Le président de la république, le général Michel Aoun, a invité les ambassadeurs du groupe des amis du Liban à se rendre au Palais Présidentiel de Baabda pour discuter de l’aide possible au Liban face à la crise économique et au coronavirus COVID-19.

Cette réunion s’est déroulée en présence du Premier Ministre Hassan Diab, et de différents autres ministres dont la vice-présidente du Conseil, du ministre des Affaires étrangères, de la santé, des finances, de l’économie et des affaires sociales. Etaient également présents, le coordinateur spécial pour le Liban Jan Kubis et un représentant de la Banque Mondiale.

Sont présent les représentants de l’ONU, de la Chine, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Russie, de l’Angleterre, des Etats-Unis ainsi que de la Ligue Arabe et de l’Union Européenne.

Il s’agira d’aborder la crise économie, les conséquences économique de la pandémie du coronavirus et du confinement mais également de rappeler que la présence des réfugiés syriens – 1 millions officiellement seraient présents sur le sol libanais ainsi que 500 000 réfugiés palestiniens – continue à durement impacter le Pays des Cèdres. Ainsi, face à cela, le Liban a dû se déclarer officiellement en état de défaut de paiement suite à l’échec de pouvoir honorer le paiement de 1.2 milliards de dollars d’eurobonds arrivés à échéance le 9 mars dernier. La seule présence des réfugiés syriens au Liban aurait été estimée à un impact de 25 milliards de dollars pour l’économie libanaise.

Aussi, selon certaines prévisions, entre crise économique et lockdown, le PIB libanais pourrait passer de 55 milliards de dollars toujours officiellement, à 36 milliards de dollars selon certains experts ou 34.4 milliards de dollars selon la Banque d’Affaire Morgan Stanley.

Il est également attendu du premier ministre qu’il puisse évoquer les mesures prises par son gouvernement face à la pandémie causée par le coronavirus COVID-19 et des manières d’en atténuer l’impact économique mais également aborder le dossier de la restructuration de l’économie libanaise et de la dette publique.

Le discours du Président de la République

Allocution de Son Excellence le Président de la République Michel Aoun
en début de session du Groupe International de Soutien au Liban
au Palais présidentiel de Baabda le 6 avril 2020

Excellences, je tiens tout d’abord à vous exprimer ma profonde tristesse et mon regret face aux événements tragiques qui touchent vos peuples dans vos pays respectifs à la suite de la pandémie de Covid-19.

Je vous demande d’observer une minute de silence en mémoire des victimes de cette épidémie, au Liban et dans le monde, et notamment en hommage à l’ambassadrice des Philippines au Liban, Mme Bernardita Catala.

Cher auditoire,

Je souhaite la bienvenue aux ambassadeurs des pays amis qui ont toujours soutenu le Liban au cours des multiples crises qu’il a traversées. Ils ont créé en 2013 un Groupe International de Soutien afin de mobiliser les aides en faveur du Liban et de ses institutions, en particulier avec l’aggravation de la crise des déplacés syriens. Je les remercie pour leurs efforts tout au long de ces années, en souhaitant que cette coopération se poursuive de plus belle.

Lors de la dernière réunion à Paris en décembre 2019, ce Groupe de Soutien a annoncé que la communauté internationale était prête à aider le Liban à surmonter sa crise financière et économique, sous réserve de la mise en place d’un gouvernement efficace et crédible capable de lutter contre la corruption et mettre en œuvre les réformes économiques nécessaires.

Nous avons réussi, au cœur de mouvements populaires de contestation, face à l’escalade de la crise financière, économique et sociale et malgré tous les obstacles politiques, à constituer en début d’année un nouveau gouvernement. Dans sa déclaration ministérielle, il s’est engagé à élaborer un plan d’urgence comprenant une série de réformes permettant de lutter contre la corruption et d’assainir les finances publiques avec des mesures capables de transformer notre économie rentière en économie productive. Dès que ce plan sera mis sur rails, il permettra au Liban de redresser graduellement sa situation.

Cher Auditoire,

Malheureusement, alors que nous nous apprêtions à lancer tout un chantier de réflexions et d’actions pour lutter contre cette crise importante qui bloque le Liban, nous avons été rejoints par la pandémie de Covid-19 qui frappe le monde. L’urgence sanitaire qui a nécessité une mobilisation générale a retardé notre travail et exacerbé les problématiques diverses auxquelles nous sommes confrontés en y ajoutant la crise sanitaire. Pour faire face à toutes ces épreuves et leurs répercussions nous avons aujourd’hui plus que jamais besoin de l’assistance internationale des pays amis du Liban.

