Bahjat Rizk en compagnie de Serge Akl, directeur de l’office du tourisme libanais a Paris, tous 2 récipiendaires d’un trophée « pour leurs contributions au rayonnement de la diaspora libanaise en France ».

Après de longues années au service de la culture libanaise à l’Unesco et en France, à travers les institutions et surtout les associations, je suis heureux de participer à cette seconde édition des journées du Liban à Paris, pilotée par l’Union libanaise culturelle mondiale (ULCM –France) et un collectif d’associations Franco-Libanaises que je remercie du fond du cœur.

Je tiens à saluer particulièrement madame Artémis Keyrouz et monsieur Edmond Massih, initiateurs depuis l’année passée de ce beau projet collectif pionnier, appelé je l’espère, avec le soutien de monsieur Christophe Girard, à devenir une tradition conviviale annuelle.

Certes il y a la richesse du programme qui couvre différentes activités et permet au public de découvrir et de participer de manière festive, cognitive et variée.

Il y a également l’amitié fructueuse Franco-Libanaise, que nous aimons sans cesse célébrer et que nous ne nous lassons pas, de servir et de promouvoir.

Il y a surtout la rencontre, entre deux idéaux universels dont notre planète mondialisée aujourd’hui, a urgemment besoin, celui de la France des droits de l’Homme et du citoyen et celui du Liban de la diversité et du dialogue des cultures et des religions.

Ces deux messages, doivent être entendus et associés, pour créer un univers, où tout en aménageant certains aspects de nos différences culturelles, pouvoir les inscrire, dans une appartenance collective loyale, solidaire et fondamentale. Ces deux logiques qui paraissent contradictoires, peuvent se combiner et se rejoindre, dans la recherche d’un modèle, où les différences culturelles doivent être perçues, comme une valeur ajoutée, appartenant à toute la collectivité nationale et non instrumentalisées, à des fins sectaires.
L’expérience libanaise toujours vivante et dynamique prouve, un siècle après la déclaration du Grand Liban (1920), plusieurs siècles de vie commune et de multiples épreuves traversées, que des cultures religieuses différentes peuvent, durablement coexister dans un même espace, dans le respect mutuel et l’échange continu, en se forgeant une culture commune solide, à travers d’autres paramètres identitaires, tels que la langue et le mode de vie.

L’expérience française, novatrice et proprement révolutionnaire prouve, depuis plus de deux siècles (1789), une longue histoire millénaire et également beaucoup d’épreuves, que quels que soient les apports culturels et les origines, la possibilité de se retrouver autour de valeurs communes (Liberté-Egalité-Fraternité), qui place les droits de l’individu, au cœur de la société. Ces deux modèles sont à réfléchir dans la mondialisation. Leurs dérives abusives peuvent être rédhibitoires : des communautés on peut facilement passer au communautarisme et de l’individu on peut rapidement échouer dans l’individualisme. Il s’agit de prendre conscience, que tout idéal transcendant peut, s’il est manipulé, se transformer, en idéologie d’exclusion. C’est l’enjeu de nos sociétés plurielles aujourd’hui.

C’est en réalisant que le processus d’identification combine, plusieurs paramètres anthropologiques structurants, qui ne doivent pas devenir discriminatoires, que nous pourrons participer à l’édification, d’une société cohérente, démocratique, juste et unitaire.

Les journées culturelles du Liban en France sont des moments de partage et de réflexion, qui essaient de créer une synergie positive, entre deux impératifs majeurs, propres à tout mouvement humain : celui de la diversité et celui de l’unité.

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