Dans le gouvernement démissionnaire, le ministre de l’Intérieur était dans la part ministérielle réservée au président de la République. Ainsi, le président Sleiman avait pu faire désigner Ziyad Baroud à ce poste.

Ancien premier ministre et chef du principal bloc parlementaire chrétien, le général Aoun fait un certain nombre de reproches au président notamment sur le fait qu’aux dernières élections législatives (en 2009), il ait appuyé un certain nombre de candidats.

La principale raison du retard pris par Najib Mikati, premier ministre désigné, dans la formation du gouvernement, réside principalement dans ce conflit opposant ces deux anciens commandants en chef de l’Armée. Le poste de ministre de l’Intérieur devrait revenir à un chrétien maronite.

Le président Sleiman a proposé Naji Boustany, un proche du pouvoir de Damas, comme ministre de l’Intérieur consensuel. Proposition rejetée par le général Aoun qui insiste sur la nomination de son gendre, Gebran Bassil. La presse a avancé le nom de Sleiman Frangié, ancien ministre de l’Intérieur, membre du bloc parlementaire dirigé par le général Aoun et ami personnel du président syrien Assad. Toutefois, rien n’indique que le président Sleiman accepte, Sleiman Frangié lui ayant reproché de n’avoir pas appuyé la chute du gouvernement de Saad Hariri.

Après l’élection du général Michel Sleiman présenté comme consensuel à la présidence de la République et la désignation de Najib Mikati présenté comme consensuel lors de sa désignation comme premier ministre, voilà qu’il faut désigner un ministre de l’Intérieur consensuel.

Le nom de Fouad Abou Nader, président du Front de la liberté, serait évoqué. Neveu des anciens présidents Bachir et Amine Gemayel, Fouad Abou Nader entretient de bonnes relations avec le président Sleiman. Ancien chef des Forces libanaises et ancien membre du bureau politique du parti Kataeb, Fouad Abou Nader s’est tenu aux côtés du général Aoun en 1988-90, a appuyé le courant aouniste réclamant le départ de l’armée syrienne de 1990 à 2005, a soutenu la candidature du général Aoun à la présidence de la République avant d’appuyer, tout comme le général Aoun, l’élection du général Sleiman et plus récemment la désignation de Najib Mikati, deux personnalités présentées comme consensuels.

Par ailleurs, Fouad Abou Nader est le candidat indépendant ayant récolté le plus grand nombre de voix aux élections législatives.