Une trêve prolongée, mais pas encore stabilisée
La journée du 18 mai 2026 est dominée par une contradiction nette. Le Liban obtient une prolongation de la trêve de 45 jours, mais le terrain reste soumis aux frappes, aux menaces et aux ripostes. Nahar du 18 mai 2026 indique que Beyrouth a insisté sur une période de 45 jours, alors qu’Israël voulait une durée plus courte. Cette durée aurait été obtenue par une intervention américaine. Le même journal souligne que cette prolongation ne vaut pas fixation réelle du cessez-le-feu. Israël continue ses frappes avec une marge d’action que des sources décrivent comme couverte par le droit de viser des objectifs du Hezbollah au nom de sa défense. En parallèle, les contacts libanais restent actifs pour bâtir une vraie formule de stabilisation avant la séance du 29 mai au Pentagone. Ainsi, la trêve devient moins un arrêt de la guerre qu’un délai politique. Elle donne du temps à la diplomatie. Mais elle ne retire pas au front sud sa violence. Nahar du 18 mai 2026 insiste aussi sur le fait que les sources diplomatiques occidentales appellent à ne pas « se noyer dans les attentes ». Selon cette lecture, Tel-Aviv ne se retirera pas facilement du Sud, et les négociations de Washington ne peuvent pas être isolées du dossier iranien et des efforts parallèles menés autour de la crise entre Washington et Téhéran.
Al Joumhouriyat du 18 mai 2026 adopte une formule proche, mais plus dure. Le quotidien estime que la trêve de 45 jours, entrée en vigueur à partir de minuit, ne devrait pas être très différente des deux versions précédentes du cessez-le-feu. Selon des milieux politiques cités par le journal, Tel-Aviv ne semble pas prête à accepter une fixation complète du cessez-le-feu comme le demande le Liban. Le même texte parle d’une trêve partielle, présentée comme le maximum que les autorités libanaises peuvent obtenir à ce stade. Il ajoute que le succès de l’effort diplomatique dépend d’une pression américaine sérieuse sur Israël. Sans cette pression, la trêve restera fragile. Elle permettra seulement de poursuivre les négociations directes dans un climat moins explosif, mais non dans un cadre apaisé. Ce point est central. Il montre que la diplomatie avance sans disposer encore de garanties suffisantes. Il montre aussi que l’État libanais négocie dans une marge étroite, entre la pression israélienne, le poids du Hezbollah, et la volonté américaine de garder le canal ouvert.
Washington tente de déplacer le conflit vers un cadre politico-sécuritaire
La nouveauté la plus importante tient au passage d’un simple mécanisme de surveillance à un dispositif plus large. Al Sharq du 18 mai 2026 rapporte que le suivi sécuritaire limité et indirect, jusque-là placé au niveau du mécanisme de contrôle, s’est déplacé vers une coordination plus directe et plus vaste entre le Liban et Israël. Selon le journal, ce nouveau chemin doit être lancé au ministère américain de la Défense le 29 mai, avec des délégations militaires des deux pays. Le volet politique, lui, doit reprendre les 2 et 3 juin, après trois tours déjà tenus. Cette architecture donne au dossier une double voie. D’un côté, le politique traite la forme générale de l’accord. De l’autre, le sécuritaire traite la mise en œuvre, l’armée libanaise, les zones du Sud, les garanties, le contrôle et le sort du Hezbollah. Al Sharq du 18 mai 2026 relève toutefois que la troisième ronde élargie s’est achevée sans que le gouvernement libanais obtienne, grâce à la pression américaine, l’arrêt du feu qu’il avait posé comme condition. Sur le terrain, le quotidien relève que les attaques israéliennes se sont intensifiées au Sud et dans la Békaa, alors que le communiqué libanais parlait d’un progrès diplomatique tangible.
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Al Liwa’ du 18 mai 2026 met en avant une autre clé de lecture. Le journal estime que la troisième ronde des négociations directes entre le Liban et Israël à Washington n’a pas seulement constitué une nouvelle station de dialogue sous parrainage américain. Elle est devenue, selon cette lecture, un test politique et sécuritaire pour l’avenir du conflit au Sud-Liban. Al Liwa’ du 18 mai 2026 insiste sur trois communiqués séparés, libanais, israélien et américain. Chacun reflète une lecture différente. Le Liban parle de fixation du cessez-le-feu, de garanties et de retour à la stabilité. Israël met l’accent sur les arrangements de sécurité durables et sur la nécessité d’empêcher le retour des menaces armées au Sud. Washington, enfin, cherche à maintenir un langage assez large pour éviter l’effondrement du processus. Cette différence de vocabulaire n’est pas secondaire. Elle révèle une négociation où les mêmes mots cachent des objectifs différents. Pour Beyrouth, la priorité est de mettre fin aux attaques. Pour Tel-Aviv, l’enjeu est de changer le rapport de force au Sud. Pour Washington, le but immédiat est d’empêcher un retour à la guerre ouverte.
Le front sud reste le vrai juge de la trêve
Al Quds du 18 mai 2026 donne la mesure humaine et militaire de cette impasse. Le journal rapporte que les frappes israéliennes contre les localités du Sud et de la Békaa se sont poursuivies, avec 19 morts et 98 blessés au cours des dernières 24 heures, malgré l’affirmation israélienne de respecter le cessez-le-feu. Il cite aussi le ministère libanais de la Santé, selon lequel le bilan de l’offensive israélienne depuis le 2 mars atteint 2988 morts et 9210 blessés. Al Quds du 18 mai 2026 rappelle que Washington a annoncé, le vendredi précédent, une prolongation de 45 jours de l’accord. Mais cette annonce se heurte à la réalité de frappes sur le terrain. Le journal évoque également un déplacement massif de population, déjà supérieur à un million et quart de personnes selon les données officielles mentionnées. Dès lors, la trêve n’est pas perçue de la même façon par les négociateurs et par les habitants du Sud. Dans les salles de discussion, elle peut être présentée comme une chance donnée au processus. Dans les villages bombardés, elle peut apparaître comme un prolongement de l’incertitude, voire comme un délai de plus sous la menace.
Nahar du 18 mai 2026 décrit ce même décalage à partir des alertes militaires. Le quotidien signale de nouveaux avertissements israéliens visant des localités dans la Békaa occidentale et à Nabatiyé. Il indique aussi que l’armée israélienne a annoncé l’interception de plusieurs roquettes tirées par le Hezbollah vers ses forces dans le Sud-Liban. Dans le même temps, des opérations du Hezbollah aux drones d’attaque et aux roquettes ont été signalées contre des rassemblements de soldats israéliens. Des informations ont fait état de blessés dans les rangs israéliens, dont des officiers et des soldats. Le terrain montre donc une scène de guerre contenue, mais non éteinte. Les attaques ne sont pas assez larges pour faire tomber tout le processus. Mais elles sont assez fortes pour le vider de son sens si elles continuent. C’est pourquoi Nahar du 18 mai 2026 parle d’une période d’essai. Ce terme résume bien l’enjeu. La trêve n’est pas encore un cadre. Elle est une épreuve de vérification, dans laquelle chaque camp teste l’autre et cherche à ne pas perdre l’avantage.
