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Ferry Jounieh : cap sur Chypre, Syrie et Turquie dès le 9 juin

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Promis l’an dernier, attendu tout l’été, puis repoussé, le ferry au départ de Jounieh revient cette fois avec des horaires, des tarifs et une date. La compagnie Cedar Waves annonce le lancement de ses liaisons maritimes depuis le port de Jounieh à partir du 9 juin 2026. La destination phare reste Larnaca, à Chypre, avec trois traversées hebdomadaires annoncées. Mais l’offre ne s’arrête plus à l’île voisine. Le réseau publié par l’opérateur ajoute Lattaquié, en Syrie, et Mersin, en Turquie, avec des durées qui vont de 2 h 59 à près de 12 heures selon les trajets et les escales. Pour Jounieh, c’est plus qu’un nouveau service estival. C’est le retour d’un rôle maritime longtemps mis entre parenthèses.

Le ferry Jounieh-Larnaca sort enfin du quai

La nouvelle a un parfum de revanche douce. Depuis des années, le Liban parle de relancer une vraie liaison passagers vers Chypre. Beaucoup y voyaient une idée sympathique, mais toujours repoussée au lendemain. Cette fois, la réservation est ouverte et les premiers prix circulent. Le billet standard vers Larnaca est annoncé à 95 dollars par personne. Les catégories Plus et Lounge montent respectivement à 155 et 175 dollars. Pour une traversée annoncée en 3 h 59, le bateau ne battra pas l’avion sur le chronomètre. Il joue une autre carte : moins de stress, une arrivée directe au port, une vue sur la Méditerranée et ce petit plaisir, très libanais, de transformer un déplacement en sortie.

Le calendrier est simple pour Chypre. Les départs de Jounieh vers Larnaca sont prévus le mercredi et le dimanche à 9 heures, ainsi que le vendredi à 10 heures. Les arrivées sont annoncées à 12 h 59 les mercredi et dimanche, et à 13 h 59 le vendredi. Les horaires sont indiqués en heure de Beyrouth. Cela donne trois traversées hebdomadaires dans le sens Liban-Chypre. Pour les familles, les étudiants, les touristes et les Libanais qui veulent souffler quelques jours à Larnaca, Ayia Napa, Limassol ou Paphos, le format ressemble presque à un week-end prêt à l’emploi. Départ vendredi matin, retour à organiser selon les places disponibles, et la mer entre les deux.

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Trois destinations depuis Jounieh

Cedar Waves présente aussi deux autres axes. Le trajet Jounieh-Lattaquié est annoncé en 2 h 59. Les prix publiés pour la Syrie vont de 135 à 150 dollars selon les dates. Les traversées vers Lattaquié sont indiquées les mercredi et dimanche. La liaison vers Mersin, en Turquie, est plus longue. La durée la plus courte annoncée est de 5 h 30, tandis que certains trajets peuvent approcher 12 heures lorsqu’ils incluent une escale à Lattaquié. Les tarifs vers Mersin s’échelonnent entre 165 et 275 dollars. Les jours indiqués pour cette destination sont le mardi, le mercredi, le samedi et le dimanche. L’ensemble dessine une petite carte maritime de Méditerranée orientale, avec Jounieh comme point de départ.

Au total, l’offre publiée fait apparaître neuf créneaux hebdomadaires par destination additionnée : trois pour Larnaca, deux pour Lattaquié et quatre pour Mersin. Ce chiffre doit être lu comme une grille commerciale de lancement, susceptible d’évoluer selon la saison, la demande, la météo et les formalités portuaires. Il reste néanmoins significatif. Jounieh ne se contente pas d’un bateau symbolique par semaine. Le port se voit proposer une activité régulière, avec plusieurs jours de départ et une gamme de prix suffisamment large pour toucher des profils différents. Le passager pressé gardera l’avion. Le voyageur flexible pourra regarder la mer.

Un port longtemps resté en sommeil

Le retour de Jounieh dans le paysage maritime n’est pas anodin. Le port avait officiellement rouvert après de longues années de sommeil opérationnel. Il avait été présenté comme prêt à accueillir des navires de passagers, après des travaux et des démarches menés pour le remettre dans le circuit. Pendant longtemps, il n’était plus vraiment fonctionnel pour une activité internationale régulière. Il existait, bien sûr. Les habitants le connaissaient. Les plaisanciers aussi. Mais il ne jouait plus ce rôle de porte d’entrée, ou de porte de sortie, que la ville avait connu dans des périodes plus difficiles de l’histoire libanaise.

