Ce n’est pas un suicide c’est un symbole, celui du désespoir général de la population libanaise.

Georges Zreik s’est immolé sur l’autel même de notre Pays en crise, pour qu’on puisse enfin ouvrir les yeux sur la gravité de la situation sociale et économique que traverse notre pays.

Georges Zreik est devenu un symbole d’un peuple qui n’en peut plus. Pauvres ou nouveaux pauvres, même ce qu’on considère comme faisant parti des élites sociales ne peuvent plus payer des scolarités mirobolantes, vivre comme si de rien n’était et garder un standing minimum. À juste titre, les plus démunis le peuvent encore moins.

La vie, ce n’est un show-off sur Instagram ou sur Facebook, c’est surtout la réalité qui est celle aujourd’hui d’une grave crise sociale et économique, celle-là même qui a conduit Georges Zreik sur l’échafaud du désespoir. S’il est mort dans ces circonstances tragiques, c’est qu’on est tous coupable d’avoir accepté d’en être arrivé là.

Comment encore assumer depuis fort longtemps une double facturation aux services essentiels de l’État, simplement pour vivre. Deux factures d’électricité, l’une du moteur, une de ses mafias et l’autre de l’électricité publique, deux factures d’eau en été, l’un d’un distributeur parce que l’État failli à ses devoir. Et que dire du racket quotidien bien organisé aujourd’hui avec des intérêts privés qui continuent à s’enrichir quand le pays s’enfonce: 2 000 faillites, 40% de taux de chômage au sein de la population active, ces chiffres qu’on peut bien donner à froid devraient faire frémir.

Que dire en entendant des médecins, des avocats, des ingénieurs – eux qui appartiennent pourtant soit-disant à des classes aisées – râler parce qu’ils ne peuvent plus assurer les dépenses quotidiennes qui ne sont pas aussi extraordinaires de leurs foyers? Que doit dire un père qui ne peut offrir à sa fille ou à son fils, les études dont lui-même avait pu bénéficier par le passé?

Ils ont le droit de se montrer inquiet quant à un avenir qui s’annonce beaucoup moins radieux que celui auquel ils rêvaient.

Que dire de ces scolarités qui atteignent des sommes records dignes de certains établissements connus dans le monde entier. Il coutera bientôt bien moins cher d’envoyer sa progéniture dans certains pensionnats à l’étranger que simplement de vouloir les garder auprès de soi à Beyrouth?

Que dire de cette classe moyenne qui disparait comme peau de chagrin, poussée vers la pauvreté ou vers l’exil?

Que dire de l’absence de l’ascenseur social ou les compétences sont aujourd’hui beaucoup moins valorisées que la religion ou le clientélisme, que cela soit au sein des entreprises privées et au sein de l’État.

Et que dire enfin des classes encore défavorisées qui ne peuvent plus assumer le fait même de vivre dignement?

Comment avons-nous pu tout simplement accepter de subir cela comme des victimes consentantes qui se satisfassent de maigres miettes?

L’état aussi n’en peut plus, son taux d’endettement le prouve. Il n’a tout simplement plus les moyens de protéger sa population et d’assurer ainsi les besoins les plus nécessaires.

Et à côté de cela des mafias économiques prospèrent, certaines de manière officielle et d’autres de manière très officieuses.

Certains établissements ayant pignon sur rue annoncent cette semaine, des profits mirobolants d’un demi-milliard de dollars de profit chacun, pris sur notre dos via le service de la dette, via cet argent qu’on paye à un État qui ne peut plus protéger son peuple, via les contribuables en fin de compte, à vous, à Georges Zreik et à moi.

Un vol en fin de compte bien légalisé, bien organisé…

Et d’autres moins officiels, via la vente de services normalement essentiels qui devraient être portant fournis par les autorités donc par l’État, et qui profitent également de la mise en place d’un quasi-racket sans que les autorités n’arrivent même à y mettre fin. Des mafias économiques bien plus puissantes que l’État.

Enfin d’autres poursuivent la politique de l’autruche, ne voyant pas la casse sociale et désirent toujours offrir plus d’avantage à des monopoles économiques qui étranglent le peuple. Je ne suis pas un révolutionnaire et il m’en coute de le dire.

Paix à l’âme de Georges, que reste gravé ton sourire dans les yeux de ta fille à qui tu as tant voulu donner … Et nos pensés vont également à ceux qui luttent encore …

1 COMMENTAIRE

  1. Une dictature économique est le besoin de réglementer par tous les services centralisés de l État, les devoirs des citoyens. Avant leurs droits.
    Afin d égaliser et d accorder selon les compétences et le travail, la règle du partage des droits.
    Ainsi, plus le travail profite aux monopoles ou diseurs de grâce plus le privilège de casser l État de droit des élites ou des travailleurs ne cesse de devenir un droit naturel et donc véhiculé par la coutûme.
    Par cette occasion, les monopoles dans l éducation ne cessent de favoriser le schisme social.

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