Israël cherche un gain politique que le terrain ne garantit pas
Le débat israélien pèse fortement sur le dossier. Al Sharq Al Awsat du 18 mai 2026 rapporte un différend entre Benjamin Netanyahu et l’armée israélienne autour de la guerre contre le Hezbollah au Liban. Selon des fuites relayées par des médias israéliens, l’armée demande au gouvernement de provoquer un « percée politique », car il n’existerait pas de solution purement militaire au désarmement du Hezbollah. Le journal souligne que, même en cas d’occupation de tout le Liban, l’armée ne pourrait garantir l’élimination de la dernière capacité de drones du parti. Netanyahu a répondu en accusant l’armée de carences. Il a affirmé avoir identifié depuis plusieurs années le danger lié aux drones iraniens, surtout après leur rôle dans la guerre en Ukraine. Cette querelle donne une forte indication. Israël poursuit la pression militaire. Mais une partie de son appareil sécuritaire reconnaît que le champ militaire seul ne suffit pas. Le coût humain, le problème des drones et la durée du conflit poussent donc vers une solution politique. Toutefois, cette solution politique ne signifie pas détente. Elle peut aussi viser à obtenir, par la négociation, ce que la guerre ne parvient pas à imposer seule.
Nahar du 18 mai 2026 renforce ce constat en citant une source de sécurité israélienne selon laquelle Israël n’arrêtera pas les frappes de drones et de missiles, même en cas d’occupation de tout le Sud-Liban. Cette source affirme qu’il faut obtenir une percée politique tout en préservant la capacité de dissuasion afin de changer la réalité au Sud. Le journal rapporte aussi que Yediot Aharonot évoque une étude israélienne sur l’élargissement de la guerre terrestre au Sud-Liban, faute de solution aux drones du Hezbollah. Selon des sources israéliennes citées dans le même article, les arrangements discutés avec le Liban incluraient un mécanisme de coordination militaire sous supervision américaine, et ce mécanisme pourrait être discuté au début de juin. Nahar du 18 mai 2026 note enfin que des sources sécuritaires à Tel-Aviv ont parlé de cinq conditions israéliennes pour un retrait du Sud-Liban. Ces conditions auraient creusé l’écart dans les discussions. Cela confirme que l’enjeu n’est pas seulement la durée de la trêve. Il porte sur le contenu du retrait, sur le rôle de l’armée libanaise, sur le niveau de contrôle américain et sur la place future du Hezbollah au Sud.
Le Hezbollah reste absent de la table, mais présent sur le terrain
La difficulté majeure tient à la présence indirecte du Hezbollah. Al Sharq du 18 mai 2026 écrit qu’aucun retrait israélien, même progressif, n’est garanti à court terme. Le journal ajoute qu’Israël ne croit pas encore à la capacité de l’État libanais, seul, de démanteler l’armement du Hezbollah. De son côté, le Hezbollah ne montre pas de décision d’arrêter les ripostes tant que les attaques israéliennes se poursuivent. Al Sharq du 18 mai 2026 résume cette situation par une série de refus parallèles : pas de retrait israélien immédiat, pas de confiance israélienne dans la capacité de l’État libanais à agir seul, pas de cessez-le-feu complet visible, et pas d’arrêt des réponses du Hezbollah sous les frappes. Le problème est donc structurel. Israël est à la table. Le Liban officiel aussi. Washington encadre. Mais l’acteur qui détient une grande part de la carte militaire sur le terrain n’est pas assis directement dans la salle. Cette absence complique toute promesse. Elle oblige les autorités libanaises à négocier des engagements qu’elles doivent ensuite faire accepter dans un rapport interne délicat.
Al Akhbar du 18 mai 2026, dans une lecture critique de la ligne officielle libanaise, estime que le discours sur le « cessez-le-feu actuel » ignore la perception des habitants du Sud, de la banlieue sud de Beyrouth et de la Békaa, qui ne vivent pas une vraie suspension des hostilités. Le journal critique aussi l’usage officiel de l’expression « élan politique » et demande ce que le Liban a obtenu en échange. Cette position reflète la lecture d’un camp qui voit dans les négociations un risque de concessions imposées. Elle ne peut être prise comme seule grille d’analyse. Mais elle est utile pour comprendre l’une des résistances internes au processus. Le débat ne porte pas seulement sur Israël. Il porte aussi sur la confiance dans l’État, sur la portée de la médiation américaine et sur la crainte de voir le dossier militaire se transformer en pression politique interne. À l’autre bout du spectre, plusieurs sources insistent au contraire sur la nécessité de donner une chance à la diplomatie pour éviter une guerre plus large. C’est cette tension qui définit la séquence actuelle.
Une trêve suspendue aux garanties américaines
Al Joumhouriyat du 18 mai 2026 rapporte qu’un accord sécuritaire est en cours d’élaboration dans les négociations directes libano-israéliennes sous parrainage américain. Mais le journal précise que tous les détails et toutes les phases ne sont pas achevés. Il cite aussi des milieux selon lesquels le cessez-le-feu ne pourra être stabilisé que si Washington exerce une pression sérieuse sur Tel-Aviv. Cette dépendance à l’arbitrage américain est décisive. Elle montre que l’État libanais ne dispose pas encore, seul, de moyens suffisants pour imposer l’arrêt des opérations israéliennes. Elle montre aussi que le calendrier militaire est lié au calendrier diplomatique. Le 29 mai au Pentagone doit donc servir de test. Il dira si la trêve de 45 jours peut devenir un début d’accord, ou si elle restera une simple pause administrée entre deux vagues de frappes.
Al Joumhouriyat du 18 mai 2026 indique par ailleurs que les attaques israéliennes ont augmenté dans le Sud et la Békaa occidentale, causant cinq morts et des dizaines de blessés, tandis que le Hezbollah a répondu par des drones d’attaque et des armes à roquettes contre des positions israéliennes. Le même journal cite un bilan cumulé du ministère libanais de la Santé faisant état de 2988 morts et 9210 blessés entre le 2 mars et le 17 mai. Il rapporte aussi une déclaration attribuée à une source de sécurité israélienne affirmant que les frappes de drones et de missiles ne s’arrêteront pas, même si Israël occupait tout le Sud-Liban. La trêve se trouve donc enfermée dans une logique paradoxale. Elle existe dans les textes, les communiqués et les calendriers. Mais elle reste contestée par les faits militaires. Le dossier se joue désormais entre trois niveaux : le front, la table de Washington et l’équilibre interne libanais. Dans cette équation, la question n’est plus seulement de savoir si la trêve a été prolongée. Elle est de savoir si quelqu’un peut en imposer les règles.
Politique locale: le pouvoir libanais face au dilemme Hezbollah-négociations
Une présidence au centre d’un équilibre fragile
La politique locale libanaise du 18 mai 2026 se concentre sur une question centrale : qui peut garantir l’arrêt du feu, et à quel prix politique interne ? Nahar du 18 mai 2026 rapporte que le Liban poursuit ses efforts entre Washington et Beyrouth pour fixer la trêve prolongée. Le journal indique que les contacts se sont intensifiés entre le Liban officiel, les États-Unis, Israël, puis entre le pouvoir libanais et le Hezbollah par l’intermédiaire du président de la Chambre, Nabih Berri. Cette donnée place Joseph Aoun au centre d’un mécanisme délicat. Le président cherche à obtenir une pression américaine sur Israël. Mais il doit aussi tenir compte d’un acteur armé qui ne se confond pas avec l’État. Ainsi, la scène politique ne se limite pas à une négociation extérieure. Elle met à l’épreuve la capacité de l’exécutif à parler au nom du pays, tout en cherchant un accord avec une force qui détient encore une part majeure de la décision militaire sur le terrain.
