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Liban : 2 869 morts dans les bombardements israéliens

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Le ministère libanais de la Santé a actualisé, lundi 11 mai 2026 à 14 heures, le bilan de la guerre israélienne au Liban. Selon le tableau publié par le Centre des opérations d’urgence sanitaire, 11 599 personnes ont été tuées ou blessées depuis le 2 mars. Le total comprend 2 869 morts et 8 730 blessés. Ce relevé donne la photographie la plus récente d’une campagne de bombardements israéliens qui continue malgré le cessez-le-feu annoncé en avril.

Le bilan du jour marque une nouvelle hausse par rapport au dernier décompte diffusé dimanche soir, qui faisait état de 2 846 morts et 8 693 blessés. En moins de vingt-quatre heures, 23 morts et 37 blessés supplémentaires ont donc été intégrés aux données officielles. Les chiffres ne distinguent pas, dans cette présentation, les civils des combattants. Ils confirment toutefois que la trêve ne se traduit pas encore par une protection effective des habitants, des secouristes et des infrastructures civiles.

Le bilan sanitaire atteint 11 599 victimes

Le tableau du ministère de la Santé fournit une série d’indicateurs qui dépassent le simple cumul des morts et des blessés. Il montre l’ampleur du choc sur le système hospitalier et sur les équipes d’urgence. Seize hôpitaux sont signalés comme endommagés. Trois hôpitaux sont indiqués comme fermés. Le document recense aussi 141 attaques contre les services médicaux d’urgence, 28 structures ou points d’intervention endommagés et 131 véhicules touchés.

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Les personnels de santé apparaissent parmi les groupes les plus exposés. Le ministère compte 108 morts dans le secteur médical et de secours, dont 103 membres des services d’urgence et 5 personnels de santé. Il recense aussi 251 blessés, dont 214 secouristes et 37 professionnels de santé. Ces chiffres s’ajoutent aux bilans quotidiens annoncés après les frappes contre des centres de secours, des ambulances ou des équipes mobilisées dans les zones bombardées.

Le même document mentionne un dispositif d’appui hospitalier et d’urgence lié à 21 hôpitaux, avec 55 personnels enregistrés et 36 personnels déployés. Cette indication donne une idée de l’effort de coordination imposé aux autorités sanitaires. Les hôpitaux doivent absorber les blessés des frappes, maintenir les services ordinaires, gérer les coupures d’électricité, sécuriser les équipes et préserver les stocks de médicaments. La guerre ne produit pas seulement des victimes directes. Elle épuise aussi les capacités de soin.

La carte jointe au bilan confirme la concentration de la crise dans les régions du Sud et de la Bekaa, tout en montrant que l’ensemble du pays est touché par les effets de la guerre. Les gouvernorats de Nabatiyé et du Sud restent au cœur de la séquence militaire. La capitale et sa banlieue demeurent exposées à des frappes ciblées. Les zones d’accueil supportent, elles, le poids des déplacements, des soins et de la saturation des services publics.

Des bombardements malgré la trêve

Les dernières journées ont montré que le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril, ne bloque pas les opérations militaires. Des frappes israéliennes ont encore visé le Sud-Liban au cours du week-end. Samedi, une frappe sur Saksakiyeh a tué au moins sept personnes, dont un enfant, et blessé quinze autres, selon le ministère libanais de la Santé. L’armée israélienne a affirmé viser des membres du Hezbollah. Elle a reconnu avoir reçu des informations sur des victimes civiles et annoncé un examen de l’incident.

Dimanche, de nouvelles attaques ont fait au moins quatre morts et dix-neuf blessés dans le Sud. Deux secouristes ont été tués et cinq autres blessés lors de frappes visant des centres de réponse médicale dans le district de Bent Jbeil. Un autre bombardement dans le district de Tyr a tué une personne et blessé treize autres, parmi lesquelles des femmes et des enfants. Une frappe de drone dans le secteur de Jezzine a également fait un mort et un blessé.

Ces attaques s’inscrivent dans une séquence plus large. Vendredi, des bombardements israéliens avaient tué au moins cinq personnes au Sud, dont quatre à Toura, près de Tyr, et un secouriste près de Kfar Chouba. Ils étaient intervenus après un avertissement d’évacuation visant plusieurs villages du district de Tyr. Le Hezbollah avait ensuite tiré des roquettes vers le nord d’Israël. L’armée israélienne avait indiqué qu’un projectile avait été intercepté et que les autres étaient tombés dans des zones ouvertes.

