Après la décision de la Banque du Liban d’imposer un taux de change maximum à 30% de la parité officielle, soit un peu moins de 2000 LL/USD environ, les bureaux de change ont décidé de ne plus vendre les dollars depuis ce weekend, augmentant la pression sur les marchés parallèles.

Cette situation pourrait rapidement amener à de nombreuses pénuries de marchandises sur le marché local et donc à des difficultés d’approvisionnement pour la population libanaise.

Pour rappel, la crise financière s’était révélée au grand jour suite à la pénurie de dollars auprès des établissements monétaires. Ainsi, les propriétaires de stations essence, de minoteries et les importateurs de médicaments étaient obligés de recourir aux services de changeurs pour obtenir les fameux billets verts nécessaires à l’achat de ces produits de première nécessité à des taux plus élevés que le taux officiel, qui reste, pour l’heure toujours arbitrairement fixé à 1500 LL/USD. La crise s’est ensuite étendue aux simples déposants, avec l’instauration d’un contrôle des capitaux par les établissements bancaires, ne permettant de ne retirer que 1000 USD par semaine, généralement 300 USD dans les faits, dans un premier temps, puis actuellement 600 USD par mois, soit 300 USD toutes les 2 semaines généralement.

La semaine dernière, la Banque du Liban a fait publier une circulaire très controversée, la circulaire 546 régulant le marché de change parallèle au marché officiel où la Livre Libanaise s’était effondrée, jusqu’à atteindre 2715 LL/USD selon les derniers chiffres disponibles selon le site Lebaneselira.org. Les agents de change estiment ainsi que cette décision régissant leurs corps de métier sort en dehors des prérogatives de la BDL, puisqu’ils sont soumis à l’offre et à la demande du marché et non à cette autorité. De plus, vendre à moins de 2 000 LL/USD constituerait une perte financière pour eux, alors que les études d’économétrie estiment à 3 000 LL/USD, la parité réelle de la monnaie locale face au dollar.

Il ne s’agit pas de la première fois que la Banque du Liban tente de réguler la parité entre la livre libanaise et le dollar, alors que sa politique de peg institué, il y a 25 ans reste très controversée.
Déjà début janvier, le syndicat des agents de change au Liban avait tenté de d’imposer un taux de change unique à ses membres, à 2 000 LL par dollar, alors que le taux officiel était toujours fixé à 1 507.5 LL par dollar selon la Banque du Liban (BDL), à l’issue d’une réunion au siège de la Banque Centrale, où était présent, outre le gouverneur et les membres de ce syndicat, le procureur financier, Ali Ibrahim. Une dizaine de changeurs ont été ensuite même arrêtés pour violation “des lois sur les échanges financiers”.

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