Liban : la guerre replonge l’économie dans la récession après le rebond technique de...
La Banque mondiale prévoit une contraction de 6,4 % de l’économie libanaise en 2026, après un rebond technique de 4,2 % en 2025. La guerre explique directement cette rechute en frappant le tourisme, la consommation et les chaînes d’approvisionnement. Mais son impact est amplifié par les déséquilibres non résolus depuis 2019 : banques en difficulté, dépôts toujours soumis à des restrictions, dette souveraine non restructurée, pertes accumulées dans le système financier et crédit bancaire largement paralysé.
Washington veut isoler économiquement l’Iran et menace la Chine
Après près de six mois de guerre sans percée diplomatique, l’administration Trump prépare une nouvelle offensive économique contre l’Iran. Washington promet des sanctions d’une ampleur exceptionnelle et avertit désormais les pays qui continueraient à fournir des débouchés économiques à Téhéran. Cette stratégie place les alliés américains devant des choix difficiles, mais son principal test se trouve en Chine, qui absorbe l’essentiel des exportations maritimes iraniennes de pétrole et rejette le principe des sanctions unilatérales américaines.
Réforme des banques : le risque constitutionnel
La réforme bancaire libanaise entre dans sa phase la plus sensible : celle de la répartition effective des pertes accumulées depuis l’effondrement de 2019. Derrière les mécanismes de remboursement des dépôts se trouvent des choix économiques fondamentaux sur la responsabilité des banques, de leurs actionnaires, de la Banque du Liban et de l’État. Si le Parlement protège excessivement les propriétaires des établissements tout en réduisant les droits des déposants, le nouveau dispositif pourrait également ouvrir une bataille devant le Conseil constitutionnel.
Banques : le FMI salue une étape, mais attend la suite
Le Fonds monétaire international a félicité le ministre des Finances Yassine Jaber après l’adoption des amendements à la loi sur la restructuration bancaire, qualifiée de « très bonne étape » par Ernesto Ramirez Rigo. Cette réaction marque une amélioration après plusieurs mois de critiques du FMI concernant l’indépendance des autorités de résolution, leur gouvernance et la protection des déposants. Elle ne règle cependant pas le principal contentieux : la reconnaissance et le partage des pertes accumulées entre l’État, la Banque du Liban, les banques, leurs actionnaires et les déposants.
Ormuz redessine déjà l’économie politique du Golfe
La crise d’Ormuz dépasse désormais la seule question du prix et des volumes de pétrole. L’Irak accélère ses recherches de routes vers la Méditerranée, les Émirats arabes unis suspendent leurs relations économiques avec l’Iran et les armateurs répercutent directement le risque militaire dans leurs tarifs. Les États du Golfe doivent aussi arbitrer entre leur alliance sécuritaire avec Washington et le risque de représailles iraniennes. Si la crise se prolonge, les investissements dans les oléoducs et terminaux capables de contourner Ormuz pourraient modifier durablement la géographie énergétique régionale.
Aéroport de Qlayaat : ouverture partielle fin octobre
L’aéroport René-Moawad de Qlayaat, dans le Akkar, vise une première exploitation partielle à la fin d’octobre 2026. Sky Lounge Services annonce avoir porté la superficie du terminal de 2 000 à 4 700 mètres carrés et achevé sa structure principale. Les travaux intérieurs et électromécaniques doivent se poursuivre tandis que commencent les préparatifs concernant la piste. La date d’ouverture complète n’est pas encore annoncée et les premières compagnies aériennes ainsi que les destinations restent à préciser.
Le Liban peut-il redevenir une porte énergétique ?
La crise du détroit d’Ormuz pousse l’Irak à rechercher des routes d’exportation vers la Méditerranée et redonne une valeur stratégique aux installations pétrolières de Tripoli. Le Liban prépare déjà une première phase reposant sur le transport terrestre, le stockage et la réexportation de produits irakiens. Mais redevenir une porte énergétique régionale nécessiterait bien davantage : des volumes réguliers, des investissements dans les installations du nord, un corridor sécurisé à travers la Syrie et, à plus long terme, une connexion aux nouvelles infrastructures étudiées entre l’Irak et la Méditerranée.
