Les derniers articles

Articles liés

Liban : Israël prépare l’extension terrestre

- Advertisement -

L’armée israélienne prépare, selon une chaîne israélienne, une possible extension de son opération terrestre au Liban, trois jours avant un nouveau round de discussions libano-israéliennes à Washington. Le signal reste militaire, mais il vise aussi la table diplomatique. Aucune décision politique n’a été annoncée publiquement. Les préparatifs décrits doivent, selon les éléments rapportés, permettre au gouvernement israélien de disposer d’une option opérationnelle si les discussions échouent ou si la trêve se dégrade davantage.

Cette séquence intervient alors que le cessez-le-feu, conclu à la mi-avril, continue d’être fragilisé par des frappes, des tirs, des accusations croisées et des bilans humains en hausse. Côté israélien, l’armée accuse le Hezbollah de violations répétées et affirme devoir maintenir une capacité d’action au Sud-Liban. Côté libanais, les autorités dénoncent au contraire les attaques israéliennes, les destructions dans les villages frontaliers et les opérations menées malgré la trêve. Les discussions prévues jeudi et vendredi à Washington se dérouleront donc sous pression directe du terrain.

L’opération terrestre au Liban avant Washington

Selon une chaîne israélienne, l’armée se prépare à élargir son opération terrestre au Liban en raison de ce qu’elle présente comme des violations continues du cessez-le-feu par le Hezbollah. Une source militaire citée dans ce reportage affirme que les unités sur le terrain attendent des instructions politiques et s’y préparent. Le message reste conditionnel. Il ne s’agit pas d’une annonce officielle d’offensive, mais d’une indication sur le niveau de préparation de l’armée israélienne.

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Le reportage précise que certaines actions se déroulent dans des secteurs où l’armée israélienne ne serait pas installée de manière permanente, tout en restant à l’intérieur de la ligne dite jaune. Cette zone correspond, dans le vocabulaire israélien, à un espace opérationnel de sécurité dans le Sud-Liban. La même source indique que trois divisions opèrent actuellement au Liban. Ce chiffre, s’il est confirmé, illustre l’ampleur de la présence militaire israélienne dans une zone où le cessez-le-feu n’a pas ramené de stabilisation durable.

Le calendrier donne à cette information une portée particulière. Le troisième round des pourparlers entre représentants libanais et israéliens doit se tenir les 14 et 15 mai à Washington, sous médiation américaine. Les deux premiers cycles n’ont pas produit d’accord final. Ils ont néanmoins ouvert un canal direct rare entre deux pays officiellement en guerre. L’annonce de préparatifs militaires, même non suivie immédiatement d’une décision, pèse sur l’atmosphère des discussions.

Pour Beyrouth, une extension de l’opération terrestre compliquerait fortement la position de négociation. Le gouvernement libanais réclame un arrêt des hostilités, la fin des frappes, le retrait israélien et le retour des déplacés. Une progression militaire israélienne, ou même sa préparation visible, serait présentée à Beyrouth comme une pression exercée avant les discussions. Pour Israël, le même mouvement peut être présenté comme une réponse aux tirs et comme un moyen d’empêcher le Hezbollah de reprendre position près de la frontière.

Netanyahu place le Hezbollah au centre du dossier

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, de son côté, placé le Hezbollah au cœur de sa lecture de la crise. Dans un entretien accordé à une chaîne américaine, il a affirmé qu’Israël avait détruit plus de 90 % des roquettes et missiles balistiques du mouvement chiite. Il a toutefois reconnu que le Hezbollah conserverait encore des milliers de roquettes et certains missiles balistiques. Ces chiffres, avancés par le chef du gouvernement israélien, ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante.

Benjamin Netanyahu a présenté le Hezbollah comme un instrument de l’Iran et comme un obstacle à toute normalisation avec le Liban. Il a affirmé qu’Israël n’avait pas de différend avec le Liban en tant que pays et qu’il souhaitait la paix avec lui. Mais il a ajouté que cette perspective restait empêchée, selon lui, par la présence du Hezbollah, qu’il accuse de tenir le Liban en otage. Cette formulation s’inscrit dans la ligne israélienne défendue depuis le début des discussions sous médiation américaine.