Al Sharq Al Awsat du 18 mai 2026 décrit le même mécanisme en termes plus institutionnels. Selon des sources officielles libanaises citées par le journal, Joseph Aoun mène des contacts directs avec le médiateur américain afin de contraindre Israël à appliquer l’accord, tandis que Nabih Berri assure le lien avec le Hezbollah pour garantir son engagement. Les discussions portent sur l’arrêt de toutes les actions militaires des deux côtés. Le but affiché est d’empêcher les violations qui avaient marqué les semaines précédentes. Cette répartition des rôles éclaire le fonctionnement réel du pouvoir. Joseph Aoun agit sur le canal international. Nabih Berri agit sur le canal interne chiite. Le gouvernement de Nawaf Salam doit, lui, maintenir la cohérence officielle d’une politique qui engage l’armée, les institutions et la souveraineté. Le système politique libanais apparaît donc comme un montage de relais. Il avance par médiations successives, plutôt que par une chaîne de commandement unique.
Al Akhbar du 18 mai 2026 donne une lecture plus critique de la même séquence. Le journal affirme que la présidence promeut une proposition de cessez-le-feu global des opérations militaires, tout en laissant le dossier du retrait israélien aux résultats des négociations sécuritaires et militaires. Selon Al Akhbar du 18 mai 2026, des sources proches du dossier évoquent aussi le rôle de l’ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamadeh, dans la transmission d’informations liées aux contacts américains. Le journal ajoute que des proches de Joseph Aoun parlent d’une coordination avec Nabih Berri pour joindre le Hezbollah et obtenir son engagement à suspendre les opérations militaires. Cette lecture révèle le soupçon d’une partie du champ politique. Pour Al Akhbar, le pouvoir vendrait une perspective de stabilisation sans disposer encore d’un engagement israélien solide. Le débat local porte donc autant sur la guerre que sur la confiance envers la méthode présidentielle.
Le Hezbollah, absent de la table mais présent dans toute l’équation
Le Hezbollah reste l’acteur central de la politique locale, même quand il n’est pas physiquement présent dans les salles de négociation. Al Sharq du 18 mai 2026 résume cette contradiction par une série de blocages. Le journal écrit qu’il n’y a pas, à ce stade, de retrait israélien garanti, même progressif. Il n’y a pas non plus de confiance israélienne dans la capacité de l’État libanais à démanteler seul l’armement du Hezbollah. Il n’y a pas de cessez-le-feu complet sur le court terme. Enfin, il n’y a pas de décision claire du Hezbollah de stopper ses ripostes tant que les attaques israéliennes continuent. Ce faisceau de refus place l’État face à un dilemme. Il doit négocier avec Israël sous parrainage américain. Mais l’un des principaux détenteurs de la décision militaire reste hors du cadre direct. Ainsi, la souveraineté libanaise se trouve disputée entre une logique institutionnelle et une réalité de terrain.
Al Quds du 18 mai 2026 rapporte que des informations ont circulé selon lesquelles Nabih Berri aurait dit à Joseph Aoun que le Hezbollah respecterait le cessez-le-feu si Israël le respectait. Le journal précise toutefois que cette formule ne serait pas exacte. Selon des informations à Beyrouth, Nabih Berri voudrait d’abord un cessez-le-feu complet, puis traiter les autres dossiers ensuite. La nuance est importante. Elle montre que Berri ne se présente pas seulement comme messager du Hezbollah. Il agit comme garant d’un ordre de priorité politique. D’abord l’arrêt du feu. Ensuite les discussions sur les dossiers lourds. Cette approche cherche à éviter que le Liban entre dans le débat sur le désarmement ou sur les arrangements de sécurité pendant que les frappes se poursuivent. Mais elle ne règle pas la question principale : comment traduire un engagement politique en discipline militaire effective sur le terrain ?
Al Quds du 18 mai 2026 met aussi en avant la réaction officielle du Hezbollah à l’anniversaire de l’accord du 17 mai. Le parti rejette toute pression ou tutelle extérieure, américaine ou autre, qui chercherait selon lui à imposer au Liban un chemin portant atteinte à sa souveraineté et à son indépendance. Il affirme également que l’acceptation de négociations directes renforcerait les gains israéliens au détriment du Liban et de ses habitants. Dans un autre passage, le Hezbollah appelle l’autorité libanaise à coopérer dans le cadre d’un consensus national pour obtenir le retrait complet d’Israël, l’arrêt définitif des attaques, la libération des prisonniers, le retour des habitants et la reconstruction sans conditions. Ces positions placent la formation de Naim Kassem dans une posture de pression sur le pouvoir. Elle refuse que l’État transforme la trêve en concession politique. Elle veut aussi conserver le vocabulaire de la résistance comme cadre principal de la décision nationale.
Joumblatt rouvre la question de la décision au sein du Hezbollah
Nahar du 18 mai 2026 donne à la scène politique un angle plus personnel et plus direct avec les propos de Walid Joumblatt. Le journal rapporte que le chef de Moukhtara a déclaré, dans un entretien accordé à un média français, qu’il ne savait plus qui dirige réellement le Hezbollah. Il a ajouté que le secrétaire général actuel, Naim Kassem, serait selon lui un simple porte-parole, et non le véritable détenteur de la décision. Joumblatt a opposé cette situation à celle qui existait sous Hassan Nasrallah, avec qui, selon lui, il était possible de dialoguer parce qu’il connaissait le Liban à sa manière et disposait d’une large base populaire. La formule est politiquement lourde. Elle ne vise pas seulement Naim Kassem. Elle interroge la structure de décision du Hezbollah après la disparition de son ancien chef. Elle pose aussi une question pratique : avec qui l’État ou les autres forces politiques peuvent-ils discuter si l’interlocuteur visible n’est pas perçu comme l’arbitre réel ?
Nahar du 18 mai 2026 rapporte également la perception attribuée au Hezbollah après ces déclarations. Selon le journal, le parti juge que les propos de Joumblatt ouvrent des portes d’irritation et d’affrontement verbal. Il estime aussi ne pas avoir demandé à Joumblatt un dialogue en vue d’améliorer la relation, l’objectif principal étant plutôt de garder une forme de gestion du désaccord. Ce point indique que le rapport entre Moukhtara et le Hezbollah n’est pas une alliance active, mais une coexistence sous contrôle. La tension est ancienne. Elle revient ici au moment où le pays a besoin de canaux politiques internes. La sortie de Joumblatt montre que le dialogue national n’est pas seulement bloqué par la guerre. Il est aussi fragilisé par une crise de confiance sur la représentativité des interlocuteurs. En d’autres termes, la question n’est pas seulement de savoir ce que veut le Hezbollah, mais qui peut l’engager.
Dans le même temps, Al Sharq du 18 mai 2026 cite des positions politiques qui appellent à séparer l’intérêt libanais des choix iraniens et de ceux du Hezbollah. Le journal rapporte une lecture selon laquelle la participation de Nabih Berri au suivi du processus de négociation traduit une forme de réalisme politique. Cette lecture estime que les choix du Hezbollah peuvent entraîner le pays vers un danger extrême, et que la période à venir exige un engagement clair sur le monopole des armes par l’État. En face, Al Sharq du 18 mai 2026 rapporte une position du député Ibrahim Mousawi, membre du bloc de la fidélité à la résistance, qui dénonce ceux qui, selon lui, renient le sacrifice pour la patrie et poignardent les patriotes dans le dos. Ces deux prises de position dessinent une fracture locale. Pour les uns, le salut passe par le retour de la décision militaire à l’État. Pour les autres, la résistance reste une part du patriotisme, et sa mise en cause relève d’un alignement contre elle.
