantes, loin des exigences de la phase actuelle. 

Dans ce même article, le journal souligne que les facteurs de tension se cumulent autour de deux dossiers: celui des armes et celui des législatives, que le texte qualifie de « piégées » par la « bombe » du vote des expatriés. Selon cette analyse, la question du scrutin ne se résume pas à un débat technique sur le calendrier ou les modalités. Elle cristallise des fractures politiques profondes sur la représentation, l’équilibre communautaire et le contrôle de la diaspora. 

Al Joumhouriyat rapporte les propos d’une source politique qui parle d’un « horizon politique bouché » en raison de la rigidité de chaque camp, incapable de revenir sur ses positions. Pour cette source, cette polarisation rend « impossible » la recherche d’un passage sûr vers des élections législatives apaisées. 

L’« affaire » du vote des expatriés, cœur de la confrontation

Le même dossier d’Al Joumhouriyat met en avant un point précis: l’impact du vote des expatriés sur le devenir du scrutin. Le journal explique que le débat porte sur le maintien ou non de la formule actuelle, qui permet aux Libanais de l’étranger de voter pour tous les députés, et pas seulement pour les six sièges réservés aux circonscriptions de la diaspora. 

Le quotidien note que des milieux politiques favorables à ce vote ont, dans le passé, utilisé les difficultés logistiques comme argument pour faire pression sur le calendrier. Il évoque des rumeurs selon lesquelles certaines parties auraient « promu dans leurs milieux » l’idée que des circonstances techniques pourraient conduire à un report du scrutin et à une prolongation du mandat du Parlement « d’un an, deux ans, voire plus ». 

Ad Diyar, le 13 novembre 2025, confirme que le « kabbash » politique se cristallise autour de la loi électorale et du vote des expatriés pour 128 députés au lieu de six. Le journal rappelle que plusieurs obstacles pratiques sont évoqués, en particulier l’absence de décisions d’application nécessaires pour organiser le vote des Libanais de l’étranger dans le cadre prévu par la loi en vigueur. 

Al Bina’, dans son édition du même jour, fournit un autre angle, plus administratif. Le quotidien rapporte un communiqué conjoint des ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères annonçant que le projet de loi électorale sera transmis au Parlement dans les jours à venir et que les préparatifs pour le scrutin se poursuivent. Les deux ministères indiquent que 51 685 demandes d’inscription de Libanais de l’étranger ont été déposées sur la plateforme électronique au 12 novembre 2025, dont 41 957 ont déjà été reçues par l’Intérieur pour vérification. 

Cette précision montre que, malgré les polémiques, l’appareil administratif continue de traiter les inscriptions, ce qui alimente le discours des partisans d’un respect strict du calendrier électoral.

Les scénarios concurrents de réforme de la loi électorale

Au-delà du vote des expatriés, la presse met en lumière une série de propositions visant à remodeler en profondeur la loi électorale. Al Joumhouriyat détaille un véritable « stock » de modifications possibles, parfois décrites comme « plus radicales » que le simple aménagement du vote de la diaspora. 

Dans son édition du 13 novembre 2025, le quotidien explique qu’une première famille de propositions vise à maintenir les dispositions actuelles, tout en annulant le mécanisme des six députés de la diaspora et en revenant à un système où les expatriés votent pour les circonscriptions internes. 

Mais d’autres suggestions vont beaucoup plus loin. Al Joumhouriyat cite un projet fondé sur le principe d’un Liban transformé en « une seule circonscription » sur la base de la proportionnelle. Un autre propose un retour strict au découpage par gouvernorats, comme prévu par l’Accord de Taëf. À cela s’ajoute un amendement constitutionnel visant à abaisser l’âge du vote à 18 ans. 

Une dernière proposition, mentionnée dans ce même texte, entend modifier la logique du vote préférentiel. Le projet prévoit de passer d’une seule voix préférentielle à deux voix préférentielles, ce qui aurait pour effet de redistribuer les rapports de force au sein des listes. 

Al Akhbar, dans son édition du 13 novembre 2025, décrit une dynamique similaire. Le quotidien souligne que la bataille autour de la loi électorale va « entrer dans une phase plus féroce », le projet gouvernemental devant faire face à une série de propositions parallèles, dont celle déposée par le député Hassan Ali Khalil au nom du bloc « Développement et Libération ». Ce texte propose l’adoption de deux voix préférentielles, l’augmentation du nombre de mohafazat à neuf et la réduction de l’âge du vote à 18 ans, dans le cadre d’un scrutin proportionnel. 

Al Akhbar précise que ces modifications devraient, à elles seules, provoquer une forte division politique, en particulier la question de l’âge du vote, jugée sensible par plusieurs partis attachés à la structure actuelle du corps électoral. 

Al Bina’ élargit encore le propos en liant la loi électorale à la question de la sécurité nationale. Le journal rappelle qu’un responsable politique y affirme que « la sécurité nationale commence par la loi électorale » et que « le respect du partenariat fondateur » est un « baromètre national » pour toute grande décision. Selon ce texte, il ne peut y avoir de stabilité sans loi, ni de loi sans justice et égalité dans la représentation. 

Un consensus officiel affiché sur le maintien du calendrier

Face à ces débats, une partie de la presse insiste sur un point: le refus proclamé de tout report du scrutin. Al Joumhouriyat cite un « haut responsable » interrogé sur la possibilité d’un report ou d’une prolongation. Sa réponse est sans nuance: « pas de report des élections, pas de prolongation, même d’une minute, du mandat de la Chambre des députés ». Pour lui, rien n’empêche l’organisation du scrutin, l’État le souhaitant et le ministère de l’Intérieur affirmant sa pleine préparation. 

Le même journal explique que l’idée d’un report limité de quelques semaines avait été évoquée, à un moment, pour permettre aux expatriés de venir voter au Liban. Mais, depuis l’adoption du mécanisme de vote des expatriés là où ils résident, ce scénario n’a « plus de raison d’être » et les élections doivent se tenir à la date fixée. 

Dans une rencontre rapportée par Al Joumhouriyat avec une délégation de la Naqabat al Mouharririne, Joseph Aoun réaffirme sa « détermination » à organiser les élections à la date prévue, en précisant que la question de la formule de la loi relève du seul Parlement. Le président met en avant une coordination étroite avec le président de la Chambre Nabih Berri et le Premier ministre Nawaf Salam, en rappelant le principe de séparation des pouvoirs et en soulignant que le gouvernement ne peut se substituer à la Chambre dans ce domaine. 

Al Sharq Al Awsat, dans son édition du 13 novembre 2025, reprend le même message à partir de Beyrouth. Le quotidien panarabe rapporte que Joseph Aoun considère l’appel à un dialogue national avant les élections comme un « hiwar torshan », c’est-à-dire un « dialogue de sourds », et souligne que lui-même, Nabih Berri et le gouvernement de Nawaf Salam confirment la tenue des élections à leur « date constitutionnelle ». 

Les doutes persistants sur la faisabilité pratique du scrutin

Ce discours officiel ne suffit pas à dissiper les doutes. Ad Diyar souligne que « plus d’un obstacle » entoure la tenue des élections législatives de mai 2026 selon la loi en vigueur. Le journal rappelle les propos du ministre de l’Intérieur Mohammad Hajjâr et du ministre des Affaires étrangères Georges Raji, qui pointent l’absence de décisions d’application nécessaires pour l’élection de six députés représentant les Libanais de l’étranger. 

Dans le même article, le quotidien met en avant la dimension politique de ces obstacles. L’absence de décrets ou de mesures concrètes pour organiser le vote de la diaspora ouvre la porte à des interprétations divergentes: pour certains, il s’agit de simples lenteurs administratives; pour d’autres, d’un moyen de créer une pression en faveur de la révision de la loi ou d’un ajustement du calendrier. 

Al Joumhouriyat souligne que, dans ce climat, la bataille politique qui précède le scrutin risque d’être « plus difficile que le processus électoral lui-même ». Le journal décrit une scène où les partisans du vote des expatriés craignent de ne pas parvenir à imposer leur projet et où ceux qui s’y opposent misent sur la complexité technique pour en limiter la portée. 

Cette perception est renforcée par la multiplication des projets de loi concurrents, qui doivent passer par la chaîne des commissions parlementaires avant toute inscription à l’ordre du jour d’une séance plénière. Selon Al Joumhouriyat, les règles de procédure parlementaire elles-mêmes peuvent devenir un terrain de manœuvre pour retarder ou remodeler le projet gouvernemental. 

Une bataille sur le récit des réformes et le rôle de la diaspora

Au-delà des chiffres et des procédures, la presse montre que la politique locale se joue aussi sur le récit des réformes. Al Bina’ souligne qu’une partie du débat porte sur la « justice électorale » et sur la capacité de la loi à garantir une représentation équilibrée. Le journal insiste sur le fait qu’il n’y a « pas de stabilité sans loi, pas de loi sans justice et égalité, et pas d’entité sans souveraineté et politiques de dissuasion ». 

Dans le même temps, la diaspora apparaît à la fois comme un enjeu et comme un acteur. Ad Diyar rappelle que le vote des expatriés pour 128 sièges modifie la carte électorale et alimente les craintes d’un déplacement de l’influence politique vers des électorats plus mobiles et souvent plus critiques. 

Nahar apporte un éclairage régional en évoquant, dans sa page libanaise du 13 novembre 2025, la position de l’Arabie saoudite. Selon le quotidien, Riyad ne souhaite pas « intervenir dans les candidatures » parlementaires, tout en manifestant un intérêt pour le « composant sunnite » et en affirmant respecter « les choix des électeurs ». Cette posture est lue à Beyrouth comme un signe que la bataille électorale se joue aussi sur le terrain des appuis extérieurs, en particulier dans les quartiers et les régions à majorité sunnite. 

Dans ce contexte, la politique locale se résume moins à un simple ajustement de texte qu’à une lutte pour définir qui parle au nom du pays, qui compte les voix de la diaspora et qui fixe les termes de la représentation à venir.

Citation et discours des personnalités politiques: la bataille du récit entre compromis, armes et réformes

Joseph Aoun entre «force de la logique» et dénonciation des discours de l’étranger

Les journaux mettent en avant une séquence dense de déclarations du président Joseph Aoun, reçues comme un cadrage politique officiel de la phase actuelle. Dans sa rubrique «Radar», Nahar du 13 novembre 2025 rappelle sa phrase centrale: «Le Liban est dans l’attente de la réponse d’Israël via les États-Unis sur l’option de la négociation pour libérer la terre, et le langage de la force ne sert plus, nous devons aller vers la force de la logique». Ad Diyar, le même jour, détaille son intervention devant la délégation de Naqabat al Mouharririne: il y confirme que le Liban n’a reçu aucun retour israélien sur l’offre de négociation, répète que «le langage de la force ne marche plus» et ajoute que, si le pays n’est pas en mesure d’aller à la guerre alors que la région connaît une «vague de compromis», la seule voie réaliste reste la diplomatie. 

Un autre volet de ce discours vise directement une partie de la diaspora et des responsables politiques en contact avec Washington. Al Sharq rapporte que, recevant un autre groupe de visiteurs, Joseph Aoun dit garder «l’espoir de reconstruire un Liban nouveau» grâce aux opportunités et aux visites qui se multiplient, mais s’en prend aux acteurs qui préfèrent «des conflits internes sans utilité» dans une année électorale. Il affirme que chacun a le droit de défendre sa cause, mais que «personne n’a le droit de déformer l’image du Liban en ne parlant que de ses aspects négatifs, réveillant ainsi le monstre confessionnel». La critique cible ceux qui, selon lui, vont à l’étranger pour demander des pressions supplémentaires, au risque de se retourner contre l’«intérêt supérieur» du pays, comme le relaient aussi des sources politiques citées par Ad Diyar. 

Nahar souligne enfin un point clé: le président considère que l’appel à un dialogue national avant les élections législatives équivaudrait à un «hiwar torshan», un «dialogue de sourds». Il répète, selon le quotidien, qu’il est déterminé, avec Nabih Berri et Nawaf Salam, à ce que les élections aient lieu à la date prévue, et renvoie au Parlement la responsabilité de faire son travail sur la loi électorale. 

Nawaf Salam fait des femmes un enjeu politique à part entière

Le même 13 novembre 2025, le chef du gouvernement Nawaf Salam occupe une large place dans les pages politiques avec un discours très construit sur la place des femmes. Nahar, dans sa page «Radar», revient sur sa prise de parole à l’ouverture de la douzième édition du congrès «Nisa’ ‘ala khutut al-mouwajaha» organisé à Beyrouth par la Fondation May Chidiac. Salam y salue la trajectoire de la journaliste et militante, qualifiée de femme «libre et courageuse» que certains ont tenté de faire taire «à plusieurs reprises» avant de recourir à la violence, persuadés à tort que cela «éteindrait sa lumière». 

Le Premier ministre enchaîne avec un diagnostic chiffré de la sous-représentation féminine. Nahar cite son constat: les femmes ne sont présentes qu’à hauteur de huit députées sur 128, soit environ 6,3 %, alors que la moyenne mondiale se rapproche de 26 %. Pour lui, «le problème n’est pas l’absence de compétences chez les femmes, mais une faille structurelle» liée aux mentalités et aux mécanismes politiques. Dans un autre passage relayé par Nahar dans une rubrique consacrée à ce discours, il plaide pour des «lois qui activent la présence des femmes» et sortent leur rôle du registre symbolique. 

Al Liwa’ reprend la même intervention en mettant l’accent sur la dimension politique de ce message. Le quotidien cite Salam affirmant que l’entrée des femmes en politique «n’a jamais été une simple quête d’un siège supplémentaire ou d’une représentation symbolique au Parlement», mais «un acte d’appartenance et de participation à la formulation du destin de la patrie». Al Sharq publie lui aussi des extraits de ce discours: Salam y appelle les femmes à une participation «massive» aux prochaines législatives, «en candidature et en vote», et réclame des lois et des politiques publiques qui «ouvrent un plus grand espace» à leur présence et «encouragent leur participation active dans la vie publique». Al Sharq souligne que ce discours s’inscrit dans une stratégie plus large du chef du gouvernement pour faire de la réforme politique – et de la question du genre en son sein – un marqueur de sa gouvernance. 

Les mots de Naim Kassem sur le cessez-le-feu et la salve des réponses

Les déclarations du nouveau secrétaire général de Hezbollah, le cheikh Naim Kassem, continuent de provoquer une cascade de réactions politiques. Al Akhbar et Al Bina’ rappellent le passage central de son dernier discours, prononcé à l’occasion de la Journée du martyr de Hezbollah, où il affirme que l’accord de cessez-le-feu «est limité au sud du Litani» et qu’«il n’y a pas de problème de sécurité pour les colonies du Nord», la protection de ce front relevant, selon lui, du gouvernement, du peuple et de la résistance. Kassem prévient en même temps que «tout saignement dans le Sud touchera l’ensemble du Liban à cause des États-Unis et d’Israël» et insiste sur le fait qu’il n’y aura «ni remplacement de l’accord, ni décharge de responsabilité» pour l’ennemi. 

Ad Diyar rappelle, à partir de cette intervention, que Kassem replace ses propos dans la continuité d’un «livre ouvert» adressé aux présidents libanais sur le dossier du désarmement, document présenté par le parti comme une pièce de référence sur sa lecture du moment politique. Le quotidien note que le secrétaire général combine «rappels» de la rhétorique de guerre existentielle et éléments nouveaux, comme des «garanties publiques» sur le sort des colonies israéliennes, ce qui structure la perception de ce discours dans les milieux diplomatiques et politiques. 

Kataëb et Forces libanaises retournent l’argument du «sang du Sud»

Face à ce discours, plusieurs partis d’opposition montent le ton. Nahar rapporte le 13 novembre 2025 que les Kataëb voient dans les propos de Naim Kassem une «assurance» donnée à Israël qu’«aucun danger ne menace ses colonies du Nord», combinée à la déclaration de disponibilité du parti à «évacuer le sud du Litani de l’armement pour rassurer Israël». Le communiqué cite par le quotidien pose alors la question: «Quelle est la fonction de cette arme après tout cela? Et où est l’idée de “résister à Israël” si sa priorité aujourd’hui est de la rassurer plutôt que de l’affronter?» 

Al Sharq Al Awsat reprend ce texte en écho, précisant que le parti juge ce discours comme un aveu de la transformation de l’arsenal en outil de pression interne plus que de confrontation avec l’ennemi. Al Quds Al Arabi rapporte de son côté la réaction du chef des Kataëb, Sami Gemayel, qui écrit sur la plateforme X que si l’arme «ne menace ni les colonies du Nord ni le Sud du Litani», comme l’affirme le cheikh Kassem, alors elle sert «assurément à terroriser les Libanais et à faire pression sur les institutions». 

Nahar mentionne aussi la réponse du chef des Forces libanaises, Samir Geagea, qui rappelle la série de résolutions et de décisions gouvernementales imposant le monopole de la force armée à l’État. Il s’adresse à Naim Kassem en l’exhortant, «pour la seule sauvegarde de [sa] crédibilité», à reconnaître que le maintien d’un arsenal autonome vide de sens les décisions prises par un gouvernement auquel Hezbollah a lui-même accordé la confiance. Al Sharq Al Awsat publie un développement similaire, citant un appel de l’opposition à remettre «toutes les armes à l’État, pour la miséricorde du Liban et de son peuple», en martelant que l’application des résolutions internationales et la centralisation de la force sont «le chemin vers la paix, la prospérité et la création d’emplois». 

Ahmed Qabalan dénonce la «république des délégués» et réclame un État de souveraineté

Dans un registre différent mais sur le même terrain de la souveraineté, le mufti jaafarite Ahmad Qabalan choisit lui aussi un vocabulaire très politique. Al Bina’ publie un communiqué où il estime que «certains doivent comprendre que le pays a besoin de consacrer le “baromètre national” comme base de la structure gouvernementale», dénonçant l’échec des fonctions de l’État à l’échelle des mohafazat et la manière dont diverses formes de tutelle «frappent la valeur existentielle du Liban et sa souveraineté». 

Dans le même texte, Qabalan réclame «une Dawlat siyada, la dawlat mandoubin», «un État de souveraineté, pas un État de délégués», et insiste sur le fait que la Chambre doit être composée de «députés et non de groupes dépendant des ambassades et de la cohue des envoyés». Il martèle que les politiques de dissuasion et de pression doivent être dirigées «vers Israël, pas contre un composant interne fondateur», et que l’absence de dissuasion externe résulte de «priorités du pouvoir et de ses couloirs». Al Bina’ rappelle qu’il lie cette exigence à une réforme de la loi électorale, affirmant que «la sécurité nationale commence par la loi électorale» et que «le respect du partenariat fondateur» sert de «mesure nationale» pour toute grande décision. 

Une parole politique qui s’étend aux dossiers sectoriels

Les journaux signalent enfin des discours moins strictement partisans mais portés par des acteurs insérés dans les politiques publiques. Ad Diyar et Al Sharq relatent un discours de Michel Akl, président de l’association des importateurs de produits agricoles Asplent, lors d’une rencontre avec le ministre de l’Agriculture Nizar Hani. Il y salue le «chemin réformateur» adopté au ministère au sein du gouvernement de réforme présidé par Nawaf Salam, et affirme que l’agriculture au Liban, malgré la marginalisation et la négligence, demeure une «pierre angulaire de l’économie nationale et une source principale de sécurité alimentaire». 

Akl plaide pour une stratégie agricole moderne, fondée sur la science, la recherche, la planification et un «marketing intelligent» des produits libanais, en soulignant que le pays dispose de tous les atouts pour devenir un «Pays-Bas du Moyen-Orient» si le climat d’investissement et le cadre légal sont adaptés. Ce discours, bien que sectoriel, est relayé dans les pages politiques comme un exemple de la manière dont des acteurs économiques utilisent le langage de la souveraineté alimentaire et de la réforme pour interpeller l’exécutif.

Neutralité, diplomatie et consultations autour de Nawaf Salam

Enfin, Al Sharq signale plusieurs rencontres de Nawaf Salam au Sérail autour de thèmes où le politique et le diplomatique se mêlent. Le journal rapporte la visite de l’ancien ministre Michel Pharaon, venu inviter le Premier ministre à participer à une rencontre consultative sur le thème de la «neutralité du Liban», prévue au musée Robert Mouawad à l’occasion de la publication du deuxième tome d’un ouvrage intitulé «Liban, neutralité officielle dans le cadre de la Ligue arabe». 

Pharaon explique, selon Al Sharq, que l’objectif est de relancer un débat national sur la possibilité d’inscrire une forme de neutralité dans le cadre arabe, et non en dehors de celui-ci. La mention de ce rendez-vous, dans la couverture quotidienne, souligne que le discours sur les armes, la souveraineté et les alliances régionales ne se joue pas seulement dans les réponses à Naim Kassem, mais aussi dans des initiatives plus feutrées où la parole politique cherche à redéfinir les paramètres de la position libanaise au sein de la région.

Diplomatie: un Liban surveillé de près entre pressions occidentales et marges arabes

Les signaux croisés de la France et des Nations unies sur le Sud

Nahar, dans son édition du 13 novembre 2025, met en avant la montée des « craintes françaises et onusiennes » à propos du Liban, avec un focus explicite sur le Sud et l’application de la résolution 1701. Le quotidien rappelle que Paris travaille à stabiliser un « mécanisme » de suivi de cette résolution, en le liant aux autres textes du Conseil de sécurité qui encadrent la souveraineté libanaise, notamment les résolutions 1559 et 1680. Le journal souligne que l’enjeu est double: garantir la pleine autorité de l’État sur son territoire et éviter une dérive du front libanais vers un embrasement général.

