Des billets de 100 dollars. Crédit Photo: Libnanews.com
Des billets de 100 dollars. Crédit Photo: Libnanews.com

La Banque du Liban a indiqué que les dollars des dépôts pourront être retirés à partir du 30 juin 2021 comme cela était précédemment le cas avant octobre 2019. Pour rappel, un contrôle informel des capitaux avait été mis en place dès novembre 2019, après que les établissements bancaires aient fermé leurs portes après les manifestations d’octobre 2019.

La Banque du Liban indique qu’elle serait en train de négocier avec les banques privées le mécanisme permettant le retrait de ces dépots de manière graduelle sans toutefois révéler si une décôte sera imposée aux clients. D’autres interrogations portent sur l’origine des billets verts ou si ceux-ci seront prélevés sur les réserves monétaires de la Banque du Liban.

Pour l’heure, l’Association des Banques du Liban, à l’origine de la décision d’imposer un contrôle des capitaux, n’a ni confirmé, ni infirmé cette information. Cependant, selon certaines sources bancaires, il est impossible pour l’heure aux banques de garantir de tels retraits puisque toujours confrontées à d’importantes difficultés financières. D’autres sources estiment que la Banque du Liban souhaite faire pression sur les banques commerciales en raison des poursuites judiciaires touchant son gouverneur Riad Salamé, qui tente ainsi de redorer son blason après avoir été mis en cause par les autorités judiciaires suisses et françaises en étant suspectées de blanchiment et de détournements de fonds de la banque centrale.

Cette information intervient alors que la Banque du Liban a publié une circulaire cette semaine, demandant aux banques commerciales de lui communiquer les montants des dépôts précédant les manifestations d’octobre 2019 et leur évolution aux dates actuelles.

Selon le communiqué, ces versements seraient toutefois sujets à “une couverture légale”, allusion au contrôle des capitaux que souhaitent adopter les autorités libanaises.

Parallèlement, la Banque du Liban a réitéré sa volonté de lancer la fameuse plateforme électronique Sayrafa dont la deuxième version devait initialement être révélée le 16 avril dernier. Selon le communiqué, cette plateforme devrait être transparente en terme de demande et d’offre, excluant tout agent de change illégal. Il s’agira de contrôler les mouvements spéculatifs contre la livre libanaise. On ignore pour l’heure quel sera le taux de change utilisé lors de l’ouverture de cette plateforme.

La Banque Centrale souhaiterait aussi continuer à subventionner l’achat des produits de première nécessité conformément à la demande du gouvernement Hassan Diab. Cependant, elle indique avoir fait parvenir aux ministères concernés une demande à rationaliser le programme de soutien aux subventions.

Des banques locales pourtant considérées insolvables à l’étranger

Le rapport publié par la Foundation for Defense of Democracies et intitulé Crisis in Lebanon, Anatomy of a financial Collapse estime toutes les banques libanaises libanaises étudiées comme étant insolvables. Elles sont également menacées par des procédures judiciaires, accusées de blanchiment d’argent et en raison du lien de certains établissements avec le Hezbollah aux USA.

• Bank Audi S.A.L.
• Bank of Beirut S.A.L.
• Bank of Beirut and the Arab Countries S.A.L.
• Bankmed S.A.L.
• Banque Libano-Française S.A.L.
• BLOM Bank S.A.L.
• Byblos Bank S.A.L.
• Crédit Libanais S.A.L.
• Fenicia Bank S.A.L.
• Fransabank S.A.L.
• IBL Bank S.A.L.
• Lebanon and Gulf Bank S.A.L.
• MEAB Bank S.A.L.
• Société Générale de Banque au Liban S.A.L.

Parmi les banques citées:

Au total, les 14 banques prises en compte nécessiteraient un apport de 67 milliards de dollars, ce qui est bien éloigné des sommes maximales que le Liban pourrait obtenir dans le cadre d’une aide internationale, soit 26 milliards de dollars (15 milliards de dollars de prêts via le FMI et 11 milliards de dollars via CEDRE à condition de mettre en place les réformes économiques, monétaires et financières nécessaires pour les débloquer).

Selon les calculs effectués par un expert étranger, tous les établissements nécessiteraient des injections massives de fonds, allant jusqu’à 11.9 milliards de dollars pour la BLOM seulement, suivie de 11 milliards de dollars pour la Banque Audi, des sommes aujourd’hui impossibles à trouver au Liban même. Le risque de faillite ou encore de shudown complet est donc présent pour ces établissements avec d’importantes pertes pour les actionnaires actuels.

Ils ne pourraient survivre qu’à condition de fusionner ou encore de procéder à des haircuts sur les dépôts présents.

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