Le 22 juillet 2025, une nouvelle étape a été franchie dans les négociations entre le Liban et les États-Unis concernant la sécurité du sud du pays et le désarmement du Hezbollah. Le diplomate américain Thomas Barak a reçu une réponse officielle du président de la République Joseph Aoun, élaborée en concertation avec le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri. Cette réponse, selon Al Liwa’ (22 juillet 2025), reprend les lignes rouges de la position libanaise, notamment la priorité à la cessation des hostilités israéliennes, le respect de la résolution 1701, la libération des prisonniers et la souveraineté territoriale.
Le document transmis à Barak insiste sur une approche graduelle et réciproque. Al Joumhouriyat (22 juillet 2025) souligne que le Liban conditionne tout engagement vers une limitation ou un redéploiement des armes à un retrait israélien des territoires occupés et à l’arrêt des survols militaires. Le texte énonce également que la question du Hezbollah relève d’un dialogue interne, et qu’aucune mesure unilatérale ne saurait être prise sous pression.
Du côté américain, la réception de cette réponse a été accompagnée de retenue. Al Akhbar (22 juillet 2025) rapporte que Barak, lors d’échanges en marge de ses réunions officielles, aurait exprimé sa frustration face à ce qu’il perçoit comme une résistance politique systématique. Il aurait affirmé que le calendrier proposé par les États-Unis pour le désarmement – avant la fin de l’année – reste une exigence prioritaire.
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Barak face à l’unité institutionnelle libanaise
Le diplomate américain s’est heurté à un front institutionnel uni. D’après Al Bina’ (22 juillet 2025), Joseph Aoun a insisté sur le fait que toute évolution sur la scène sécuritaire intérieure devait s’inscrire dans le cadre d’un consensus national, et que toute initiative isolée irait à l’encontre de la stabilité. Nawaf Salam a de son côté réaffirmé, toujours selon la même source, que la souveraineté ne saurait être négociée dans des conditions de déséquilibre diplomatique, et qu’un traitement équitable des parties concernées – Liban et Israël – est une condition sine qua non.
Nabih Berri, dont le rôle est central dans la coordination parlementaire sur ces dossiers, a exprimé des réserves fermes sur la logique d’échéancier imposé. Al Joumhouriyat (22 juillet 2025) cite ses propos selon lesquels « le Liban ne désarme pas sur injonction étrangère, surtout en l’absence de garanties internationales sur les engagements israéliens ». Il a en outre rappelé que le Hezbollah est représenté au sein des institutions politiques et que toute décision à son sujet doit passer par un processus de dialogue national.
Dans ce contexte, Barak a tenté de minimiser publiquement les divergences, qualifiant les discussions de « constructives ». Pourtant, Al Akhbar (22 juillet 2025) révèle que le diplomate a mis en garde contre les conséquences potentielles d’une « impasse persistante », laissant entendre qu’un retrait du soutien économique pourrait être envisagé.
Désaccords sur la méthodologie de désarmement
Le fond du désaccord porte sur le désarmement du Hezbollah, que les États-Unis souhaitent engager immédiatement. Le Liban, lui, oppose un modèle de désengagement progressif, appuyé par des mesures de réciprocité. Al Bina’ (22 juillet 2025) explique que le gouvernement propose une série de jalons synchronisés : retrait israélien des zones litigieuses, arrêt des violations aériennes, et engagement international sur la sécurité des frontières.
Barak, selon la même source, rejette cette approche, la jugeant inefficace sans une initiative immédiate de Beyrouth sur l’arsenal du Hezbollah. Il a cité en exemple la situation en Syrie, suggérant que la neutralisation des groupes armés est possible si l’État l’impose avec autorité. Cette comparaison a été mal perçue, d’autant plus que l’évolution de la situation à Sweida – rapportée dans Al Akhbar (22 juillet 2025) – révèle au contraire une perte de contrôle et une polarisation croissante.
Le président Joseph Aoun, toujours selon Al Liwa’ (22 juillet 2025), a répondu que le Hezbollah n’est pas une milice dissidente mais un acteur intégré dans la structure politique libanaise, avec une base populaire. Il a insisté sur le fait que toute solution viable doit inclure une phase de transition, à défaut de quoi le Liban risquerait une déstabilisation interne similaire à celle de pays voisins.
