Le Liban des mots

« … c’est en assumant sa liberté que l’on devient une personne et non en multipliant des « expériences intéressantes » qui n’ont d’autre but que de nous permettre d’éviter le choix. Il faut assumer sa responsabilité.  » 1

Au Liban, deux mondes se côtoient à peine et se distancient de plus en plus. Le président de la république, Mr Michel Aoun se veut le juste père et le promoteur d’un changement nouveau pour le rétablissement de la gouvernance démocratique. Néanmoins, le gouvernement en place se distingue par un chassé-croisé de mesures et de controverses. Le citoyen est d’abord bercé par une bousculade de vives et meilleurs intentions, de sérieuses prédispositions et de projets imminents qui virent presque toujours avant terme, vers l’épuisement des ressources, les contretemps, les révisions urgentes et les arrêts obligés.

Parmi les expressions couramment exprimées par tant de personnalités qui s’adressent au public libanais au cours des talks shows: le travail nuit et jour, les figures de styles, les sous-entendus, les généralités et les accusations que tout délai ou report ne peut être que du ressort de tout autre. Quant au citoyen  qui regarde encore son petit écran, il va surtout ressasser la prière que l’électricité et l’eau reviennent pour faire marcher la lessiveuse, les mêmes  angoisses du lendemain, les colères, le reflux gastrique et bien d’autres  souffrances…

Malgré d’insolvables rapports politiques nos ministres veulent encore nous convaincre qu’il leur est possible de s’entendre pour se consacrer aux besoins urgents du citoyen.
Vus les déficiences archaïques élémentaires, l’absence presque totale d’eau et de répondants, la verticalité des hautes tensions électriques et la hausse croissante des prix, on comprend pourquoi la qualité de vie et la valeur des mots régressent continuellement!

1 René Daval.

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Psychothérapeute Spécialisé en gestalt thérapie, Consultant et Formateur.

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