Demain débute le processus électoral avec le scrutin organisé dans 6 pays arabes, Egypte, Koweït, Arabie Saoudite, Qatar, Emirats Arabes Unis et Sultanat d’Oman. Le scrutin se poursuivra le 29 avril dans 33 pays différents. Cette phase s’adresse à la diaspora libanaise.

Le 6 mai, cela sera au tour de la population libanaise de se rendre aux urnes et de voter.
En parlant d’urnes, il est nécessaire vu la gravité de la situation socio-économique d’un pays au bord de l’explosion, qu’elles ne soient pas funéraires en enterrant la dernière chance de véritables réformes et de mises à l’écart d’une classe politique dont la seule nouveauté au cours des dernières années a été de voir le fils succéder au Père et d’avoir plongé ce pays qui possédait un horizon bien prospère en pays en faillite économique et morale,  mais électorales en élisant les bonnes personnes au bon poste
« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. » Martin Luther King (1929 – 1968)
Le Liban étant soit-disant une démocratie parlementaire, les libanais n’élisent pas le Président de la République, le Premier Ministre ou les Ministres, ni même le Président de la Chambre. C’est donc sur sa Chambre des Députés que les électeurs doivent faire part de leurs pensées sur les enjeux qui les concernent au plan national et non voter selon des dimensions locales pour tels ou telles.
Certains écartaient cette dimension nationale pour une dimension locale. C’est une erreur.
Cependant, selon différents instituts, plus de la moitié des 128 députés qui seront élus sont déjà pratiquement assurés d’obtenir leurs strapontins au Parlement.
Cela est grave, d’autant plus grave que cela signifie que le jeu électoral est déjà fermé pour beaucoup de candidats notamment indépendants dont les chances d’être élus sont considérées comme pratiquement nulles.
Notre printemps de Beyrouth voit ainsi ses chances de disparaitre alors que les mouvements dits de la société civile se trouvaient souvent en pointe dans différents dossiers semblent aujourd’hui en perte de vitesse face aux partis traditionnels qui n’ont apportés aucune réponse et qui ont même bénéficié de la corruption endémique de nos institutions, de la mauvaise gérance dans différents secteurs, celui de la dette publique, ceux des secteurs électriques, ordures, eaux usées, etc…
La liste des doléances de nos électeurs pourrait être longue et le débat public a été malheureusement occulté sur ces points précis qui concernent notre santé, notre avenir et celles de nos enfants et sur beaucoup d’autres sujets qui nous concernent tous.
En cause, la machine électorale des partis, mais également la loi électorale qui ne permet pas un choix serein puisqu’il s’agira d’un choix par défaut la plupart du temps et non d’un choix par conviction en raison d’alliances souvent contre-nature et aux idéologies souvent opposées.
Cette loi électorale n’amène également pas à ce que « la tradition électorale » perdure, à ce que l’électeur considère d’autres paramètres comme celui d’un achat de voix, des services rendus localement. Il suffit de payer une petite somme à l’électeur pour qu’ensuite, il soit obligé de payer pour se voir être fourni en électricité du moteur ou de l’eau, pour se voir accordé les devoirs les plus élémentaires qu’un état doit assumer envers les siens.
Notre devoir comme électeurs est de faire mentir le fait que les jeux sont déjà faits. Il s’agit de remettre au devant de la scène ces enjeux nationaux et de démontrer qu’en fin de compte, le peuple reste souverain et que ceux qui arrivent au pouvoir ne sont pas élus pour nous mettre à les servir mais nous servir.
Ce ne sont les hommes politiques qui nous ont sauvé des crises qu’ils ont souvent eux-même provoqués. C’est avant tout, nous les Libanais en osant dire non à leurs désira ta. De même, c’est en leur disant non qu’ils ont été obligés de trouver une solution, certes mauvaise mais une solution pour enlever les ordures de nos rues. C’est encore parce que les libanais sont fatigués d’avoir une administration corrompue à leurs yeux qu’on a réussi à voir être organisé un plan de lutte contre la corruption qui doit entrer en vigueur.
Il reviendra par nos votes d’élire ceux qui seront en charge de remettre la machine de notre état en route et cela est l’enjeu des élections.
La noblesse de la politique, c’est d’être au service de l’intérêt supérieur de la Nation et non de la desservir, ce que beaucoup de députés sortant ont failli à faire. Donnons donc une chance à une alternative, à de nouvelles figures qu’on espère intègres et croyons à cette noblesse.

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1 COMMENTAIRE

  1. Hélas , ce qui vient d’être dit ou écrit confirmerait la règle pré-établie pour toutes élections dans ce pauvre pays.
    Je suis , comme beaucoup de libanais , émigré et toujours étranger dans le pays qui m’a accepté et qui m’a donné le droit au sol et au travail . Je ne crois pas un instant à la sincérité des candidats politisés jusqu’au
    boutisme et à la sortie honorable de quelques candidats éparses qui essaient de contrer le rouleau-compresseur qui fait dériver le pays et qui nous oblige à vivre ailleurs .
    Croisons les doigts et espérons que la sortie de cette épreuve soit digne d’un pays qui mérite plus que ce qu’on lui promet comme avenir .
    Vive la liberté d’expression , vive le Liban laïc et courage à celles et ceux qui se défendent pour un pays libre de toutes influences extérieures .
    PS : je ne vote plus au Liban depuis 30 ans …

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