Menaces indirectes et diplomatie coercitive
La tonalité de Barak a évolué vers un registre plus directif. Al Akhbar (22 juillet 2025) souligne que le diplomate a laissé entendre que l’aide internationale – notamment le financement de projets énergétiques et d’infrastructure – pourrait être conditionnée à des « gestes significatifs » du gouvernement libanais. Cette pression indirecte est interprétée comme une tentative de diplomatie coercitive, critiquée par plusieurs responsables interrogés par Al Bina’ (22 juillet 2025).
Joseph Aoun a répliqué, selon les mêmes sources, que le Liban ne pouvait accepter un chantage diplomatique, en particulier lorsque les États-Unis n’apportent aucune garantie sur l’arrêt des violations israéliennes. Il a aussi mis en garde contre le fait qu’un affaiblissement du gouvernement central dans ces négociations pourrait ouvrir la voie à une polarisation accrue, voire à des tensions civiles.
Derrière la posture officielle, les tensions internes persistent. Al Joumhouriyat (22 juillet 2025) rapporte que certains membres de la majorité parlementaire sont favorables à une approche plus conciliante, estimant que les pressions internationales sont devenues trop fortes pour être ignorées. Toutefois, la majorité des acteurs institutionnels défend l’idée d’un règlement global incluant toutes les dimensions de la souveraineté et de la sécurité.
Le front sud comme point de bascule
Sur le terrain, les signaux d’alerte se multiplient. Al Liwa’ (22 juillet 2025) signale des survols intenses de drones israéliens au-dessus de la région de Marjayoun, ainsi que des mouvements militaires inhabituels observés près des fermes de Chebaa. Le Hezbollah a, sans commentaire officiel, renforcé sa présence dans certaines localités, selon des témoignages recueillis par la presse.
L’Armée libanaise, dans un communiqué rapporté par Al Bina’ (22 juillet 2025), a confirmé qu’elle maintenait une coopération active avec la FINUL pour surveiller la situation. Toutefois, elle a rappelé que toute escalade devait être évitée à tout prix, et que les provocations israéliennes étaient une entrave à la stabilité recherchée.
Dans ce contexte, Al Akhbar (22 juillet 2025) mentionne une inquiétude grandissante au sein des populations du sud, alimentée par les rumeurs de nouvelles opérations militaires israéliennes. Le discours officiel reste prudent, mais l’atmosphère est marquée par une nervosité diffuse.
La scène régionale en arrière-plan
Les tractations en cours s’inscrivent dans un environnement régional tendu. Selon Al Joumhouriyat (22 juillet 2025), les États-Unis cherchent à redéfinir les équilibres de sécurité au Proche-Orient après les tensions avec l’Iran et les évolutions en Syrie. Le Liban, considéré comme un maillon stratégique, fait l’objet d’un traitement prioritaire, notamment dans le cadre des discussions avec Israël.
Al Bina’ (22 juillet 2025) note que Barak a évoqué, dans ses échanges avec Joseph Aoun, la possibilité d’un accord global impliquant une démilitarisation progressive du Hezbollah en échange d’une garantie de neutralité du Liban dans les conflits régionaux. Cette hypothèse, toutefois, n’a pas été formellement présentée.
La position de l’Iran, principal allié du Hezbollah, complique encore la donne. Al Akhbar (22 juillet 2025) indique que Téhéran a transmis à ses partenaires libanais un message de soutien mais de prudence, insistant sur la nécessité de maintenir une posture défensive sans céder aux ultimatums.
Politique locale : tensions institutionnelles et négociations sous contrainte
Institutions alignées mais fragilisées
Le 22 juillet 2025, les institutions libanaises ont affiché une rare cohésion autour de la réponse officielle remise par le président Joseph Aoun à l’émissaire américain Thomas Barak, dans le cadre des discussions en cours sur la situation sécuritaire au Sud et le désarmement du Hezbollah. Al Liwa’ (22 juillet 2025) rapporte que la réponse, élaborée en étroite coordination avec le Premier ministre Nawaf Salam et le président de la Chambre Nabih Berri, reprend les constantes de la politique nationale, en insistant sur la souveraineté, le respect de la résolution 1701, et la libération des prisonniers libanais.
Néanmoins, derrière cette façade d’unité, les tensions sont palpables. Selon Al Joumhouriyat (22 juillet 2025), certains cercles au sein du gouvernement estiment que la marge de manœuvre est de plus en plus réduite face aux pressions américaines, d’autant que celles-ci sont désormais accompagnées de menaces voilées sur l’aide financière et la coopération militaire. Le Conseil des ministres, bien qu’informé du contenu de la réponse, n’a pas délibéré collectivement sur sa rédaction, ce qui suscite des critiques dans certains milieux parlementaires, où l’on déplore une centralisation excessive des décisions.
