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La Banque du Liban a publié ce vendredi 2 circulaires, l’une permettant le retrait de fonds de comptes existant libellés en dollars pour l’équivalent en livre libanaise au taux dit du marché, soit 3900 LL/USD “sous réserve de consentement du déposant” et “selon les procédures et les limites approuvées par la banque concernée” et une deuxième adressée aux banques et aux personnes désirant déposer des devises étrangères. Cette dernier permet à un individu de déposer une somme en devise étrangère créditée au taux officiel, c’est à dire à 1507 LL/USD.

Les 2 circulaires demeurent cependant vagues, permettant diverses interprétations.

La première circulaire reste clairement en faveur des banques. Pour rappel, 70% des sommes déposées dans les banques libanaises sont libellées en devises étrangères et essentiellement en dollars. Les établissements bancaires paraissent dans un premier temps perdants, puisque d’un point de vue comptable, elles restent soumises au taux de 1507 LL/USD, même si elles devraient débourser la somme en livre à une parité de 3900 LL/USD. Le déposant reste cependant également perdant pour l’heure puisque la parité au marché noir se situe en-dessous des 9000 LL/USD.

Cependant, si le système de peg de la livre libanaise par rapport au dollar est levé et qu’est instauré un système de parité dit dirty floating, ce qui pourrait être probable quand la Banque du Liban ne disposera plus des sommes nécessaires pour poursuivre le programme de subvention à l’achat des produits de première nécessité, la différence dans le temps se fera en faveur des établissements bancaires privés.

La deuxième circulaire est, elle, en défaveur des déposants et en faveur de la Banque du Liban elle-même. Face à une possible fin du programme de subvention, il s’agit de gagner du temps. Cependant, la quantité de devises échangée – environ 5 millions de dollars quotidiennement – est risible sur ce marché et ne pourra pas changer grand chose à court-terme.

On pourrait donc interpréter les 2 circulaires comme d’une part, une nouvelle tentative de renflouement des établissements bancaires en défaveur des déposants, comme s’il s’agissait de doute manière de sauver les intérêts d’actionnaires qui ont déjà conduit de nombreux libanais à la ruine par leur gestion hasardeuse de l’épargne de leurs clientèles.

Pour rappel, les banques libanaises – impactées par une pénurie de devises étrangères et l’effondrement que beaucoup considèrent comme étant le chant du cygne d’un système Ponzy – peinent à être recapitalisées et se montrent réticentes au plan du gouvernement Hassan Diab de restructurer ce secteur d’activité stipulant un approvisionnement à la totalité du capital des actionnaires actuel afin de protéger les dépôts, une condition pourtant nécessaire au déblocage de l’aide de la communauté internationale qui estime, de la part même du Président de la République Française, Emmanuel Macron, lui même ancien banquier, que de nombreuses anomalies ont été commises par leurs dirigeants.

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