L’armée libanaise sous pression politique et stratégique
La politique locale se déplace aussi vers l’armée. Al Joumhouriyat du 18 mai 2026 souligne que le nouveau parcours sécuritaire inquiète la direction militaire libanaise. Le journal précise que la formation du futur éventuel comité ou de la délégation militaire peut devenir une difficulté, en raison de la sensibilité de l’équilibre confessionnel. Mais la difficulté principale tient au contenu du dossier. Le projet israélien et américain porte sur la structure militaire du Hezbollah et sur ses armes. Le quotidien cite aussi les propos du commandant de Centcom, l’amiral Brad Cooper, selon lesquels l’objectif américain principal du soutien à l’armée libanaise serait de faire face au Hezbollah. Selon Al Joumhouriyat, cette formulation conduit à l’idée que l’aide annuelle américaine à l’armée pourrait être liée de plus en plus directement à une mission de désarmement du parti.
Al Joumhouriyat du 18 mai 2026 ajoute toutefois une donnée essentielle. La direction de l’armée aurait déjà fait savoir à plusieurs reprises et de plusieurs façons qu’elle refuse un choc militaire avec le Hezbollah pour des raisons liées à la protection de la stabilité interne. Cette position est décisive pour lire la politique locale. L’armée peut être appelée à renforcer son déploiement. Elle peut aussi être placée au cœur du mécanisme sécuritaire avec les États-Unis. Mais elle ne veut pas devenir l’instrument d’une confrontation interne. L’État cherche donc une voie étroite. Il doit convaincre l’extérieur qu’il peut reprendre le contrôle du territoire. Il doit en même temps éviter une rupture interne qui ferait exploser le pays. Dans cette équation, l’armée apparaît comme l’institution à la fois la plus demandée et la plus exposée.
Al Quds du 18 mai 2026 indique que la réunion prévue au Pentagone le 29 mai doit traiter de la limitation des armes, du renforcement des brigades de combat de l’armée libanaise, du retrait israélien, du déploiement de l’armée libanaise, ainsi que de l’activation du mécanisme de surveillance de l’accord de cessez-le-feu et de vérification. Ces points montrent que le débat politique local ne peut plus être séparé de la mécanique militaire. Chaque dossier renvoie à une institution libanaise. Le retrait israélien renvoie à la présidence et à la diplomatie. La limitation des armes renvoie au Hezbollah, au Parlement et au gouvernement. Le renforcement de l’armée renvoie aux équilibres internes. La vérification renvoie au rôle américain. Le Liban entre donc dans une phase où chaque concession technique peut devenir une crise politique.
Les dossiers internes ravivent les logiques de partage
La guerre n’efface pas les autres dossiers politiques. Elle les rend parfois plus tendus. Al Sharq du 18 mai 2026 rapporte que le dossier de la loi d’amnistie générale est entré dans ce que le journal décrit comme la fournaise du bazar politique et confessionnel. Le quotidien indique que le rendez-vous consultatif du lundi reste maintenu malgré l’absence prévue de grands blocs parlementaires, notamment les Forces libanaises et des indépendants. Il ajoute que plusieurs députés estiment que les causes qui peuvent faire échouer la proposition sont toujours présentes. Certains évoquent déjà des issues légales différentes pour libérer les détenus islamistes, comme l’amnistie spéciale, l’accélération des procès ou leur révision. La politique locale apparaît donc divisée entre l’urgence du front et les vieux réflexes de négociation communautaire.
Nahar du 18 mai 2026 relève, de son côté, la froideur du tandem chiite face au débat sur l’amnistie. Le journal note que ce tandem ne fait pas de ce dossier une cause de destin, contrairement aux députés sunnites qui défendent le dossier des détenus islamistes. Il ne pousse pas non plus l’opposition à l’inclusion des personnes parties vers Israël, même s’il conserve son jugement sur elles. Cette prudence peut être lue comme un choix tactique. Le tandem chiite garde ses forces pour les dossiers de guerre, de négociation et de souveraineté. Il évite d’apparaître comme partie centrale dans un débat qui pourrait rallumer des tensions confessionnelles inutiles. Mais cette distance ne supprime pas le malaise. Elle confirme que le Parlement reste traversé par des logiques de troc politique.
Al Akhbar du 18 mai 2026 ajoute un autre dossier local avec les nominations dans les douanes. Le journal rapporte que certains employés évoquent une influence accrue des Forces libanaises au sein de la direction, et attribuent l’arrivée de la responsable concernée à un soutien venu du palais présidentiel. Cette affirmation reste attribuée au quotidien et aux sources citées par lui. Elle illustre cependant un autre aspect de la scène politique. Alors que le pays négocie son avenir sécuritaire, les administrations demeurent des lieux de compétition entre partis, réseaux et présidence. La reconstruction de l’autorité de l’État ne passe donc pas seulement par le Sud ou par les armes. Elle passe aussi par les nominations, la neutralité administrative, la justice et la capacité à empêcher que chaque institution devienne un champ de partage partisan.
Citation et discours des personnalités politiques: souveraineté, guerre et rejet du 17 mai
Joseph Aoun et le langage institutionnel de la stabilité
Al Quds du 18 mai 2026 rapporte que Joseph Aoun a appelé l’émir du Koweït, Mechaal Al Ahmad Al Jaber Al Sabah, pour évoquer les développements au Liban, au Koweït et dans la région. Le président libanais a exprimé la solidarité du peuple libanais avec le peuple koweïtien dans une phase jugée délicate. Il a aussi remercié le Koweït pour son soutien au Liban et à ses citoyens. Le même échange permet à Joseph Aoun de placer son discours dans un registre classique de relations arabes. Il ne parle pas seulement de guerre. Il parle de soutien, de stabilité et de sécurité. L’émir du Koweït répond, selon Al Quds du 18 mai 2026, en affirmant que son pays reste aux côtés du Liban, surtout dans cette étape sensible. Il soutient aussi les mesures prises par Beyrouth pour obtenir la sécurité, la stabilité et le retour de sa souveraineté sur tout son territoire. Ce vocabulaire est important. Il donne au discours présidentiel une portée diplomatique. Il cherche à montrer que la crise libanaise n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un espace arabe où le Liban veut encore mobiliser des appuis.
Al Akhbar du 18 mai 2026 présente une lecture plus critique du discours présidentiel. Le journal affirme que Joseph Aoun promeut une proposition de cessez-le-feu global des opérations militaires, tout en laissant le dossier du retrait israélien aux résultats de négociations sécuritaires et militaires. Selon des sources citées par Al Akhbar du 18 mai 2026, la présidence parle d’un contact avec Washington pour pousser Israël à respecter les clauses de la trêve. Les proches de Joseph Aoun évoquent aussi une coordination avec Nabih Berri. Le but serait de joindre le Hezbollah et d’obtenir son engagement à arrêter les opérations militaires. Le journal estime toutefois que ce discours risque de donner une image politique plus rassurante que la réalité du terrain. Ainsi, le même fait reçoit deux lectures. Du côté présidentiel, le langage est celui d’une chance diplomatique. Du côté critique, il devient un langage de pari incertain. Cette tension montre que les mots de la présidence sont déjà un enjeu de politique intérieure.