Le Premier ministre Nawaf Salam, bien qu’ayant validé la réponse, aurait exprimé des doutes quant à sa réception par Washington. Toujours selon la même source, il a plaidé en faveur d’un élargissement du cadre de dialogue interne afin de prévenir une polarisation dangereuse, appelant les formations politiques à prendre leurs responsabilités dans un moment jugé critique pour la stabilité nationale.
Le Parlement sur une ligne de crête
Au sein de la Chambre des députés, les lignes de fracture sont apparentes. Al Sharq (22 juillet 2025) indique que le président Nabih Berri a convoqué une session extraordinaire pour examiner, entre autres, une demande de levée d’immunité parlementaire visant le député Bouchikian. Cette décision, bien qu’annoncée comme administrative, intervient dans un climat de crispation politique autour de la transparence et de la responsabilité. Certains députés de l’opposition y voient une manœuvre destinée à détourner l’attention du débat central sur le désarmement.
Le président Berri, cité par Al Joumhouriyat (22 juillet 2025), a fermement rejeté ces accusations. Il a déclaré que « la transparence parlementaire ne saurait être mise entre parenthèses au motif de priorités diplomatiques ». Il a néanmoins confirmé que la priorité demeure la défense du principe de souveraineté et le rejet de toute tentative d’imposition de l’extérieur. La session prévue devrait aussi examiner les modalités de mise en œuvre des engagements figurant dans la réponse libanaise à Barak, notamment la coordination avec les forces de sécurité et les agences diplomatiques.
Dans ce contexte, les blocs parlementaires se divisent en trois tendances principales : les partisans d’un durcissement de la position face aux États-Unis, menés par le courant Amal et ses alliés ; les tenants d’un dialogue structuré, soutenus par le Premier ministre ; et une frange minoritaire favorable à des concessions tactiques pour éviter un isolement international.
Relations interinstitutionnelles sous contrainte
Les relations entre les trois présidences, bien qu’apaisées en façade, sont soumises à des tensions liées aux priorités respectives. Joseph Aoun, selon Al Bina’ (22 juillet 2025), privilégie une approche souverainiste ferme, centrée sur la préservation de l’unité nationale et le respect des équilibres internes. Il aurait rejeté toute proposition de médiation régionale impliquant des puissances arabes non directement concernées, estimant que le dossier relève exclusivement du cadre bilatéral avec les États-Unis et du Conseil de sécurité de l’ONU.
Nawaf Salam, pour sa part, est décrit par la même source comme plus ouvert à des options intermédiaires. Il aurait évoqué, lors d’une réunion avec ses conseillers, la possibilité de conditionner un calendrier de discussions sur les armes du Hezbollah à des gestes israéliens vérifiables. Cette approche pragmatique, bien que minoritaire, commence à trouver un écho dans certains cercles politiques inquiets des conséquences économiques d’une dégradation rapide des relations avec Washington.
De son côté, Nabih Berri reste fidèle à une ligne de confrontation contrôlée. Al Liwa’ (22 juillet 2025) rapporte qu’il aurait personnellement supervisé la formulation des paragraphes relatifs à la souveraineté nationale dans le document transmis à Barak. Il insiste, dans ses déclarations publiques, sur le fait que tout compromis qui affaiblirait la légitimité de la résistance entraînerait un risque d’instabilité intérieure majeur.
Vers une redéfinition du rôle du Hezbollah ?
La question du rôle futur du Hezbollah au sein de l’architecture sécuritaire libanaise est omniprésente dans les débats politiques. Al Joumhouriyat (22 juillet 2025) note que certains responsables évoquent en privé la nécessité d’ouvrir une conférence nationale de dialogue axée sur la défense, incluant une redéfinition des missions de la résistance dans un cadre étatique. Une telle initiative, bien que théoriquement conforme à la Constitution, suscite l’hostilité du Hezbollah qui y voit une tentative de marginalisation politique.
Le parti, bien que silencieux sur les détails de la réponse transmise aux Américains, a fait savoir par des canaux officieux, selon Al Bina’ (22 juillet 2025), qu’il considère toute mention d’un échéancier de désarmement comme une ligne rouge. Il rappelle que la présence de ses armes est liée à la défense du territoire, et que tant que les violations israéliennes se poursuivent, la logique de résistance reste justifiée.