Car Jounieh a une mémoire maritime très particulière. Durant la guerre civile, quand les routes terrestres devenaient impossibles et que l’aéroport de Beyrouth était parfois inaccessible, le port avait servi d’alternative vitale. Des ferries reliaient le littoral libanais à Chypre. Des familles, des voyageurs, des expatriés, des étudiants et des blessés ont pris la mer depuis ce secteur lorsque le pays se refermait par la route et par les airs. La liaison avec Larnaca n’a donc rien d’une fantaisie inventée pour les vacances. Elle réactive un souvenir concret, celui d’un Liban qui cherchait toujours une issue, même quand le ciel et la terre se compliquaient.

Cette fois, le voyage se veut léger

La différence, cette fois, est le ton du projet. Le bateau ne se présente pas comme une solution d’urgence, mais comme une offre de transport et de tourisme. Le message commercial parle d’escapade, de confort, de Méditerranée et de voyage sans aéroport. La nuance compte. Dans l’imaginaire libanais, Chypre a souvent été la destination du départ précipité, de l’attente de visa, du transit vers ailleurs. Cedar Waves tente d’en faire une destination de plaisir plus accessible. Le pari n’est pas seulement maritime. Il est aussi psychologique. Il s’agit de convaincre qu’un départ de Jounieh peut rimer avec week-end, pas seulement avec crise.

Les tarifs vont dans ce sens. À 95 dollars en catégorie Standard pour Larnaca, le prix d’appel se situe sous certaines offres aériennes de dernière minute, surtout en haute saison. La comparaison doit rester prudente. L’avion relie Beyrouth à Larnaca en moins d’une heure de vol, mais il faut ajouter l’accès à l’aéroport, l’enregistrement, le contrôle, l’embarquement et l’attente des bagages. Le ferry prend près de quatre heures de port à port. Il propose un temps plus long, mais parfois plus simple à vivre. Les voyageurs feront leur calcul selon leur budget, leur patience, leurs bagages et leur envie de commencer les vacances avant l’arrivée.

La grille tarifaire vers Chypre repose sur trois niveaux. Le Standard ouvre l’accès au voyage. Le Plus cible ceux qui souhaitent un confort supérieur. Le Lounge vise les passagers prêts à payer davantage pour une expérience plus calme ou plus agréable à bord. Les détails précis des services inclus doivent être vérifiés au moment de la réservation, car les offres peuvent évoluer. Pour les autres destinations, les prix sont présentés sous forme de fourchettes. Lattaquié se situe entre 135 et 150 dollars. Mersin se place nettement plus haut, entre 165 et 275 dollars, en raison de la distance et des itinéraires possibles.

Des durées à prévoir selon la destination

Le tableau des durées donne aussi une lecture pratique. Jounieh-Lattaquié est le trajet le plus court, avec moins de trois heures. Jounieh-Larnaca occupe le milieu, avec 3 h 59. Jounieh-Mersin demande davantage d’organisation. En direct, la traversée la plus rapide est annoncée à 5 h 30. Avec une escale, le voyage devient presque une petite journée en mer. Ce n’est plus seulement un déplacement. C’est une traversée à prévoir avec livres, écouteurs, patience, chargeur de téléphone et, pour les plus sensibles, les précautions habituelles contre le mal de mer.

Les formalités restent un point central. Pour Chypre, les voyageurs libanais doivent vérifier leurs conditions d’entrée avant de réserver. Un billet de ferry ne remplace pas un visa lorsque celui-ci est nécessaire. Les passagers doivent aussi contrôler la validité de leur passeport, les exigences d’assurance, les conditions pour les mineurs et les éventuelles règles propres aux pays de destination. Le même principe vaut pour la Syrie et la Turquie. Les tarifs attirent l’œil, mais la réussite du voyage dépendra beaucoup des documents. Le retour du ferry ne supprime pas la paperasse. Il la déplace simplement du guichet aérien vers le guichet maritime.

Une respiration pour Jounieh

Pour Jounieh, l’enjeu touristique est évident. La ville dispose déjà d’une baie connue, d’un front de mer animé, de restaurants, d’hôtels, de la proximité de Harissa et d’un accès rapide depuis Beyrouth et le Kesrouan. Une liaison régulière peut ajouter une nouvelle clientèle, notamment chypriote, syrienne ou venue de Turquie. Elle peut aussi encourager des séjours courts au Liban, si les formalités et la sécurité suivent. Le ferry ne transformera pas seul l’économie locale. Il peut, en revanche, redonner au port une fonction visible et créer un mouvement autour des taxis, agences de voyage, restaurants, cafés et hébergements.