Nabih Berri et la formule prudente du cessez-le-feu
Al Quds du 18 mai 2026 rapporte que des informations ont circulé selon lesquelles Nabih Berri aurait dit à Joseph Aoun que le Hezbollah respecterait le cessez-le-feu si Israël le respectait. Le journal précise toutefois que cette formulation n’est pas exacte. Selon les informations reprises à Beyrouth, Nabih Berri voudrait d’abord un arrêt complet du feu, puis laisser le reste des dossiers à une étape suivante. Cette nuance change le sens du propos. Berri ne donne pas un chèque en blanc. Il ne promet pas non plus une discipline militaire automatique. Il place l’ordre des priorités au centre de son discours. D’abord le silence des armes. Ensuite la discussion sur le reste. Cette parole sert donc à protéger la position libanaise. Elle évite de mettre le Hezbollah sous engagement public avant un arrêt israélien réel. Elle évite aussi de donner à Israël la possibilité d’obtenir des concessions pendant que les frappes continuent.
Dans le même passage, Al Quds du 18 mai 2026 rapporte que la préparation de la réunion sécuritaire du 29 mai au Pentagone porte sur la limitation des armes, le renforcement des brigades de combat de l’armée libanaise, le retrait israélien, le déploiement de l’armée libanaise et l’activation du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu. Le discours attribué à Nabih Berri doit donc être lu dans ce contexte. Il ne s’agit pas d’une simple phrase de médiation. Il s’agit d’un cadrage politique. Berri semble dire que le débat sur les armes ne peut pas précéder l’arrêt des attaques. En même temps, il conserve son rôle de passage obligé entre l’État et le Hezbollah. Sa parole garde donc deux fonctions. Elle calme la scène institutionnelle. Elle laisse aussi au Hezbollah une marge de manœuvre. Cette position reflète une longue méthode politique. Elle consiste à ne pas fermer la porte aux négociations, tout en refusant de transformer la pression militaire israélienne en avantage politique pour Tel-Aviv.
Le Hezbollah entre mémoire du 17 mai et refus des pressions
Al Quds du 18 mai 2026 consacre une place centrale au communiqué du Hezbollah publié à l’occasion du quarante-troisième anniversaire de l’accord du 17 mai 1983. Le parti y parle d’un accord de « honte » et de « humiliation », selon la traduction du sens général du texte. Il replace cet anniversaire dans une période qu’il juge très dangereuse. Il évoque l’agression américaine et israélienne contre la région et contre le Liban. Il accuse aussi Israël de poursuivre l’occupation, les destructions, les assassinats et la violation de l’espace libanais. Le discours du Hezbollah ne sépare donc pas la mémoire historique du moment actuel. Au contraire, il les relie. Le 17 mai devient un avertissement. Il sert à dire que toute négociation directe avec Israël pourrait reproduire, sous une forme nouvelle, une faute nationale déjà rejetée par l’histoire politique libanaise.
Al Quds du 18 mai 2026 rapporte aussi que le Hezbollah rejette toute pression ou tutelle extérieure, américaine ou non, qui chercherait à imposer au Liban une voie contraire à sa souveraineté, à son indépendance et à sa dignité. Le parti affirme que les déclarations de responsables israéliens sur des projets de colonisation ou de contrôle du territoire libanais confirment, selon lui, les ambitions d’Israël sur la terre, l’eau et les ressources naturelles du Liban. Il ajoute que l’acceptation de négociations directes renforcerait les gains israéliens au détriment du Liban et de ses habitants. Ce discours repose sur trois mots clés : souveraineté, résistance et refus. Le Hezbollah ne parle pas seulement de ses armes. Il cherche à inscrire ses armes dans une vision nationale. Cette vision est contestée par d’autres forces libanaises. Mais elle reste le cœur de son langage politique.
Al Bina’ du 18 mai 2026 reprend une ligne proche à travers les positions de partis et forces nationales hostiles au retour d’un scénario du 17 mai. Le journal cite le Parti syrien national social, selon lequel la chute de l’accord de 1983 avait rendu au Liban sa dignité, son identité nationale et son appartenance. Le parti estime que toute tentative de reproduire cette expérience, sous une forme politique ou négociée, constitue un danger direct pour les constantes nationales et pour l’unité des Libanais. Al Bina’ du 18 mai 2026 ajoute que les fuites autour des négociations directes à Washington confirment, selon ce courant, la gravité de ce chemin. Cette rhétorique refuse de distinguer nettement la forme d’une négociation et son contenu. Pour ces forces, le fait même de négocier directement avec Israël crée un risque de normalisation. La parole politique sert alors à dresser une limite symbolique. Elle dit ce qui ne doit pas être franchi, même au nom de la trêve.
Fouad Makhzoumi et le discours du monopole de l’État
Al Quds du 18 mai 2026 rapporte une position du député Fouad Makhzoumi, qui affirme que le temps des armes hors de l’État est terminé. Il estime que toute prochaine entente doit consolider l’autorité de l’État libanais et lui réserver seul la décision de guerre et de paix. Il voit dans la prolongation du cessez-le-feu et dans le lancement des deux voies politique et sécuritaire sous parrainage américain une chance de reconstruire l’État. Il insiste aussi sur le rôle de l’armée libanaise comme seule référence pour protéger les frontières, la terre et le peuple. Ce discours se situe à l’opposé du vocabulaire du Hezbollah. Là où le parti parle de résistance, Makhzoumi parle de monopole légal. Là où le Hezbollah insiste sur les pressions extérieures, Makhzoumi insiste sur la centralité de la décision nationale dans les institutions.
Cette prise de position rapportée par Al Quds du 18 mai 2026 est importante car elle traduit un courant politique libanais qui voit dans la séquence actuelle une occasion. Pour ce courant, le cessez-le-feu n’est pas seulement une pause militaire. Il doit devenir le début d’une remise en ordre interne. La phrase sur la décision de guerre et de paix est le noyau du propos. Elle vise directement le Hezbollah sans toujours le nommer comme adversaire absolu. Elle dit que la stabilité durable ne peut pas reposer sur deux centres de décision. Le discours de Makhzoumi rejoint donc une lecture institutionnelle de la crise. Cette lecture peut se heurter à la réalité du terrain. Elle peut aussi être accusée par ses adversaires de reprendre une pression extérieure. Mais elle existe clairement dans la scène politique. Elle rappelle que la bataille des mots porte aussi sur la définition même de l’État.
Le discours israélien entre aveu militaire et pression politique
Al Sharq Al Awsat du 18 mai 2026 rapporte un débat interne israélien très significatif. Selon des fuites publiées par des médias hébreux, l’armée israélienne demande au gouvernement de Benjamin Netanyahu de provoquer une percée politique au Liban. Elle affirme qu’il n’existe pas de solution militaire pour désarmer le Hezbollah. Elle ajoute que même une occupation de tout le Liban ne garantirait pas l’élimination de la dernière capacité de drones du parti. Ce propos est fort. Il ne vient pas d’un adversaire d’Israël. Il vient de l’intérieur du débat sécuritaire israélien. Il montre que la guerre a atteint une limite. La puissance de feu peut frapper. Elle peut détruire. Mais elle ne suffit pas à régler le problème stratégique. Le discours militaire israélien devient donc un aveu. Il reconnaît que le champ politique est nécessaire, même si ce champ peut servir à imposer d’autres formes de pression au Liban.
