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Israël détruit des écoles à Bint Jbeil

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Une forte explosion a secoué Bint Jbeil vendredi 17 juillet 2026. Les premières informations ont été relayées par l’agence de presse publique libanaise. Elles attribuent la déflagration à une opération israélienne contre le complexe des écoles Al-Mahdi, dans le secteur de Saf al-Hawa. Les bâtiments ont été visés dans une ville déjà profondément transformée par des mois de combats, de bombardements et de démolitions. L’épisode marque une nouvelle étape dans la destruction des écoles de Bint Jbeil. Aucun bilan humain n’avait été annoncé au moment des premiers signalements. L’accès au site restait toutefois limité. Une évaluation indépendante immédiate des dégâts et de l’état des équipements scolaires demeurait donc impossible.

Cette nouvelle destruction relance au Liban la dénonciation des attaques contre les infrastructures civiles. Elle ne constitue pas un épisode isolé. Le 28 avril, les forces israéliennes avaient déjà fait sauter deux établissements. Il s’agissait de l’école professionnelle de Bint Jbeil et de l’Institut supérieur d’enseignement professionnel, construits côte à côte dans les années 1960. Le ministère libanais de l’Éducation les présentait alors comme deux des plus importantes structures de formation technique du Sud. En quelques mois, plusieurs lieux d’apprentissage de la ville ont donc disparu ou subi des dommages majeurs. Les familles déplacées ignorent encore dans quelles conditions leurs enfants pourront reprendre une scolarité normale.

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Une ville frontalière devenue champ de ruines

Bint Jbeil se trouve à quelques kilomètres de la frontière avec Israël. Cette position lui donne une importance militaire, politique et symbolique particulière. Depuis l’élargissement des opérations terrestres israéliennes au printemps 2026, la ville a été le théâtre de combats directs avec le Hezbollah. Des quartiers résidentiels, des routes, le marché, des bâtiments administratifs, des installations sportives et des réseaux de services ont été touchés. Des images aériennes et des enquêtes visuelles ont montré une destruction étendue. Les chiffres précis restent néanmoins difficiles à consolider, en raison des restrictions d’accès et de la poursuite des opérations.

Au début de mai, l’armée israélienne a affirmé avoir détruit plus de 900 « infrastructures hostiles » dans la zone de Bint Jbeil. Elle a aussi revendiqué la mort de plus de 200 combattants durant les semaines précédentes. Ces chiffres n’ont pas été vérifiés de manière indépendante. Les autorités libanaises et les municipalités du Sud contestent aussi la qualification employée par Israël. Elles soulignent qu’une part importante des bâtiments détruits correspond à des habitations, des commerces ou des équipements publics. La divergence porte donc autant sur l’ampleur des destructions que sur la nature des cibles et sur la nécessité militaire invoquée pour justifier leur anéantissement.

Saf al-Hawa, un secteur déjà exposé aux combats

Le quartier de Saf al-Hawa avait déjà été signalé dans les comptes rendus des combats autour de Bint Jbeil. Le complexe scolaire Al-Mahdi se trouvait près de l’un des axes utilisés lors des affrontements du printemps. Des chars et des unités israéliennes avaient été observés dans ce secteur. Des échanges de tirs opposaient alors les forces israéliennes au Hezbollah dans plusieurs parties de la ville. La présence passée de combats à proximité ne suffit cependant pas, en elle-même, à établir le statut militaire d’un établissement au moment précis de sa destruction.

Dans les premières heures suivant l’explosion du 17 juillet, aucune explication détaillée de l’armée israélienne n’était disponible. Les informations publiques consultées ne précisaient pas le motif de la destruction du complexe. Il n’était donc pas possible de déterminer si Israël alléguait la présence d’armes, de combattants ou d’installations militaires dans les bâtiments. Cette absence de précision impose de distinguer les faits confirmés des affirmations non établies. Le fait confirmé est la destruction signalée par l’agence publique libanaise. Le statut exact du site au moment de l’opération, les moyens employés et les éventuels avertissements préalables restaient à documenter.

La formation professionnelle déjà frappée en avril

La destruction du 17 juillet intervient moins de trois mois après celle de deux établissements publics majeurs. Le 28 avril, l’école professionnelle de Bint Jbeil et l’Institut supérieur d’enseignement professionnel avaient été entièrement détruits. Les deux édifices se touchaient et formaient un ensemble consacré à la formation technique. Leur disparition a supprimé des salles de cours, des ateliers et des espaces nécessaires à l’apprentissage. Or le Sud aura besoin de ces métiers pour réparer les logements, les réseaux électriques, les installations hydrauliques et les équipements publics.

À l’époque, la ministre libanaise de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Rima Karami, avait dénoncé cette série d’attaques. Elle estimait qu’elle visait à couper les « artères de vie » du Sud et à réduire les chances de retour des habitants. Elle avait demandé que les civils, les élèves et les établissements d’enseignement soient protégés. Le ministère avait également insisté sur la fonction sociale des écoles et des instituts. Ils ne servent pas seulement à dispenser des cours. Ils accueillent des activités collectives, structurent la vie locale et constituent souvent l’un des rares services publics durables dans les zones rurales ou frontalières.

