Ci-dessous, la plainte de la mère de Miss Liban-Maroc adressée au Président de la République, suite à leur interdiction de vol à l’aéroport de Beyrouth par des agents de sécurité:

« Monsieur le Président de la République libanaise

Par lettre publique, je vous écris et vous demande :

Qui nous protège face à l’abus du pouvoir des ces hommes en uniformes ?

Citoyenne française d’origine libanaise, j’ai été victime avec ma fille française, d’un abus de Pouvoir, Le 11 août, à l’aéroport de Beyrouth International. Ma fille de 18 ans venait de passer un séjour organisé par l’Union Libanaise culturelle Mondiale (ULCM) et la municipalité de Dhour el Choueir sous le patronage du ministre du Tourisme. Elle faisait partie des 16 miss émigrées qui ont participé aux élections de Miss Lebanon Emigrant 2013.

Dans la salle d’attente destinée à l’embarquement, un des voyageurs demande aux agents, de laisser passer les familles avec enfants en priorité. Pensant qu’ils n’avaient pas entendu, je me déplace au comptoir de ces deux agents et je leur demande s’il est possible de laisser passer les familles avec enfants comme le demande le monsieur derrière moi car il y a des enfants en bas âge. Quelle fut ma surprise d’entendre le refus de l’un des ces agents sur un ton odieux, comme si son égo ne lui permettait pas de recevoir une telle demande. Le conflit monte avec le  monsieur qui a déjà fait la remarque en premier. Des cris et des échanges … puis la menace de nous empêcher de monter dans l’avion tombe … La haine s’envenime. Un agent de la sécurité intervient, nous prend nos papiers à ma fille et moi. Furieuse, je lui rappelle qu’on est citoyennes françaises. Il me dit : « Je m’en fous de ta nationalité française tu es pour moi libanaise et je fais ce que je veux ! ».

J’ai demandé l’assistance de l’ambassade de France comme la législation le prévoit. Hélas, vos hommes en uniformes m’ont refusé le recours à ma citoyenneté française. J’ai demandé de faire intervenir le palais présidentiel. Pour moi, et en cas de danger, il était évident que je fasse recours à l’autorité suprême du pays, l’ambassade de France ou le palais présidentiel. Ma fille était venue au Liban pour participer à un événement organisé sous votre patronage.

Un autre agent intervient alors et donne l’ordre de nous bloquer la porte à l’embarquement. Me séparant de ma fille, Il m’emmène comme un voyou, une criminelle contre qui il y a un mandat d’arrêt,  pour enquête sous prétexte qu’il y a une plainte déposée contre moi. Je demande de voir cette plainte… et lui rappelle mes droits en tant que citoyenne française, il insiste et me dit : « On s’en fiche de ta nationalité française ici chez nous on fait ce qu’on veut avec les Libanais. Nous sommes la loi». Je lui demande alors, s’il y a plainte contre moi, pourquoi empêcher ma fille de partir lui confisquant ainsi son boarding pass. Ma fille leur présente sa carte de résidence diplomatique au Maroc. La laisser partir était une obligation que les agents ont refusée.

Dans la salle d’enquête, les trois personnes responsables du conflit étaient écoutées comme témoins. L’enquête commence sans que je puisse entendre ce que les autres ont déclaré, sans que je puisse avoir le droit de regard sur cette plainte déposée contre moi. Les trois personnes en question discutaient entre eux, se mettaient d’accord sur ce qu’ils voulaient dire. Je réalise alors que l’affaire a été montée, un mensonge grave à mon encontre. Je n’avais le droit à rien… Après avoir noté ma déposition, il ne me lit pas non plus ce qu’il a écrit. Je signe sans que je sache exactement ce qu’il a noté. Au bout de 3 heures mon mari, diplomate à l’ambassade de France de Rabat appelle l’aéroport et demande aux agents de me libérer. Ce fut sans succès. Plus tard, un téléphone résonne dans la pièce où j’étais,  suivie d’un autre 15 minutes, le ton change, on devient plus humain. On me dit qu’on attend la réponse du mudda3i am… Je suis libérée au bout de 4h30, il n’y a rien à retenir contre moi. Mais on me demande un « sanad » pour ne plus porter plainte contre les trois agents… Dans ce cas, pourquoi c’est à moi de signer un tel document si initialement il y avait une plainte contre moi ? Où est cette plainte qui a été déposée et qui a fait l’objet de mon arrêt m’interdisant le vol à ma fille et à moi-même ?

Je découvre à l’étage des départs, ma fille dans un état de choc, en pleurs. L’un des responsables de nous confirme qu’on doit repayer à nouveau les billets, alors que l’enquêteur m’avait dit qu’on allait nous remettre dans un autre avion. J’apprends aussi que j’ai été libéré grâce à d’un député et le consulat de France à Beyrouth (les deux consulats de France à Rabat et à Beyrouth ont été dérangé à 2h du matin).

Le lendemain, je découvre qu’il n’y avait aucune plainte déposée contre moi permettant à l’agent en chemise rouge de m’arrêter et de m’interdire le vol. Une affaire montée entre agents pour m’impressionner et m’humilier car j’ai osé demander publiquement de laisser passer les familles avec enfants en premier…

Traumatisme, préjudice et humiliation subis avec des frais supplémentaires pour le rachat de deux nouveaux billets.

Ya Fakhamat al-ra’is, En tant qu’émigrée d’origine libanaise, je vous demande publiquement : Quelle est la juridiction de l’Etat libanais face à ces émigrées de double nationalité ? Quels sont nos droits à nous les émigrés portant la double nationalité ? Qui nous protège face à l’abus du Pouvoir de vos hommes en uniformes ? Pourquoi ma fille française, majeure a été interdite de vol, lui confisquant son billet d’avion ?

Je sais malheureusement, que vos hommes en uniforme usent et abusent de leur pouvoir… Les témoignages similaires sur les réseaux sociaux prouvent que ce qu’il m’est arrivé est fréquent à l’aéroport international de Beyrouth…

Je vous demande des explications… et vous laisse maître de la conclusion … »

Par Jinane Chaker Sultani Milelli

 

19 COMMENTAIRES

  1. Dans votre malchance, vous avez tout de même eues de la chance… D’avoir de bons contacts diplômatiques de haut niveau.

    Tout le monde n’a pas cette chance, et de ces histoires l’aéroport du Liban en fait foison quotidiennement. Elles sont étouffées tous les jours et toutes les nuits dans la douleur, la honte, et les menaces, contre toutes sortes de faveurs et désirs des différents agents.

    Ces derniers se comportent exactement comme si l’occupation syrienne du pays était toujours d’actualité. Comme une serpilière, même sèche, sent encore la pisse…

  2. Je n’ai qu’une seule chose a vs dire Me. Milelli, au Liban ils faut leur manger la tete a ces hommes en uniformes. Sinon, il prendront avantage de vous juste pour vous faire payer quelque sous.

    Je suis desole pour cet accident, mais a mon avis la prochaine fois que vous etes au Liban, agissez comme si vous etes proprietaire du pays.

    C’est ce que j’ai appris durant les deux annees vecues au Liban.

  3. Heureux de vous savoir hors de danger Mme Jihane, suite à ce cauchemard que vous avez vécu votre fille et vous, en vous rappelant que je suis le père de famille qui avait subi le même sort que vous en compagnie de mes deux filles mineures. Nous étions sur le même vol et avions été interdits de vol au même titre que vous et pour les mêmes raisons.
    L’abus de pouvoir est une particularité propre à notre peuple. Quand un simple emloyé dans une compagnie aérienne qui se prend lui même pour un haut responsable peut se permettre de vous insulter en public comme une malpropre, alors que vous étiez dans votre droit de plaider une cause universellement reconnue,à quoi pouvons nous nous attendre? Nos chers concitoyens et j’entend par là les employés de l’Aéroport, qui se permettaient non seulement de privilégier des refoulées de petites vertue (et je n’ai pas eu honte de le dire, ce qui nous a valu mes filles mineures YARA et ELISSA et moi, cette sanction douloureuse et abusive) puisque la priorité d’accés à bord à bel et bien été accordée à ces personnes par des employés sans vergogne qui se permettaient durant l’exercice de leur fonction d’afficher à l’égard de ces personnes une complicité plus que douteuse (plaisanteries, échange de coordonnées,…). Un tel comportement ne pouvait que m’induire encore plus en erreur car j’étais convaincu de la complicité entre les employés et les refoulées.
    Nous avons nous aussi, par abus, perdus nos billets d’avion. Aprés avoir passé les deux tiers de ma vie entre la France et le Maroc, je me vois contraint de revoir mes principes quant à mon attachement sans faille à mon peuple, et avec beaucoup d’amertume.
    Je suis à votre disposition pour tout témoignage qui pourrait appuyer votre plainte.
    Mon Liban à moi, fait partie du passé, celui que j’ai connu est loin derrière moi………….