Al Sharq Al Awsat du 18 mai 2026 rapporte aussi la réaction de Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre israélien accuse l’armée de carences. Il affirme avoir découvert depuis six ans le danger lié à l’acquisition par le Hezbollah de drones iraniens. Il dit avoir demandé à la direction militaire d’agir face à ce risque, surtout après le rôle des drones dans la guerre en Ukraine. Cette réponse déplace la faute vers l’armée. Elle vise aussi l’opinion israélienne. Netanyahu cherche à se présenter comme celui qui avait vu le danger avant les autres. Mais cette parole a un autre effet. Elle confirme que le dossier des drones est devenu central dans la guerre du Sud-Liban. Elle confirme aussi que le désaccord israélien porte sur la méthode. Faut-il plus de guerre, ou faut-il une percée politique ? La réponse israélienne reste floue. Mais le débat public révèle une fatigue stratégique.
Al Quds du 18 mai 2026 cite de son côté une source de sécurité israélienne selon laquelle même une avancée terrestre plus profonde dans le Sud-Liban ne peut pas empêcher la stratégie d’usure du Hezbollah, fondée sur les roquettes et les drones. La même source estime que l’action militaire seule ne suffit pas. Elle appelle à une percée politique, tout en maintenant une dissuasion militaire de long terme pour changer la réalité. Cette formule résume la ligne israélienne la plus probable. Elle ne veut pas choisir entre guerre et politique. Elle veut les combiner. Le discours israélien ne dit donc pas que la guerre doit finir. Il dit que la guerre doit être prolongée par une pression politique. Pour le Liban, cette phrase est lourde. Elle signifie que toute négociation pourrait être menée sous la menace. Elle explique aussi pourquoi le langage libanais sur les garanties reste prudent.
Le discours de la rue sudiste et la défiance envers la trêve
Al Quds du 18 mai 2026 rapporte qu’après l’annonce de la prolongation de 45 jours du cessez-le-feu et la préparation de la réunion du Pentagone, une vague de colère a éclaté sur les réseaux sociaux. Le journal évoque un sentiment d’amertume chez des habitants du Sud, qui ont l’impression que le pouvoir a prolongé leur souffrance pour 45 jours de plus. Cette formule n’est pas un discours officiel. Mais elle a une valeur politique. Elle montre que les mots de la trêve ne sont pas reçus de la même façon dans les chancelleries et dans les villages touchés. Pour les négociateurs, la trêve donne du temps. Pour une partie des habitants, elle peut ressembler à un délai pendant lequel les frappes continuent. Cette parole sociale pèse sur la scène politique. Elle limite la capacité du pouvoir à présenter la séquence comme une réussite simple.
Al Joumhouriyat du 18 mai 2026 rapporte que les attaques israéliennes se sont intensifiées au Sud et dans la Békaa occidentale, avec cinq morts et des dizaines de blessés. Le journal ajoute que le Hezbollah a répondu par des drones d’attaque et des armes à roquettes contre des positions israéliennes. Il cite aussi une source israélienne disant que les frappes de drones et de missiles ne s’arrêteront pas, même en cas d’occupation de tout le Sud-Liban. Ce type de déclaration rend le discours de trêve très fragile. Il donne aux critiques internes un argument direct. Comment parler d’apaisement si des responsables ou sources sécuritaires parlent déjà de poursuite des frappes ? Ainsi, les citations du 18 mai construisent une scène divisée. Les uns parlent d’État, de souveraineté et de stabilité. Les autres parlent de résistance et de refus. Israël parle de percée politique sous pression militaire. Entre ces registres, la parole sudiste reste la plus concrète. Elle demande d’abord que le feu s’arrête.
Diplomatie: Washington installe deux voies de négociation
Une médiation américaine devenue centre de gravité
Nahar du 18 mai 2026 présente la prolongation de la trêve de 45 jours comme un résultat obtenu par l’insistance libanaise et par une intervention américaine. Le journal indique que le Liban voulait cette durée, alors qu’Israël souhaitait une période plus courte. Mais Nahar du 18 mai 2026 précise aussi que cette prolongation ne fixe pas encore le cessez-le-feu. Elle ouvre plutôt une nouvelle période d’essai. Le même journal rapporte que les contacts se sont poursuivis entre Washington et Beyrouth pour installer un mécanisme avant la réunion prévue le 29 mai au Pentagone. Cette donnée place les États-Unis au cœur du dossier. Washington ne se limite plus à parrainer des échanges. Elle fixe le rythme, protège le canal et garde la main sur le passage de la trêve vers un cadre plus durable.
Nahar du 18 mai 2026 cite aussi des sources diplomatiques occidentales qui appellent à ne pas « se noyer dans les attentes ». Selon ces sources, Israël ne se retirera pas facilement du Sud-Liban. Elles estiment aussi que les négociations de Washington ne peuvent pas être séparées de ce qui se joue sur le dossier iranien et dans les contacts menés par le Pakistan. Ainsi, la diplomatie libanaise ne se déroule pas dans un vide régional. Elle dépend d’un climat plus large. Si le canal entre Washington et Téhéran se bloque, le front sud peut redevenir plus dur. Si un apaisement se dessine, le Liban peut bénéficier d’un espace plus favorable. La trêve de 45 jours devient donc un outil diplomatique fragile. Elle donne du temps, mais elle ne donne pas encore de garantie.
Le Pentagone comme lieu du volet sécuritaire
Al Sharq du 18 mai 2026 décrit le changement le plus net du processus. Selon le journal, la coordination sécuritaire limitée et indirecte, jusque-là liée au mécanisme de surveillance, s’est déplacée vers une coordination plus directe et plus large entre le Liban et Israël. Ce nouveau parcours doit être lancé au ministère américain de la Défense le 29 mai, avec la participation de délégations militaires des deux pays. Le volet politique doit reprendre les 2 et 3 juin, après trois tours déjà tenus. Ce calendrier crée une architecture à deux niveaux. Le premier traite la sécurité, l’armée, la surveillance et le terrain. Le second traite l’accord politique, les garanties et la place du Liban dans l’après-trêve.
Al Sharq du 18 mai 2026 souligne toutefois une contradiction. La troisième ronde élargie des négociations directes a commencé et s’est achevée sans que le gouvernement libanais obtienne, par la pression américaine, l’arrêt complet du feu qu’il avait posé comme condition. Le journal relève aussi que le communiqué libanais a parlé d’un progrès diplomatique concret, alors que les attaques israéliennes se poursuivaient au Sud et dans la Békaa. Cette distance entre le texte diplomatique et le terrain est centrale. Elle montre que Washington cherche à préserver le processus, même sans arrêt immédiat des hostilités. Elle montre aussi que Beyrouth accepte de rester à la table, car la rupture du canal pourrait ouvrir la voie à une guerre plus large.
Trois communiqués, trois lectures
Al Liwa’ du 18 mai 2026 estime que la troisième ronde des négociations directes à Washington n’a pas été une simple station de plus sous parrainage américain. Le journal la décrit comme un test politique et sécuritaire pour l’avenir du conflit au Sud-Liban. Il note que trois communiqués distincts ont été publiés, libanais, israélien et américain. Chacun reflète une vision différente. Le communiqué libanais insiste sur la fixation réelle du cessez-le-feu, sur les garanties et sur l’arrêt des attaques. Le communiqué israélien parle surtout d’arrangements de sécurité durables et de prévention du retour des menaces armées au Sud. Le texte américain cherche, lui, à maintenir un langage assez large pour éviter l’effondrement des négociations.
Cette différence de vocabulaire, relevée par Al Liwa’ du 18 mai 2026, éclaire la difficulté de la médiation. Les trois parties ne cherchent pas la même chose au même moment. Le Liban veut d’abord arrêter les frappes et obtenir un retrait. Israël veut transformer la trêve en dispositif de contrôle de long terme. Washington veut éviter une explosion régionale tout en gardant Israël dans un cadre qu’elle estime acceptable. Le résultat est une diplomatie d’ambiguïté. Les mots sont assez souples pour que chaque camp les accepte. Mais cette souplesse repousse les questions dures. Elle ne règle pas encore le sort des zones occupées, le contrôle du Sud, la place de l’armée libanaise, ni la question des armes du Hezbollah.
Une trêve longue, mais sous conditions américaines
Al Joumhouriyat du 18 mai 2026 rapporte que la prolongation de 45 jours a été jugée notable, car elle est plus longue que la précédente. Le journal ajoute que plusieurs capitales occidentales, surtout Washington, avaient averti de la possibilité d’un retour israélien à une guerre ouverte contre le Liban dans les semaines à venir. Selon Al Joumhouriyat du 18 mai 2026, l’acceptation d’une trêve plus longue donne l’impression que les États-Unis ne veulent pas, pour le moment, élargir le feu au Liban. Cette prudence américaine serait liée à la priorité donnée au dossier iranien. Mais le journal précise que cela ne supprime pas le risque de confrontations locales ou de frappes ciblées.
Al Joumhouriyat du 18 mai 2026 rapporte aussi que l’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, s’est adressé au chef de la délégation israélienne pendant les discussions de Washington. Il aurait indiqué avoir reçu une demande libanaise en faveur d’une prolongation aussi longue que possible de la trêve, demande qu’il soutenait. Après l’adoption des 45 jours, il aurait dit à la délégation libanaise espérer que ce délai produise des mesures pratiques de la part du Liban sur les dossiers posés sur la table. Cette formulation est importante. Elle montre que Washington ne se contente pas de freiner Israël. Elle attend aussi des gestes libanais. La médiation américaine fonctionne donc comme une pression à double sens. Elle retient l’escalade israélienne, mais elle pousse Beyrouth vers des choix sécuritaires plus nets.
Le Liban cherche des garanties, pas seulement du temps
Al Joumhouriyat du 18 mai 2026 indique que les réunions libano-israéliennes sous parrainage américain ont abouti à un accord de principe sur un arrêt global du feu durant la trêve, afin que les négociations puissent se poursuivre dans un climat plus calme. Le journal précise que ces discussions doivent se tenir sur deux voies, sécuritaire et politique, entre le Pentagone et le département d’État américain. Cette présentation donne une forme à la diplomatie en cours. Le volet sécuritaire doit traiter les mécanismes de contrôle et les mesures de terrain. Le volet politique doit traiter la fin de l’état de guerre et le cadre général. Mais le même journal rappelle que le sort de la trêve dépend de l’engagement israélien. Le mot-clé reste donc la garantie.
Al Quds du 18 mai 2026 précise le contenu attendu de la réunion sécuritaire du 29 mai au Pentagone. Le journal évoque la discussion sur la limitation des armes, le renforcement des brigades de combat de l’armée libanaise, le retrait israélien, le déploiement de l’armée libanaise et l’activation du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu. Ce programme montre que la diplomatie n’est plus seulement une discussion sur l’arrêt des frappes. Elle touche au cœur de l’équilibre libanais. Elle implique l’armée, les institutions et la souveraineté. Elle pose aussi une question sensible. Comment renforcer l’État sans provoquer une crise interne autour du Hezbollah ? C’est le nœud du parcours américain.
L’armée libanaise au centre du dispositif attendu
Al Joumhouriyat du 18 mai 2026 décrit le passage d’une gestion de l’affrontement vers la tentative de construire un cadre politique et sécuritaire plus long. Mais le journal insiste sur le fait que la route reste dangereuse et semée d’obstacles. Il juge que la phase ressemble davantage à une trêve négociée sous le feu qu’à un chemin vers une paix stable. Cette formule résume la diplomatie du moment. Les canaux sont ouverts. Les dates sont fixées. Mais la scène militaire continue de peser sur chaque phrase. Le moindre accrochage peut modifier l’équilibre. Le moindre refus israélien peut vider la trêve de son sens. Le moindre désaccord libanais sur les armes peut bloquer le volet sécuritaire.
Al Joumhouriyat du 18 mai 2026 ajoute que si les négociations deviennent officiellement un calendrier de désarmement, les risques de tension politique et peut-être sécuritaire augmenteront à l’intérieur du Liban. Le journal note que cette perspective inquiète la direction de l’armée. Cette précision est cruciale pour comprendre la prudence libanaise. L’armée est sollicitée par les États-Unis et par les partenaires internationaux. Elle est appelée à contrôler davantage le Sud. Mais elle ne veut pas devenir l’instrument d’un choc interne. La diplomatie américaine pousse vers une clarification. Le contexte libanais pousse vers la prudence. Entre les deux, la présidence et le gouvernement cherchent une formule qui évite la guerre extérieure et la crise intérieure.
Israël cherche une coordination sous supervision américaine
Al Sharq Al Awsat du 18 mai 2026 rapporte que des médias israéliens parlent d’une poursuite de la guerre dans les limites fixées par Donald Trump. Selon ces informations, ces limites empêcheraient Israël de frapper Beyrouth et la Békaa, tout en lui permettant de continuer à viser des objectifs du Hezbollah dans le Sud-Liban. Cette lecture place la Maison-Blanche dans une position de régulation militaire. Elle ne met pas fin à l’action israélienne. Elle en définit les bornes. Pour le Liban, ce point est lourd. Il signifie que la diplomatie américaine peut limiter l’ampleur de la guerre, sans imposer encore un arrêt complet des frappes.
Al Sharq Al Awsat du 18 mai 2026 cite aussi des sources israéliennes reprises par Haaretz, selon lesquelles des discussions avec le Liban évoquent la création d’un mécanisme de coordination militaire sous supervision américaine. Cette coordination pourrait être discutée au début de juin et inclure une coopération en matière de renseignement. Mais le journal souligne que ce mécanisme reste loin d’être acquis. Le détail est important. Il montre que les discussions dépassent déjà le simple cessez-le-feu. Elles touchent à la vérification, à l’échange d’informations et au contrôle des mouvements sur le terrain. C’est là que la diplomatie devient très sensible pour Beyrouth. Tout mécanisme trop direct pourrait être dénoncé comme une normalisation. Tout mécanisme trop faible serait rejeté par Israël.
Le dossier iranien pèse sur le front libanais
Al 3arabi Al Jadid du 18 mai 2026 replace le dossier libanais dans la confrontation entre Washington et Téhéran. Le journal rapporte que l’agence Fars, proche des milieux iraniens conservateurs, a publié cinq conditions américaines et cinq conditions iraniennes pour un accord. Selon Al 3arabi Al Jadid du 18 mai 2026, les conditions iraniennes incluraient notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, surtout au Liban, la levée des sanctions, la libération des fonds iraniens gelés, des compensations pour les dommages de guerre et la reconnaissance de la souveraineté iranienne sur le détroit d’Ormuz. Cette mention du Liban dans les conditions attribuées à Téhéran confirme que le front sud est devenu une carte régionale.
Al Sharq du 18 mai 2026 rapporte, de son côté, que la visite non annoncée du ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsen Naqvi, à Téhéran vise à empêcher l’effondrement complet des négociations entre les États-Unis et l’Iran. Le même journal indique que Benjamin Netanyahu a parlé avec Donald Trump sur fond de tensions régionales et de discussions sur une possible reprise de la guerre contre l’Iran. Ainsi, la diplomatie autour du Liban et la diplomatie autour de l’Iran avancent en miroir. L’une influence l’autre. Si le canal pakistanais échoue, Israël peut durcir ses calculs au Liban. Si Washington garde le canal iranien ouvert, elle peut chercher à contenir la guerre au Sud.
