Alors que 80% des écoles privées catholiques feraient face à d’importantes difficultés économiques qui menacent leurs existences, plusieurs nouvelles circulent sur la fermeture de certains établissements ou le renvoi de personnels.

Autrefois, le secteur éducatif faisait l’objet de la fierté des libanais, qui jurait d’un niveau parmi les meilleurs au Monde. Cependant, cela n’épargnait pas le Liban d’un exil des cerveaux qui partaient ainsi contribuer à des économies étrangères au lieu de participer à l’économie nationale. Aujourd’hui, beaucoup de ces établissements pourraient ne plus ouvrir leurs portes lors de la prochaine rentrée des classes.

Ainsi, même le Lycée franco-libanais de Verdun, dépendant de la Mission Laïque Française, située dans un quartier pourtant huppé de Beyrouth Ouest, a annoncé, cette semaine, le possible renvoi d’une partie du personnel voire même sa fermeture en cas de non-paiement par les parents d’élèves des frais de scolarité suite à une décision judiciaire à leur appel.

Le Collège d’Antoura – l’un des plus anciens établissements d’enseignement au Liban puisque fondé par les pères jésuites avant d’être repris par la congrégation des Lazaristes aurait décidé, pour sa part, de renvoyer le tiers de ses enseignants.

Les difficultés auxquels font face les parents d’élèves ne sont pas sans rappeler les signes avant-coureurs d’une crise qui couve depuis plus longtemps. Souvenons-nous de ce père, Georges Zreik, qui s’était immolé dans le Koura en février 2019.

Même le Pape s’était ému de la situation, indiquant effectuer une donation de 200 000 dollars afin de financer 400 bourses scolaires – des écoles chrétiennes – au Liban.

Les écoles s’étaient pourtant montrées résiliantes face à la crise économique, aux manifestations d’octobre 2019 et même face aux mesures de confinement suite à l’adoption de mesures de mobilisation générale. Nombreux sont les établissements qui ont alors mis en place un système d’enseignement à distance.

Les universités également ravagées par la crise économique

Les établissements d’enseignement supérieurs privés, universités notamment, sont tout autant affectées par la crise. Ainsi, l’American University of Beyrouth (AUB) a lancé un cris d’alarme et a décidé de réduire les salaires de son personnel enseignant. 60% des étudiants du LAU, une université pourtant réputée pour ses filles et ses fils à papa (et maman) seraient actuellement demandeurs de bourses en vue d’achever leurs études, selon des chiffres publiés dès décembre 2019. Face à cette crise, une aide financière a été demandée à leurs anciens mais également à la communauté internationale. L’Ambassade Américaine au Liban aurait répondu positivement à cette appel pour financer les frais d’études.

D’autres universités n’ont pas la chance de trouver de telles parrains. C’est le cas de l’USEK où des professeurs non cadrés seraient actuellement remerciés ou encore du NDU où cette fois-ci des profs cadrés seraient remerciés au bénéfices d’enseignants intermittents considérés comme étant moins coûteux.

Une crise économique qui touche les parents et les enseignants

Depuis quelques années déjà, on assistait à une hausse de la fréquentation des établissements publics et à une diminution de la fréquentation des établissements privés en raison de ces difficultés. Ce n’est aujourd’hui qu’une tendance qui se révèle désormais au grand jour en raison de la détérioration de la situation économique.

Même si, en aval, les indices liés à l’enseignement indiquent que les frais de scolarité n’ont pas trop augmenté en dépit de la dégradation de la Livre Libanaise face au dollar, beaucoup de parents d’élèves sont confrontés à certaines difficultés économiques. Plus de 60% de la population libanaise, voire 75% selon certaines estimations non officielles, vivrait en-dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins de 6 dollars par jour. D’autre part, le chômage atteindrait jusqu’à 40% de la population active.

En amont, cette situation, même si elle impacte les parents qui ne peuvent honorer les frais de scolarité, impacte également le personnel enseignant. 20 000 postes seraient ainsi menacés rien que pour l’enseignement privé catholique, en raison d’une perte de revenus et des dépenses qui augmentent.

Autre problématique liée au paiement des frais de scolarité, tout simplement le contrôle des capitaux. Certains parents d’élèves ne peuvent retirer de leurs banques les frais de scolarité en raison des mesures unilatéralement instaurées par les banques dès novembre 2019.

Coincés, les établissements n’ont plus de choix que de demander le départ d’enseignants ou de sacrifier une partie de leurs salaires afin de diminuer les coûts opérationnels.

Pour l’heure, face à cette crise sans précédente dans ce secteur, seule une aide publique pourrait se révéler possible. Cependant, même les finances de l’état s’effondrent actuellement, un état en peine déjà à assurer un équilibre budgétaire face à un déficit colossal, 92 milliards de dollars et dont les revenus, également, sont durement impactés – comme les parents, les écoles, les universités et les autres entreprises – par la crise économique.

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