Dans ce même papier, Nahar décrit comment les diplomates français insistent sur le fait que le Liban a accepté, à travers 1701 et les accords antérieurs, un ensemble d’engagements précis, parmi lesquels le déploiement de l’armée au Sud, le soutien à la Finul et le principe que les armes doivent être sous l’autorité de l’État. Le quotidien rapporte que des responsables français, relayés à New York, considèrent que toute tentative de rediscuter le périmètre de ces engagements, qu’elle vienne de Beyrouth ou d’Israël, ravive la crainte d’un effritement de l’architecture de sécurité construite après 2006.

Nahar relie aussi ces inquiétudes à la situation régionale. Le journal note que les services français et les équipes des Nations unies suivent de près la manière dont les déclarations de Naim Kassem sur le cessez-le-feu au Sud sont reçues par les autorités libanaises. Les diplomates s’interrogent sur la réalité de la marge de manœuvre du président Joseph Aoun et du gouvernement de Nawaf Salam dans un contexte où la frontière sud reste un point de friction permanent. Cette attention internationale place la diplomatie libanaise sous surveillance quasi constante.

Le nouvel ambassadeur américain et la ligne de Washington

Dans ses pages intérieures du 13 novembre 2025, Nahar évoque l’arrivée du nouvel ambassadeur américain à Beyrouth, présenté comme un diplomate doté d’une solide expérience régionale. Le journal souligne que sa mission s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration de Donald Trump, centrée sur la « stabilité » des fronts mais aussi sur le durcissement des dossiers sensibles, au premier rang desquels l’arsenal de Hezbollah et le contrôle de la frontière avec Israël.

Selon ce même article, le nouvel ambassadeur adopte un langage qui combine le rappel des « engagements internationaux » du Liban et des messages de fermeté sur les sanctions. Les interlocuteurs libanais se voient rappeler que la politique américaine ne distingue pas strictement entre le volet militaire de Hezbollah et ses réseaux financiers, que Washington continue d’attaquer par le biais du Trésor. Les discussions portent autant sur l’application des résolutions onusiennes que sur l’étroite surveillance des flux bancaires et des circuits de change, dans un pays déjà frappé par une crise monétaire prolongée.

Ad Diyar, le 13 novembre 2025, replace cette séquence dans un cadre régional plus large. Le quotidien explique que Washington voit dans le Liban un terrain d’application d’une ligne plus générale vis-à-vis de l’Iran, combinant pressions politiques, sanctions et menaces de frappes ciblées. Le journal rapporte que les responsables libanais ont entendu des scénarios où des opérations militaires « limitées » seraient envisagées si la diplomatie ne parvient pas à circonscrire les risques au Sud. Cette manière de présenter les choses renforce le sentiment que le Liban est pris dans un dispositif qui le dépasse en grande partie.

Les messages arabes: un filet politique mais pas de chèque en blanc

La diplomatie arabe occupe aussi une place notable dans les journaux du 13 novembre 2025. Al Liwa’, dans son édition du jour, met en avant les déclarations d’un ministre syrien de haut rang, présenté comme le ministre des Finances, appelant les hommes d’affaires syriens à investir au Liban et les Libanais à ne pas se détourner de la Syrie comme partenaire économique. Le quotidien souligne que ce message intervient alors que Damas cherche à réactiver ses liens économiques régionaux, y compris avec un Liban plongé dans la crise.

Al Liwa’ insiste sur l’ambiguïté de cette main tendue. D’un côté, le discours syrien se présente comme une invitation à une coopération « gagnant-gagnant », centrée sur la reconstruction et les investissements croisés. De l’autre, le journal rappelle que le dossier des réfugiés syriens au Liban, les réseaux de contrebande et le rôle des services de sécurité à la frontière restent des sujets de tensions permanentes. La diplomatie économique ne fait pas disparaître la dimension sécuritaire et politique d’une relation historiquement déséquilibrée.

Nahar consacre un encadré à la position de l’Arabie saoudite. Le quotidien souligne que Riyad affirme ne pas vouloir intervenir dans les candidatures aux législatives libanaises, tout en manifestant un intérêt évident pour la scène sunnite. Les responsables saoudiens, selon le journal, mettent en avant le respect des « choix des électeurs » mais ne dissimulent pas leur attention pour la configuration des blocs parlementaires qui émergeront du scrutin. La diplomatie saoudienne adopte ainsi un ton plus réservé qu’auparavant, sans se retirer du jeu.

Regards panarabes: Gaza, l’Irak, l’Iran et le Liban en arrière-plan

Les journaux panarabes présents dans le corpus livrent un éclairage régional qui rejaillit sur le Liban. Al Sharq Al Awsat, dans son édition du 13 novembre 2025, couvre longuement les recompositions politiques en Irak, les débats sur le programme nucléaire iranien et les nouvelles vagues de sanctions américaines. Le quotidien souligne que le bras de fer entre Washington et Téhéran redessine les lignes de fracture au Moyen-Orient, et que le Liban reste un maillon exposé dans ce dispositif.

Al Sharq Al Awsat insiste sur le fait que la scène libanaise est suivie comme un baromètre de la capacité de l’Iran à conserver des leviers d’action en dehors de son territoire, en particulier à travers Hezbollah. Le journal revient sur les contacts entre responsables américains, français et arabes autour du Liban, en soulignant que la plupart des capitales cherchent à éviter un scénario où le front sud deviendrait un second Gaza. Le pays est décrit comme un théâtre où chaque geste diplomatique est pesé en fonction de ses effets possibles sur l’équilibre régional.

Al Quds, dans son numéro du 13 novembre 2025, reste centré sur la guerre de Gaza et les discussions autour d’éventuelles forces internationales ou d’accords de cessez-le-feu. Mais le quotidien mentionne le Liban à plusieurs reprises, notamment à travers le prisme de Hezbollah, perçu comme l’un des acteurs qui façonnent le cadre des négociations, même sans être directement assis à la table. La presse panarabe présente ainsi le Liban moins comme un sujet autonome que comme un élément d’une équation régionale dominée par les rapports Washington–Téhéran et Israël–axe de la résistance.

Neutralité, conférences et diplomatie parallèle

Parallèlement à ces grandes manœuvres, une diplomatie plus feutrée se déploie à Beyrouth. Al Sharq, dans son édition du 13 novembre 2025, rapporte la visite de l’ancien ministre Michel Pharaon à la Sérail pour inviter le Premier ministre Nawaf Salam à une rencontre consultative sur la « neutralité du Liban ». L’événement, prévu au musée Robert Mouawad, accompagne la publication d’un second tome consacré à l’idée de neutralité officielle « dans le cadre de la Ligue arabe ».

Selon Al Sharq, Pharaon insiste sur le fait que la neutralité recherchée n’a pas vocation à sortir le Liban de son environnement arabe, mais à définir des limites claires à son implication dans les conflits régionaux. Le journal souligne que cette initiative survient à un moment où les armes de Hezbollah, les négociations indirectes avec Israël et les pressions internationales occupent la quasi-totalité de l’agenda politique. La proposition de neutralité apparaît comme une tentative de rouvrir un débat stratégique de fond, face à une diplomatie de crise qui fonctionne à court terme.

Nahar et Ad Diyar mentionnent d’autres rencontres au Sérail, avec des délégations internationales, des représentants d’organisations onusiennes et des responsables d’agences de développement. Ces visites sont présentées comme autant de signaux que le Liban continue d’exister sur la carte diplomatique, malgré la gravité de la crise économique. Les discussions portent sur l’aide humanitaire, les projets d’infrastructure et la réforme de secteurs comme l’énergie et l’agriculture, mais elles restent souvent conditionnées à des engagements politiques, notamment sur la transparence et la gouvernance.

Une diplomatie économique sous contrainte de la crise

La dimension économique de la diplomatie ressort aussi dans plusieurs journaux. Ad Diyar évoque les discussions entre Beyrouth et les institutions financières internationales, dans un contexte où la Banque du Liban, dirigée par Karim Souaid, tente de stabiliser au minimum la monnaie et de maintenir un niveau acceptable de réserves. Le journal souligne que les partenaires étrangers attendent des signaux concrets sur les réformes structurelles, tout en sachant que la marge de manœuvre politique reste limitée.

Al Liwa’ met l’accent sur les appels répétés à la diaspora pour investir dans le pays, notamment dans l’immobilier et les secteurs productifs. Le quotidien note que ces appels se heurtent à la méfiance des expatriés, échaudés par les pertes bancaires et inquiets de l’instabilité politique. Dans ce contexte, chaque déplacement d’un responsable libanais à l’étranger, chaque visite d’une délégation économique ou chaque conférence sur la reconstruction prend une dimension diplomatique, tant la frontière entre économie et politique est devenue floue.

Al Bina’ relie enfin cette diplomatie économique à la question de la souveraineté. Le journal rappelle des prises de position de responsables religieux et politiques qui demandent que la recherche de financements extérieurs ne se traduise pas par une mise sous tutelle des décisions nationales. Pour ces interlocuteurs, la coopération avec les bailleurs et les partenaires arabes ou occidentaux doit se faire sur la base d’une « équation de respect mutuel », où le Liban n’abandonne pas ses choix stratégiques en échange de soutiens financiers. Cette ligne de fracture traverse une grande partie des débats publics.

Dans l’ensemble des journaux du 13 novembre 2025, la diplomatie apparaît ainsi comme un champ saturé de contraintes: pressions françaises et onusiennes sur la 1701, ligne dure de Washington, attentes arabes, initiatives de neutralité, tentatives de diplomatie économique. Le Liban y est décrit comme un acteur qui tente de parler, mais dont la voix est en permanence filtrée par les rapports de force régionaux et par la profondeur de sa propre crise interne.

Politique internationale: pressions maximales sur l’Iran, Gaza en suspens, recomposition en Irak et en Europe

Iran sous double feu militaire et nucléaire

Plusieurs journaux consacrent une large place à l’escalade autour du programme nucléaire iranien et aux frappes israélo-américaines qui ont visé des sites sensibles en juin 2025. Ad Diyar rappelle qu’Israël a mené en juin des frappes décrites comme « sans précédent » contre l’Iran, tuant des centaines de personnes, dont des officiers de haut rang et des scientifiques nucléaires. Le journal précise que les États-Unis ont participé directement à ces opérations en frappant des installations nucléaires, avant qu’un cessez-le-feu ne soit instauré le 24 juin entre les deux camps. 

Ad Diyar souligne que, parallèlement à cette séquence militaire, les autorités iraniennes ont multiplié les procès et condamnations pour espionnage au profit d’Israël, et que le Parlement à Téhéran a adopté en octobre une loi durcissant les peines contre toute collaboration avec des services de renseignement étrangers, en particulier américains et israéliens. Cette ligne intérieure de fermeté se déploie alors que l’Iran tente, sur le plan diplomatique, de montrer qu’il reste engagé dans une logique de négociation.

Dans un autre article, toujours daté du 13 novembre 2025, Ad Diyar rapporte les propos du porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baqaï. Celui-ci affirme que « l’intérêt du pays a toujours été d’aboutir à un résultat » dans les pourparlers nucléaires avec l’Occident, estimant que les sanctions « nuisent au peuple et à l’économie nationale ». Il insiste sur le fait que l’Iran est entré dans ces négociations « avec un plan clair et le plus grand sérieux », et qu’accuser Téhéran de « gagner du temps » relève d’une « fabrication israélienne ». 