Le projet arrive aussi à un moment où les Libanais cherchent des alternatives. Les billets d’avion augmentent vite pendant les fêtes, les vacances scolaires et les week-ends prolongés. L’aéroport de Beyrouth concentre l’essentiel du trafic international du pays. Toute nouveauté maritime offre donc une respiration. Elle ne remplacera pas les vols. Elle ne réglera pas les difficultés du secteur touristique. Mais elle ajoute une option. Dans un pays où les options se réduisent souvent au fil des crises, ce simple ajout suffit à créer de la curiosité.

L’effet symbolique n’est pas secondaire. Voir un bateau partir régulièrement de Jounieh vers Larnaca, Lattaquié ou Mersin donne une image différente du pays. Le Liban ne se présente plus seulement comme une destination desservie par un aéroport saturé et une économie sous pression. Il retrouve une présence maritime passagers, même modeste. La Méditerranée redevient un espace de circulation ordinaire. Les anciennes générations y verront peut-être un rappel de voyages plus difficiles. Les plus jeunes y verront surtout une alternative à l’avion, un plan d’été, ou une occasion de poster une vidéo de départ avec la baie en arrière-plan.

Le vrai test viendra après le lancement

Reste la question de la régularité. Un service maritime doit gagner la confiance des voyageurs. Il devra respecter ses horaires, gérer les retards, informer clairement en cas de météo défavorable, répondre aux demandes de remboursement et stabiliser sa plateforme de réservation. Le lancement attire l’attention. La suite dépendra de l’exécution. Les Libanais ont l’habitude des annonces qui s’enflamment puis s’éteignent. Pour installer durablement la ligne, Cedar Waves devra transformer l’effet de nouveauté en habitude. Le vrai test ne sera pas le premier départ. Il viendra après plusieurs semaines de traversées, lorsque les passagers compareront promesses et expérience réelle.

Les professionnels du tourisme suivront aussi les retombées. Une liaison maritime régulière peut permettre des formules combinées, avec billet, hôtel, assurance et transfert. Plusieurs agences proposent déjà ce type de produits pour Chypre ou la Turquie. La différence, avec un départ de Jounieh, tient à l’expérience. On peut imaginer des forfaits de trois nuits, des allers simples pour étudiants, des week-ends familiaux, ou des offres pour les diasporas qui veulent circuler entre Liban et Chypre sans passer par l’aéroport. Le succès dépendra du prix final une fois les taxes, bagages, transferts et assurances ajoutés.

La prudence reste donc utile. Les prix annoncés sont des prix de départ ou des fourchettes. Ils peuvent varier selon la date, la catégorie choisie, la demande et les conditions de réservation. Les horaires peuvent aussi changer. Les voyageurs devront vérifier directement sur le site de la compagnie avant d’acheter. Mais l’essentiel est là : la ligne annoncée l’an dernier ne reste plus une promesse vague. Elle entre dans le calendrier 2026 avec une date, des destinations, des durées et des montants. Dans le Liban des annonces souvent différées, c’est déjà une petite traversée réussie.

Le lancement a aussi une petite portée urbaine. Pendant des années, la baie de Jounieh a surtout vécu autour de la promenade, des restaurants, des marinas privées et du téléphérique vers Harissa. Le retour d’une ligne passagers régulière change la scène. Le port redevient un lieu de départ, avec des horaires affichés et des voyageurs qui viennent pour autre chose qu’une balade côtière. Cette normalité maritime, si elle tient, pourrait valoir presque autant que la nouveauté commerciale.

Le lancement prévu le 9 juin mettra surtout Jounieh à l’épreuve. Le port devra absorber les contrôles, l’embarquement, les taxis, les familles qui arrivent trop tôt, les retardataires, les valises trop lourdes et les selfies sur le quai. Cette agitation sera peut-être le meilleur signe. Après des années où le port semblait regarder la mer sans vraiment l’emprunter, le retour des passagers donnera à la baie un mouvement plus concret. Le prochain repère sera le premier mercredi de départ vers Larnaca, avec une arrivée annoncée à 12 h 59 et, si la mer reste docile, quatre heures pour redécouvrir que Chypre n’est pas si loin.


Repères pratiques

Destination depuis JouniehFréquence annoncéeDurée annoncéePrix annoncé
Larnaca, Chypre3 départs par semaine3 h 5995 $, 155 $ ou 175 $
Lattaquié, Syrie2 départs par semaine2 h 59135 $ à 150 $
Mersin, Turquie4 jours de départ indiqués5 h 30 à près de 12 h165 $ à 275 $

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