Le 25 janvier 2010, à 00 h 14, peu après minuit, le vol 409 d’Ethiopian Airlines effectuant le vol depuis l’Aéroport International de Beyrouth à destination d’Addis Ababa disparaissait peu de temps après son décollage, avec à son bord 90 personnes, 82 passagers et 8 membres d’équipages.

Parmi les passagers, 51 ressortissants libanais se trouvaient à son bord, 31 éthiopiens, et une française, Marla Sanchez Pietton, l’épouse d’origine cubaine de l’Ambassadeur de France au Liban, Denis Pietton. Elle se rendait alors en Afrique du Sud pour des raisons familiales.

La trajectoire du Vol 409 d'Ethiopian Airlines, le 25 janvier 2010.
La trajectoire du Vol 409 d’Ethiopian Airlines, le 25 janvier 2010.

L’avion, un Boeing 737-8AS immatriculé ET-ANB construit en 2002 pour la compagnie RyanAir et revendue à Ethiopian Airlines en 2009, un an à peine avant l’accident avait décollé dans des conditions difficiles. En effet, une tempête balayait le Liban. Selon les indications des services de l’Aéroport International de Beyrouth, il est monté à 2 700 mètres d’altitude avant de tourner brusquement sur la gauche et de disparaitre.

Et les rumeurs les plus folles se font entendre au Liban

Pour sa part, le Ministre de la Santé d’alors Mohammad Jawad Khalifé estimait que l’aéronef avait explosé peu de temps après avoir pris son envol.

Dès lors, des rumeurs les plus folles circulaient au Liban. Des témoins ont indiqué avoir vu une boule en feu dans le ciel du côté de Naameh, lieu supposé du crash faisant croire peut-être à un attentat ou au tir d’un missile.

Certaines rumeurs indiquaient en effet qu’étaient présents à bord de l’appareil, des responsables du Hezbollah. Ces personnes accusaient alors Israël d’être à l’origine de cet accident. Cette présence sera ensuite démentie, tout comme l’hypothèse d’un acte terroriste.

Peu de temps après l’incident, le Président de la République d’alors, le Général Michel Sleiman et le Ministre de la défense, Elias Murr, estimeront que “le mauvais temps est manifestement la cause du crash”.

Puis cela sera au tour des enquêteurs qui indiqueront qu’aucune trace de substance explosive n’a été retrouvée sur les débris.

Les rumeurs les plus folles également lors de la recherche de l’épave.

Aussitôt alertées, l’Armée Libanaise et la composante maritime de la FINUL tenteront de retrouver des survivants. Une société privée américaine avec son navire Ocean Alert se rendra rapidement également sur les lieux.

Les USA détourneront un de leurs destroyers ainsi qu’un avion de patrouille maritime, tout comme la France et la Grande Bretagne qui participeront aux recherches.

Une nouvelle rumeur naitra alors au Liban, les navires américains ne cherchant pas au bon endroit en dépit de tous les technologies dont ils disposaient – ils affirmaient de leur part que la profondeur du lieu du crash atteignait 1 300 mètres -. Ocean Alert, qui était sur les lieux juste une heure après l’incident, profitait – selon ces mêmes rumeurs, de l’opportunité de ce crash pour tenter de retrouver une autre épave d’avion contenant un trésor.

En effet, depuis 1957, 400 kilos d’or n’ont jamais été retrouvés et reposent au large des côtes libanaises suite au crash d’un Curtiss C-46 d’Air Liban, transportant 27 passagers et 15 caisses de lingots d’or en direction du Koweït. Cet or n’a pas été retrouvé officiellement jusqu’à présent.

Finalement, l’épave ne sera cependant retrouvée que le 6 février 2010 à peine à 100 mètres de profondeur et 1.6 kilomètres des côtes par des plongeurs de l’Armée Libanaise en coopération avec des plongeurs de la Royale Française. Le 7 février, une première boite noire sera repêchée, toujours par des plongeurs de l’Armée Libanaise.

Une erreur humaine à l’origine de la catastrophe

Dès les premières heures qui ont suivi l’accident, les autorités libanaises ont indiqué que l’aéronef n’avait pas suivi les consignes de la tour du contrôle de l’aéroport, se dirigeant vers le coeur de la tempête au lieu de s’en écarter.

L’enquête sera confiée à l’Autorité de l’Aviation Civile Libanaise, en coopération avec le Conseil National de la Sécurité des Transports Américains, du constructeur Boeing et du Bureau d’enquêtes et d’analyses français en raison de la présence de l’épouse de l’Ambassadeur de France.

Parmi les hypothèses alors officiellement envisagées, le mauvais temps, un incident technique comme un incendie d’un réacteur ou encore une erreur humaine

Finalement, les experts conclurent à un incident d’origine humaine: la fatigue du pilote indiquant que, suite à l’étude des boites noires, l’équipage aurait pris de mauvaises décisions qui ont résulté dans la perte de contrôle de l’aéronef. Plus grave encore, le pilote et le copilote ne se seraient pas mutuellement aidés dans la phase de décalage et n’auraient pas contrôlé les actions de leurs vis-à-vis.

Ethiopian Airlines, pour sa part, restera convaincu par l’hypothèse d’un acte terroriste ayant abouti à la destruction de l’aéronef, citant notamment le témoignage de personnes évoquant “une boule de feu dans le ciel”. La compagnie indique que l’enquête n’a, en effet pas été assez concluante dans l’étude de l’origine des passagers et de l’examen de leurs bagages.

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