L’Agence internationale de l’énergie atomique hausse le ton

Face à ces déclarations, la voix la plus dure vient de Vienne. Al Sharq Al Awsat publie un article sur les rapports confidentiels de l’Agence internationale de l’énergie atomique. L’AIEA y rappelle qu’elle n’a pas pu vérifier depuis des mois le stock iranien de matières nucléaires, en particulier d’uranium hautement enrichi, et juge que la situation « nécessite un traitement immédiat ». 

Le quotidien panarabe souligne que, selon ces rapports, l’Iran reste la seule puissance non dotée officiellement de l’arme nucléaire à enrichir de l’uranium à 60 %, un niveau très proche des 90 % requis pour fabriquer une bombe. Al Quds, dans un papier consacré au même dossier, précise que le stock d’uranium enrichi à 60 % atteignait environ 440,9 kilos au 13 juin, et que l’AIEA n’a pas été en mesure d’en vérifier l’état depuis, faute d’accès aux installations endommagées par la guerre. 

Al Quds ajoute que l’Agence demande explicitement à l’Iran de lui permettre de vérifier, « dans les plus brefs délais », les matières nucléaires déclarées comme pacifiques, afin de dissiper les craintes d’un détournement vers des usages militaires et de garantir le respect par Téhéran de l’accord de garanties dans le cadre du Traité de non-prolifération. Les journaux mettent ainsi en lumière un fossé grandissant entre la rhétorique iranienne de bonne volonté et les inquiétudes persistantes des organismes de surveillance.

Analyses sur la marge de manœuvre de Téhéran face à Washington et Israël

Au-delà des dépêches, plusieurs analyses cherchent à évaluer la marge de manœuvre réelle du régime iranien. Al Quds publie un long commentaire qui part du constat que Téhéran ne dispose plus de l’espace de manœuvre d’autrefois, après la destruction d’installations nucléaires et l’intensification des sanctions, notamment via le mécanisme de « snapback ». 

L’auteur souligne que le régime sait que les États-Unis et Israël pourraient ne pas se contenter de la « guerre éclair » de douze jours menée en juin, et que la perspective d’un nouveau round militaire pèse lourd dans les calculs de Téhéran. Le texte décrit un pouvoir tiraillé entre la volonté de « se raidir pour éviter de nouvelles concessions » et la peur de subir une autre campagne de bombardements qui frapperait aussi des installations économiques vitales, notamment dans le pétrole et le gaz. 

Dans la même analyse, Al Quds rappelle que le président américain Donald Trump a déjà quitté unilatéralement l’accord de 2015 durant son premier mandat, et qu’il exige désormais un accord plus large incluant non seulement le nucléaire mais aussi le programme balistique iranien et son influence régionale. Le journal estime que si Téhéran joue encore la carte du « pragmatisme » pour éviter la guerre totale, sa capacité à obtenir une levée significative des sanctions se réduit, alors que la pression économique interne s’accroît. 

Gaza: un cessez-le-feu fragile et des doutes à Washington

Sur Gaza, la couverture est dominée par les enjeux humanitaires et les incertitudes sur la durabilité du cessez-le-feu. Al Sharq consacre une double page à un ensemble de documents internes de l’administration Trump, obtenus par le site Politico, qui dépeignent un tableau « sombre » des perspectives de l’accord conclu pour mettre fin à la dernière guerre. 

Selon Al Sharq, ces documents, regroupés dans un rapport de l’Institute Tony Blair intitulé « Rapport sur la situation à Gaza », estiment que le mouvement Hamas « réimpose son autorité » dans l’enclave en profitant du vide sécuritaire, et qu’il a redéployé environ sept mille membres de ses forces de sécurité dans les zones où Israël ne maintient plus un contrôle direct. Le rapport met en garde contre le risque de voir les mêmes structures politico-sécuritaires se reconstituer derrière la façade d’un cessez-le-feu présenté comme durable dans les discours.

Al Sharq relève aussi que ces documents évoquent des désaccords persistants entre Israéliens et Palestiniens sur la « responsabilité finale » de Gaza et sur les contours d’une éventuelle force internationale ou régionale chargée de la sécurité. L’une des notes internes citées par le quotidien s’interroge sur la compatibilité, à long terme, de l’implication américaine à Gaza avec l’agenda « America First » mis en avant par Donald Trump, et suggère que Washington cherchera à « faire jouer un rôle plus grand » à d’autres partenaires. 

Situation humanitaire et bataille de l’aide à Gaza

Sur le terrain, Al Sharq décrit une situation qualifiée de « catastrophique » par plusieurs agences, rappelant que l’UNRWA estime à 90 % la part de la population souffrant de malnutrition, et évoquant un « niveau de destruction grave » au-delà de la « ligne jaune » de sécurité. 

Al Quds se concentre sur les efforts pour faire entrer l’aide dans l’enclave. Le journal rapporte que les autorités israéliennes ont ouvert le point de passage de Zikim, au nord de Gaza, afin de permettre l’entrée de camions d’aide coordonnés avec les Nations unies et plusieurs ONG internationales, après des contrôles sécuritaires stricts. Le quotidien rappelle que de nombreuses organisations réclament la réouverture ou l’extension de plusieurs points de passage pour faire face à l’ampleur des besoins.

Dans un autre article, Al Quds met en avant le coût humain de la guerre pour les civils et les acteurs de l’information. Le journal cite la Fédération des journalistes palestiniens, qui affirme que l’armée israélienne a tué 44 journalistes palestiniens dans des camps de déplacés à Gaza depuis le début de ce qu’elle décrit comme une « guerre d’extermination ». Cette donnée illustre la violence du conflit et la difficulté à documenter la situation sur place.

Irak: recomposition interne et accords stratégiques avec la Turquie

Au-delà du Levant, l’Irak occupe une place importante dans les pages internationales. Al Sharq indique que la Haute commission électorale irakienne se prépare à annoncer les résultats des législatives, confirmant, selon des sources citées par le journal, l’avantage de la coalition conduite par le Premier ministre sortant Mohammed Chiaa al-Souda­ni. La commission affirme avoir terminé le dépouillement et promet de publier les résultats préliminaires, tandis que les négociations entre blocs pour la formation du prochain gouvernement ont déjà débuté en coulisses. 

Al Bina’ publie en parallèle un long reportage sur l’évolution des relations entre l’Irak et la Turquie. Le journal rappelle que ces relations ont connu, ces dernières années, des phases alternées de tension et de coopération, avant de connaître un « tournant stratégique » en 2025 avec la signature d’accords qualifiés d’« historiques » dans les domaines de l’eau, du pétrole et du développement. 

Le texte détaille en particulier une nouvelle convention signée en novembre pour la gestion des ressources hydriques, en présence du Premier ministre irakien Mohammed Chiaa al-Souda­ni. L’accord ne se limite pas à la répartition des quotas d’eau: il transforme vingt-six mémorandums d’entente antérieurs en projets exécutifs et crée un mécanisme commun de gestion de l’eau, assorti d’un soutien turc à la modernisation des infrastructures hydrauliques en Irak. Selon Al Bina’, ces développements traduisent la volonté d’Ankara et de Bagdad de stabiliser une relation longtemps marquée par la méfiance, sur fond de dossier kurde, de présence militaire turque au nord de l’Irak et de rivalités régionales. 

Turquie: crash militaire meurtrier en Géorgie

Dans un registre plus factuel, Al Quds rapporte la mort de vingt soldats turcs dans le crash d’un avion de transport militaire en Géorgie, présenté comme l’accident militaire le plus grave pour la Turquie depuis 2020. L’article rappelle que la Turquie reste un membre central de l’OTAN et multiplie les opérations extérieures, du nord de la Syrie au Caucase, ce qui contribue à l’exposition de ses forces à des risques élevés, en opérations comme en entraînement. L’enquête sur les causes de l’accident est en cours, mais les autorités turques l’inscrivent déjà dans le registre des « sacrifices » consentis par l’armée dans un environnement régional instable.

Ukraine et Europe: pression migratoire prolongée

Enfin, Ad Diyar aborde la prolongation des effets de la guerre en Ukraine sur l’espace européen. Le journal note qu’en septembre dernier, cent mille Ukrainiens ont obtenu une protection temporaire dans l’Union européenne, soit le chiffre mensuel le plus élevé depuis deux ans, avec une forte hausse enregistrée en Allemagne et en Pologne. 

L’article souligne que ces données traduisent la persistance des déplacements forcés, malgré la stabilisation relative de certaines lignes de front, et que la pression sur les systèmes sociaux européens reste forte. Les pays d’accueil sont confrontés à un double défi: assurer la prise en charge des réfugiés ukrainiens tout en gérant d’autres flux migratoires, en provenance notamment du Proche-Orient et d’Afrique. Ad Diyar rappelle que cette situation nourrit des tensions politiques internes, en particulier dans les pays d’Europe centrale et orientale, où le soutien à l’Ukraine reste important mais se heurte à la fatigue sociale et budgétaire. 

À travers ces dossiers – Iran, Gaza, Irak, Turquie, Ukraine – les journaux datés du 13 novembre 2025 dessinent un paysage international dominé par la combinaison de pressions militaires, de bras de fer nucléaires, de crises humanitaires et de recompositions politiques, dans lequel les marges de compromis apparaissent étroites et souvent conditionnées aux rapports de force régionaux et globaux.

Économie: une crise qui se déplace du taux de change au panier du ménage

La flambée silencieuse du panier alimentaire

Ad Diyar, dans son édition du 13 novembre 2025, consacre un long reportage à ce qu’il appelle «la reprise de la hausse des prix alimentaires à un niveau sans précédent», en pointant directement la responsabilité d’une partie des grandes chaînes de distribution. Le journal décrit un consommateur qui part désormais du principe qu’il va se faire voler, dans un contexte où «la boussole est perdue» entre nouvelles taxes, monopoles, absence de contrôle et formes variées de corruption. En s’appuyant sur des rapports du ministère de l’Économie et du Programme alimentaire mondial, Ad Diyar affirme qu’il existe bel et bien des pratiques d’entente et de manipulation des prix de la part de certaines grandes «supermarket», avant, pendant et après les épisodes les plus aigus de la crise. 

Le reportage donne un exemple local: la ville de Zahlé, qui a refusé l’installation de ces grandes enseignes et préféré maintenir un tissu de petits commerces. Pour Ad Diyar, ce refus illustre une volonté de freiner la concentration dans la distribution et de limiter le pouvoir de fixation des prix par quelques acteurs. Mais le journal pose une question directe: ce type de résistance locale permet-il vraiment de régler la crise du coût de la vie à l’échelle du pays, alors que la hausse concerne tous les segments du panier alimentaire. 

