«La foule doit être détournée vers des buts inoffensifs grâce à la gigantesque propagande orchestrée et animée par la communauté des affaires….qui consacre un capital et une énergie énormes à convertir les gens en consommateurs atomisés…….et en instruments dociles de production… Il est crucial que les sentiments humains normaux soient écrasés; ils ne sont pas compatibles avec une idéologie au service des privilèges et du pouvoir, qui célèbre le profit individuel comme la valeur humaine suprême.» Noam Chomsky. 

Le libanais critique assidûment, depuis l’avènement de son indépendance en 1943, le développement des situations socio-politiques dans son pays. Le moyen d’expression préféré se manifeste fréquemment par un langage bien particulier: Celui qui jongle avec la charge émotionnelle du verbe à la 3e personne. Il va se concentrer à décortiquer le constat et le déroulement du fait divers, la rumeur à venir et la dissonance des tendances partisanes. Étrangement, devoir souligner ou démarquer
clairement ses droits ne va se présenter que rarement lors des temps critiques. Il préfèrera leur tacite et habituelle suspension jusqu’à de ponctuelles revendications.

Cependant, les inquiétudes sans réponses claires, les peurs continues sur le proche avenir de notre État en lambeaux et les angoisses au sujet des dangers d’une insécurité croissante sur le territoire, posent à la majorité de graves questionnements suivants: La crise politico- économique, le déséquilibre démographique conséquent de la guerre en Syrie et dans le monde arabe, menacent-ils seulement et dangereusement « la » stabilité du Liban ou aussi l’intimité de nos états, nos déplacements, nos liens, nos appartenances et nos équilibres psychologiques? La désintégration des institutions cumulée au vide présidentiel induit de plus en plus, la mentalité de survivre au jour le jour dans un semblant de jungle. Néanmoins, on est d’accord pour une cohérence: Se protéger de la folie meurtrière des courants extrémistes et préserver coûte que coûte notre précieux héritage de modération.

Le comportement typiquement libanais pourrait-il s’arrêter de désinvestir un profond élan national, et de inacceptable dans « le » pays »….sans presque rien faire pour le changement ? Cependant, « Le problème » n’est pas l’affaire des autres. Les premiers et les derniers responsables dans notre maison et notre patrie sont ses membres! L’impact immédiat des politiques adverses locales et de leurs abus sont le fruit de nos désengagements personnels au lieu des actions légitimes! Nous aurons besoin désormais de regarder en face nos douleurs, de les évaluer, de les analyser afin de trouver la solution!

Répondons à nos peurs pour faire enfin et tous les jours ensemble ce tronc commun national par des mesures concrètes suivantes: Décider de nos existences en organisant notre sécurité pour les enfants, les femmes et les vieux. Les communautés que nous constituons coordonneraient avec les municipalités, les forces de l’ordre et l’armée afin de détecter, prévenir et se prémunir contre tout danger vis à vis de nos corps et de nos modes de coexistence. Refuser dorénavant la crédibilité de tout « responsable » qui n’assume pas sa fonction et qui nuit au nom de quelconques intérêts au bien commun !. Ne plus maintenir le statut quo de nos appréhensions et de nos souffrances emprisonnées sous le prétexte de la prédominance des stratégies politiques locales ou internationales.

Soyons l »événement majeur! Celui de vrais « citoyens », librement engagés à se réveiller à notre dure réalité: Serait-elle enfin celle qu’on prendrait en charge pour faire face avec la parole qu’on poursuit, l’acte qu’on soutien et l’exemple de chacun pour marquer de chaque pas la positive diversité? La cohésion en nous et entre nous serait elle cette nouvelle priorité patriotique? Sommes nous prêts à transparaître les valeurs humaines vécues d’abord pour confirmer ensuite leurs indéniables nécessités? Citoyens! La force d’une conscience au service de l’acte responsable n’est-elle pas ce plus court chemin pour défendre sans détours les précieuses valeurs humaines communes? !

Joe Acoury.