Je vais à présent vous présenter les différents secteurs où de grands défis nous attendent, les actions que nous allons effectuer et l’aide que nous recherchons en espérant que vous les prendrez en considération dans votre évaluation de la situation libanaise.

1- La situation économique :

Le Liban souffre d’une crise sans précédent, caractérisée par une forte récession économique, une baisse des importations, une grave pénurie de devises étrangères, des taux de chômage et de pauvreté en forte augmentation, accompagnés d’une baisse du taux de change de la livre libanaise via le marché parallèle, d’une flambée des prix et d’un déficit des finances publiques résultant de la baisse des recettes fiscales.

Pour faire face à toutes ces difficultés, stopper l’épuisement des réserves monétaires étrangères qui ont atteint un niveau extrêmement bas et contenir le déficit budgétaire, l’État libanais a décidé le 7 mars 2020 de suspendre le paiement des obligations euro-bond. Des consultants internationaux, financiers et juridiques, ont été nommés pour conseiller et accompagner les démarches du gouvernement dans ce domaine.

L’État libanais prépare actuellement un plan économique et financier global, dans le cadre d’un programme national en vue de corriger les profonds déséquilibres et remédier aux distorsions résultant de trente ans de mauvaises gestions politiques, économiques et financières. Celles-ci furent précédées, ne l’oublions pas de quinze années de guerres dévastatrices qui ont détruits nos structures économiques, industrielles et surtout nos ressources humaines.

Ce plan est presque terminé en dépit de la situation d’urgence médicale actuelle que nous subissons et sera soumis au Conseil des Ministres pour discussion. Il vise à résoudre les problèmes économiques, financiers et structurels afin de restaurer la confiance dans l’économie, réduire la dette et placer les finances publiques sur une voie juste et durable. Pour cela, il est essentiel de rétablir la confiance dans le secteur bancaire. Des audits financiers et comptables transparents ont été décidés par le Conseil des Ministres afin de révéler et corriger les pertes accumulées par la Banque du Liban. De plus, les prêts à accorder aux secteurs productifs vont être reconsidérés à travers des reformes qui stimulent la croissance et augmentent la productivité pour renforcer la compétitivité de l’économie libanaise. Nous allons corriger la balance des paiements conjointement avec une réforme financière basée sur l’éradication de la corruption, l’amélioration de la conformité fiscale, le contrôle du gaspillage et la bonne gestion du secteur public. Il est à noter que toutes les étapes de ce plan économique visent à épargner les groupes les plus vulnérables et à renforcer le tissu social.

Compte tenu de la gravité de la situation financière actuelle et de ses effets très lourds sur les Libanais, les résidents et les personnes déplacées, notre programme de réforme aura besoin d’un soutien financier extérieur, en particulier de la part des pays amis ainsi que du Groupe International de Soutien au Liban. Nous devons également conforter la balance des paiements et développer des secteurs vitaux comme ceux de l’eau, de l’électricité, des banques et des transports. Pour cela nous comptons énormément sur le financement de 11 milliards de dollars promis par la conférence CEDRE qui seront principalement destinés à des investissements dans les projets d’infrastructure.

2- La situation sociale :

La protection sociale conditionne la sécurité nationale. D’où la nécessité de prendre soin de toutes les composantes du peuple libanais, en particulier les plus démunis qui souffrent d’une pénurie aiguë de ressources vitales. Il est de notre devoir de leur garantir une vie décente en leur fournissant les aides nécessaires sur les plans nutritionnel, médical et financier.

Par conséquent, le Ministère des Affaires Sociales a élaboré un plan d’urgence dans les limites des ressources publiques disponibles afin de faire face aux tragédies qui résultent de la crise dévastatrice actuelle. Ce plan a été élaboré après consultation des Ministères concernés ainsi que de la société civile afin d’adopter des normes de transparence pour assurer une réponse rapide aux besoins des familles libanaises dans le besoin.

3- Le secteur médical :

Le virus Covid-19 s’est transformé en pandémie mondiale, frappant tous les pays, avec un taux croissant de dizaines de milliers de victimes.

En ce qui concerne le Liban, les mesures rapides prises nous ont permis de limiter jusqu’à présent la propagation de l’épidémie. Nous nous efforçons à maintenir le nombre croissant d’infections dans le cadre de notre capacité à l’absorber. De plus, nous essayons de mettre tout en œuvre pour ramener nos enfants expatriés au pays.

Il ne fait aucun doute que l’autosuffisance nationale de soins et de secours en cas de crise sanitaire constitue un des éléments clef de la résilience des États face à de telles crises. J’entends par là la disponibilité d’équipes médicales, de soins et de secours ainsi que de matériels et de protection : blouses, masques, gants, stérilisateurs… Sans oublier les médicaments adéquats.