Depuis le début de la trêve, chaque camp accuse l’autre de l’avoir vidée de sa substance. Israël affirme répondre à des tirs, des drones et des mouvements du Hezbollah. Le gouvernement libanais dénonce, lui, la poursuite des frappes israéliennes, les destructions de villages, les évacuations forcées et le maintien de forces israéliennes sur des portions du territoire. Les chiffres sanitaires publiés lundi donnent un élément concret à cette contestation : le bilan continue d’augmenter après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Les secouristes visés et les hôpitaux fragilisés

La situation des personnels de secours occupe une place centrale dans le dernier relevé du ministère. Les 141 attaques contre les services médicaux d’urgence recensées depuis le 2 mars illustrent une pression durable sur les équipes de terrain. Les ambulanciers interviennent souvent dans des localités frappées à plusieurs reprises. Ils doivent extraire les blessés, évacuer les morts, aider les familles coincées dans les maisons endommagées et transporter les patients vers des hôpitaux parfois éloignés.

Les attaques contre les secouristes ont des effets immédiats sur la survie des blessés. Lorsqu’une ambulance est détruite ou qu’une équipe est tuée, une zone entière peut perdre sa capacité d’intervention pendant plusieurs heures. Dans certains villages, les habitants attendent l’arrivée des secours en sachant que les routes restent sous surveillance de drones ou sous menace d’artillerie. Les transferts vers Tyr, Nabatiyé, Saïda ou Beyrouth prennent alors plus de temps, ce qui aggrave les risques pour les blessés graves.

Les hôpitaux endommagés et fermés réduisent aussi les marges de réponse. Seize établissements touchés ne signifient pas seulement des bâtiments abîmés. Cela peut impliquer des services déplacés, des salles inutilisables, des générateurs endommagés, des patients transférés et des personnels contraints de travailler dans des conditions dégradées. Trois hôpitaux fermés représentent une perte supplémentaire dans un pays dont le système de santé était déjà affaibli par la crise économique et par les pénuries.

Le ministère de la Santé tente de maintenir un suivi quotidien. Ses bilans servent aux hôpitaux, aux organisations humanitaires et aux autorités diplomatiques. Ils permettent aussi de documenter les atteintes contre les structures médicales, qui relèvent du droit international humanitaire. Les équipes de santé sont protégées dans les conflits armés. Les attaques qui les visent ou qui les empêchent d’intervenir doivent être documentées avec dates, lieux, moyens utilisés et conséquences humaines.

Le Sud au centre des dernières frappes

Le Sud-Liban reste l’épicentre des bombardements israéliens. Les districts de Tyr, Nabatiyé, Bent Jbeil, Marjayoun et Jezzine reviennent de manière récurrente dans les bilans et les alertes. Les localités touchées ces derniers jours forment un arc de tension allant des villages proches de la frontière aux zones plus en retrait. Les routes, les maisons, les véhicules, les centres de secours et les positions militaires présumées sont visés dans des séquences souvent rapprochées.

La multiplication des avertissements d’évacuation accentue cette pression. Un message visant un village produit rarement un déplacement limité à ce seul village. Les familles des localités voisines partent aussi, par crainte d’être coupées des routes ou touchées par une frappe proche. Les municipalités doivent alors enregistrer de nouveaux départs, chercher des lieux d’accueil, gérer les besoins en eau et en électricité et transmettre les urgences aux autorités centrales.

Les destructions modifient la vie quotidienne. Des commerces restent fermés. Des écoles servent d’abris. Des agriculteurs ne peuvent plus accéder à leurs terres. Des familles reviennent parfois quelques heures pour récupérer des papiers, des vêtements ou des médicaments, puis repartent avant la nuit. Ce mouvement permanent rend le décompte des déplacés difficile. Il augmente aussi le risque de victimes, car les habitants se déplacent dans des secteurs encore exposés.

Dans ce contexte, le bilan de 2 869 morts et 8 730 blessés ne résume pas seulement une accumulation statistique. Il traduit une guerre qui s’installe dans les infrastructures ordinaires du pays. Les routes, les hôpitaux, les réseaux électriques, les écoles, les marchés et les vergers sont touchés directement ou indirectement. Le coût humain immédiat se double d’un coût social qui continuera à peser après la fin des bombardements.