    Je vous soutien dans votre action et pour votre franc parlé.

    Cordialement

      • malheureusement pour nous libanais ,notre ego nous permet de croire qu on peut tout braver .nous n avons pas de respect pour ses hommes en uniforme qui malgre tout represente le pouvoir et l etat et ns leur devons respect.A votre recit je vs repond par une question si vous etiez en france dont vous detenez le passeport .Est ce que vs auriez oser intervenir et si oui, vous nauriez pas eu une meilleur ! .vous auriez ete remise a votre place aussi .
        desolee pour vour vous pour cet incident .mais je pense que vous le meritez bien. et sachez qu au liban meme si vous detenez le passeport francais vous devez le respect pour le liban.et celui qui ne le respecte n est pas le bienvenue…..

        • Je dois le respect à tout le monde et je n’ai pas besoin de le justifier, mes écrits publics le démontre déjà assez.
          En France, où je vis depuis plus de 30 ans, je n’ai pas besoin de demander aux agents de l’aéroport de laisser passer les familles en premier, c’est une chose de fait.
          Quant au respect de l’uniforme, sachez que c’est moi qui ai été insulté.
          Quant à ma fille française, victime aussi, elle n’avait rien dit et pourtant elle s’est trouvée privée du voyage ainsi qu’un père de famille avec deux filles mineures.
          Je vous demande un peu de reconnaitre que ces abus existent bel et bien sans pour autant.
          Les probèmes n’arrivent pas qu’aux autres… et l’abus doit avoir ses limites… Quant on arrete quelqu’un et on le prive du voyage puis on le relache au bout de 4h30 sans rien retenir contre lui, c’est bien de l’abus.

  4. Ceci est probablement l’article le plus ridicule qu’il m’ait été donné de lire.

    Absence évidente de preuves sur les propos avancés, partialité de l’auteur de cette lettre (il aurait fallu recueillir le témoignage des individus mis en cause) et, accessoirement, maladresses typographiques mais surtout énorme hypocrisie de la part de ces libanais(es) immigré(e)s brandissant leur passeport étranger (et leurs paires de lunettes Chanel/Versace/Gucci plus grosses que leur visage) comme un signe de supériorité (un passeport n’est pas un passe-droit), leurs filles soi-disant miss, leurs époux soi-disant diplomates et je ne sais quelle autre manifestation de leur grandeur inégalée.
    Madame, vos sautes d’humeur ne sont en rien une affaire d’Etat méritant l’attention du Président. La prochaine fois qu’un agent de sécurité vous répondra par la négative, tournez les talons et faites preuve de retenue. Il y a mieux à faire que d’exploiter un incident banal pour se faire un nom.

    • Cher Monsieur,
      les faits sont bien précis. l’annulation du vol au moment de l’embarquement n’est pas un fait banal quand le lendemain vous etes obligés de payer deux billets d’avion au tarif le plus élevé et surtout votre enfant qui ne connait pas le pays ni sa langue se trouve séparé de vous durant 4h30 ne sachant pas où aller…
      Quand on commence à banaliser ce genre de fait, on tolère l’intolérable.
      L’aéroport international a ses règles…
      Une lettre détaillée a été envoyé au Président avant publication de l’article.
      Je mets à votre disposition tout autre renseignement que vous jugerez utile.
      Il n’y a aucune hypocrisie de ma part pour brandir le passeport français. tout simplement je l’ai utilisé depuis des années car mes enfants français en bas âge y figuraient.