Dans un second volet de l’article, Ad Diyar mobilise les chiffres les plus récents du World Bank sur la sécurité alimentaire. Le journal rappelle que, sur les onze derniers mois, le taux d’inflation mensuel des prix alimentaires au Liban n’est pas descendu sous 20 %, avec une hausse moyenne d’environ 21,4 % sur la période, ce qui place le pays parmi les pires cas dans la catégorie des économies à revenu intermédiaire supérieur. Ad Diyar cite aussi le président de l’Association des consommateurs, selon lequel les prix des biens et services ont atteint des niveaux «bien supérieurs» à ceux de 2019, la facture quotidienne ayant augmenté dans pratiquement tous les secteurs. 

Un troisième passage revient sur la période allant de l’automne 2019 à l’automne 2025. Ad Diyar y décrit une «métamorphose» de la table libanaise en livres comme en dollars: le prix du sucre, du thé, du café, du riz, de l’huile et du lait en poudre a été multiplié plusieurs fois, au point que le panier alimentaire calculé en devises est aujourd’hui deux à trois fois plus cher qu’avant la crise, alors que les salaires réels ont été divisés par plus de deux. Une autre série de données rappelle que, sur certaines périodes, l’inflation nominale des prix alimentaires a avoisiné 352 % et que, sur les douze mois allant de juillet 2022 à juillet 2023, la hausse annuelle nominale a atteint 279 %, selon Credit Libanais. Ad Diyar mentionne enfin une note du Ministry of Economy and Trade fixant l’indice national des prix alimentaires à 143,8 points en mars 2025, preuve que la pression sur les prix se maintient malgré un certain répit sur le front monétaire. 

Générateurs privés et marchés dérégulés: l’exemple des «mafias» de quartier

Nahar aborde la crise économique par un autre angle, celui des secteurs dérégulés où la vie quotidienne est directement affectée. Dans un dossier publié le 13 novembre 2025, le journal décrit la «mafia des générateurs» qui impose sa loi dans les quartiers, sur fond de déficit chronique de l’électricité publique. Entre le bruit des groupes électrogènes dans les ruelles et l’odeur du diesel qui étouffe les quartiers, les habitants vivent «sous la merci» de réseaux privés qui contrôlent leur facture tout en polluant l’air, alors que les mesures gouvernementales restent «en deçà des attentes». 

Nahar souligne que la plupart des propriétaires de générateurs continuent d’ignorer les décisions officielles. Le journal relève le refus persistant d’installer des compteurs électroniques, le jeu sur les tarifs officiels publiés par le ministère de l’Énergie, et le non-respect des normes environnementales, notamment l’absence de filtres pour limiter la pollution. Les autorités reconnaissent, selon le quotidien, que ce dossier est «par nature complexe»: les exploitants contrôlent la principale source d’électricité de substitution dans un pays où l’État n’est plus capable d’assurer le service public, ce qui rend difficile toute application effective de la tarification officielle ou des obligations d’équipement. 

Dans un autre article, toujours dans Nahar, le même numéro prend l’exemple du marché des pneus, où s’entremêlent sécurité routière et dérégulation. Un vendeur de pneus reconnaît ainsi que la plupart des magasins continuent de vendre des pneus usagés, en expliquant que l’état financier des clients les pousse à choisir des produits d’occasion plutôt que des pneus neufs, même lorsque la sécurité est en jeu. Il admet aussi que la concurrence des grandes sociétés empêche, dans ce secteur précis, des hausses de prix jugées excessives, mais pointe un autre problème: l’absence de contrôle sur le renouvellement des pneus alors que la visite technique obligatoire est suspendue depuis trois ans. 

Nahar en tire une conclusion implicite: la crise économique ne se limite plus aux grandes variables macroéconomiques. Elle s’exprime dans une série de marchés partiellement ou totalement dérégulés, où le consommateur paie à la fois le prix de la hausse des coûts, du vide réglementaire et du recul des services publics essentiels. 

Banques, déposants et menace du «haircut»

Sur le terrain financier, Al Bina’ met en lumière une double inquiétude: l’avenir du système bancaire et le sort des déposants piégés dans les banques. Rendant compte d’une rencontre entre Joseph Aoun et une délégation de la Naqabat al Mouharririne, l’édition du 13 novembre 2025 souligne que le président a réaffirmé que «les droits des déposants sont une ligne rouge», dans un contexte où les discussions sur les pertes du système et leur répartition restent en grande partie opaques pour le grand public. 

Au Sérail, Al Bina’ rapporte que le ministre de l’Économie Walid Boustany a tenu un discours sans ambiguïté devant le Premier ministre Nawaf Salam. Le quotidien cite sa formule selon laquelle le «haircut» porte atteinte à l’économie et qu’il «ne s’engagera pas dans cette voie». Le message s’adresse à la fois aux déposants, aux banques et aux institutions internationales: toute solution de restructuration qui reposerait sur un effacement massif et unilatéral des dépôts est présentée comme inacceptable, même si la question des pertes accumulées doit être traitée.

Dans le même temps, Al Sharq Al Awsat décrit les contours d’un «conférence promise» pour le soutien au Liban, portée par la France. Le quotidien rappelle que le responsable du ministère français de l’Économie Dolajogi s’est rendu à Beyrouth début novembre, et que ses réunions ont porté sur les dossiers économiques et financiers. Emmanuel Macron a plusieurs fois évoqué la possibilité d’un rendez-vous international à Paris avant la fin de l’année pour soutenir l’économie libanaise, mais Al Sharq Al Awsat précise que ce rendez-vous «ne verra pas le jour» tant que le Liban n’aura pas enclenché les réformes urgentes attendues. 

Le quotidien, dans sa page datée du 13 novembre 2025, insiste: l’organisation de ce conference, dédié en partie au soutien de l’armée libanaise, est suspendue à un accord clair sur les dossiers en discussion avec le FMI et la Banque mondiale, au premier rang desquels une loi de restructuration en profondeur du système bancaire. Le soutien international est donc explicitement conditionné à la capacité des autorités libanaises à trancher sur la répartition des pertes et à moderniser le cadre légal du secteur financier. 

Conférence internationale et conditionnalité des bailleurs

Al Sharq Al Awsat résume cette conditionnalité en expliquant que «les capitales concernées» n’entendent pas injecter de nouveaux fonds dans une économie libanaise encore régie par des lois bancaires dépassées et un système de contrôle des capitaux informel. Le journal rapporte que les discussions menées à Beyrouth portent autant sur les réformes économiques que sur les volets politiques et sécuritaires, mais que le cœur des attentes est clairement économique: réforme budgétaire, restructuration bancaire et amélioration du climat d’investissement. 

Dans le même registre, Ad Diyar relève que les partenaires du Liban, qu’il s’agisse d’institutions multilatérales ou de pays donateurs, ont durci leurs lignes. Les chiffres du World Bank sur l’inflation alimentaire sont utilisés comme illustration d’une crise sociale susceptible de déstabiliser le pays, mais ils servent aussi de justification à une exigence accrue de «réformes crédibles» en amont de tout nouveau programme de soutien. Pour ces acteurs, le maintien d’une inflation extrême sur les produits de base montre l’ampleur d’une crise de gouvernance qui ne peut être résolue par des aides ponctuelles. 

Al Sharq Al Awsat indique que le conference envisagé à Paris serait, le moment venu, l’occasion de coordonner ces exigences, avec un accent particulier sur la loi de restructuration du secteur bancaire et sur l’assainissement des finances publiques. Pour l’instant, les négociations restent ouvertes, et aucune date n’a été fixée, ce qui renforce l’impression d’un pays suspendu à des décisions qui se prennent autant à Beyrouth qu’à Washington, Paris ou Riyad. 

Agriculture: un secteur présenté comme «Hollande du Moyen-Orient» potentiel

Face au tableau sombre des prix et des banques, une partie de la presse met en avant le potentiel du secteur agricole. Ad Diyar rapporte la visite du ministre de l’Agriculture Nizar Hani, accompagné du directeur général de la tutelle et de plusieurs responsables, au siège de l’Association des importateurs et commerçants de fournitures agricoles Asplent, à Hazmieh. La rencontre, qui réunit ministère et secteur privé, est consacrée à l’organisation du marché des intrants agricoles afin de garantir la sécurité des produits et de protéger à la fois le producteur et le consommateur. 

Dans son intervention, le président d’Asplent, Michel Aql, décrit longuement la situation du secteur. Selon Ad Diyar, il rappelle que, malgré la marginalisation et la négligence dont elle souffre, l’agriculture reste «une pierre angulaire pour l’économie nationale et une source essentielle pour la sécurité alimentaire». Aql affirme que le Liban possède «tous les atouts pour devenir la Hollande du Moyen-Orient sur le plan agricole», à condition de lui offrir un environnement d’investissement et un cadre législatif adaptés, s’appuyant sur une politique moderne fondée sur la science, la recherche, la planification et un «marketing intelligent». 

Ad Diyar et Al Sharq soulignent que cette stratégie suppose aussi la mise à niveau des processus de production et de conditionnement selon les normes internationales, pour permettre à la production libanaise de s’écouler sur les marchés extérieurs. Négliger ces standards a déjà, rappelle Aql, «freiné à plusieurs reprises les exportations agricoles» du pays. Les deux journaux relaient son appel à une stratégie nationale intégrée de redressement agricole, combinant baisse des coûts de production, soutien aux cultures de qualité orientées vers l’exportation, financement de long terme et renforcement de la mécanisation et de la recherche. 

Le ministre Nizar Hani insiste, de son côté, sur la modernisation des mécanismes de contrôle et de qualité, afin de garantir des intrants «sûrs et efficaces» et de réduire les coûts pour les agriculteurs, tout en accroissant la confiance dans le produit national. Il évoque la mise en œuvre d’une «carte nationale agricole 2026–2035», fondée sur la production durable, le développement des chaînes de valeur, l’innovation et la traçabilité du produit depuis le champ jusqu’au consommateur, avec l’objectif que chaque produit porte le nom du producteur responsable. 

Électricité, interconnexions et dépendance aux décisions extérieures

Au chapitre énergie, Nahar rappelle, dans sa page Liban du 13 novembre 2025, que le projet d’interconnexion électrique entre la Jordanie, la Syrie et le Liban, lancé en 2001 avec une ligne de 400 kV, est à l’arrêt depuis 2012 en raison de la guerre en Syrie. En janvier 2022, des accords avaient été signés pour fournir de l’électricité jordanienne au Liban via le réseau syrien, mais le projet a de nouveau été suspendu sous l’effet des conditions révisées par la Banque mondiale et de l’impact des sanctions américaines sur Damas. 

Pour Nahar, ce blocage illustre un problème de fond: même les solutions techniques qui pourraient atténuer la dépendance aux générateurs privés restent soumises à des paramètres géopolitiques et financiers qui échappent largement au contrôle du Liban. Les discussions prévues pour mettre à jour la «feuille de route technique et financière» du projet se heurtent aux mêmes obstacles, alors que les ménages continuent de supporter une double facture électrique – publique et privée – dans un contexte de revenus en chute. 

