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En partenariat avec Al Madaniya – Par l’Institut scandinave des droits de l’homme

sihrUne étude interne de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR) sur Le Mouvement islamique «Ahrar Al Sham» «Les hommes libres du Levant).

Adaptation en version française par René Naba, directeur du site www.madaniya.info

Épilogue

La perspective d’une possible relance du processus visant à une transition politique du pouvoir en Syrie, matérialisée par la conférence de Vienne 1 et Vienne 2 avec pour la première fois la participation de l’Iran, a déclenché une vague d’assassinats dans les rangs djihadistes dans une tentative de mise au pas des récalcitrants et son adaptation au nouveau momentum diplomatique régional et international, avec leur inhérente réplique djihadiste.

La Turquie a procédé à la liquidation physique de trois dirigeantes kurdes, notamment Siva Demir, coprésidente du Conseil du Peuple de Slopy et Fatma Wayar, activiste du Congrès des Femmes kurdes, dans la foulée de la constitution du «Conseil Démocratique de Syrie», le 13 Décembre 2015 et un dirigeants de Jabhat An Nosra, Jamil Raadoune, chef du «groupement des faucons de la forêt», a été assassiné à Antioche (sud de la Turquie).

Huit dirigeants de Jabhat An Nosra ont également été assassinés, dont Jamil Raadoune, chef du «groupement des faucons de la forêt», à Antioche (sud de la Turquie) et Ibrahim Said, officier dissident, membre de la Haute Cour relevant du Conseil des Oulémas de Homs, responsable législatif de la brigade 313.

Selon «l’office de recensement des martyrs du département de Déra’a», 105 opérations homicides visant 861 membres des groupements islamistes se sont produites au cours du dernier trimestre 2015 dans cette zone frontalière syro-jordanienne et point de passage des djihadistes vers la Turquie et l’Arabie saoudite via la Jordanie. Parmi les victimes figurent notamment Abou Raghid Al Bacheq, dirigeant du Jabhat An Nosra pour le secteur du Hourane, à l’est de Dera’a. Les assassinats ont englobé diverses provinces Idlib, Homs et la périphérie de Damas, en nette augmentation par rapport à la période correspondante 2013-2014.

Pour Ahrar Al Sham: Abdallah Barakat, chef militaire de la zone de Homs et son adjoint Ammar Houdour ont été assassinés, ainsi que Youssef Jouneid, tué, lui, par l’explosion de sa voiture sur l’autoroute Alep-Damas; enfin, en Janvier 2016, le chef militaire d’ Ahrar Al Sham à Homs, Abou Rateb Al Homsy était éliminé à son tour.

Pour aller plus loin voir à ce propos: «Les groupements islamistes phagocytent Al Qaida, les assassinats en augmentation croissante».

L’apparition sur la scène publique internationale de la coalition de l’opposition démocratique syrienne, rivale de l’opposition syrienne off shore pro-wahhabite, a déclenché une fébrilité sans pareille dans les milieux djihadistes. Ainsi le «Conseil Consultatif des Détenteurs du Savoir du Levant» a jeté l’anathème sur les forces démocratiques syriennes, les considérant comme des «traîtres à Dieu et une force stipendiée aux ennemis de la nation musulmane».

Le Conseil Consultatif, qui regroupe des Oulémas et des légistes, a décrété la «mobilisation générale» pour faire face à cette menace. Le Djihad est un impératif. Point n’est besoin de l’autorisation d’un père ou de quiconque», souligne la Fatwa publiée sur Facebook et portant la signature de 38 légistes.

Auparavant, Zahrane Allouche, 44 ans, avait été tué le 25 Décembre 2015, lors d’un raid de l’aviation syrienne contre son fief à la périphérie EST de Damas. Le chef de Jaych Al Islam avait bombardé, peu de temps auparavant, l’ambassade de Russie à Damas en signe de protestation contre l’intervention militaire massive de la Russie aux côtés de son allié syrien de longue date, le pouvoir baasiste.

