Après plusieurs semaines de mise-en-garde, les propriétaires des stations essence, ont déclaré une grève ouverte générale à partir de ce soir. Ils entendent ainsi protester contre la pénurie en devise étrangère qui impacte leurs marges de profit et qui les empêche de procéder aux achats nécessaires en essence.

Pour rappel, cette déclaration intervient à l’issue d’un ultimatum adressé aux autorités libanaises qui persistent dans leur refus d’admettre l’existence d’une pénurie en dollars et alors que de nombreux acteurs économiques soulignent que le refus des banques à procéder à l’échange de leurs livres libanaises en dollars met en péril leurs commerces. Il s’agit notamment du cas des minotiers ou encore des importateurs de médicaments qui indiquent faire face aux mêmes refus de la part des banques.
Pour sa part, le gouverneur de la Banque du Liban a réfuté toute pénurie en dollars, mettant les difficultés à s’en procurer sur des causes logistiques concernant les établissements financiers privés.

Pourtant, la Banque du Liban a indiqué, il y a quelques jours, qu’elle publiera prochainement une circulaire obligeant les banques privées à fournir les précieuses devises aux importateurs de denrées essentielles, essence, médicaments et farine. L’institution attendrait cependant la demande officielle du Président de la République, du Premier Ministre et du Ministre des Finances pour y procéder.

Les réserves monétaires en devise étrangère, un sujet sensible au Liban

Les réserves monétaires en devise étrangères restent un sujet sensible au Liban, beaucoup craignant une dévaluation de la Livre Libanaise alors que le taux de dollarisation de l’économie libanaise atteindrait désormais presque 70%. Alors que les réserves brutes atteindraient 31 milliards de dollars et en dépit d’une hausse de 1.4 milliards de dollars au mois d’août suite à un programme visant à attirer des fonds déposés à l’étranger, les réserves monétaires avaient cependant baissé de 6 milliards de dollars au cours des derniers mois, en raison de la crise économique et politique qui secouait le Pays des Cèdres.

Le montant des réserves monétaires en devise étrangère est un paramètre largement scruté par les agences de notation.

Ainsi dans son dernier rapport, Fitch a indiqué s’attendre à une diminution des réserves bancaires de la Banque du Liban (BDL) estimant par ailleurs que les opérations d’ingénierie financière menées par l’institution ont augmenter les risques sur la Livre Libanaise et donc possiblement une dévaluation de la monnaie locale. 

Quant à Standard & Poor’s, l’agence de notation prévoit dans son dernier rapport que les réserves de change de la banque centrale continueront également à diminuer, mais resteront suffisantes pour financer les besoins de financement de l’État et le déficit extérieur du pays au cours des 12 prochains mois.



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Face au refus des banques, les propriétaires des stations essence, les minotiers ou encore les importateurs de médicaments sont obligés à recourir aux changeurs locaux. Le taux officiel d’une livre libanaise pour un dollars étant normalement à 1507 LL, ces derniers acceptent désormais un taux non officiel qui atteint parfois même 1 600 LL pour un dollars, faisant craindre une dévaluation de la monnaie locale.

La grève générale des stations essence a provoqué une vive panique dans les rues, avec de longues files d’attentes par endroit des automobilistes qui craignent manquer d’essence dans les prochains jours.

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