Un paysage économique structuré par la contrainte et les rentes

Au fil des articles du 13 novembre 2025, se dessine une image cohérente de l’économie libanaise actuelle. Ad Diyar montre une inflation alimentaire extrême qui grignote la dignité des ménages, sur fond d’ententes entre grands distributeurs et d’inefficacité des contrôles. Nahar décrit une économie des rentes de fait, où la «mafia des générateurs» et d’autres secteurs dérégulés comblent les vides laissés par l’État, tout en imposant des coûts élevés en termes financiers, sanitaires et environnementaux. 

Al Bina’ et Al Sharq Al Awsat rappellent que la sortie de crise passe par des décisions douloureuses sur la restructuration bancaire, mais que les autorités politiques répètent que les droits des déposants ne doivent pas être sacrifiés et que tout «haircut» massif serait destructeur pour l’économie. Dans le même temps, les bailleurs de fonds conditionnent tout soutien d’envergure à ces mêmes réformes, plaçant le pays dans un étau entre impératifs sociaux et conditionnalités financières. 

Enfin, Ad Diyar et Al Sharq mettent en avant un secteur agricole présenté comme capable de contribuer à la sécurité alimentaire et de générer des devises, à condition d’être soutenu par une politique publique cohérente et un partenariat structuré avec le secteur privé. La journée de presse du 13 novembre 2025 montre ainsi une économie qui oscille entre crise profonde, tentatives de régulation, rentes consolidées et paris sur quelques secteurs jugés porteurs, sans que l’équilibre d’ensemble soit encore trouvé.

Justice: violences extrêmes, vide numérique et protection du consommateur

Un viol suivi de meurtre présenté comme « l’une des pires affaires »

Ad Diyar, dans son édition du 13 novembre 2025, met en avant un dossier pénal décrit comme l’une des affaires « les plus atroces » de ces dernières années. Le journal rapporte qu’après trois heures et demie d’interrogatoire, la juge al-Asmar a décidé d’émettre un mandat de dépôt à l’encontre d’un suspect, en se fondant sur l’article 549 du Code pénal. Cet article punit le crime de meurtre intentionnel, ici combiné à des dispositions relatives au viol et à la tentative de meurtre. 

Selon le compte rendu d’Ad Diyar, la magistrate considère que les actes reprochés « réunissent dans un même fait » un viol, une tentative de meurtre et un homicide, ce qui justifie la qualification retenue et le recours à l’article 549. Le journal insiste sur l’horreur de la scène, qualifiée de crime « parmi les plus abjects » qu’ait connus le pays ces dernières années. 

Le quotidien souligne que cette décision intervient à l’issue d’une audition détaillée du mis en cause, en présence de ses avocats. L’instruction reste en cours, mais l’émission d’un mandat de dépôt traduit, pour Ad Diyar, la volonté du parquet et du juge d’instruction d’envoyer un signal de fermeté dans les affaires de violences sexuelles et de féminicides. Cette affaire devient un test pour la capacité du système judiciaire à juger rapidement un crime qui a choqué l’opinion publique. 

L’affaire « Roblox » et la prise de conscience du vide juridique numérique

Dans le même numéro du 13 novembre 2025, Ad Diyar publie un long reportage intitulé « Après la tragédie du suicide de dizaines de jeunes à cause de “Roblox”… le Liban affronte les failles du droit numérique et lutte pour protéger les mineurs ». Le journal rappelle une série de cas où des adolescents se sont donné la mort après avoir été pris dans des mécaniques de jeux en ligne et de défis dangereux via la plateforme Roblox, ce qui a déclenché une vague d’inquiétude chez les familles et les éducateurs. 

Le texte souligne que ces drames ont mis en lumière un angle mort du droit libanais. L’article cite des spécialistes qui constatent l’absence d’un cadre législatif « spécialisé et détaillé » pour encadrer les crimes numériques, en particulier lorsque des mineurs sont visés. Les auteurs des contenus restent souvent à l’étranger, dissimulés derrière des comptes anonymes, tandis que les autorités locales ne disposent pas de tous les outils juridiques pour poursuivre les plateformes ou exiger des coopérations rapides. 

Les experts interrogés par Ad Diyar insistent sur le fait que la montée des crimes numériques visant les enfants – chantage, manipulation psychologique, incitation au suicide – impose une mise à jour urgente des textes. Pour l’instant, beaucoup de dossiers sont poursuivis par analogie, en s’appuyant sur des infractions d’extorsion, de diffamation, de menaces ou de harcèlement, prévues par le Code pénal, alors même que les faits s’inscrivent dans un environnement totalement différent de celui des années 1940. 

Une architecture juridique restée centrée sur le Code pénal de 1943

Ad Diyar rappelle que le droit libanais repose encore largement sur le Code pénal de 1943, adopté par décret législatif n°340 et modifié à plusieurs reprises, mais sans refonte globale adaptée à l’ère numérique. Les cybercrimes sont donc souvent rattachés à des incriminations classiques comme le chantage, le vol de données, l’atteinte à la réputation ou la menace, sans que la spécificité des environnements en ligne soit pleinement prise en compte. 

Pour les affaires impliquant l’exploitation d’enfants via Internet, le quotidien précise que les juges s’appuient sur la loi n°164 de 2011 sur la lutte contre la traite des personnes. Ce texte prévoit un renforcement des peines lorsque des mineurs sont attirés ou exploités par des réseaux, y compris en cas d’agression sexuelle. Les sanctions peuvent atteindre les plafonds les plus élevés du droit libanais dans les cas les plus graves. 

Mais les juristes interrogés estiment que la combinaison du Code pénal de 1943 et de la loi de 2011 ne suffit plus. Les procédures restent longues, la qualification des faits est souvent débattue, et la coopération internationale sur les données numériques se heurte à l’absence de conventions spécifiques dans lesquelles le Liban serait partie. D’où les appels répétés à une loi globale sur les crimes informatiques, dotée de procédures rapides et de mécanismes de coopération technique. 

Failles de la protection des mineurs en ligne et responsabilisation des plateformes

L’article d’Ad Diyar donne la parole à des spécialistes de l’enfance qui parlent d’un « décalage dramatique » entre la vitesse de diffusion des contenus et la lenteur des réponses judiciaires. Ils expliquent que les défis mortels et les mécanismes de jeu exploitent des fragilités psychologiques chez les adolescents. Or, le droit libanais ne prévoit pas encore de régime clair de responsabilité des plateformes pour les contenus nocifs à destination des enfants. 

Le reportage évoque aussi l’absence de procédures standardisées pour la collecte de preuves numériques dans ce type d’affaires. Captures d’écran, historiques de conversations et logs de connexions doivent être réunis dans un laps de temps très court, faute de quoi les éléments disparaissent ou deviennent inexploitables. Les enquêteurs dépendent souvent de la bonne volonté des entreprises de technologie, dont plusieurs n’ont pas de représentation officielle au Liban. Cette dépendance complique la tâche des parquets qui voudraient établir la chaîne des responsabilités. 

Les interlocuteurs cités par le journal plaident pour un double mouvement: adoption d’une loi de cybercriminalité qui définisse les infractions et les peines, et élaboration de protocoles de coopération avec les principales plateformes, à travers des accords ou via l’adhésion à des mécanismes internationaux. L’affaire « Roblox » est présentée comme un choc qui pousse les familles à saisir la justice, mais aussi comme un signal d’alarme pour les législateurs. 

L’armée face aux rumeurs: l’institution rappelle les règles de responsabilité

Dans la même page « rapports – environnement – santé » du 13 novembre 2025, Ad Diyar publie un communiqué de l’armée lié à une rumeur de nature financière. Selon le journal, des sites Internet et des comptes sur les réseaux sociaux ont affirmé qu’un pays arabe aurait accordé une « donation » monétaire à certains officiers de l’armée avant leur mise à la retraite. 

La direction de l’armée dément « catégoriquement » cette information. Elle souligne, dans le texte reproduit par le quotidien, la « nécessité de faire preuve de responsabilité » et d’« observer la plus grande précision » dans la publication de toute nouvelle concernant l’institution militaire, en renvoyant les médias à ses communiqués officiels pour obtenir des données exactes. 

Ce démenti n’ouvre pas de procédure judiciaire en tant que telle, mais il s’inscrit dans un climat de suspicion généralisée sur la gestion des ressources publiques et des aides étrangères. Le fait que l’armée intervienne publiquement rappelle que les rumeurs peuvent aussi constituer des infractions, notamment si elles relèvent de la diffamation ou de la propagation de fausses nouvelles susceptibles de nuire à la confiance dans une institution.

Justice de la famille, accidents et vie judiciaire ordinaire

Au-delà des grandes affaires, les journaux du 13 novembre 2025 donnent aussi à voir le fonctionnement plus routinier de la justice. Al Sharq publie ainsi un avis officiel de la Cour chariatique sunnite de Minieh, convoquant un justiciable dans le cadre d’une action en divorce enregistrée le 26 août 2025. L’avis précise qu’en cas d’absence à l’audience fixée au 16 décembre, la procédure se poursuivra dans les formes légales prévues. 

Sur la même page, le quotidien relaie les statistiques de la salle de contrôle du trafic pour les 24 dernières heures: un mort et quatre blessés dans quatre accidents de la route. Al Sharq mentionne aussi le renversement d’un bus scolaire transportant des élèves de l’école officielle de Chhour, provoquant des blessures légères pour plusieurs enfants, après une défaillance des freins. 

Ces éléments relèvent plus de la chronique que des grands dossiers judiciaires, mais ils renvoient à une réalité: les tribunaux ordinaires, civils, pénaux ou religieux, traitent quotidiennement une multitude de cas, du divorce aux accidents de la circulation, dans un contexte où la visite technique obligatoire des véhicules est suspendue depuis plusieurs années et où les règles de sécurité routière sont appliquées de manière inégale. 

Fraudes alimentaires, action administrative et attente d’un cadre plus répressif

Ad Diyar consacre un autre article, le 13 novembre 2025, à la Commission parlementaire de l’Économie et à la question de la protection du consommateur. Le journal rapporte des propos du député Boustani, qui salue le travail de la Commission de contrôle des assurances et les efforts du ministère de l’Économie pour rendre les pratiques des compagnies plus transparentes. Il met surtout en avant les « mesures fermes » prises récemment pour protéger le consommateur dans deux dossiers sensibles : l’affaire de l’huile d’olive avariée à Tripoli et celle des pommes de terre à Beyrouth. 

Pour le député, ces interventions administratives illustrent la capacité des services de contrôle à détecter des fraudes, mais elles restent limitées par l’absence d’un véritable « Code de protection du consommateur » doté de sanctions dissuasives. Ad Diyar cite sa déclaration finale, dans laquelle il exprime l’espoir que la loi sur la protection du consommateur soit adoptée en première priorité lors de la prochaine séance plénière du Parlement, afin de donner aux inspecteurs du ministère des pouvoirs réels de sanction et de leur permettre d’infliger des amendes qui « protègent efficacement le citoyen libanais ». 

