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Salam relance le dialogue avec la Syrie

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Le premier ministre libanais Nawaf Salam a affirmé que la relation entre Beyrouth et Damas entrait dans une nouvelle étape, après une visite en Syrie destinée à relever le niveau de coopération entre les deux pays. Dans un entretien accordé à la chaîne Al-Arabiya, il a assuré que des progrès importants avaient été réalisés avec les autorités syriennes et que leurs résultats apparaîtraient prochainement. Le chef du gouvernement a aussi répété que le Liban restait attaché à l’arrêt de la guerre, au retour des déplacés et à un calendrier clair pour le retrait israélien.

Cette prise de parole intervient dans un moment où l’exécutif libanais tente de rouvrir plusieurs dossiers à la fois. Le premier concerne la relation avec la Syrie, longtemps marquée par les contentieux frontaliers, sécuritaires, économiques et humanitaires. Le second porte sur le front sud, où les combats et les frappes ont transformé une partie du territoire en zone de crise permanente. Nawaf Salam a présenté ces deux chantiers comme des priorités immédiates de son gouvernement.

Nawaf Salam veut institutionnaliser le dialogue avec Damas

Le premier ministre a résumé l’objectif de sa visite à Damas en une formule : relever le niveau de coopération entre le Liban et la Syrie. Il a affirmé que les deux parties avaient « tourné la page des différends » et qu’elles se dirigeaient vers une consolidation des relations. Cette déclaration marque une volonté d’inscrire le dialogue dans un cadre régulier, au-delà des échanges ponctuels imposés par l’urgence.

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Nawaf Salam a annoncé le travail en cours pour établir un Conseil supérieur de coopération avec la Syrie. Selon lui, la première réunion de cette instance doit se tenir en juin. Le gouvernement libanais veut y traiter des dossiers pratiques, avec un agenda centré sur la circulation, le commerce, l’énergie et la coordination administrative. Le chef du gouvernement n’a pas détaillé la composition de ce conseil, ni les mécanismes de décision qui l’accompagneraient.

La formule reste sensible au Liban. Toute structure commune avec la Syrie réveille des souvenirs politiques lourds, liés aux décennies de présence syrienne et aux déséquilibres institutionnels passés. Mais le contexte a changé. Beyrouth cherche aujourd’hui à traiter des problèmes qui ne peuvent pas être réglés sans un interlocuteur syrien. Les frontières, les passages, l’électricité, les marchandises, les réfugiés et la sécurité exigent des canaux de coordination plus stables.

Le premier ministre a insisté sur l’aspect concret des discussions. Il a fait état d’un accord pour faciliter la circulation des personnes et des biens. Il a aussi évoqué le raccordement électrique entre les deux pays. Ces deux sujets répondent à des besoins immédiats. Le Liban dépend de routes terrestres qui passent par la Syrie pour une partie de ses échanges régionaux. Il cherche aussi des solutions énergétiques dans un contexte de pénurie chronique, de production insuffisante et de coûts élevés pour les ménages comme pour les entreprises.

Circulation, marchandises et électricité au menu

La facilitation du mouvement des personnes constitue un dossier quotidien pour des milliers de familles. Les liens entre les deux pays ne se limitent pas aux États. Ils passent par les mariages, les emplois, les soins, les études, les terres, les marchés et les réseaux familiaux. Les restrictions, les lenteurs administratives ou les incertitudes aux points de passage peuvent peser directement sur les habitants des régions frontalières, mais aussi sur les commerçants et les transporteurs.

La circulation des marchandises est tout aussi déterminante. Le Liban a besoin de routes fiables vers l’intérieur syrien, mais aussi vers la Jordanie, l’Irak et les pays du Golfe. Les exportateurs agricoles, les industriels, les transitaires et les transporteurs suivent de près toute évolution sur les passages terrestres. Un assouplissement des procédures pourrait réduire les coûts et les délais. Il pourrait aussi aider des secteurs libanais fragilisés par la crise économique et par la guerre.

Le raccordement électrique a une portée différente. Il renvoie aux efforts répétés pour améliorer l’approvisionnement du Liban, dont le réseau public reste incapable de fournir une électricité continue. L’idée d’un lien avec la Syrie n’est pas nouvelle, mais elle exige des garanties techniques, financières et politiques. Les infrastructures doivent être vérifiées. Les modalités de transit ou d’échange doivent être clarifiées. Les partenaires internationaux, s’ils sont impliqués, demanderont aussi des engagements de transparence.

