Copie d'écran des dernières notes accordées par S&P aux obligations libanaise.
Copie d'écran des dernières notes accordées par S&P aux obligations libanaise.

Dans la dernière mise à jour du rapport de Standard & Poor’s concernant l’économie libanaise, en date du 1er mars 2019, les obligations libanaises, libellés tant en devise locale qu’en devise étrangère ont maintenue leur note à B-, considérée comme étant très spéculative, un cran en dessous de CCC+, mais vu leurs perspectives passer de stable à négatif.

Selon l’agence de notation, la note accordée au Liban pourrait être même dégradée en cas de poursuite de l’aggravation des déficits publics et de la diminution du cash inflow qui sert actuellement à financer ces déficits.

Our base-case scenario assumes that the government will not restructure or reschedule existing commercial debt;
doing so could be considered a default under our criteria.

Notre scénario de base suppose que le gouvernement ne restructurera pas ou ne rééchelonne pas la dette commerciale existante; cela pourrait être considéré comme un défaut de paiement selon nos critères.

S&P estime probable également un abaissement de la note libanaise voir n’écarte pas un défaut de paiement si le gouvernement envisage de restructurer la dette publique.

Une parité entre le Dollars et la livre libanaise difficile à tenir selon S&P

Our estimates of usable reserves (after deducting the monetary base and reserve requirements for resident FX deposits) stood at a comfortable nine months of current account payments as of end 2018.

We expect that reserves will decline further, in the absence of a significant increase in nonresident deposit inflows or further financial engineering operations.

Moreover, the quality of the reserves has been somewhat diminished, in our view, by offsetting liabilities in the form of FX deposits placed by domestic commercial banks in BdL.

Given the high and rising level of short-term external debt, we expect Lebanon will face rising pressure to maintain sufficient levels of FX reserves if it is to preserve confidence in the currency peg.

Nos estimations des réserves utilisables (après déduction de la base monétaire et des réserves obligatoires pour les dépôts en devises des résidents) se situait à un niveau confortable de neuf mois de paiements en compte courant, fin 2018.
Nous prévoyons que les réserves bancaires continueront à baisser, en l’absence d’une augmentation significative des entrées de dépôts de non-résidents ou d’autres opérations d’ingénierie financière. De plus, la qualité des réserves a quelque peu diminuée, à notre avis, par la compensation des passifs sous forme de dépôts en devises placés par des banques commerciales à la BdL.
Compte tenu du niveau élevé et croissant des contrats à court terme de la dette extérieure, nous nous attendons à ce que le Liban subisse une pression croissante pour maintenir niveaux suffisants de réserves de change s’il veut préserver la confiance dans la cheville de monnaie.

Ils estiment également difficile à la Banque Centrale de maintenir une parité entre la Livre Libanaise et le dollars en cas de diminution des réserves bancaires. Ce rapport, indique S&P préempte l’achat par le Qatar et l’Arabie Saoudite des obligations libanaises qui pourront permettre à l’état de se financer durant les 12 mois à venir.

Une amélioration si …

Cependant, la perspective de la note libanaise pourrait redevenir stable si les autorités publiques entament des réformes économiques et fiscales permettant un retour à la croissance et la réduction des déficits publics à moyen terme. Il s’agira également selon S&P de résoudre la crise chronique de la production d’électricité et de réduire les intérêts sur les prochaines émissions de bonds du trésor.

Concernant le taux de croissance, S&P s’attend à ce que l’économie libanaise reste en deçà de son potentiel. Cependant, l’amélioration de la situation en Syrie et celle de l’économie libanaise pourrait augmenter ce taux à 2.5% d’ici 2022.

Cette information intervient en dépit de la formation, le mois dernier du gouvernement Hariri III qui s’est engagé à une série de réformes économiques, monétaires et fiscales en raison de l’aggravation de la crise économique. Ainsi, les autorités publiques se sont engagés, durant la conférence CEDRE, à mettre en place un plan de privatisation de certaines institutions dont le secteur des télécommunications publiques.

Pour rappel, l’agence de notation Moody’s avait, le mois dernier, dégradé la note du Liban à Caa1 – soit au niveau des obligations pourries – en raison de la crainte de voir le Pays des Cèdres être en défaut de paiement faute de gouvernement capable d’engager le plan de réformes économique. Fitch avait également mis sous surveillance « négative » certains établissements bancaires libanais, en raison de la dégradation des capacités financières de l’état libanais actuellement en grande partie financée par les banques privées et la BDL.

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