67 dirigeants émiratis attendus à Beyrouth
Une délégation économique émiratie de 67 dirigeants et hommes d’affaires est attendue à Beyrouth les 26 et 27 août, sous la conduite du ministre du Commerce extérieur Thani ben Ahmed Al Zeyoudi. La visite marque une nouvelle étape du rapprochement entre le Liban et les Émirats arabes unis. Elle constitue un signal important pour le secteur privé libanais, sans garantir encore un retour massif des investissements. Sécurité, réforme bancaire et stabilité institutionnelle resteront les principaux critères avant tout engagement durable de capitaux.
Liban : les cinq verrous de l’économie réelle
L’amélioration des indicateurs financiers ne suffira pas à remettre durablement l’économie libanaise sur pied. Même avec une restructuration bancaire et une remontée des obligations souveraines, les entreprises restent confrontées au coût de l’électricité, aux infrastructures défaillantes, au manque de crédit, aux difficultés d’accès aux marchés extérieurs et au risque sécuritaire. Cinq indicateurs permettront de déterminer si la stabilisation financière commence réellement à se transformer en reprise productive pour les entreprises et les ménages.
Liban : les banques pèsent sur la compétitivité
La perte de compétitivité des produits libanais devient plus visible avec le recul de la demande en provenance des pays du Golfe. Les producteurs cumulent une énergie chère, des infrastructures déficientes et surtout un accès au crédit profondément réduit depuis la crise bancaire de 2019. Six ans après l’effondrement financier, les banques ne financent toujours pas normalement l’investissement productif. Cette situation limite la modernisation des entreprises et leur capacité à conquérir de nouveaux marchés au moment où leurs débouchés traditionnels deviennent moins dynamiques.
Restructuration bancaire : après sept ans de blocage, le Liban a-t-il enfin voté la...
Après sept ans de crise, le Liban réforme enfin la restructuration bancaire. Actionnaires, dirigeants, banques, Banque du Liban et déposants seront désormais soumis à une hiérarchie des pertes. Mais la question décisive reste entière : qui supportera réellement les dizaines de milliards de dollars disparus depuis l’effondrement de 2019 ?
Liban : la pression fiscale menace la reprise
Le Liban a fortement relevé ses recettes publiques après leur effondrement, mais cette amélioration repose aussi sur une augmentation de la pression fiscale. TVA, douanes, carburants et revalorisation des prélèvements touchent une économie dont le PIB réel reste très inférieur à son niveau d’avant-crise. Pour les ménages, la conséquence est une baisse du revenu disponible. Pour les entreprises, elle prend la forme de coûts plus élevés et d’investissements potentiellement reportés. Le véritable enjeu consiste désormais à augmenter les recettes par la croissance, la formalisation et le recouvrement plutôt que par une succession de nouvelles taxes.
Banques : le Parlement adopte une réforme encore inachevée
Le Parlement libanais a adopté le 12 août 2026 les amendements à la loi sur la restructuration bancaire, rapprochant le pays d’une réforme réclamée depuis l’effondrement financier de 2019. Le texte permet de déterminer quelles banques peuvent être recapitalisées, fusionnées ou liquidées. Il ne règle toutefois pas le principal problème : le partage de plus de 70 milliards de dollars de pertes. Le FMI exige une hiérarchie claire et la protection des petits déposants, tandis que les banques insistent sur la responsabilité de l’État et de la Banque du Liban. Leur position ne peut cependant effacer leurs propres choix de gestion et d’exposition au risque.
Immobilier au Liban : la valeur que les prix refusent encore d’avouer
Le marché immobilier libanais reste marqué par des prix affichés élevés, un crédit presque absent et une demande locale affaiblie. Derrière cette résistance nominale, la valeur réelle recule sous l’effet de l’illiquidité, des logements vacants, de l’inflation du dollar et d’un pouvoir d’achat durablement dégradé depuis la crise bancaire libanaise.




