Le quotidien souligne que, pour l’instant, une partie des infractions découvertes sur le marché alimentaire finit devant les tribunaux, mais au terme de procédures longues et parfois disproportionnées par rapport à l’enjeu. L’adoption d’un cadre législatif plus clair permettrait, selon les promoteurs du texte, de traiter une partie des fraudes par des amendes administratives lourdes, tout en réservant le canal judiciaire aux cas les plus graves. 

Entre droit pénal classique, nouvelles menaces et demandes de réforme

L’ensemble des articles publiés le 13 novembre 2025 dessine une justice libanaise tiraillée entre trois fronts. D’un côté, des crimes violents comme l’affaire de viol et meurtre suivie d’un mandat de dépôt montrent la capacité du système à mobiliser les outils du Code pénal pour des actes qualifiés d’« abjects », avec des juges qui n’hésitent pas à recourir aux dispositions les plus lourdes. 

De l’autre, des dossiers émergents – suicides liés à des jeux en ligne, exploitation de mineurs dans les espaces numériques – révèlent un vide juridique que les praticiens tentent de combler en adaptant des textes anciens, comme le Code pénal de 1943 ou la loi de 2011 sur la traite des personnes. Les acteurs du secteur demandent un cadre spécifique pour les crimes informatiques, capable de répondre à la vitesse des technologies et aux enjeux de coopération internationale. 

Enfin, les débats autour de la protection du consommateur et des fraudes alimentaires montrent que la frontière entre régulation administrative et justice pénale reste floue. Les contrôles sur l’huile d’olive ou les pommes de terre, les discussions sur la loi de protection du consommateur et les communiqués de l’armée contre les rumeurs renvoient à une même question: comment doter l’État de moyens juridiques rapides et crédibles pour sanctionner les abus, sans surcharger davantage des tribunaux déjà soumis à une pression constante.

Société: spiritualité, cohabitation fragile et quotidiens sous tension

La visite papale comme respiration collective dans un pays épuisé

Nahar décrit des préparatifs « en phase finale » pour la visite du pape Leo XIV, prévue du 30 novembre au 2 décembre 2025. Le journal souligne que les derniers réglages logistiques et techniques sont en cours, alors que l’État et les institutions religieuses présentent l’événement comme une parenthèse d’espérance dans un pays marqué par l’effondrement économique et les tensions régionales. 

Selon Nahar, la première étape du souverain pontife sera le palais présidentiel, immédiatement après son arrivée à l’aéroport. Le président de la République Jozef Aoun l’y accueillera avec une délégation politique et religieuse, ce qui inscrit la visite autant dans un registre institutionnel que symbolique. Le même article insiste sur le caractère « historique » de ce déplacement, présenté comme un message adressé à un pays qui cherche à se maintenir comme espace de pluralisme au milieu d’une région secouée par les conflits. 

Ad Diyar relaie, de son côté, l’analyse de Michel Riachi, pour qui la visite devrait être l’occasion de réaffirmer le rôle du Liban comme « pays message » et société plurielle « non unitaire mais viable ». Cette lecture confirme que l’événement dépasse la seule dimension religieuse. Il sert aussi d’écran où se projettent les interrogations sur la capacité du pays à préserver son modèle de coexistence, alors que la crise des réfugiés, les fractures socio-économiques et les tensions sécuritaires pèsent lourd sur le tissu social.

Jeunesse, dialogue interreligieux et mise en scène d’un pays pluriel

Toujours dans Nahar, la préparation de la visite passe aussi par la mobilisation de la jeunesse catholique. La « commission nationale pour la pastorale des jeunes » organise une rencontre à Bkerké le 1er décembre, réservée aux 16–35 ans, avec un mot d’ordre explicite: « Nous sommes tous concernés par l’événement historique ». Le journal indique que des mécanismes d’inscription ont été définis et que les organisateurs cherchent à canaliser l’enthousiasme sans perdre le contrôle logistique. 

Parallèlement, Nahar décrit les préparatifs d’une grande rencontre œcuménique et interreligieuse sur la place des Martyrs, à Beyrouth, où le pape doit participer à un rassemblement regroupant responsables chrétiens et références musulmanes. La réunion a été détaillée lors d’une conférence de presse au Centre catholique pour les médias, en présence de plusieurs évêques et du coordinateur médiatique de la visite. Une représentante de la société Solidere a présenté la « vision architecturale et artistique » de l’événement, signe que la mise en scène de la place prend une dimension à la fois liturgique, urbaine et politique. 

Dans le même registre, Al Bina rapporte les propos du président Jozef Aoun devant une délégation du syndicat des rédacteurs. Le chef de l’État voit dans la venue du pape Leo XIV une occasion de mettre en valeur « le pays du message et de la diversité », tout en rappelant les angoisses des déposants, la contraction de l’économie et les divisions politiques qui traversent la société. L’événement religieux devient ainsi un moment de projection collective: pour une partie de la population, il incarne l’espoir d’une reconnaissance internationale de la résilience libanaise; pour d’autres, il révèle surtout le décalage entre les grandes cérémonies et la dureté du quotidien.

Diman: la bataille de la terre au cœur de l’identité maronite

Al Akhbar consacre un long reportage à une crise qui couve dans le village de Diman, siège d’été du patriarcat maronite. Sous le titre « Une nouvelle “Solidere” à Diman », le journal décrit un projet immobilier porté par la hiérarchie ecclésiale et perçu par une partie des habitants comme un « projet de déplacement » de la communauté hors de ses terres. Selon le quotidien, le plan concerne environ 87 % de la surface du village, que le patriarcat louerait à des « étrangers » via des baux de longue durée, manière de contourner les contraintes imposées par le Vatican sur la vente des biens fonciers de l’Église. 

Al Akhbar rapporte la crainte des opposants de voir Diman se transformer en vaste projet immobilier, « semblable à Solidere », où l’ancienne communauté villageoise deviendrait minoritaire face à une vague d’investisseurs. L’ancien président du club local, Sam‘an Saleh, explique que l’ouverture de la propriété aux non-résidents « ferait perdre à Diman son identité », en décourageant le retour des émigrés du village et en remettant en cause les liens entre la terre et la mémoire familiale. 

Le journal rappelle qu’un vieux contentieux existe autour des titres fonciers, plusieurs habitants affirmant que leurs ancêtres ont été dépouillés de leurs documents au début du XXe siècle, au bénéfice de l’institution ecclésiale. La controverse éclate aujourd’hui au moment où le pape s’apprête à visiter le Liban, ce qui donne une résonance particulière à ce conflit qui mêle patrimoine religieux, pouvoir institutionnel et droit des communautés locales. En filigrane, c’est la question de la place des populations rurales dans les projets de revalorisation foncière qui se pose, dans un pays où la mémoire des transformations du centre-ville de Beyrouth reste très sensible.

Écoles, ministère de l’Éducation et confiance érodée

Le même dossier d’Al Akhbar dénonce par ailleurs la « coma » du ministère de l’Éducation face aux dérives des établissements privés. Le quotidien évoque des écoles qui exigent le paiement intégral des frais de scolarité avant la fin de l’année, malgré la dégradation des revenus des familles. Dans ce contexte, les conseils d’arbitrage prévus pour trancher les litiges entre parents et directions restent en grande partie paralysés, faute de décrets d’application ou de volonté politique, alors même que la ministre de l’Éducation avait promis des nominations rapides. 

Derrière cette question se joue un enjeu social majeur: la capacité des ménages à maintenir leurs enfants dans le système éducatif privé, encore dominant dans de nombreuses régions. Pour beaucoup de familles de classe moyenne, l’école risquait déjà de devenir inaccessible avec la dévaluation de la livre; l’exigence de paiements anticipés et l’absence de régulation effective nourrissent un sentiment d’abandon institutionnel et de rupture du contrat social.

Générateurs, pneus usés et risques ordinaires

Dans un autre registre, Nahar consacre une enquête à la « mafia des générateurs » qui façonne le quotidien des quartiers. Le journal décrit le vacarme permanent des moteurs dans les ruelles, l’odeur du diesel qui étouffe les immeubles et le fait que les habitants vivent sous la coupe d’un réseau qui fixe les tarifs, refuse d’installer des compteurs électroniques et ignore largement les décisions officielles. Le journal insiste sur le statut de rente de ce secteur: dans un pays où le courant public reste intermittent, les propriétaires de générateurs contrôlent de fait l’accès à une partie essentielle de la vie moderne, ce qui en fait des acteurs centraux des rapports de pouvoir au niveau local. 

La même page met en lumière la question des pneus de voiture, décrite comme un autre angle mort de la sécurité au quotidien. Un garagiste interrogé reconnaît que la plupart des points de vente écoulent régulièrement des pneus d’occasion et que l’état financier des clients les pousse souvent vers ces options moins coûteuses. L’article souligne que, sans contrôle technique obligatoire depuis trois ans, le renouvellement des pneus dépend entièrement de la bonne volonté des propriétaires, ce qui accentue le risque d’accidents sur des routes déjà dégradées. 

Accidents, bus scolaire et tremblement de terre

Al Sharq rapporte qu’un bus scolaire transportant des élèves de l’école officielle de Chhour s’est renversé après une défaillance des freins, provoquant des blessures légères chez plusieurs enfants. Le journal mentionne aussi les statistiques de la salle de contrôle du trafic pour les dernières vingt-quatre heures: un mort et quatre blessés dans quatre accidents distincts. Ces données, mises bout à bout avec les alertes sur l’état du parc automobile, dessinent un paysage où la mobilité se fait au prix d’une tolérance élevée à la prise de risque.

Dans le même article, Al Sharq note qu’une secousse sismique de magnitude 5,3, dont l’épicentre se situait au large de Chypre, a été ressentie à Beyrouth, le Metn et le littoral jusqu’à Tripoli. Al Akhbar reprend l’épisode pour l’inscrire dans une réflexion plus large sur la vulnérabilité des quartiers informels et des constructions non réglementaires, estimant que des tremblements de terre de cette intensité devraient pousser les autorités à lancer un débat sérieux pour éviter « une catastrophe humanitaire qui pourrait survenir à tout moment ». Là encore, un fait ponctuel sert de révélateur à une insécurité structurelle qui pèse sur la vie quotidienne.

Réfugiés syriens: projets de retour et société d’accueil sous pression

Ad Diyar détaille une nouvelle phase du plan de retour des réfugiés syriens. Le journal évoque un dispositif qui promet une aide financière importante pour chaque famille de retour: financement pour la reconstruction du logement, allocation mensuelle d’au moins 400 dollars, ainsi que des aides dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection sociale. Selon le quotidien, l’argument avancé est que les conditions en Syrie seraient désormais « meilleures que celles du Liban à bien des égards », ce qui rendrait moins légitime le maintien d’un séjour prolongé sur le territoire libanais. 

Le journal rappelle que cette phase s’inscrit dans la « huitième vague » de retours organisés depuis le nord, à partir notamment du parc des expositions Rachid Karamé à Tripoli. Environ 330 000 personnes auraient déjà regagné la Syrie dans le cadre de cette mécanique pilotée par la Sûreté générale, en coordination avec le HCR et l’Organisation internationale pour les migrations. Un responsable de la Sûreté générale affirme, cité par Ad Diyar, que la résorption de la présence « illégale » de Syriens au Liban devrait être achevée d’ici la fin de l’année, grâce à un encadrement juridique et administratif plus strict des retours. 