Cette position est partagée par une partie du gouvernement, mais fait débat au sein de la majorité. Certains ministres, selon Al Akhbar (22 juillet 2025), s’inquiètent d’un isolement croissant du Liban sur la scène internationale. Ils redoutent que le pays soit perçu comme un foyer d’instabilité, ce qui pourrait affecter l’arrivée de financements et compromettre des projets en suspens, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’éducation.
Une impasse institutionnelle prolongée ?
La complexité du moment politique réside dans l’impossibilité de dissocier les enjeux de souveraineté, de défense et de développement économique. Le document transmis à Barak, bien que défini comme un acte souverain, cristallise les désaccords internes. Al Liwa’ (22 juillet 2025) indique que plusieurs forces politiques appellent à la convocation rapide d’un Conseil de dialogue national, mais sans consensus sur sa composition ou son mandat.
La présidence de la République, toujours selon la même source, étudie la possibilité d’un appel officiel à la concertation, mais craint qu’une telle initiative n’accentue les clivages. Certains analystes évoquent le risque d’une paralysie institutionnelle si les tensions diplomatiques se transforment en conflit politique interne.
Enfin, sur le plan des alliances, aucun repositionnement majeur n’est encore visible, mais plusieurs députés indépendants, interrogés par Al Bina’ (22 juillet 2025), affirment qu’ils pourraient jouer un rôle charnière dans l’élaboration d’un compromis. Ils conditionnent leur engagement à une garantie de neutralité du Liban dans les conflits régionaux, ce qui impliquerait une redéfinition des missions de sécurité nationale.
Citation et discours des personnalités politiques : entre affirmations de souveraineté et tactiques de résistance
Joseph Aoun : la résistance comme levier diplomatique
Dans ses échanges avec le diplomate américain Thomas Barak, le président de la République Joseph Aoun a réitéré les positions fondamentales du Liban face aux exigences américaines concernant le désarmement du Hezbollah. Selon Al Liwa’ (22 juillet 2025), Joseph Aoun a affirmé que « tant que les territoires libanais resteront occupés et que les violations israéliennes continueront, le droit à la résistance est légitime et constitutionnel ». Cette déclaration s’inscrit dans la continuité des prises de position de la présidence, qui revendique une lecture souveraine des résolutions internationales et de la sécurité nationale.
Le chef de l’État a également insisté, toujours selon la même source, sur la nécessité d’un traitement équilibré de la situation sécuritaire. Il a souligné que toute évolution dans la structure de défense du pays devait être conditionnée à une série de garanties, notamment le retrait israélien des fermes de Chebaa, la cessation des survols militaires et l’arrêt des incursions terrestres. Joseph Aoun aurait précisé à son interlocuteur américain que « l’unilatéralisme sécuritaire est une menace pour la stabilité, et non une solution ».
Al Bina’ (22 juillet 2025) rapporte que le président a formulé une critique implicite de la méthode américaine, qu’il juge trop centrée sur une logique d’injonction, sans prise en compte du contexte régional ni des réalités politiques internes. Selon la même source, il aurait déclaré : « Nous ne pouvons pas désarmer dans le vide, ni imposer à une composante nationale de renoncer à sa mission sans contrepartie sécuritaire réelle ».
Nawaf Salam : équilibre entre fermeté et ouverture
Le Premier ministre Nawaf Salam, s’exprimant également dans le cadre de la remise de la réponse officielle à Barak, a adopté un ton plus modéré tout en réaffirmant les fondamentaux de la position libanaise. Al Joumhouriyat (22 juillet 2025) rapporte qu’il a insisté sur « l’importance de préserver l’unité nationale dans ce moment de haute tension » et qu’il a appelé à « un dialogue inclusif entre toutes les composantes politiques du pays ».
Il aurait également souligné que le gouvernement libanais ne saurait accepter de calendrier de désarmement sans garantie préalable d’un arrêt total des hostilités israéliennes. Selon le quotidien, Nawaf Salam a déclaré : « Le gouvernement est ouvert à toute discussion sérieuse, mais il ne sacrifiera pas la stabilité interne sur l’autel d’un agenda extérieur ». Cette prise de position marque un positionnement d’équilibriste, entre les demandes de la communauté internationale et la réalité des équilibres politiques internes.
Toujours selon Al Bina’ (22 juillet 2025), le Premier ministre a évoqué l’idée d’un « mécanisme de désengagement encadré », qui permettrait de désamorcer la pression diplomatique sans rompre avec les partenaires internationaux. Il aurait également plaidé pour une implication accrue des Nations unies, afin que les engagements sécuritaires soient équilibrés et juridiquement encadrés.
Nabih Berri : ligne rouge autour du désarmement
Le président du Parlement, Nabih Berri, a pris la parole à plusieurs reprises ces derniers jours, notamment dans le cadre des préparatifs de la session parlementaire extraordinaire. Dans une déclaration rapportée par Al Joumhouriyat (22 juillet 2025), il a affirmé que « le désarmement du Hezbollah ne peut être abordé que dans le cadre d’un consensus national et non sur base de pressions extérieures ». Il a ajouté que « toute tentative de marginaliser la résistance est une agression contre la souveraineté ».
Nabih Berri a également évoqué la coordination avec le président Aoun et le Premier ministre Salam sur la réponse officielle, soulignant que « cette réponse reflète une position institutionnelle unifiée et non un point de vue partisan ». Cette clarification intervient après des critiques relayées dans certains milieux parlementaires, accusant la présidence du Parlement de jouer un rôle partisan dans les négociations.
Al Liwa’ (22 juillet 2025) précise que Berri a activement contribué à la rédaction des parties du document relatives à la souveraineté et à la coordination avec la FINUL. Il aurait insisté pour que le texte mentionne explicitement « l’engagement de l’armée libanaise à coopérer pleinement avec la FINUL tout en conservant son autonomie stratégique ».
Dans un passage plus offensif rapporté par Al Bina’ (22 juillet 2025), Berri a averti : « Nous sommes face à une tentative d’imposer une logique de reddition diplomatique ; notre devoir est de défendre l’équilibre constitutionnel et les fondements de l’État ». Ce ton résolu contraste avec la posture plus pragmatique du Premier ministre, mais il reflète la sensibilité d’une frange importante du Parlement.
Thomas Barak : une diplomatie ferme et conditionnelle
Le diplomate américain Thomas Barak, bien que n’ayant pas tenu de conférence de presse, a exprimé ses positions à travers ses échanges avec les responsables libanais. Al Akhbar (22 juillet 2025) rapporte que Barak aurait déclaré en privé que « les hésitations libanaises sont compréhensibles mais inacceptables à long terme ». Il aurait ajouté que « le temps joue contre la stabilité, et que les décisions courageuses sont attendues immédiatement ».
Selon la même source, Barak a averti que l’absence de progrès sur le dossier du désarmement pourrait entraîner « une reconsidération de l’engagement américain » en matière d’aide humanitaire et militaire. Cette pression indirecte, perçue comme une forme de chantage diplomatique, a suscité l’indignation de plusieurs responsables.
Al Bina’ (22 juillet 2025) indique que Barak a remis aux autorités libanaises un mémorandum confidentiel listant les attentes américaines, notamment la mise en place d’un calendrier de démantèlement des positions armées du Hezbollah au sud du Litani. Ce document, non publié, aurait été discuté lors d’une réunion restreinte entre les trois présidences.
Barak, selon Al Liwa’ (22 juillet 2025), a conclu ses échanges par une formule ambiguë : « L’avenir du Liban est entre ses mains, mais la communauté internationale observera ses choix ». Cette déclaration a été interprétée comme une ultime mise en garde avant d’éventuelles mesures diplomatiques plus fermes.
Autres prises de parole significatives
En marge des réunions officielles, d’autres figures politiques ont réagi publiquement ou par voie de presse. Le député Ali Hassan Khalil, proche de Nabih Berri, a déclaré dans Al Joumhouriyat (22 juillet 2025) que « le Liban ne peut pas être traité comme un simple point de transit pour des stratégies régionales étrangères ». Il a aussi insisté sur « le droit des Libanais à décider de leur architecture sécuritaire sans tutelle extérieure ».
Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, bien qu’absent des négociations directes, a publié un communiqué relayé par Al Bina’ (22 juillet 2025), dans lequel il critique « les manœuvres américaines visant à fracturer le front intérieur » et appelle à « un dialogue sur la défense nationale, incluant toutes les sensibilités politiques, y compris celles que l’Occident rejette ».
Enfin, plusieurs personnalités indépendantes ont exprimé leur inquiétude. Le député Fouad Makhzoumi a déclaré à Al Liwa’ (22 juillet 2025) : « Le Liban n’a plus le luxe de jouer les équilibristes ; il doit choisir entre l’isolement ou l’intégration régionale dans un cadre de neutralité active ».