La compétence humaine au Liban est disponible, elle a toute notre gratitude et nos remerciements. En ce qui concerne l’équipement médical et les médicaments, l’industrie nationale a tenté de combler certaines lacunes, et ici je salue la jeunesse libanaise qui a prouvé une fois de plus son talent et son potentiel d’innovation en mettant au point en temps d’épreuve ce dont nous avions désespérément besoin.

Malgré cela, nous restons en grande partie tributaires de l’importation avec les importants financements urgents exigés.

4 – La crise des déplacés syriens :

Cette crise pèse depuis des années sur la réalité économique et sociale libanaise, et aujourd’hui plus que jamais ! À plusieurs reprises je me suis adressé à la Communauté Internationale, expliquant ses répercussions négatives sur le Liban et appelant à assurer le retour des déplacés en toute sécurité dans leur pays. Aujourd’hui encore, je renouvelle mon appel vue la situation économique catastrophique que traverse le Liban.

Face au danger imminent de propagation du Covid-19 qui est aux portes des camps de déplacés mais aussi des réfugiés, le Liban, se tourne à nouveau vers la Communauté internationale pour lui rappeler ses responsabilités face à cette crise humanitaire. Nous appelons les organisations, agences et programmes des Nations Unies à assurer la prise en charge médicale au sein de ces camps en apportant à la population l’assistance nécessaire dont elle a besoin et ce à travers le plan établi par l’État libanais et non indépendamment.

Excellences,

Il y a quelques jours, le Secrétaire général de l’ONU a qualifié la pandémie de Covid-19 comme étant la pire crise mondiale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La crise des réfugiés syriens fut précédemment décrite comme étant la pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd’hui, le Liban réunit donc sur ses terres les deux fardeaux les plus lourds qui ont jamais frappé le monde depuis soixante-quinze ans. Si la pandémie de Covid-19 est une grave catastrophe qui touche tous les pays du monde et nous en faisons partie, la crise des déplacés syriens pèse totalement sur le Liban avec un coût qui a dépassé les 25 milliards de dollars selon des institutions internationales. Et malheureusement, aucune solution n’est prévue à l’horizon.

Excellences
Cher auditoire,

Le monde après le Covid 19 ne sera plus le même qu’avant. Ce sera un monde pétri par les souffrances humaines et épuisé par les difficultés économiques. Allons-nous assister à la survie du capitalisme sauvage où règne la devise “Je suis fort alors j’ai raison”, ou bien la douleur transformera notre monde pour lui redonner un visage humain et solidaire ?

Tout notre espoir est que l’humanité triomphe.

Je vous remercie pour votre écoute

Discours du Premier Ministre Hassan Diab

C’est également un plaisir de vous accueillir aujourd’hui au Palais de la République. Au cours des 54 derniers jours, mon gouvernement a lancé un vaste projet de politiques et de procédures pour faire face à de nombreuses crises. En fait, nous avons la grande tâche de faire face à l’héritage du passé qui a conduit à:

La crise économique actuelle avec une crise de la croissance et de l’emploi ;
Une crise financière accompagnée d’un déficit important d’ordre financier et des comptes courants ;
L’augmentation sensible du volume de la dette publique et privée ;
Une crise monétaire qui a restreint considérablement l’accès des dépositaires à leur argent

À cause de cette crise massive, les libanais sont descendus dans la rue en octobre 2019, pour demander la fin de la corruption, de la mauvaise gestion et de l’absence de transparence. J’ai déclaré dès le premier jour que j’ai entendu leurs plaintes et que j’agirais sur cette base. Comme si la situation n’était même pas si complexe, la pandémie Covid-19 est venue nous faire peser en plus des problèmes financiers, économiques, des problèmes sociaux et sanitaires.

Monsieur le président, votre excellence, mesdames et messieurs,

Les défis immenses auxquels nous sommes confrontés ne décourageront jamais la volonté de mon gouvernement d’évaluer la situation et d’agir résolument pour assurer progressivement un avenir brillant au peuple libanais, d’autant plus qu’il va certainement des moments très difficiles à mettre en œuvre des réformes appropriées. Avec l’aide d’experts, mon gouvernement finalise un plan qui traite des réformes économiques, financières, monétaires, sociales et de gouvernance dont nous avons le plus besoin. Nous savons quoi faire et nous avons la volonté de faire. Mais il est inacceptable de causer des difficultés aux libanais sans leur donner les meilleurs choix pour un redressement économique rapide et la possibilité de récupérer au moins une grande partie de leurs pertes. Il est injuste de voir notre peuple souffrir sans avoir un programme sérieux qui donne de l’espoir, les mauvais responsables et s’efforce de récupérer les biens et l’argent pillés.