Le quotidien souligne que ce dossier a « pesé lourdement » sur la société libanaise, déjà confrontée aux effondrements économiques et financiers. Sur le terrain, ces annonces alimentent à la fois l’espoir d’un allégement de la pression sur les infrastructures et la crainte d’un retour forcé pour des populations qui restent vulnérables. Le débat sur les réfugiés, omniprésent dans les conversations quotidiennes, sert de caisse de résonance aux tensions identitaires, aux angoisses sociales et à la quête d’un équilibre entre solidarité et protection du marché du travail local.

Cohabitation, diversité et horizon incertain

En parallèle, Ad Diyar rapporte les propos du président du Parlement Nabih Berri devant une délégation du « Rencontre spirituelle d’Akkar », rassemblant des représentants de plusieurs confessions. Il affirme que le Liban ne peut exister sans sa « formule de coexistence et d’unité » unique dans la région. Ce rappel du récit fondateur intervient alors que les dossiers évoqués dans la presse – de Diman aux réfugiés, des écoles privées aux quartiers informels exposés aux séismes – montrent une société fragmentée, où chaque groupe tente de protéger son espace vital.

Enfin, Ad Diyar donne la parole au président du syndicat des établissements touristiques, Pierre Achkar, qui appelle les autorités à tout mettre en œuvre pour sauver la saison de Noël et du Nouvel An, ainsi que pour accueillir dignement le pape. Il insiste sur la capacité des Libanais et des émigrés à « faire revivre » le pays lors de ces périodes festives, à condition que les conditions sécuritaires et logistiques soient réunies. Là encore, le récit social oscille entre la description d’un quotidien difficile et l’attente d’une courte parenthèse de lumière, portée par les fêtes de fin d’année et par une visite pontificale chargée d’espoirs contradictoires.

Culture: mémoire populaire, littérature engagée et scène artistique en mouvement

Salah Tizani – Abu Salim, un pilier de la mémoire audiovisuelle libanaise

Ad Diyar, dans son édition du 13 novembre 2025, rapporte que le président de la République, Joseph Aoun, a décoré le comédien Salah Tizani, connu du grand public sous le nom d’Abu Salim, du Wissam al-Istihqaq al-Lubnani al-fiddi de première classe, lors d’une cérémonie organisée au palais de Baabda. Selon le quotidien, cette distinction vient saluer ses grandes contributions artistiques et son parcours sur plusieurs décennies sur la scène, à la télévision et à la radio. Le journal précise que la cérémonie s’est déroulée en présence de membres de sa famille et de proches collaborateurs, dans un cadre présenté comme simple mais solennel.

Dans le même article, Ad Diyar cite un passage du discours de Joseph Aoun. Le chef de l’État explique qu’il s’agit d’une rencontre marquée par la gratitude envers une figure qu’il décrit comme authentiquement libanaise et profondément enracinée dans la conscience des Libanais. Il souligne que Salah Tizani ne se limite pas au rôle d’acteur ou de metteur en scène, et le qualifie d’« école complète de morale, d’art et d’engagement », considérant qu’il a contribué à former, par ses œuvres, des générations entières de téléspectateurs et de spectateurs. Le président insiste aussi sur l’idée que le rire porté par Abu Salim n’a jamais été synonyme de légèreté, mais un moyen de défendre des valeurs de solidarité et de proximité avec les gens.

Al Liwa’, dans son numéro du 13 novembre 2025, revient à son tour sur cette cérémonie de Baabda. Le quotidien rappelle que Joseph Aoun a remis le Wissam au « grand artiste libanais Salah Tizani – Abu Salim », présenté comme un pilier de la mémoire télévisuelle et théâtrale au Liban. Le journal met en avant la manière dont le personnage d’Abu Salim a accompagné la vie quotidienne des familles, en particulier dans les années soixante et soixante-dix, à travers des sketchs et des feuilletons devenus une référence du patrimoine audiovisuel populaire. L’article souligne que la reconnaissance officielle intervient à un moment où l’acteur est âgé et où une partie de ses partenaires de scène ont disparu.

Politiques culturelles, poésie et protection du patrimoine

Dans une autre page culturelle datée du 13 novembre 2025, Ad Diyar rend compte d’une rencontre au ministère de la Culture entre le ministre Mohammad Salamé et le poète libanais Shawqi Bzeih. Le journal indique que les deux hommes ont discuté des moyens de renforcer le secteur culturel et des projets liés aux industries culturelles. Il est notamment question, selon le quotidien, de mettre en place un festival annuel de poésie arabe, assorti de prix décernés à des créateurs issus de différents pays, et d’avancer sur des propositions de lois visant à protéger les sites et lieux qui expriment l’héritage culturel et architectural libanais. Le poète remercie le ministre pour le suivi de ces dossiers et pour l’attention portée au patrimoine écrit et bâti.

Le même article mentionne une autre initiative portée par une fondation culturelle présidée par Rima Abou Nader. Ad Diyar explique que cette fondation a invité le ministre de la Culture à inaugurer une exposition de dessins à Villa Aouda, au début du mois prochain, sous le patronage de la Première dame Naamat Aoun. L’événement doit rassembler des œuvres réalisées par des élèves d’écoles publiques, dans le cadre de programmes menés depuis 2017 dans les établissements officiels. Selon le journal, l’objectif est de mettre en valeur la créativité d’enfants issus de milieux divers, en exposant leurs dessins dans un espace habituellement réservé aux artistes confirmés, ce qui leur offre une reconnaissance symbolique et une visibilité inhabituelle.

Al Bina’, dans son édition du 13 novembre 2025, consacre un texte au rôle de ces projets d’arts visuels dans la transmission de la culture. Le quotidien insiste sur le fait que l’exposition prévue à Villa Aouda est présentée comme le résultat d’un travail suivi auprès des élèves, avec des ateliers et des concours de dessin organisés dans plusieurs régions du pays. Il souligne que la présence de la Première dame à l’inauguration doit servir à attirer l’attention des autorités et des donateurs sur la nécessité de soutenir les activités artistiques dans les écoles publiques, au moment où les budgets de l’éducation restent sous pression.

Théâtre engagé et défense du patrimoine palestinien

Dans le champ du théâtre et de la scène arabe, Al Bina’ signale, le 13 novembre 2025, que le théâtre et cinémathèque Al-Qasaba, à Ramallah, a présenté une nouvelle mise en scène de la pièce « Al-Ghuraba’ », écrite par le dramaturge égyptien Mahmoud Diab et mise en scène par George Ibrahim, sous le patronage du ministre de la Culture palestinien Imad Hamdan. Le journal explique que la production aborde les tentatives d’appropriation du patrimoine palestinien, la confiscation des maisons et des terres, ainsi que la destruction de villages, en montrant la manière dont l’occupation cherche à effacer la culture locale ou à la présenter comme un prolongement d’autres traditions.

Dans des déclarations rapportées par Al Bina’, le ministre de la Culture souligne que la pièce montre comment des habitants deviennent des étrangers dans leurs propres villages et rappelle l’importance de défendre les chansons, les récits et les maisons comme éléments d’un même patrimoine. Le quotidien précise aussi que cette mise en scène s’appuie sur un travail préalable mené avec des universitaires et des étudiants dans plusieurs villes et localités palestiniennes. Selon le journal, des ateliers de discussion ont été organisés autour des thèmes de la mémoire, de la transmission et de la relation à la terre, ce qui a nourri l’écriture scénique et le traitement des personnages. Le texte souligne que cette production s’inscrit dans une série de spectacles de théâtre engagés qui circulent entre différentes villes de Cisjordanie, avec le soutien d’institutions culturelles locales.

Littérature libanaise et roman très court

Toujours dans la sphère littéraire arabe, Al Bina’ consacre un article au lancement du roman très court « Al-Warraq » de l’écrivain et poète libanais Mrawan Awwad, lors d’une cérémonie organisée à Rachaya al-Wadi. Le quotidien précise que l’ouvrage est publié par la maison d’édition irakienne Dar Ru’a, et que l’événement s’est déroulé dans les locaux d’une association artistique locale, en présence d’écrivains, d’enseignants et de lecteurs. Le président de l’association, cité par le journal, présente le livre comme un texte bref et symbolique qui traite de la relation de l’être humain au savoir, aux livres et à la découverte de soi, en prenant pour point de départ la figure d’un « warraq » qui garde la trace de ce que lisent les autres.

L’article rapporte également l’intervention d’un critique littéraire irakien invité à la cérémonie. Selon Al Bina’, ce critique estime que le roman de Mrawan Awwad propose une expérience existentielle qui dépasse le récit classique, en donnant au personnage principal une dimension méditative. Il souligne que l’économie de mots et le recours à des scènes courtes correspondent à la forme du roman très court, tout en permettant de construire une atmosphère complète. Le texte du journal note que cette publication illustre la vitalité de la scène littéraire libanaise en dehors de Beyrouth, avec des initiatives qui associent maisons d’édition arabes et associations locales.

Musique populaire, écrans et ancrage régional

Dans le domaine de la musique populaire, Al Akhbar, dans son édition du 13 novembre 2025, signale la sortie récente du clip de la chanteuse libanaise Nancy Ajram pour la chanson « Ya Hadoota, ya Qalbo », issue de son album « Nancy 11 ». Le quotidien indique que la vidéo a été tournée dans la rue de Hamra à Beyrouth, sous la direction du réalisateur Samir Saryani, et qu’elle montre l’artiste dans des scènes de promenade et de rencontre avec des passants. Le journal commente le clip comme une continuité du style visuel adopté dans les productions précédentes de la chanteuse, en notant que l’accent est mis sur sa présence à l’écran et sur une esthétique de proximité avec la ville.

Enfin, sur le plan de l’analyse culturelle régionale, Al Quds Al Arabi publie, dans son numéro du 13 novembre 2025, un essai critique consacré à la chanson irakienne moderne et à sa relation avec la poésie. Le texte décrit la musique irakienne comme une expérience intimement liée à la terre et au monde agricole, en rappelant que de nombreux chanteurs et poètes ont grandi dans des environnements ruraux marqués par les saisons et les cycles de l’eau. Le journal évoque des figures comme Dakhel Hassan et Hudhayr Abu Aziz, dont les voix restent associées à une mémoire paysanne même lorsque les enregistrements sont produits avec des moyens modernes.

L’essai revient aussi sur des chansons écrites par des poètes comme Zuhayr al-Dujayli et Dhiyab Kazzar, dans lesquelles la musique est présentée comme un prolongement de la vie quotidienne des villages et comme une manière de transformer les expériences collectives en paroles chantées. Al Quds Al Arabi ajoute que cet ancrage de la chanson irakienne dans la terre, les saisons et l’eau donne à ces œuvres une dimension presque documentaire, les paroles et les mélodies gardant la mémoire des villages et des déplacements, tout en dialoguant avec des formes musicales plus récentes dans la région.

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