Le passage le plus sensible de son entretien concerne la manière dont Israël envisage la suite. Le premier ministre israélien a évoqué la possibilité de travailler avec les Libanais, politiquement et militairement, pour faire reculer le Hezbollah. Il a parlé d’une répartition possible des rôles. Une telle formule est explosive au Liban. Elle peut être lue par les adversaires du Hezbollah comme une pression en faveur du monopole de l’État sur les armes. Elle peut aussi être rejetée par une large partie de la classe politique comme une tentative israélienne d’imposer un agenda intérieur.

Le gouvernement libanais avance donc sur une ligne étroite. Il affirme vouloir restaurer l’autorité de l’État et mettre fin à la guerre. Il ne peut toutefois pas apparaître comme partie prenante d’un plan israélien contre une force politique et militaire libanaise, sous peine d’ouvrir une crise interne majeure. Cette difficulté explique les formules prudentes employées par les responsables libanais, qui parlent d’arrêt de la guerre, de retrait israélien, de souveraineté et de retour des déplacés, sans reprendre le vocabulaire israélien sur une opération commune contre le Hezbollah.

Un cessez-le-feu contesté par les faits

Le cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril devait ouvrir une période de désescalade. Sur le terrain, les incidents n’ont jamais cessé. Les autorités libanaises recensent des centaines de raids, de tirs d’artillerie, d’explosions et de violations depuis cette date. Le ministre de l’Information, Paul Morcos, a récemment évoqué au moins 1 744 violations israéliennes du cessez-le-feu entre le 17 avril et le 8 mai, à partir de données officielles. Israël, de son côté, accuse le Hezbollah de tirs, de drones et d’actions militaires dans des secteurs où la trêve devait réduire la confrontation.

Les derniers jours ont encore alourdi le bilan. Des frappes israéliennes ont tué plusieurs personnes au Liban-Sud, dont des civils et des secouristes selon les autorités libanaises. Une frappe sur Saksakiyeh a fait au moins sept morts, dont un enfant, et quinze blessés. L’armée israélienne a affirmé viser des membres du Hezbollah et a annoncé examiner les informations faisant état de victimes civiles. Ces attaques ont renforcé le sentiment, au Liban, que la trêve ne protège pas encore les habitants.

Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué ou laissé entendre des attaques contre des soldats et des équipements israéliens. Des drones, des roquettes et des tirs contre des positions au Sud ou près de la frontière alimentent la thèse israélienne d’une trêve violée par le mouvement chiite. Chaque camp utilise ces incidents pour justifier sa propre posture. Israël parle de riposte et de sécurité. Le Liban parle de violations, de destructions et d’occupation. Le résultat est un cessez-le-feu juridiquement vivant, mais militairement affaibli.

Cette tension pèse directement sur les civils. Les habitants des villages frontaliers ne peuvent pas organiser un retour stable. Les ordres d’évacuation, les bombardements, les destructions de maisons et les opérations de bulldozing maintiennent des familles loin de leurs villages. Les municipalités travaillent avec peu de moyens. Les secouristes interviennent dans des conditions dangereuses. Les écoles, les dispensaires et les routes restent vulnérables. L’annonce de préparatifs israéliens supplémentaires accentue cette incertitude.

La ligne jaune, nouveau marqueur territorial

La mention de la ligne jaune par les médias israéliens mérite attention. Elle renvoie à une réalité de terrain qui se dessine depuis les opérations terrestres israéliennes au Sud-Liban. Cette ligne n’a pas la valeur d’une frontière reconnue par le Liban. Elle correspond plutôt à une zone militaire ou de sécurité définie par Israël pour organiser ses mouvements. Pour les habitants, elle peut produire des effets très concrets : zones interdites, routes coupées, villages partiellement accessibles ou quartiers placés sous menace.

Toute extension d’opération à l’intérieur ou au-delà de cette ligne renforcerait la crainte d’une occupation de fait. Le Liban refuse toute installation durable de forces israéliennes sur son territoire. Le gouvernement réclame un calendrier de retrait. Les responsables libanais insistent aussi sur la nécessité de permettre à l’armée libanaise et aux institutions de l’État de reprendre leur rôle au Sud. Cette revendication est au centre de la position que Beyrouth entend défendre à Washington.