Des conséquences qui dépassent les murs détruits

La perte d’une école produit des effets immédiats, même lorsque les élèves ont déjà été déplacés. Les dossiers administratifs peuvent disparaître. Les laboratoires, les ateliers techniques, les bibliothèques et les équipements informatiques doivent être remplacés. Les enseignants sont dispersés. Les familles doivent chercher une place dans d’autres établissements, souvent éloignés et déjà saturés. Le transport devient plus coûteux. L’enseignement à distance offre parfois une solution provisoire. Il dépend toutefois de l’électricité, des télécommunications et d’un accès stable à Internet. Ces trois services restent fragilisés dans de nombreuses localités du Sud.

L’impact se prolonge aussi après l’arrêt des combats. Une école reconstruite ne retrouve pas automatiquement ses effectifs. Le retour des élèves dépend de celui des familles. Il suppose donc la remise en état des logements, de l’eau, des routes, des centres de santé et des moyens de subsistance. Dans une ville largement endommagée, l’établissement scolaire devient ainsi un indicateur de la possibilité réelle de revivre sur place. Sans locaux sûrs, sans personnel et sans calendrier crédible, les parents peuvent différer leur retour. Certains peuvent aussi s’installer durablement ailleurs, avec des effets progressifs sur la composition démographique des communes frontalières.

Le système éducatif libanais sous pression

La crise de Bint Jbeil s’inscrit dans une dégradation nationale. En juin, le ministère de l’Éducation a mené une évaluation avec un appui technique international. Elle a recensé 340 écoles publiques, privées ou techniques endommagées par le récent conflit au Liban. Dix-sept étaient alors considérées comme entièrement détruites. L’étude couvrait notamment les gouvernorats de Nabatiyé, du Liban-Sud, de la Békaa, de Baalbek-Hermel, de Beyrouth et du Mont-Liban. Elle précédait la destruction signalée le 17 juillet, ce qui signifie que le bilan matériel peut encore évoluer.

Selon cette même évaluation, au moins 100 000 enfants risquent de ne pas disposer d’une salle de classe à la rentrée. Des travaux urgents doivent être engagés avant septembre pour réduire ce risque. Cette estimation ne mesure pas seulement les ruines visibles. Elle prend en compte les établissements partiellement endommagés, ceux qui nécessitent une réhabilitation lourde et ceux qui ne peuvent plus accueillir les élèves en sécurité. Le calendrier est particulièrement serré. Les procédures d’expertise, de déblaiement, de financement et de reconstruction prennent du temps. Dans certaines zones, les opérations militaires ou les munitions non explosées empêchent encore les équipes techniques d’intervenir.

Une succession de crises scolaires depuis 2019

Le secteur éducatif libanais aborde cette nouvelle urgence avec des moyens déjà réduits. L’effondrement financier engagé en 2019 a dévalué les salaires, provoqué des grèves et affaibli l’entretien des bâtiments publics. La pandémie de Covid-19 a ensuite entraîné de longues fermetures, alors que l’apprentissage en ligne restait très inégal. Les affrontements commencés en octobre 2023 ont ajouté les déplacements, les destructions et l’utilisation de nombreux établissements comme centres d’hébergement. Chaque crise a laissé des retards scolaires que la suivante a aggravés.

Les enfants du Sud cumulent ainsi plusieurs formes de rupture. Certains ont changé d’école à plusieurs reprises. D’autres suivent des cours à distance depuis des logements temporaires. Beaucoup vivent avec l’incertitude concernant leur maison, leurs proches ou leur village. Les enseignants doivent maintenir les programmes tout en répondant à des besoins psychologiques croissants. Or les écoles manquent souvent de conseillers, de matériel et de financements réguliers. La destruction de nouveaux bâtiments à Bint Jbeil réduit encore la marge de manœuvre d’un système qui devait déjà rattraper plusieurs années d’apprentissage perdu.

Les précédents documentés dans le Liban-Sud

Les atteintes aux établissements scolaires du Sud ont fait l’objet d’enquêtes avant la nouvelle guerre de 2026. Une organisation internationale de défense des droits humains a visité sept écoles entre janvier et mars 2025. Elles se trouvaient à Aïta al-Chaab, Tayr Harfa, Naqoura, Yarine, Ramiyé, Aïtaroun et Bani Hayyan. Ses chercheurs ont conclu que des forces israéliennes avaient occupé cinq de ces établissements. Ils ont relevé des dommages causés par des armes, des équipements détruits, des inscriptions laissées dans les salles et des indices d’utilisation militaire de certains sites.

L’enquête a estimé que les destructions et pillages constatés à Yarine et Naqoura pouvaient constituer des crimes de guerre. Elle a toutefois distingué les cas. Dans d’autres écoles, les dégâts pouvaient provenir des combats au sol, et l’organisation n’a pas toujours pu déterminer l’auteur de chaque dégradation. Cette méthode de vérification reste essentielle pour Bint Jbeil. Il faut établir la chronologie et identifier les unités présentes. Les enquêteurs doivent aussi examiner les images, rechercher d’éventuelles traces d’explosifs et confronter les déclarations israéliennes, libanaises et locales.