Au cours de ces 54 jours, mon gouvernement a été obligé de prendre la décision historique difficile de suspendre le paiement des obligations eurobond après des évaluations longues et complexes des différentes options. Je suis un peu heureux que nous nous sommes mis sur le chemin des négociations de bonne foi et que vous ayez tous exprimé votre soutien à cette étape sage. Après ce mouvement important, nous avons choisi nos consultants financiers et juridiques et nous avons commencé à travailler heures sur plusieurs fronts. Mon gouvernement a également passé des heures à envisager un grand nombre d’options pour sortir des crises le plus rapidement et équité possible. Nous avons conclu que le Liban a besoin de restructurer sa dette en dollars et lires libanais afin d’atteindre un taux de dette durable pour le PIB au cours des années à venir, avec tout l’appui financier extérieur ainsi que les fonds des engagements de sider. Nous nous engageons également à mettre en œuvre un programme complet pour renforcer la restructuration du secteur bancaire et le budget de la banque centrale,. Le résumé repose sur l’analyse approfondie de mon gouvernement et le groupe de conseillers et d’experts concernant les pertes accumulées dans le système au fil des ans. Permettez-moi également d’appeler votre attention sur le fait que le président agent et mon gouvernement ont décidé d’effectuer un contrôle des comptes de la banque centrale pour tenir notre promesse de transparence et de renforcer notre position de négociation en cette période difficile de l’histoire du Liban.

Mon gouvernement s’est également associé avec des institutions internationales et a mobilisé leur soutien pour faire face aux différentes crises. Dans ce contexte, nous avons créé des équipes conjointes avec la banque mondiale pour évaluer la situation monétaire et financière, sans parler des questions sociales, fiscales et économiques. Je saisis cette occasion pour remercier l’équipe de la banque mondiale pour son plein temps et sa volonté d’aider. En ce qui concerne le FMI, nous avons reçu une mission avec laquelle nous avons entamé un dialogue constructif, suivie de questions bien ciblées concernant l’appui technique, y compris les mécanismes de limitation des retraits (capital control), après mes entretiens avec la directrice exécutive georgie Eva En conséquence, nous allons bientôt demander à nos homologues multilatéraux d’exprimer leurs vues sur le plan libanais afin de combler le fossé entre nos positions. À son tour, le ministère des finances s’adresse régulièrement à nos partenaires multilatéraux et bilatéraux pour les informer des sujets de l’heure et écouter leurs commentaires.

Mesdames et messieurs, mesdames et messieurs,
Le plan de mon gouvernement sera bientôt disponible, et aujourd’hui nous mettrons la dernière main dessus. Nous avons travaillé sans relâche pour trouver un juste équilibre entre ce qui est juste et humain pour notre peuple et ce qui est acceptable dans le cadre de la communauté internationale. Il ne fait aucun doute que vous êtes intéressés par le Liban et le Liban ont besoin de votre soutien, d’autant plus que nous avons un énorme fossé à combler. Nous sommes déterminés à combler le maximum par notre programme de réforme et par la restitution des avoirs acquis illégalement. Nous espérons que vous nous soutiendrons en conséquence avec un financement extérieur adéquat malgré les conditions internationales extrêmement difficiles. Nous avons fait des progrès considérables pour convaincre notre peuple qu’il faut faire des choix difficiles dans tous les domaines, et il est juste d’espérer en retour votre soutien dans la réflexion hors des limites familière afin de trouver des moyens de soulager les difficultés d’un peuple qui souffre depuis près d’un demi-siècle. Oh, mon Dieu !

Pour terminer, je voudrais insister sur le fait que notre gouvernement traitera avec le peuple libanais et avec vous avec la plus grande transparence. Nous avons déjà montré un haut niveau de sérieux et de clarté dans l’évaluation de notre situation, comme l’a montré clairement lors de la conférence des investisseurs du ministère de l’argent, qui nous avons reçu des échos très positifs, essentiellement en termes de précision du diagnostic. Dans notre légitimité, nous continuerons de dire la vérité aux libanais et nous compterons sur leur soutien malgré la période difficile qui nous attend. Nous compterons également sur votre capacité de mobiliser notre soutien dans les conseils institutionnels en matière d’allocation de ressources financières et d’appuyer notre quête de recouvrement des avoirs libanais, et nous attendons avec intérêt vos réactions positives tout au long du processus de réforme afin de rétablir la croissance durable et la prospérité du Liban dans un contexte Stable et dès que possible. Sur L’ensemble des réformes engagées par mon gouvernement au cours des 57 premiers jours, 57 % sont aujourd’hui prêts à voter à la chambre des représentants.

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