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« L’idée que la vie a un terme, qu’elle ne saurait être différée, nous incite à « nous réaliser »: non plus à nous inscrire dans un trajet de vie que nous subirions comme notre condition inéluctable, mais à concevoir un projet de vie..En d’autres termes, l’homme réalise et se réalise pour se signifier; se signifiant, il donne sens à sa vie,.. » François Cheng.

Les tensions au Liban perdurent au prix de convenir les cuisines locales au « grand effort » des petits pas et les manifestations aux  dérapages contrôlés. L’impact des conflits extérieurs demeure la seule empreinte de marque des suivis politiques et des réactions conséquentes. Le prétexte aberrant d’attendre pour faire, de nombreux, « responsables » et « chefs » de partis, confirme  un fait indéniable. Celui de ne plus s’adapter à la réalité des citoyens qui maintiennent le rythme de la palabre en plein désastre national.

Les alternatives conditionnées ne peuvent concerner le devoir d’agir justement et promptement. Ainsi, au moment précis où des « majorités » chrétiennes espèrent encore un  sursaut patriotique crédible, leurs représentants vont fièrement servir la cerise, sans le gâteau. Les promesses tenues sous la forme de thématiques verbales ne peuvent suffire sans des stratégies claires et pragmatiques. Cependant, elles exposent les introductions au dialogue et se distancient des pressantes questions vitales et des angoisses propres aux libanais. Quand on écoute les discours, les réponses par personnes interposées et les solutions  suggérées, le langage des « principes » est énoncé sans un calendrier et des délais particuliers. Ainsi, le Liban devient l’otage de ceux qui définissent la fonction démocratique comme un arrangement entre les diverses communautés pour ne respecter la constitution qu’à travers le paradoxe des alliances jurées, tacites ou ouvertes.

Le poids dangereux du déséquilibre démographique d’un million et demi de réfugiés ne fait bouger que des paroles bien entendu. Le marasme semble conforter étrangement bien plus que la rigueur de l’ordre. Pour faire plus court, la côte rouge est de préserver la croûte qui reste de la cohabitation, sans plus. On réussit encore à ne pas se faire la guerre. Néanmoins,  cessons de nous promettre le changement utopique sur le terrain de la constitution et de prétendre « défendre » une « démocratie » invisible à part dans les textes. La volonté non-démocratique domine. Cependant, pour continuer à vivre ensemble, nous avons besoin de croire que la constitution peut représenter réellement les aspirations dynamiques et interactives entre ses multiples composantes. Nous devons développer sur le terrain de nouveaux rapports de confiance qui arrêtent les angoisses réciproques et confirment en priorité les actes de bienveillance. Ne nous contentons plus du respect mesuré et distant  pour servir Dieu séparément. Nos prières traduisent l’exercice quotidien de la foi par la ferveur du croyant dans les Mosquées et les Eglises.

Faute de mieux, prévalons alors la miséricorde et la bienséance entre nous, afin de clamer enfin la volonté de vivre ensemble, dans une forme et selon un fond non controversés qui plaîsent à Dieu.

Joe Acoury.