      Quant aux maladresses typographiques sont en cours de corrections.
      Mes excuses si cet article vous a paru ridicule, le plus ridicule dans cela c’est que certaines personnes n’arrivent plus à croire que ce genre d’abus existe bel et bien.

    • Mr. L’observateur amusé.. tu excites ma pitié.. à c qu’il parait tu as « des complexes dìnferiorité »..à non plus finir.. ignorant comme tu le montres d’ailleurs.. tu dois a ces braves immigrés une gratitude enorme… car ces immigrés font de leur mieux pour sauver le Liban et le remettre sur la carte des pays civilisés.. helas avec une mentalité comme la tienne.. ca prendra du temps.. mais on finira par nettoyer tes semblables..

  5. بعد قراءتي لمقالك اعتذر منك سيدة جنان كوني مواطنة لبنانية قبل ان اكون صحافية في لبنان لا قيمة للأنسان بعد اليوم فالإنسانية مفقودة من يتسلم زمام الأمور في لبنان، بلد نعيش فيه ضمن دويلات ملتزمة أجندات اجنبية يعملون على تنفيذها ،لبنان اصبح ساحة مشتعلة على غرار الساحات العربية التي تشتعل فيها يالسعرات الحرارية وذلك حسب توجهات الكبار في ادارة الازمات ،لبنان يا سيدت يفتقد لرجال ونساء قلبهما كبير ويتمتّعان بالجرأة يتمّ

    • Merci chère Raymonda…
      Merci pour ce que tu fais et tout ce que tu écris…
      espérons le meilleur pour le pays.
      Mais si chaque libanais fait face à l’abus, cri sa haine fort contre ce qu’on lui impose, peut-être un jour le pays se relèvera…

  6. Comme je vous comprends dans votre frustration ! Étant émigrante et ayant à faire souvent le voyage au Liban pour m’occuper de mes parents malades et vieillissants, je fais toujours de mon mieux pour garder un profil bas tant bien que mal pour ne pas subir justement ce genre d’humiliation 🙁 C’est triste et dramatique d’avoir à étouffer ses sentiments et à maitriser ses actions ou son intervention dans certaines situations présentes devant soi, mais malheureusement c’est devenu le pays de  »kil min ido eloh » et ma vie et ma sécurité passe avant tout… D’où mon départ de ce pays-épave que personne ne cherche plus à sauver 🙁 Toutefois mon cœur restera toujours aussi déchiré devant ces situations-là

    • Cher Monsieur Tueni,

      Je vous remercie de m’avoir laissé votre témoignage…
      ce pays qui est le nôtre nous aussi émigrés, on sent l’obligation de le préserver en notre mémoire intact. La nostalgie nous rappelle les beaux moments d’antan et quand on arrive au pays, l’image nostalgique se heurte avec le déclin du civisme… Hélas…
      Les libanais sont-ils aujourd’hui si épuisé que le laisser-aller et l’abus a envahit tant le pays ?

  7. C’est une honte et le meilleur moyen d’en finire avec ce qui reste de notre tourisme et le retour de nos emigres.
    Ce sont malheureusement des abus qui arrivent tous les jours a l’aeroport de Beyrouth ou la situation es devenue intolerable (Proprete, securite, … sans parler du respect de l’etre humain.
    Je suis sur – du moins J’espere – que notre president repodra a cette dame

    • Chère EF
      Merci de votre témooignage…
      Hélas … l’aéroport est la dernière image qui accompagne l’émigré…
      comme si c’est le seuil de la maison qu’on quitte…
      cette fois-ci la douleur fut très blessante

  8. lorsque les vilains et le chaos gouvernent.. c c q arrive.. personellement j’ai eu un incident à l’airport de beirut.. causé par deux fonctionnaires de la MEA..qui pensait q tt lr etait permis..j’ai guelé aussi haut q’eux.. et attiré les passagers autour de moi.. apres une discussion qui aurait pu mal finir ils ont cedé..et jài eu mes droits..l’ironie c q ils me disaient tt l temps.. tu ne sais pas a qui tu as a faire..?..
    chere Madame.. en ruminant cet incident.. tes souffrances et indignations vont s’accroitre aussi… essaye d’oublier pour ne pas finir avec un ulcer..la samahallah..
    Mes respects..c toi qui a gagné..

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