Israël présente cette zone comme un outil de protection de ses localités du nord. Depuis le début de la guerre, les autorités israéliennes affirment vouloir empêcher le Hezbollah de menacer directement la Galilée, de reconstruire ses infrastructures militaires et d’utiliser les villages libanais comme bases d’attaque. Ce raisonnement sécuritaire est rejeté par Beyrouth lorsqu’il se traduit par des frappes, des destructions ou un contrôle territorial. La ligne jaune devient ainsi un point de friction entre logique militaire israélienne et souveraineté libanaise.

Washington face à une séquence à haut risque

Les discussions de Washington doivent permettre de tester la possibilité d’un arrangement plus durable. Les États-Unis cherchent à transformer une trêve fragile en cadre politique et sécuritaire. Le secrétaire d’État américain a récemment jugé qu’un accord entre Israël et le Liban restait possible, tout en présentant le Hezbollah comme le principal obstacle. Cette lecture rejoint largement celle d’Israël, mais elle ne suffit pas à résoudre les contraintes libanaises.

Beyrouth doit obtenir des garanties visibles pour justifier la poursuite des contacts. Un arrêt des frappes, un mécanisme de surveillance, un calendrier de retrait et des assurances sur le retour des déplacés font partie des attentes libanaises. Sans progrès sur ces points, les discussions risquent d’apparaître comme une couverture diplomatique à une situation militaire imposée par Israël. La menace d’une extension terrestre renforce ce risque.

Israël arrive à Washington avec une autre priorité. Son gouvernement veut empêcher le Hezbollah de conserver une capacité militaire significative au sud du Litani et d’agir contre ses soldats ou ses localités frontalières. Les propos de Benjamin Netanyahu montrent que l’objectif israélien dépasse le simple calme à la frontière. Il vise une transformation du rapport de force interne au Liban autour des armes du Hezbollah. C’est précisément le point le plus difficile pour l’État libanais.

La médiation américaine devra donc gérer deux calendriers. Le premier est militaire, avec des unités israéliennes déjà présentes au Liban et des attaques du Hezbollah qui se poursuivent. Le second est politique, avec un gouvernement libanais qui cherche à préserver sa cohésion interne tout en répondant aux exigences internationales sur la souveraineté de l’État. Un faux pas dans l’un de ces deux calendriers peut faire échouer l’autre.

À Beyrouth, cette pression s’ajoute aux démarches conduites par la présidence libanaise auprès des interlocuteurs américains. Le président Joseph Aoun a demandé à Washington de faire pression sur Israël pour appliquer le cessez-le-feu, arrêter les attaques et cesser les destructions dans les villages frontaliers. Cette demande résume la ligne officielle libanaise avant les discussions : obtenir des actes sur le terrain avant toute avancée politique plus large. Elle montre aussi que les contacts diplomatiques se poursuivent pendant que les armées consolident leurs positions.

Le risque d’une escalade calculée

L’information diffusée par la chaîne israélienne peut aussi relever d’une pression avant négociation. En affichant ses préparatifs, l’armée israélienne signale qu’elle dispose d’une option d’escalade. Le message s’adresse au Hezbollah, mais aussi aux autorités libanaises et aux médiateurs américains. Il suggère que l’absence de progrès diplomatique pourrait être suivie d’une décision militaire. Cette mécanique est fréquente dans les séquences de pourparlers menés sous tension.

Mais le risque d’une escalade calculée est qu’elle échappe à ses promoteurs. Une unité qui avance, un drone qui frappe, une roquette qui tue, un ordre d’évacuation mal interprété ou une frappe touchant des civils peuvent suffire à briser le cadre déjà fragile du cessez-le-feu. Dans un territoire dense, marqué par des villages imbriqués, des routes étroites et des déplacements de population, la marge entre pression militaire et embrasement reste faible.

Le Liban aborde donc les discussions de Washington dans une position difficile. Il veut négocier l’arrêt de la guerre, mais il le fait alors que l’armée israélienne prépare une possible expansion de son opération. Il veut défendre la souveraineté de l’État, mais il doit aussi composer avec la présence armée du Hezbollah et les attentes contradictoires de ses partenaires. Il veut permettre le retour des déplacés, mais le terrain reste trop instable pour garantir leur sécurité.

L’évolution des prochaines heures dépendra des ordres donnés par le gouvernement israélien, des attaques du Hezbollah et des messages transmis par Washington. Pour l’instant, la préparation militaire israélienne n’est pas encore une décision d’offensive. Elle devient toutefois un élément central du rapport de force, au moment même où les délégations préparent leur arrivée aux États-Unis.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi