
Alex Fghali a remporté le 41e Rallye du Printemps, organisé par l’Automobile et Touring Club du Liban sur les routes de Jbeil et du Kesrouan, au terme d’un week-end marqué par la chaleur, une forte affluence et un scénario sportif renversé par une pénalité décisive. Associé à Joseph Matar sur une Skoda Fabia RS, le pilote libanais a signé sa deuxième victoire dans cette épreuve, après son succès de 2024. Il devance Bassel Abou Hamdan et son copilote Firas Elias, également sur Skoda Fabia RS, de 14,4 secondes. Elias Dehni et Thierry Rouhana complètent le podium, à 1 minute et 45 secondes du vainqueur. Le rallye, première manche du championnat du Liban des rallyes, a réuni 23 voitures, dont 19 ont franchi la ligne d’arrivée.
Alex Fghali confirme au Rallye du Printemps
La victoire d’Alex Fghali s’est construite avec régularité, mais aussi avec sang-froid. Le Rallye du Printemps avait pourtant d’abord semblé sourire à Roger Fghali, son père, détenteur du record de l’épreuve avec dix-huit victoires et multiple champion du Liban. Dès la spéciale-spectacle d’ouverture, disputée samedi dans l’enceinte du club organisateur, Roger Fghali et son copilote Louay Sakr avaient signé le meilleur temps au volant de leur Toyota GR Yaris.
Le lendemain, sur les routes asphaltées de Jbeil et du Kesrouan, le même rythme s’est confirmé. Roger Fghali a encore frappé fort dans les premières spéciales. Son expérience, sa lecture du terrain et sa capacité à attaquer sur des routes rapides l’ont replacé, une fois de plus, au centre de la course. Mais le rallye a basculé lors de la troisième spéciale. Le duo Fghali-Sakr est entré trois minutes avant son horaire prévu pour disputer le secteur chronométré. La pénalité réglementaire de trois minutes a bouleversé le classement.
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Cette sanction a ouvert la voie à une lutte serrée entre Alex Fghali, Bassel Abou Hamdan, Karl Rezk et Elias Dehni. Dans cette nouvelle configuration, Alex Fghali a su préserver son avantage. Il n’a pas forcément signé tous les meilleurs temps, mais il a maintenu une cadence suffisante pour empêcher ses rivaux de revenir. Son succès illustre une donnée essentielle du rallye moderne au Liban : la vitesse pure compte, mais la gestion de course, la précision administrative et la régularité peuvent décider du résultat final.
Ce deuxième titre au Rallye du Printemps confirme aussi l’installation d’Alex Fghali parmi les références de la discipline. Gagner cette épreuve deux années de suite n’est pas anodin. Le rallye ouvre la saison nationale. Il attire les meilleurs équipages. Il sert de test technique après la préparation hivernale. Il fixe souvent le ton du championnat. Pour Alex Fghali, cette victoire offre donc plus qu’un trophée. Elle constitue une entrée en matière idéale dans la course au titre national.
Une pénalité qui change toute la course
La journée de dimanche s’est jouée sur cinq spéciales après le départ donné depuis le siège de l’ATCL à Kaslik. La chaleur estivale a accompagné les équipages du matin jusqu’à l’arrivée. Les routes, entièrement asphaltées comme dans l’ensemble des rallyes libanais, exigeaient une conduite précise, une gestion fine des pneumatiques et une concentration permanente. La distance totale de l’épreuve atteignait 267 kilomètres, dont 81,13 kilomètres répartis sur six spéciales chronométrées.
Roger Fghali a signé le meilleur temps de la deuxième spéciale, devant Karl Rezk puis Bassel Abou Hamdan. Dans la troisième spéciale, il a encore réalisé la meilleure performance, devant Alex Fghali et Abou Hamdan. Mais cette spéciale a aussi été celle de la sanction. L’entrée anticipée du leader de la course l’a relégué loin de la première place. En quelques minutes, le rallye a changé de visage. Le duel attendu autour du pilote le plus titré de l’épreuve a laissé place à une bataille plus ouverte.
