Il y a des moments où les mots déferlent spontanément.
Et des moments où les mots s’affaiblissent puis s’usent et finissent par s’éteindre.
La douleur t’étreint, la colère t’envahit, puis tombe.
La tristesse t’habite, le froid s’installe, en toi et autour de toi
Un mur s’érige entre toi et les autres et le silence meuble alors ta solitude.
Tu commences à lui confier tes peines, tes tourments et tes frustrations.
Mais le silence ne répond pas.
Tu as mal, tu as peur, tu angoisses, tu pleures.
Tu pries.
Mais le silence devient encore plus grand…

Les mots, petit à petit, quittent tes lèvres pour élire domicile dans tes yeux.
Et quand ta bouche se ferme, ton coeur s’exprime mieux.
Chacune de tes larmes devient une histoire
Et à travers ton regard, le silence commence à traduire ton angoisse.
Un coup d’oeil, un soupir, un regard différent te trahit…

Tes yeux s’illuminent pour exprimer ta joie, s’assombrissent pour décrire ta peine et se vident de tout éclat pour expliquer ta solitude.

Tu as aimé avec ton coeur, tu as aimé avec ton corps.
Tu t’es donnée totalement et à fond.
Tu as offert la vie, tu as offert ta vie.
Les sacrifices, tu ne les as jamais comptabilisés!
Tu n’as jamais rien demandé en retour.

Mais aujourd’hui, la solitude te pèse énormément.
Ce que tu ne réclames pas, tes yeux le crient.
Ceux qui sont loin, te manquent atrocement.
Ceux qui t’entourent ne réalisent pas ta détresse.

Ce n’est pas la distance qui sépare les gens, mais le silence.
Les jours passent, les semaines aussi.
Et dans le silence de ta vie, résignée, tu t’abandonnes.

Il y a des silences qui accusent,
Il y a des silences qui tuent

Nicole Abdul-Massih