Avec le report de la 36ème séance parlementaire pour l’élection d’un président au Liban, sans trop commenter, nous vous laissons avec ces paroles bien éloquentes …

Mon peuple mérite la palme d’or
De l’indolence du peuple qui dort
Mon peuple alangui sommeille, hiberne
Dans une nation aux drapeaux en berne

Mon peuple est paresseux, pusillanime
Victime et coupable de tous les crimes
Mon peuple m’horripile, me dégoûte
Sa nonchalance le tue, le déroute.

Mon peuple, par son ignorance intense
Qui s’empiffre et qui se frotte la panse
Mon peuple qui se nourrit de paroles
Et des discours trompeurs de ses idoles

Mon peuple, son suivisme m’exaspère
Ces moutons de Panurge, ces pauvres hères
Mon peuple, ce rat de laboratoire
Qu’on manipule et emmène à l’abattoir

Mon peuple qui refuse de mourir
Qui ne fait rien pour échapper au pire
Mon peuple friand de lamentations
Pleure son sort sans passer à l’action

Mon peuple, qui frise le ridicule
Qui n’a jamais enfanté un Hercule
Mon peuple, passé maître en sottise
Qui accumule errements et bêtises

Mon peuple dépeuplé et déplorable
Hypocrite, cupide et pitoyable
Mon peuple, pion sur l’échiquier mondial
Un pantin des puissances régionales

Mon peuple, est-il synonyme de force
A-t-il de la sève sous son écorce ?
Mon peuple, ressemble-t-il au figuier
Maudit par le Christ et le monde entier ?

Mon peuple est-il le bon grain ou l’ivraie ?
Est-ce un mirage ou existe-t-il en vrai ?
Mon peuple doit-il être calciné
Pour renaître de ses cendres, purifié ?

Mon peuple, a-t-il encore le droit d’être
Ou est-il destiné à disparaître ?
Mon peuple, je me demande s’il est mien
S’il vaut quelque chose ou s’il ne vaut rien

Mon peuple, mes semblables, ma nation
En éternel exode, en migration
Mon peuple ou mon ennemi, peu importe
Ce peuple ingrat, que le diable l’emporte…

Par Marie-Josee Rizkallah, in Paroles Eprises, éditions Maison Naaman pour la Culture. Tous droits réservés.