L’élimination physique de l’homme-lige des Saoudiens en Syrie et de cinq autres dirigeants de son groupement, dix jours après la sélection par l’Arabie saoudite de la délégation de l’opposition wahhabite syrienne aux pourparlers de paix avec le pouvoir baasiste, a incontestablement constitué un coup dur à la fois pour le Royaume saoudien et pour l’ensemble de l’opposition pro-wahhabite syrienne. En réplique, l’Arabie saoudite a ordonné, cinq jours plus tard, le jour de l’an 2016, la décapitation de 46 personnes, pour faits de «terrorisme». Parmi les suppliciés figurait le Cheikh Nimr Al Baqer Al Nimr, chef spirituel de la communauté chiite saoudienne, un dirigeant charismatique, entraînant une escalade de violence entre l’Iran et la dynastie wahhabite aboutissant à une rupture des relations diplomatiques entre Riyad et Téhéran. Le neveu du Cheikh Nimr, détenu en Arabie saoudite, a été, lui condamné la peine capitale et à la crucifixion.

Zahrane Allouche avait été arrêté en 2009 et amnistié en Juin 2011, trois mois après le début du conflit. Il avait adhéré en Août 2014 au Front Islamique spécifiant clairement son objectif l’édification d’un «califat islamique empreint de sagesse».

Quant au mouvement Ahrar Al Sham, proche du Jabhat An Nosra, Ahrar, il a été décapité mardi 9 septembre 2014 dans un attentat qui a coûté la vie à quarante six chefs de ce groupement salafiste djihadiste. Quatre de ses principaux dirigeants d’Ahrar Al Sham ont été tués dans cet attentat qui a eu lieu dans la province d’Idlib: Hassan Abboud, fondateur et Émir du mouvement, Abou Talha Al Ghab, responsable militaire, Abou Ayman Ram Hamdane, ancien chef de la brigade Badr et responsable de la planification d’Ahrar Al Sham, Abou Abdel Malek Al Shari’, son responsable religieux, selon un décompte établi par le site Madaniya sur la base d’informations recueillies sur le terrain.

L’attentat s’est produit alors que les dirigeants salafistes tenaient une réunion dans la cave d’une maison super protégée appartenant à Abou Ayman Ram Hamdane, ancien chef de la brigade Badr et responsable de la planification à Ahrar Al Sham. Toutefois, trois autres responsables -Abou Moustapha Al Absi, membre du Bureau Politique du mouvement et deux responsables des secteurs de Der’aa et de Kuneïtra (sud du pays), absents de la réunion, comptent parmi les survivants, selon ce même décompte.

Il n’a été possible de déterminer le ou les auteurs de cet attentat, qui n’a pas été revendiqué. Ahrar Al Sham avait perdu, auparavant, son responsable d’Alep, Abou Khaled Al Souri (Mohamad Bahaya), classé numéro 4 sur la liste Al Qaida, dans un attentat suicide le 25 Février 2014. Dès le lendemain de cet attentat le groupement Ahrar Al Sham a nommé mercredi 10 juin 2015, Al’a Eddine As Sheikh, de son nom de guerre Abou Jaber, comme «Émir général» de ce groupement salafiste djihadiste et Abou Saleh At Tahhan, commandant militaire du mouvement.

La coalition la plus importante de l’opposition a nommé mercredi un chef rebelle islamiste soutenu par Ryad, Mohamed Allouche, du groupe armé rebelle Jaïch al-Islam, comme négociateur en chef.

Entretemps l’Arabie saoudite a placé Mohamad Allouche, un proche de Zahrane et son successeur à la tête de Jaych Al islam, comme négociateur en chef de la délégation de l’opposition pro-wahhabite aux pourparlers de paix de la Syrie. Allouche sera assisté d’Assaad Al-Zoabi, un pilote qui avait déserté avec son avion en août 2012 et de George Sabra, chef du Conseil national syrien.

Pour aller plus loin voir à ce propos «Les Frères Musulmans et les organisations takfiristes» où le rôle d’Ahrar Al Sham est abondamment traité: