Pour ce que cela vaut !

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Quand le citoyen-écologiste prétend poser la question
la plus dérangeante en demandant :
Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ?
Il évite de poser cette autre question, réellement inquiétante :
À quels enfants allons-nous laisser le monde ? .
Jaîme Semprun


Les élections municipales libanaises viennent à peine de déclarer vainqueurs et perdants dans plusieurs circonscriptions (municipalités) du pays.

Si l’euphorie de certains est prévisible, celles des moins chanceux s’avère être une consécration locale, régionale et mondiale. Les fils de nouvelles des agences d’informations parlent aujourd’hui de l’effet Beyrouth Madinati (BM) et ce, à plus d’une juste raison.

Un sursaut citoyen, une équipe se prévalant de valeurs laïques et civiques, un vent de changement qui dût inquiéter bien des ténors de la traditionnelle habitude de la continuité, fut-elle nocive ou pas.

À voir certains réseaux sociaux, les membres de cette équipe expriment leur joie, leur satisfaction d’avoir pu « percer » ce mur réputé pour être en béton armé. Une première fissure quoi !

Je me suis toujours réservé le droit d’expression d’opinion quant à la politique libanaise pour l’unique raison de ne pas vivre le quotidien des citoyens libanais. Vivant à l’étranger, je me suis rarement permis ce droit.
Aujourd’hui je profite de l’hospitalité des colonnes de Libnawews pour déroger à mes principes et souhaite m’adresser par cette tribune à l’équipe de BM.

Bravo, et félicitations. Vous venez de poser le premier geste que l’on n’avait pas vu depuis 1960 !
Vous venez de donner au mouvement citoyen et civique toute ses lettres de noblesse et son droit d’exister dignement et suscitant tout le respect qui vous est dû.

Si vous me permettiez de vous dire ceci : la base populaire vous attendait, elle fut déçue et désabusée jusqu’ici par plus de 50 ans de mots, de promesses et de gestes manqués. Vous leur avez fait connaitre qu’il y avait une autre alternative.

Parlez-leur, dites-leur ce que vous savez faire le mieux, exprimez-vous mais aussi laissez-les parler, vous dire leur quotidien, leurs soucis citoyens, ces lacunes qu’ils endurent chaque jour, 365 jours par année.

Aujourd’hui est le moment critique pour vous adresser à eux et aller leur rendre cette visite qu’ils attendent avec impatience.

Si vous vous êtes donnés une existence sur laquelle il faudra désormais compter, cette existence c’est à celles et ceux qui se sont déplacés pour vous le dire le 8 mai.

Jamais autant qu’aujourd’hui ceux et celles qui n’ont pas voté pour vous auront besoin de vous connaitre, savoir ce que vous faites, qui vous êtes et quelle est cette vision qui vous anime.

Parler aux gens de vos villes n’aura jamais été plus urgent qu’aujourd’hui. Le souvenir des bonnes choses est, de nos jours, aussi volatile que les lendemains d’une soirée bien arrosée.

Bien à vous BM !

Michel ©

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