Impossible, n’est pas français

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La Cérémonie Du 14 Juillet 2009 À At Tiri Au Sud Liban En Compagnie Du Contingent Français De La Finul. Crédit Photo: Libnanews.com, Tous Droits Réservés.
La cérémonie du 14 juillet 2009 à At Tiri au Sud Liban en compagnie du Contingent Français de la FINUL. Crédit photo: Libnanews.com, tous droits réservés.

Monsieur le Président de la République Française,

Je m’adresse à vous publiquement et combien j’aurai aimé aussi m’adresser au Président de la République libanaise, sauf que depuis plus de 18 mois, comme vous le savez, il n’y a plus de Chef d’Etat au pays du Cèdre.

Président,
 » Impossible n’est pas français », une devise qui m’a toujours portée force et conviction.
Ma France, « terre d’accueil » et mon Liban « pays message » sont endeuillés par le même ennemi … Nos victimes des deux côtés, sont des victimes de la diversité…

48 heures après, Je commence à peine à réaliser l’ampleur du drame qui a affecté Paris …
Mon cœur déjà attristé par le drame qui a touché la veille mon peuple libanais, peine à accepter le drame de mes compatriotes français…
Mes enfants français, que je croyais à l’abri du danger se trouvent aujourd’hui, comme tant de jeunes, menacés par cette terreur …
La France, terre d’accueil avait pansé mes blessures quand j’étais jeune et avec le temps j’ai construit ma vie sereine.
Me voilà à nouveau déstabilisée et doublement choquée car cela n’aurait pas dû arriver en terre d’accueil si les paramètres de cette terre d’accueil étaient restés intactes.

Encore happée par les photos des victimes civiles libanaises, en majorité tous des jeunes, me voilà devant le défilé des photos de nos jeunes français …
Hier, je n’ai pas pu regarder les images, c’était plus fort que moi, j’ai préféré me réfugier dans l’écriture afin que mes oreilles puissent un peu oublier la valse des sirènes des ambulances de la veille.

Président,
Comme mes compatriotes, suis encore sous le choc … Ces images d’innocents de mes deux pays se mêlent dans mon esprit. Les frontières n’existent plus et le drame nous unit …
Ce sont les victimes de la diversité, de la jeunesse et de la vie …

Beyrouth et Paris,
Nos victimes se ressemblent
et l’ennemi est commun.

J’ai du mal à accepter cela, mon cœur si fragile ne peut faire face à cette haine qui menace nos jours…
La jeunesse est la cible de ces destructeurs. L’innocence est la cible de ces tueurs. Leur objectif est de semer la terreur et pourtant : « Impossible n’est pas Français ».

Président,
La France a les moyens en tant que pays fort de la communauté européenne et le Liban a l’expérience de cette terreur si tragique …
Vous avez les moyens d’éradiquer ces terroristes de la scène française comme de la scène libanaise ou ailleurs …
Vos moyens sont conséquents.

Cela n’aurait pas dû arriver, même si l’on s’y attendait.
La France, terre d’accueil, a nettement changé depuis le premier jour de mon arrivée sur son territoire …
Mixité et diversité …
Ne sont certainement pas la cause de cette haine à condition que les paramètres de notre société française restent intactes …

Président,
le cœur doublement meurtri par ces violences et doublement choquée, je garderai ma confiance en ma France afin que je puisse encore rêver mon Liban …

J’ai vu votre déclaration télévisée et je vous ai senti affecté… Alors s’il vous plait, prouvez au monde entier que « impossible, n’est pas Français » et redonnez-nous force et conviction…

L’ennemi a frappé au cœur de la France… Il n’est pas aux frontières, il est parmi nous…
Tout comme au Liban, la haine et le danger se mêlent au quotidien des citoyens.. Mais cette devise française me laisse croire que vous, Président, allez la prouver au monde entier !

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Jinane Chaker Sultani Milelli
Jinane Chaker-Sultani Milelli est une éditrice et auteur franco-libanaise. Née à Beyrouth, Jinane Chaker-Sultani Milelli a fait ses études supérieures en France. Sociologue de formation [pédagogie et sciences de l’éducation] et titulaire d’un doctorat PHD [janvier 1990], en Anthropologie, Ethnologie politique et Sciences des Religions, elle s’oriente vers le management stratégique des ressources humaines [diplôme d’ingénieur et doctorat 3e cycle en 1994] puis s’affirme dans la méthodologie de prise de décision en management par construction de projet [1998].