Liban : « Waynoun » aux Oscars, ou lorsque la Culture célèbre la Mémoire

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Affiche du Film Waynoun

Pour la deuxième fois consécutive, le ministre de la Culture Raymond Arayji nomme un des films du scénariste et acteur libanais Georges Khabbaz pour représenter le Liban aux Oscars 2016. Après « Ghadi » en 2014, « Waynoun » (Où sont-ils) touche un dossier épineux dans l’histoire du Liban : les Libanais portés disparus durant la guerre civile libanaise, et dont le sort demeure jusqu’à cet instant, inconnu.

Waynoun narre l’histoire de six femmes de trois générations différentes. Chacune d’entre elles attend le retour de l’homme de sa vie, disparu dans les méandres d’une guerre fratricide au pays des cèdres. Cet homme, c’est le mari, le frère, ou le père. A l’aube d’une manifestation à Beyrouth afin de maintenir le flambeau de leur cause allumé, leurs plaies semblent être toujours ouvertes… Ces six femmes sont interprétées par Carol Abboud, Latifé Moultaka, Takla Chamoun, Diamand Bou Abboud, Carmen Lebbos et Nada Bou Farhat.

Ce film qui s’articule en sept temps, est dirigé par sept metteurs en scènes, de l’université de Notre-Dame de Louaizé : Naji Bechara, Jad Beiruty, Zeina Makki, Tarek Korkomaz, Christelle Ighniades, Maria Abdl Karim et Salim Habr.

Ce choix et cette initiative pris par le ministre de la Culture sont remarquables, en élevant cette cause trop souvent étouffée et passée sous silence par les divers leaders politiques qui ont pris part à la guerre et qui ont maintenu leurs places dans la scène politique de l’après-guerre.  Braquer les projecteurs sur cette cause, est un véritable devoir de Mémoire qu’il ne faudrait jamais omettre.

D’ailleurs, un peuple qui n’a pas de Mémoire, ne peut avoir d’avenir, et c’est pour avoir tu les réelles causes nationales au pays des cèdres, que l’injustice et la corruption ont atteint les plus hauts faîtes. Encore est-il souhaitable que la Mémoire du pays qui a été effacée de force à coups de destructions arbitraires et de magouilles mafieuses soit à son tour remise en valeur, et que des comptes soient réclamés aux coupables. Une autre initiative très souhaitable de la part du Ministère de la Culture au sein de la Direction Générale des Antiquités, même si elle s’avère quasi impossible… Y aurait-il un éveil un de ces jours sur ce plan-là ? A méditer…

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Marie-Josée Rizkallah est une artiste libanaise originaire de Deir-el-Qamar. Versée dans le domaine de l’écriture depuis l’enfance, elle est l’auteur de trois recueils de poèmes et possède des écrits dans plusieurs ouvrages collectifs ainsi que dans la presse nationale et internationale. Écrivain bénévole sur le média citoyen Libnanews depuis 2006, dont elle est également cofondatrice, profondément engagée dans la sauvegarde du patrimoine libanais et dans la promotion de l'identité et de l’héritage culturel du Liban, elle a fondé l'association I.C.H.T.A.R. (Identité.Culture.Histoire.Traditions.Arts.Racines) pour le Patrimoine Libanais dont elle est actuellement présidente. Elle défend également des causes nationales qui lui touchent au cœur, loin des équations politiques étriquées. Marie-Josée est également artiste peintre et iconographe de profession, et donne des cours et des conférences sur l'Histoire et la Théologie de l'Icône ainsi que l'Expression artistique. Pour plus de détails, visitez son site: mariejoseerizkallah.com son blog: mjliban.wordpress.com et la page FB d'ICHTAR : https://www.facebook.com/I.C.H.T.A.R.lb/