Diplomatie : l’équilibre régional à l’épreuve des injonctions américaines
Une visite diplomatique sous haute tension
La visite du diplomate américain Thomas Barak à Beyrouth le 21 juillet 2025 s’est inscrite dans une séquence régionale marquée par l’escalade des tensions entre Israël et le Hezbollah, ainsi que par les pressions internationales visant à faire avancer le processus de désarmement dans le sud du Liban. Selon Al Liwa’ (22 juillet 2025), l’envoyé américain a présenté une série de recommandations assorties d’un calendrier à court terme, enjoignant les autorités libanaises à démanteler les infrastructures militaires du Hezbollah situées au sud du Litani, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Barak a rencontré successivement le président de la République Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri. À l’issue de ces échanges, une réponse officielle lui a été remise, contenant les positions libanaises consolidées. Cette réponse, présentée comme le fruit d’une concertation institutionnelle, reprend les constantes traditionnelles : refus de tout désarmement unilatéral, exigence d’un retrait israélien des territoires encore occupés et arrêt des violations aériennes du territoire libanais.
Selon Al Akhbar (22 juillet 2025), le ton de la visite a été moins conciliant qu’attendu. Barak aurait transmis aux responsables libanais une feuille de route définie à Washington, dans laquelle la question du désarmement figure comme prérequis à toute relance de l’aide américaine, y compris dans les domaines humanitaire et économique. Cette posture a été reçue avec réserve à Beyrouth, où elle est interprétée comme une tentative de conditionnalité politique masquée.
La réponse libanaise : souveraineté et conditionnalité
Face aux exigences américaines, la réponse libanaise insiste sur le principe de réciprocité. Al Joumhouriyat (22 juillet 2025) rapporte que le document remis à Barak conditionne tout engagement libanais à une série de mesures israéliennes concrètes. Ces dernières incluent le retrait total des zones encore occupées, notamment les fermes de Chebaa et les collines de Kfarchouba, ainsi que la cessation immédiate des incursions aériennes dans l’espace libanais.
Les autorités libanaises insistent également, selon Al Bina’ (22 juillet 2025), sur la nécessité de traiter la question du Hezbollah dans le cadre d’un dialogue national, et non sur base d’une pression extérieure. Le Liban rappelle que le Hezbollah est une composante politique légitime, représentée au Parlement, et que son désarmement sans consensus interne constituerait une violation de la souveraineté nationale.
Cette position, bien que ferme, se veut diplomatiquement construite. Al Liwa’ (22 juillet 2025) précise que Joseph Aoun a exprimé à Barak la volonté du Liban d’éviter l’escalade et de coopérer avec les partenaires internationaux, mais dans les limites fixées par le droit international et les équilibres internes.
Une diplomatie américaine jugée asymétrique
La méthode américaine est perçue comme déséquilibrée par une grande partie de la classe politique libanaise. Al Akhbar (22 juillet 2025) souligne que Barak n’a proposé aucune contrepartie de la part d’Israël, ni sur le plan militaire ni en matière de sécurité civile. Il n’a pas non plus évoqué de mesures de désescalade coordonnées, se contentant de formuler des exigences unilatérales.
Selon Al Bina’ (22 juillet 2025), plusieurs conseillers du président Aoun ont estimé que cette approche ne permet pas de construire une confiance diplomatique. L’un d’eux aurait déclaré sous anonymat : « On nous demande de désarmer alors que nos villages sont survolés chaque jour par des drones et que nos frontières sont violées par des patrouilles militaires israéliennes. Cela n’a rien d’un processus équilibré ».
Le Liban a donc choisi, selon Al Joumhouriyat (22 juillet 2025), de répliquer par une proposition structurée : la création d’un comité bilatéral sous l’égide des Nations unies, chargé de superviser l’application parallèle des engagements, tant par Israël que par le Liban. Cette proposition, bien que jugée raisonnable à Beyrouth, n’a pas suscité de réponse immédiate de la part de Barak.
Le poids du contexte régional
La pression diplomatique américaine s’inscrit dans un contexte régional de plus en plus instable. La situation à Gaza reste critique, avec des bombardements israéliens quotidiens ayant fait plusieurs dizaines de victimes civiles, selon Al Akhbar (22 juillet 2025). Cette intensification des hostilités a été dénoncée par plusieurs ONG et instances internationales, sans que les États-Unis ne formulent de critique à l’égard d’Israël.