Dans la quatrième spéciale, Roger Fghali a de nouveau été le plus rapide. Alex Fghali s’est placé derrière lui, suivi d’Abou Hamdan. Au classement général, Alex conservait la tête, devant Karl Rezk et Bassel Abou Hamdan. Dans la cinquième spéciale, Roger a continué à attaquer. Il a encore signé le meilleur temps, devant Alex et Abou Hamdan. La dernière spéciale a confirmé cette hiérarchie au chrono : Roger Fghali devant Abou Hamdan puis Alex Fghali.
Mais le classement général ne se joue pas sur une seule accélération. La pénalité de trois minutes a empêché Roger Fghali de transformer ses temps scratch en victoire. Il termine quatrième au général, à deux minutes et une seconde de son fils. Ce résultat montre le paradoxe de sa course : il a dominé plusieurs spéciales, mais une erreur de pointage lui a coûté le rallye. Pour Alex Fghali, la situation a demandé un autre type de maîtrise. Il fallait contrôler l’écart, résister à la pression et éviter tout faux pas.
Abou Hamdan proche, Dehni solide troisième
Bassel Abou Hamdan a livré l’une des courses les plus consistantes du week-end. Avec Firas Elias à ses côtés, il a maintenu un rythme élevé sans commettre d’erreur majeure. Son retard final de 14,4 secondes sur Alex Fghali montre la densité de la bataille pour la victoire. Sur une épreuve aussi courte en distance chronométrée, cet écart reste faible. Il traduit une pression constante sur le leader jusqu’aux derniers kilomètres.
Abou Hamdan confirme ainsi son statut de candidat sérieux dans le championnat. Son résultat montre qu’il dispose du matériel, de l’expérience et de la vitesse nécessaires pour viser les premières places. La Skoda Fabia RS s’est une nouvelle fois imposée comme la voiture de référence dans la catégorie de tête. Les trois premiers du classement général évoluaient sur ce modèle, signe de son efficacité sur les routes asphaltées libanaises.
Elias Dehni, copiloté par Thierry Rouhana, a complété le podium. Son retard de 1 minute et 45 secondes sur le vainqueur lui permet de s’installer solidement à la troisième place. Dans une course marquée par un changement brutal de hiérarchie et par la remontée chronométrique de Roger Fghali, Dehni a su préserver sa position. Son podium récompense une prestation stable, sans excès et sans erreur coûteuse.
Derrière ce trio, Roger Fghali a pris la quatrième place avec Louay Sakr, devant Tarek Younes et Salim Jalilati sur Skoda Fabia RS. Domit Bou Domit et Rami Mounem, sur Renault Clio, ont terminé sixièmes, juste devant Ria Dagher et Nadim Abou Elias. Les écarts entre ces deux équipages ont été infimes, avec seulement cinq dixièmes de seconde entre la sixième et la septième place. Cette proximité donne une idée du niveau de concurrence dans le peloton.
Un classement dense jusqu’au bout
Le classement général non officiel place Alex Fghali et Joseph Matar en tête en 46 minutes et 15 secondes. Bassel Abou Hamdan et Firas Elias suivent en 46 minutes et 30 secondes. Elias Dehni et Thierry Rouhana terminent troisièmes en 48 minutes et 01 seconde. Roger Fghali et Louay Sakr bouclent l’épreuve en 48 minutes et 16 secondes. Tarek Younes et Salim Jalilati complètent le top cinq en 48 minutes et 45 secondes.
La suite du classement illustre la diversité du plateau. Domit Bou Domit et Rami Mounem se classent sixièmes en 49 minutes 39,3 secondes. Ria Dagher et Nadim Abou Elias suivent en 49 minutes 39,8 secondes. Joseph Hindi et Viken Kanledjian terminent huitièmes, devant Jad Aawar et son copilote jordanien Mousa Djiheirian sur Mitsubishi Lancer Evo X. Houssam Tarabey et Youssef Saleh complètent les dix premiers, également sur Mitsubishi Lancer Evo X.
David Mezher et Chadi Nasr, sur Ford Fiesta, prennent la onzième place. Robert Aaraj et Joseph Kmeid suivent sur Peugeot, devant Chadi Fakih et Samer Sfeir sur Lancia. Rodrick El-Rahi et Gary Kondakjian se classent quatorzièmes sur Mitsubishi Lancer Evo X. Jason Wehbe et André Mehanna terminent quinzièmes sur Renault Clio RS. Alex Sahnawi et Marvin Mezher prennent la seizième place sur Peugeot 208. Joanna Hassoun et Naji Sfeir, Ahmad Khaled et Omar Mazkour, puis Henry Kaai et Georges Nader complètent la liste des 19 équipages à l’arrivée.
Sur 23 voitures engagées, 19 ont donc rejoint le parc fermé final. Ce taux d’arrivée confirme une épreuve exigeante mais maîtrisée. Les routes de Jbeil et du Kesrouan, connues pour leurs enchaînements rapides, leurs changements de rythme et leurs zones techniques, ont encore offert un terrain sélectif. Le public, nombreux sur les spéciales, a accompagné la course dans une ambiance de grande journée de sport mécanique.
Les catégories consacrent plusieurs vainqueurs
Au-delà du classement général, les catégories ont distribué plusieurs titres importants. Domit Bou Domit et Rami Mounem ont remporté la classe RC4 R3. Ria Dagher et Nadim Abou Elias ont décroché le titre en RC3 Rally3. La pilote a également remporté la Coupe des dames, confirmant sa place parmi les figures les plus suivies du sport automobile libanais. Dans cette même catégorie, Joseph Hindi et Viken Kanledjian ont terminé deuxièmes, devant David Mezher et Chadi Nasr.
Jad Aawar et Mousa Djiheirian ont remporté la classe RC2 NR4. Rodrick El-Rahi et Gary Kondakjian ont pris la deuxième place de cette catégorie. Houssam Tarabey et Youssef Saleh ont, eux, gagné en NRC NS4. Robert Aaraj et Joseph Kmeid ont terminé premiers en RC4 Rally4, devant Chadi Fakih et Samer Sfeir. Jason Wehbe et André Mehanna ont remporté la Coupe RC5 Rally5, ainsi que les trophées du jeune pilote et du jeune copilote.
Alex Sahnawi et Marvin Mezher ont remporté la classe NRC NS3. Joanna Hassoun et Naji Sfeir se sont classés deuxièmes, devant Ahmad Khaled et Omar Mazkour. Henry Kaai et Georges Nader ont, pour leur part, reçu la coupe de la catégorie RC4 R3T. Ces résultats montrent l’importance du Rallye du Printemps comme épreuve de lancement pour l’ensemble du plateau. Les projecteurs se concentrent sur le podium général, mais les classes jouent un rôle majeur dans la dynamique du championnat.
Pour plusieurs équipages, ces victoires de catégorie constituent un objectif aussi important que le classement absolu. Elles permettent d’engranger de la confiance, de valider une préparation technique et de mesurer la concurrence directe. Elles offrent aussi une visibilité aux pilotes qui construisent leur saison étape par étape. Dans un championnat national où les budgets, les voitures et les ambitions diffèrent fortement, cette lecture par catégories reste indispensable.
Un rallye historique né en 1986
Le Rallye du Printemps possède une histoire particulière dans le calendrier libanais. Créé en 1986, il a été remporté dans sa première édition par Nabil, dit Billy, Karam, aujourd’hui président de l’Automobile et Touring Club du Liban. Cette continuité donne à l’épreuve une valeur patrimoniale dans le sport mécanique national. Elle rappelle que le rallye libanais s’est construit malgré les crises, les interruptions, les contraintes économiques et les difficultés d’organisation.
La 41e édition s’inscrit dans cette tradition. Elle marque le lancement du championnat du Liban des rallyes pour l’année en cours. Elle rassemble les équipages de pointe, mais aussi des pilotes engagés dans des catégories plus accessibles. Elle permet aux mécaniciens, aux commissaires, aux copilotes, aux officiels et aux bénévoles de reprendre le rythme d’une saison. Le rallye n’est jamais seulement une affaire de vitesse. Il repose sur une organisation lourde, une sécurité précise et une coordination permanente.
Le club organisateur a mobilisé ses équipes sur deux journées. La spéciale-spectacle de samedi, disputée dans les installations de Kaslik, a lancé l’épreuve dans un cadre accessible au public. Le dimanche, les équipages ont rejoint les routes de Jbeil et du Kesrouan pour les cinq autres spéciales. Cette structure permet de mêler spectacle et compétition pure. Elle donne aussi au public un premier contact avec les voitures avant les secteurs plus rapides.
La météo a ajouté une dimension physique. Le temps ensoleillé et chaud a imposé une attention supplémentaire sur les pneus, les freins et les températures mécaniques. Dans ces conditions, les équipages expérimentés peuvent faire la différence, non seulement par leur vitesse, mais par leur capacité à préserver la voiture jusqu’à l’arrivée.
Un hommage appuyé à Gaby Hayek
La spéciale-spectacle d’ouverture portait le nom de Gaby Hayek, figure longtemps associée à la direction du Rallye du Printemps. Avant le départ, les présents ont observé une minute de silence à sa mémoire. Imad Lahoud, membre du conseil d’administration de l’ATCL et président de la commission des rallyes à la Fédération internationale de l’automobile, a pris la parole pour saluer son engagement et son attachement au sport mécanique.
La famille de Gaby Hayek était présente, notamment son épouse Natalie et ses filles Alexia et Morgan. Alexia Hayek a donné le signal de départ de la course. Ce moment a donné une dimension mémorielle à l’ouverture du rallye. Dans un sport où les noms des pilotes attirent l’attention, les organisateurs rappellent ainsi le rôle de ceux qui construisent les épreuves depuis les coulisses.
La cérémonie de départ a également réuni le brigadier général Joseph Hachem, responsable du Club des officiers de Kaslik, le président de l’ATCL Billy Karam, le secrétaire général Camille Eddé, des membres du conseil d’administration, les responsables du rallye et un public nombreux. Roger Fghali et Louay Sakr ont ensuite signé le meilleur temps de cette spéciale inaugurale en 2 minutes 04,4 secondes, devant Alex Fghali et Joseph Matar, puis Karl Rezk et Karim Abou Elias.
Le podium final s’est tenu au siège du club organisateur. Charbel Hobeika y représentait la directrice générale des Douanes, Gracia Kazzi. Étaient aussi présents Billy Karam, ses vice-présidents Eliane Habre et Serge Zouein, Camille Eddé, le trésorier Gilbert Messihi, Imad Lahoud, Moussa Al-Nimr, la directrice générale du club Vera Anton, Wissam Kachkouch représentant la société Coral, les responsables de course, la famille de Gaby Hayek et un large public de passionnés.
Une saison lancée sous le signe de la concurrence
La victoire d’Alex Fghali ouvre le championnat sur une note intense. L’écart réduit avec Bassel Abou Hamdan indique que la saison pourrait être disputée. La présence d’Elias Dehni sur le podium, la vitesse affichée par Roger Fghali malgré sa pénalité et la densité du top dix promettent une compétition ouverte. La première manche a déjà livré son lot de confirmations, de regrets et d’enseignements techniques.
Alex Fghali repart avec le maximum de confiance. Abou Hamdan sait qu’il a le rythme pour viser plus haut. Dehni confirme sa solidité. Roger Fghali, malgré la quatrième place, a montré qu’il reste capable de dominer les chronos. Les concurrents de catégorie ont, eux aussi, posé les bases de leur saison. Le Rallye du Printemps a donc rempli son rôle : départager, révéler, rappeler les règles et remettre le public libanais au bord des spéciales.
L’ATCL a annoncé que de nombreuses photos du rallye seraient publiées sur sa page consacrée au sport mécanique. Le championnat peut désormais se tourner vers ses prochaines étapes avec un premier classement, des points à défendre et une rivalité familiale qui a déjà donné à cette 41e édition l’un de ses scénarios les plus marquants.