Israël invoque le Hezbollah, Beyrouth documente les violations

L’armée israélienne affirme mener des frappes contre le Hezbollah, ses combattants, ses dépôts, ses réseaux de drones et ses infrastructures militaires. Les responsables israéliens accusent le mouvement chiite de poursuivre des attaques malgré la trêve. L’armée israélienne a annoncé lundi la mort d’un réserviste tué par un drone explosif dans le sud du Liban. Ce décès a renforcé, côté israélien, les appels à maintenir ou élargir l’opération militaire.

Le Hezbollah poursuit de son côté des tirs de roquettes, des attaques de drones et des opérations contre des forces israéliennes. Il présente ces actions comme une réponse à l’occupation, aux frappes et aux violations israéliennes. Cette confrontation nourrit un cycle dans lequel chaque attaque devient la justification de la suivante. Les civils du Sud, eux, restent placés entre les frappes israéliennes, les opérations du Hezbollah et l’absence d’un mécanisme de protection efficace.

Beyrouth cherche à documenter les violations du cessez-le-feu. Le ministre de l’Information, Paul Morcos, a récemment indiqué que les autorités avaient recensé au moins 1 744 violations israéliennes entre le 17 avril et le 8 mai. Ce total comprend 818 raids aériens, 641 tirs d’artillerie, 270 opérations de dynamitage et 15 tirs de munitions phosphoriques. Ces chiffres sont appelés à servir dans les démarches diplomatiques et juridiques du Liban.

Le président Joseph Aoun demande à ses interlocuteurs étrangers de faire pression pour un cessez-le-feu complet et global. Le gouvernement veut aussi obtenir un retrait israélien et le retour des déplacés dans leurs villages. Ces demandes doivent être portées dans les discussions prévues à Washington cette semaine. Les nouveaux bilans sanitaires donnent à cette séquence diplomatique une urgence supplémentaire.

Des déplacés toujours sans retour sûr

Le bilan sanitaire ne rend pas compte à lui seul de l’ampleur de la crise. Les bombardements israéliens ont aussi provoqué de nouveaux déplacements et empêché de nombreux retours. Des familles parties depuis mars restent hébergées chez des proches, dans des écoles, des bâtiments publics ou des logements provisoires. Les abris se prolongent alors que les cours doivent reprendre, que les loyers augmentent et que les communes d’accueil manquent de moyens pour l’eau, les déchets et les générateurs.

Dans les villages du Sud, le retour dépend de conditions très concrètes. Il faut des routes ouvertes, des maisons encore habitables, des dispensaires accessibles, des lignes électriques réparées et des garanties contre de nouvelles frappes. Beaucoup d’habitants ne disposent d’aucun de ces éléments. Le bilan du jour montre donc une réalité double : les morts et les blessés augmentent, tandis que les survivants restent souvent privés de leur maison, de leur revenu et de leurs services les plus élémentaires.

Washington sous la pression du bilan

Un troisième round de discussions entre représentants libanais et israéliens doit se tenir jeudi et vendredi à Washington. Cette échéance arrive alors que les chiffres du ministère de la Santé s’alourdissent et que des informations israéliennes évoquent une préparation à une possible extension de l’opération terrestre au Liban. Aucune décision politique publique n’a été annoncée sur ce point, mais l’hypothèse pèse déjà sur les discussions.

Pour le Liban, la priorité reste l’arrêt des hostilités. Les autorités réclament aussi un calendrier de retrait israélien, la protection des équipes médicales, la fin des évacuations forcées et l’accès aux villages détruits. Le bilan du jour renforce cette position. Il montre que, même sous trêve, la population continue de subir des pertes et que le système sanitaire absorbe un nombre croissant de morts, de blessés et d’attaques contre ses équipes.

Les États-Unis cherchent à maintenir un canal entre Beyrouth et Israël. Mais les faits de terrain compliquent la médiation. Chaque frappe meurtrière réduit la marge politique libanaise. Chaque attaque du Hezbollah renforce la pression israélienne en faveur d’une réponse militaire. La diplomatie avance donc au milieu d’un calendrier militaire qui ne s’est pas arrêté.

Le chiffre publié lundi à 14 heures fixe l’état le plus récent de cette séquence : 2 869 morts, 8 730 blessés, 16 hôpitaux endommagés, 3 hôpitaux fermés, 108 morts parmi les personnels de santé et de secours, et 251 blessés dans ces mêmes rangs. Les prochains communiqués du ministère diront si les bombardements de la journée ajoutent de nouveaux noms à ce bilan.

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