Par ailleurs, la Syrie connaît une recrudescence des tensions, notamment dans la province de Sweida, où des affrontements ont opposé forces gouvernementales et groupes armés locaux. Al Bina’ (22 juillet 2025) mentionne que le gouvernement syrien accuse indirectement le Liban de servir de base de repli pour certaines factions rebelles, une accusation rejetée par Beyrouth.
Ces éléments viennent compliquer la posture libanaise, déjà affaiblie par une crise économique persistante et une fragmentation politique interne. Le Liban tente de se positionner comme un acteur souverain, mais se trouve de facto pris entre les exigences de ses partenaires occidentaux et les attentes de ses alliés régionaux, notamment l’Iran.
Perspectives et incertitudes
À l’issue de la visite de Barak, aucune percée diplomatique n’a été enregistrée. Al Liwa’ (22 juillet 2025) indique que les États-Unis ont demandé un délai de 72 heures pour répondre à la contre-proposition libanaise, sans engager de discussion technique immédiate. Cette absence de calendrier suscite des interrogations à Beyrouth, où certains responsables redoutent une radicalisation des positions américaines.
Dans le même temps, Al Akhbar (22 juillet 2025) rapporte que des consultations informelles ont été lancées avec plusieurs ambassades européennes, en vue d’élargir le cercle des garants d’un éventuel accord. La France, en particulier, aurait exprimé un intérêt à jouer un rôle de médiation, mais se heurterait à la réticence de Washington.
Le ministre libanais des Affaires étrangères, selon Al Bina’ (22 juillet 2025), envisage de se rendre à Bruxelles et à Moscou dans les prochains jours pour exposer la position libanaise. Cette tournée diplomatique viserait à rompre l’isolement progressif du Liban et à réaffirmer sa souveraineté dans les forums internationaux.
Politique internationale : recompositions stratégiques et tensions persistantes
Offensive israélienne et impasse à Gaza
Le 22 juillet 2025, les journaux libanais ont unanimement rapporté la poursuite des bombardements israéliens sur la bande de Gaza. Al Akhbar (22 juillet 2025) souligne que les frappes ont visé plusieurs infrastructures civiles, provoquant la mort d’au moins 27 personnes, dont 12 enfants, et blessant plus de 60 autres. L’armée israélienne justifie ces opérations par la présence de centres logistiques du Hamas, tandis que les autorités locales affirment que les cibles étaient principalement des immeubles résidentiels.
Les organisations humanitaires internationales ont exprimé leur inquiétude croissante face à une situation qualifiée de « catastrophique ». Selon les informations rapportées par Al Bina’ (22 juillet 2025), les hôpitaux de la bande de Gaza fonctionnent au minimum de leurs capacités en raison du blocus, et les stocks de médicaments sont presque épuisés. Plusieurs convois humanitaires ont été bloqués au poste de Rafah, alors même que les autorités égyptiennes avaient autorisé temporairement leur passage.
Le secrétaire général des Nations unies aurait demandé, selon Al Liwa’ (22 juillet 2025), une réunion d’urgence du Conseil de sécurité afin d’évaluer les violations du droit humanitaire dans la région. Cependant, aucune date précise n’a été communiquée. Les États-Unis, principal allié d’Israël, ont renouvelé leur soutien à Tel Aviv tout en appelant à « limiter les pertes civiles », une formule jugée insuffisante par de nombreux diplomates arabes.
Syrie : regain de tension à Sweida
La province syrienne de Sweida a été le théâtre d’affrontements violents entre l’armée gouvernementale et des groupes armés locaux. Al Akhbar (22 juillet 2025) indique que ces incidents auraient été provoqués par une tentative de Damas de reprendre le contrôle d’un bastion rebelle druze. Les combats ont causé la mort de 14 personnes et la fuite de plusieurs dizaines de familles vers les zones frontalières, notamment vers la Bekaa libanaise.
Selon Al Bina’ (22 juillet 2025), les autorités syriennes affirment que les groupes armés sont soutenus indirectement par des réseaux logistiques opérant depuis le Liban, ce que les autorités libanaises démentent fermement. Le gouvernement de Beyrouth a réaffirmé qu’aucune base arrière pour les opérations militaires ne serait tolérée sur son territoire, et que toute tentative d’infiltration serait traitée comme une menace à la sécurité nationale.
La situation à Sweida risque de compromettre les efforts de normalisation entre Damas et certains pays arabes, entamés depuis la réintégration de la Syrie dans la Ligue arabe. Al Liwa’ (22 juillet 2025) rapporte que plusieurs capitales du Golfe auraient exprimé leur « inquiétude » quant à l’évolution des opérations militaires syriennes, sans toutefois condamner officiellement le régime de Bachar el-Assad.
Ukraine : statu quo militaire et pressions diplomatiques
Sur le front européen, la guerre en Ukraine reste figée dans une dynamique d’usure. Al Bina’ (22 juillet 2025) rapporte que les forces russes et ukrainiennes continuent de s’affronter dans la région de Donetsk, sans que l’une ou l’autre partie ne réalise de percée stratégique. Les forces ukrainiennes, soutenues par l’OTAN, maintiennent une ligne défensive malgré les difficultés logistiques croissantes, notamment en munitions et carburants.
Les négociations entre Moscou et Kiev sont toujours au point mort. Selon Al Akhbar (22 juillet 2025), le Kremlin aurait proposé une trêve de 30 jours pour permettre la mise en place de corridors humanitaires, mais la partie ukrainienne exige au préalable un retrait partiel des troupes russes. Cette impasse diplomatique est renforcée par les tensions croissantes entre Moscou et Washington, qui continue de fournir un soutien militaire massif à l’Ukraine.
Al Joumhouriyat (22 juillet 2025) indique que la situation commence à diviser certains membres de l’Union européenne, notamment la Hongrie et la Slovaquie, qui demandent un changement de stratégie pour éviter un enlisement prolongé. Cette dissension interne pourrait affaiblir la cohérence du soutien européen à Kiev dans les mois à venir.
Iran : retour des sanctions et isolement stratégique
L’Iran fait face à un regain de pression internationale après la publication d’un rapport de l’AIEA affirmant que Téhéran a dépassé plusieurs seuils techniques dans son programme nucléaire. Selon Al Akhbar (22 juillet 2025), les États-Unis et leurs alliés européens ont décidé de réactiver une série de sanctions ciblées contre des entités iraniennes impliquées dans le développement d’uranium enrichi.
Téhéran a réagi en menaçant de se retirer définitivement du Traité de non-prolifération nucléaire si les sanctions ne sont pas levées. Al Liwa’ (22 juillet 2025) indique que le président iranien a qualifié ces mesures de « guerre économique » et a affirmé que l’Iran « ne cédera à aucune pression impérialiste ». Cette rhétorique marque un durcissement du discours officiel, qui pourrait rendre toute reprise de négociation encore plus difficile.
Le Liban suit de près cette évolution, étant donné les liens stratégiques entre le Hezbollah et l’Iran. Al Bina’ (22 juillet 2025) souligne que certains analystes craignent un effet de ricochet sur le front sud libanais, dans l’hypothèse où un conflit régional élargi éclaterait. Pour l’heure, aucun signal de mobilisation n’a été observé du côté du Hezbollah, qui reste concentré sur le dossier du désarmement.
États-Unis : Donald Trump et la nouvelle doctrine sécuritaire
Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump a engagé une réorientation de la politique étrangère américaine, centrée sur la projection de force et la réduction des engagements multilatéraux. Selon Al Akhbar (22 juillet 2025), la doctrine actuelle repose sur trois axes : pression maximale sur les ennemis stratégiques (Iran, Chine), soutien inconditionnel à Israël, et incitation aux alliés régionaux à assumer leur sécurité sans dépendance excessive à Washington.
Cette nouvelle stratégie est perceptible dans le traitement du dossier libanais. L’émissaire Thomas Barak a été envoyé non pas comme médiateur, mais comme transmetteur d’instructions. Al Bina’ (22 juillet 2025) souligne que cette méthode rompt avec les pratiques diplomatiques précédentes, où les représentants américains proposaient des formules de compromis. Désormais, les exigences sont fixées à l’avance, et le rôle du diplomate est de s’assurer de leur mise en œuvre.
Le changement de ton américain s’observe également dans la relation avec les Nations unies. Al Liwa’ (22 juillet 2025) indique que Washington envisage de réduire sa participation financière aux missions de maintien de la paix, y compris celle de la FINUL au Liban. Cette mesure, si elle était confirmée, affaiblirait considérablement la capacité opérationnelle des forces onusiennes dans le sud du pays.