Nawaf Salam n’a pas présenté ces accords comme des résultats déjà achevés. Il a parlé de progrès dont les effets seront visibles bientôt. Cette nuance compte. Les annonces doivent encore être suivies de décisions administratives, de réunions techniques et de mesures aux frontières. La première réunion prévue en juin pourrait servir de test. Elle dira si le rapprochement annoncé produit des procédures nouvelles ou s’il reste au stade d’un message politique.

Une relation longtemps chargée de contentieux

La relation libano-syrienne reste l’un des dossiers les plus sensibles de la vie politique libanaise. Elle porte le poids de l’histoire récente, des interventions syriennes, des divisions internes et des lectures opposées de la souveraineté. Pour certains partis, le dialogue avec Damas relève d’une nécessité géographique et économique. Pour d’autres, il doit être encadré strictement afin d’éviter le retour d’un rapport de force inégal.

Nawaf Salam a choisi de parler d’une page tournée. Cette expression cherche à installer une rupture. Elle ne signifie pas que les contentieux ont disparu. Elle indique que le gouvernement veut désormais les traiter par des canaux officiels. Le choix d’un conseil de coopération répond à cette logique. Il permet de donner un cadre aux dossiers communs et de réduire le poids des arrangements informels, longtemps dominants dans la relation entre les deux pays.

Les dossiers à venir restent nombreux. La délimitation et le contrôle de certaines zones frontalières, les trafics, les passages irréguliers, les prisonniers, les réfugiés syriens au Liban, les échanges commerciaux et les infrastructures énergétiques peuvent tous revenir sur la table. Le premier ministre n’a pas détaillé l’ensemble de ces sujets dans son entretien. Mais l’annonce d’un mécanisme de coopération laisse entendre que Beyrouth veut éviter une gestion au cas par cas.

Le calendrier de juin donne une première échéance. Il place le gouvernement face à une obligation de résultat. Les secteurs économiques attendent des mesures concrètes sur le transit et les exportations. Les administrations attendent des consignes claires. Les familles concernées par les déplacements entre les deux pays veulent des procédures plus prévisibles. Le succès de cette nouvelle phase se mesurera donc moins aux formules diplomatiques qu’aux effets observés aux postes-frontières et dans les services publics.

Le front sud demeure l’autre priorité

Dans le même entretien, Nawaf Salam a replacé la guerre au Sud au centre de l’agenda gouvernemental. Il a affirmé que la majorité des Libanais soutenait les négociations destinées à mettre fin au conflit. Le premier ministre a présenté cette position comme une nécessité nationale, alors que la poursuite des hostilités pèse sur les villages, les déplacés, les infrastructures et la stabilité générale du pays.

Le chef du gouvernement a indiqué que le Liban avait demandé, dans les négociations, un agenda clair pour le retrait israélien. Cette formule résume la position officielle de Beyrouth. Le gouvernement ne veut pas seulement une baisse des frappes ou une trêve temporaire. Il veut un cadre permettant d’obtenir l’arrêt des hostilités, le retrait des forces israéliennes et le retour des habitants dans leurs villages. Sans ces trois éléments, la désescalade resterait fragile.

Nawaf Salam a aussi affirmé que le Liban n’avait pas choisi la guerre. Selon lui, le pays a été entraîné dans une confrontation entre l’Iran et les États-Unis. Cette phrase vise à distinguer l’État libanais des dynamiques régionales qui se jouent sur son territoire. Elle traduit également la volonté du gouvernement de présenter la population libanaise comme victime d’un conflit dont les ressorts dépassent les institutions nationales.

Le premier ministre a donné un chiffre lourd de portée politique. Il a affirmé que 68 villages libanais se trouvaient désormais sous contrôle israélien en raison de cette guerre. Il a aussi déclaré que Bent Jbeil était devenue une « copie de Gaza ». Ces expressions, très fortes, décrivent l’ampleur des destructions et du choc dans le Sud. Elles s’inscrivent dans un discours destiné à mobiliser les soutiens internationaux et à rappeler l’urgence du retrait.

« Nous n’avons pas choisi la guerre »

La formule de Nawaf Salam sur une guerre non choisie répond à un débat interne ancien. Depuis le début de l’escalade, une partie de la classe politique accuse le Hezbollah d’avoir entraîné le Liban dans une confrontation régionale. D’autres responsables défendent l’idée d’un front lié à la situation régionale et à la confrontation avec Israël. Le premier ministre ne cite pas directement les acteurs internes dans l’extrait rapporté. Il insiste plutôt sur le fait que l’État cherche aujourd’hui à arrêter les hostilités.