Ce que prévoit le droit des conflits armés

En droit international humanitaire, une école est présumée être un bien civil. Elle ne peut être attaquée que si elle devient un objectif militaire. Elle doit alors contribuer effectivement à une action militaire et sa destruction doit procurer un avantage militaire précis. Même dans ce cas, l’attaquant doit respecter les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution. Il doit vérifier la cible et choisir les moyens permettant de réduire les dommages civils. Il doit renoncer lorsque les pertes attendues seraient excessives face à l’avantage militaire anticipé.

La situation juridique est encore plus stricte lorsque des forces occupent un territoire. La quatrième Convention de Genève interdit à une puissance occupante de détruire des biens privés ou publics. Une exception existe lorsque les opérations militaires rendent cette destruction absolument nécessaire. Une démolition contrôlée, effectuée après la prise d’un secteur, pose donc des questions différentes d’un bâtiment détruit pendant un échange de tirs immédiat. Pour chaque établissement de Bint Jbeil, l’analyse doit déterminer si une menace militaire existait au moment de l’opération. Elle doit aussi établir si la destruction totale répondait réellement à une nécessité impérative.

Le débat sur les liens avec le Hezbollah

Les écoles Al-Mahdi appartiennent à un réseau éducatif privé associé à l’Institution islamique d’éducation et d’enseignement, généralement considérée comme proche du Hezbollah. Cette proximité alimente depuis plusieurs années un débat politique au Liban sur le contenu pédagogique, l’identité du réseau et son rôle social. Elle ne suffit toutefois pas à transformer automatiquement chaque bâtiment scolaire en objectif militaire. Le droit s’attache à l’usage concret du site au moment de l’attaque, et non à la seule orientation politique, religieuse ou institutionnelle de son gestionnaire.

Israël accuse régulièrement le Hezbollah d’utiliser des zones civiles pour stocker des armes, préparer des tirs ou protéger des infrastructures militaires. Le mouvement libanais rejette une partie de ces accusations. Dans plusieurs incidents, les deux camps ont publié des versions incompatibles, tandis que l’accès indépendant aux lieux restait impossible. Pour le complexe détruit vendredi, l’enjeu sera donc de savoir si des éléments vérifiables sont produits. Des photographies isolées, des affirmations générales ou la proximité passée de combats ne permettent pas, à elles seules, de trancher la question de la légalité de l’opération.

La reconstruction devient un enjeu de retour

Le gouvernement libanais présente la remise en état des écoles comme une condition du retour des habitants dans le Sud. Cette priorité se heurte toutefois à plusieurs obstacles. Les besoins financiers sont importants, les bâtiments doivent être expertisés et les terrains sécurisés. Les équipes de l’armée libanaise continuent de neutraliser des bombes aériennes non explosées dans le district de Bint Jbeil. Les routes restent parfois endommagées ou difficiles d’accès. Les travaux ne peuvent commencer partout au même rythme, même lorsqu’un financement est disponible.

La formation professionnelle détruite en avril illustre une autre difficulté. Reconstruire les murs ne suffira pas. Il faudra racheter des machines, des outils, du matériel informatique et des équipements spécialisés. Il faudra aussi retrouver les enseignants et reconstituer les filières. Ces instituts forment des techniciens, des électriciens, des mécaniciens et d’autres professionnels indispensables à la reconstruction locale. Leur absence peut ralentir les réparations, réduire les perspectives d’emploi des jeunes et accroître leur départ vers Beyrouth ou l’étranger.

Une rentrée de septembre désormais incertaine

À moins de deux mois de la prochaine année scolaire, les autorités doivent établir une carte actualisée des établissements utilisables. Plusieurs solutions sont possibles. Les élèves peuvent être répartis dans des écoles voisines. Des classes temporaires peuvent être installées, des bâtiments loués et certains cours maintenus en ligne. Chacune a un coût et des limites. Dans le district de Bint Jbeil, les distances, les contrôles de sécurité et l’état des routes compliquent les déplacements quotidiens. Les établissements encore debout risquent aussi de recevoir plus d’élèves qu’ils ne peuvent en accueillir.

Le ministère de l’Éducation devra désormais intégrer le complexe de Saf al-Hawa à son évaluation nationale, si sa destruction complète est confirmée par une inspection. Il devra préciser le nombre d’élèves concernés, l’état des archives, les possibilités de relocalisation et le coût d’une reconstruction. Ces données n’étaient pas encore disponibles vendredi. Elles dépendront de l’accès au quartier et de la stabilisation du terrain. Pour les familles de Bint Jbeil, la prochaine échéance concrète sera la publication d’un dispositif de remplacement avant septembre. La liste des bâtiments scolaires perdus vient pourtant encore de s’allonger.

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