22 novembre 1943 – 22 novembre 2012. Beaucoup de choses se sont déroulées en soixante neuf années sur ce petit lopin de terre au creux de la Méditerranée, et ce n’est peut-être pas le moment de tout énumérer.

Aujourd’hui, en plus des jérémiades et plaintes usuelles comme quoi nous célébrons une indépendance qu’on ne vit effectivement pas, sans oublier les souhaits de certains d’être restés sous le mandat français plutôt que d’autres hégémonies puisque dans leurs logiques il y aurait toujours des colons au Liban, les 69 années d’indépendance suscitent des propos pimentés, piochés dans le champs lexical de l’érotisme.

Un peu de grivoiserie dans ce qui est pour beaucoup un vrai bordel ne changerait pas grand chose. Ça change quand même des lamentations sempiternelles. Cependant je ne compte pas en discuter non plus.

Le temps n’est ni aux énumérations, ni aux geignements, ni aux gauloiseries. Il est grand temps de s’élever au dessus de toutes  ces petitesses, et d’avoir foi en ce pays.

Une foi au-delà de toutes les religions et des communautés, et de tous ceux qui se cachent derrière leurs dieux pour créer des dissensions entre les fils et les filles d’une même terre.

Une foi au-dessus de tous les individus corrompus, de tous les égocentriques cupides et des escrocs véreux qui vendent le pays dix mille quatre cent cinquante-deux fois par jour.

Une foi en un pays de 10452 km2, qui existe grâce à tous ceux qui y ont cru et qui se sont sacrifiés sur l’autel des cèdres, et malgré tous les dénis et les illusions auxquelles on nous fait croire.

« Charité bien ordonnée commence par soi-même » dit l’adage. Que chacun commence par y croire lui-même et d’agir selon cette foi en ce pays. Chaque personne compte. Une personne dont l’amour authentique envers le Liban dicte ses paroles et ses actes, est un truand en moins, un fossoyeur en moins qui creuse sa propre tombe, un clou en moins dans le cercueil du pays que tous les états amis ont façonnés pour l’y inhumer.

En cette fête nationale censée réunir tous les Libanais sous un même ciel, autour d’un même drapeau et au milieu d’une seule et unique auguste armée de laquelle nous devons tirer notre force et notre dignité, je me courbe humblement vers cette terre bénie où sommeillent mes ancêtres, des promesses de cèdres et de roses, des cendres de phénix augurant une renaissance sempiternelle, des bases de maisons en pierre de tailles, des reliques narrant notre passé et notre unicité plurielle.

Mon cher et tendre Liban, tu es mon identité même si on s’évertue à étouffer la tienne, tu es mon honneur même si on ne fait que te déshonorer par un défaitisme indigne, tu es ma fierté même si on s’acharne à bafouer la tienne, tu es mon seul amour même si on ne fait que te trahir sans arrêt, tu es mon passé qu’on insiste à effacer, tu es mon présent qu’on s’applique à estomper, tu es mon avenirqu’on s’entête à  abroger. Tu es Tout, parce que tu es au-delà de toutes ces volontés destructrices. Tu es mon Tout et sans Toi je ne suis Rien.

Par une Libanaise fière de l’être
! غصباً عنكم جميعاً ! 

Enfin, je donne la parole à cet Homme qui s’est battu pour son pays et non pour quelqu’un, avec qui je partage la même foi en ce pays malgré toutes les atrocités vécues …

Témoignage d’un officier de l’Armée Libanaise – Ecouter surtout son message patriotique à partir de 3:30 – 3 minutes 30 –

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