Cette ligne vise à rassembler. Elle permet de parler à ceux qui refusent la guerre, à ceux qui réclament le retrait israélien et à ceux qui veulent éviter une rupture interne sur les armes et les responsabilités. Elle n’efface pas les divergences libanaises. Mais elle fixe une priorité immédiate : obtenir la fin des opérations militaires et permettre aux déplacés de rentrer.

Le retour des déplacés occupe une place centrale dans le discours du chef du gouvernement. Nawaf Salam a affirmé que l’exécutif travaillait à ramener les habitants dans leurs villages et leurs villes. Cette tâche dépend directement de la sécurité. Les familles ne peuvent pas rentrer durablement si les frappes continuent, si les routes restent dangereuses ou si des zones entières demeurent sous contrôle militaire. Le retour suppose aussi des logements réparables, des écoles accessibles, des dispensaires ouverts et des services de base.

Bent Jbeil illustre cette difficulté. La ville, symbole de résistance et de destructions lors de conflits précédents, est de nouveau évoquée comme un espace dévasté. En la comparant à Gaza, Nawaf Salam cherche à transmettre une image immédiate de ruine et de siège. Cette comparaison porte une forte charge politique. Elle montre aussi que le gouvernement veut replacer la question du Sud dans une dimension humanitaire, et pas seulement militaire.

Une ligne diplomatique à double détente

Le discours du premier ministre dessine une ligne diplomatique à double détente. À l’est, Beyrouth veut réorganiser ses rapports avec Damas par des mécanismes de coopération. Au sud, le gouvernement exige l’arrêt de la guerre et le retrait israélien. Les deux dossiers paraissent distincts. Ils se rejoignent pourtant dans une même question : la capacité de l’État à reprendre la main sur ses frontières, ses routes et ses relations régionales.

La Syrie représente l’arrière-pays terrestre du Liban. Israël représente le front de guerre et la menace directe au Sud. Dans les deux cas, le gouvernement cherche à substituer des cadres officiels à des situations de fait. Avec Damas, il veut des accords et des conseils de coopération. Avec Israël, il demande un calendrier de retrait et une fin des hostilités. Cette méthode suppose du temps, des relais internationaux et une coordination interne solide.

Nawaf Salam prend soin de présenter ces démarches comme conformes à l’intérêt national. Le rapprochement avec la Syrie n’est pas décrit comme un alignement politique. Il est présenté comme un moyen d’obtenir des résultats concrets. La négociation sur le front sud n’est pas décrite comme une normalisation. Elle est présentée comme un outil pour arrêter la guerre, protéger les civils et récupérer les droits libanais.

Cette distinction sera déterminante dans les prochains jours. Chaque mot employé sur la Syrie peut être lu à travers les clivages historiques libanais. Chaque mot sur Israël peut déclencher des accusations de concession ou d’irréalisme. Le premier ministre tente donc de formuler une ligne qui reste ferme sur le retrait israélien et pragmatique sur les dossiers syriens. L’équilibre reste fragile.

Les résultats attendus en juin

L’échéance la plus proche concerne la Syrie. Le premier rendez-vous du Conseil supérieur de coopération, annoncé pour juin, devra montrer si les engagements pris à Damas se traduisent par des décisions. Les facilités promises sur les personnes et les marchandises seront surveillées par les transporteurs, les commerçants, les agriculteurs et les familles. Le dossier électrique sera suivi par les administrations, les experts et les bailleurs éventuels.

Sur le front sud, le gouvernement attend des progrès plus rapides encore. L’arrêt des hostilités et le retrait israélien ne dépendent pas seulement de Beyrouth. Ils impliquent les médiateurs, Israël, les États-Unis, les Nations unies et les équilibres régionaux. Nawaf Salam affirme que la majorité des Libanais soutient les négociations pour mettre fin à la guerre. Cette affirmation place la diplomatie au centre de la réponse gouvernementale.

Le chef du gouvernement cherche ainsi à lier deux messages. Le Liban veut normaliser ses rapports de voisinage avec la Syrie sur des bases pratiques. Il veut en même temps faire cesser la guerre au Sud et obtenir un retrait israélien encadré. Entre la première réunion prévue en juin avec Damas et les discussions sur la cessation des hostilités, l’exécutif se donne quelques semaines pour transformer les annonces en mesures vérifiables.

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