Al Sharq Al Awsat du 18 mai 2026 rapporte aussi que les pourparlers visant à mettre fin à la guerre, avec une médiation pakistanaise, sont bloqués depuis que les deux parties ont rejeté leurs propositions respectives. Le journal ajoute que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l’Iran avait reçu des messages de Washington indiquant que l’administration de Donald Trump restait prête à poursuivre les discussions. Cette information donne une clé de lecture à la prudence américaine au Liban. Washington garde plusieurs dossiers ouverts à la fois. Le Sud-Liban, l’Iran, Israël, le Golfe et les équilibres énergétiques se répondent. La diplomatie libanaise est donc prise dans un espace plus vaste, où chaque dossier sert aussi de levier sur les autres.
Politique internationale: Iran, Irak, Gaza et Fatah dans une région sous tension
Washington et Téhéran face au blocage des conditions
Al 3arabi Al Jadid du 18 mai 2026 place la confrontation entre les États-Unis et l’Iran au premier plan. Le quotidien rapporte que l’agence Fars, proche du corps des gardiens de la révolution, a publié cinq conditions américaines et cinq conditions iraniennes pour un éventuel accord. Le titre met en avant une symétrie de façade, mais le contenu montre surtout l’ampleur du blocage. Parmi les conditions américaines citées figurent le refus de verser des compensations à l’Iran. Du côté iranien, la demande de libération des fonds iraniens gelés apparaît comme un point central. Al 3arabi Al Jadid du 18 mai 2026 lie ce bras de fer à un appel entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu sur la guerre contre l’Iran, ainsi qu’à une coordination entre les armées israélienne et américaine. La séquence dépasse donc un simple cycle de négociations. Elle montre un rapport de force où les menaces militaires, les conditions financières et la question régionale sont traitées ensemble.
Al Sharq Al Awsat du 18 mai 2026 décrit la même crise dans un registre d’escalade. Le journal rapporte que Donald Trump a menacé l’Iran de conséquences graves si ses dirigeants ne se hâtaient pas. Il a écrit que le temps pressait et que l’Iran devait agir très vite. Cette mise en garde intervient après un entretien téléphonique avec Benjamin Netanyahu consacré au dossier iranien. Al Sharq Al Awsat du 18 mai 2026 ajoute qu’une réunion dans la salle de crise de la Maison-Blanche était attendue avec de hauts conseillers à la sécurité nationale pour examiner les options militaires contre l’Iran. Dans cette lecture, la diplomatie reste ouverte, mais elle avance sous la menace. Le message américain vise à forcer une offre iranienne améliorée. Mais il peut aussi durcir la ligne de Téhéran, qui voit dans la pression militaire une preuve de l’absence de garanties politiques.
Al Sharq Al Awsat du 18 mai 2026 rapporte aussi que les discussions destinées à mettre fin à la guerre, avec une médiation du Pakistan, se sont arrêtées après le rejet mutuel des propositions. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué que Téhéran avait reçu des messages de Washington disant que l’administration Trump restait prête à poursuivre les pourparlers. Dans le même temps, le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsen Naqvi, s’est rendu à Téhéran pour faciliter les échanges. Il a rencontré le président iranien Massoud Pezeshkian, puis Mohammad Bagher Ghalibaf. Cette médiation illustre l’état paradoxal du dossier. Les canaux ne sont pas fermés. Pourtant, les positions restent très éloignées. Ainsi, le Pakistan tente d’éviter une reprise plus large des hostilités, tandis que Washington et Téhéran cherchent encore à obtenir un avantage avant toute concession.
Israël, l’Iran et la guerre régionale contenue
Al Sharq Al Awsat du 18 mai 2026 rapporte une analyse israélienne selon laquelle Donald Trump a ouvert une guerre contre l’Iran, puis a tenté de récupérer par la voie politique ce que l’action militaire n’avait pas obtenu. Selon cette lecture, les négociations engagées après le cessez-le-feu sont jugées stériles, car les écarts entre les positions des deux camps seraient difficiles à combler. L’analyse citée estime aussi que Téhéran pense avoir vu Trump reculer le premier lorsqu’il a accepté l’arrêt du feu. Elle en déduit que les responsables iraniens pourraient choisir de tenir, de refuser les concessions, puis d’attendre que la pression intérieure et extérieure pousse Washington à clore la guerre. Cette grille de lecture n’est pas neutre. Elle vient d’un espace israélien inquiet. Mais elle éclaire la perception d’une partie des milieux de sécurité proches de Tel-Aviv.
Al Sharq Al Awsat du 18 mai 2026 évoque également une ligne israélienne qui voit dans la pression sur l’Iran un moyen de remodeler l’équilibre régional. Selon l’analyse citée par le journal, Donald Trump pourrait parvenir à encercler l’Iran par la force douce, au lieu de chercher à faire tomber le régime par la force militaire. Cette idée repose sur une stratégie d’épuisement politique, économique et diplomatique. Elle montre que la guerre ne se limite pas aux frappes. Elle se prolonge dans les sanctions, les alliances, les ports, les routes commerciales et les effets sur les sociétés. Pour le Liban, ce point est essentiel. Le front sud n’est pas isolé. Il est l’un des théâtres d’une crise plus vaste, où l’Iran, Israël, les États-Unis et les pays du Golfe cherchent à redessiner leurs marges de sécurité.
L’Irak sous le soupçon de bases israéliennes secrètes
Al Quds du 18 mai 2026 rapporte, à partir d’une enquête du New York Times, qu’Israël aurait préparé pendant l’année précédente un site secret en Irak pour l’utiliser contre l’Iran. Le journal évoque aussi l’existence d’un second site israélien, distinct de celui découvert après qu’un berger a repéré une installation militaire dans le désert. Selon le récit repris par Al Quds du 18 mai 2026, ce berger, nommé Awad Al Shammari, aurait vu des soldats, des hélicoptères, des tentes et une piste d’atterrissage avant d’être tué lors d’une attaque contre le véhicule qui le transportait. Cette affaire place l’Irak dans une situation très sensible. Bagdad est alliée à Téhéran sur plusieurs dossiers. Mais son territoire aurait servi, selon les sources citées, à des opérations israéliennes contre l’Iran.
Al Joumhouriyat du 18 mai 2026 reprend aussi ce dossier. Le journal indique que la découverte d’Al Shammari aurait révélé que l’Irak avait accueilli, de manière intermittente pendant plus d’un an, deux bases secrètes gérées par Israël. Des responsables irakiens et régionaux cités par le quotidien affirment que l’une de ces bases servait à soutenir des opérations militaires contre l’Iran. Le journal ajoute que le Wall Street Journal avait déjà publié des informations sur un site israélien en Irak, avant que des responsables irakiens confirment au New York Times l’existence d’une seconde base non déclarée dans le désert de l’ouest irakien. Ce dossier menace directement la souveraineté irakienne. Il peut aussi nourrir la pression des groupes armés irakiens proches de l’Iran contre la présence américaine.
Al Quds du 18 mai 2026 rapporte encore que deux responsables de sécurité irakiens ont affirmé que Washington avait ordonné à l’Irak de fermer ses radars lors de la guerre de juin précédente et durant la guerre actuelle lancée à la fin de février. Cette fermeture aurait rendu Bagdad plus dépendante des forces américaines pour détecter toute activité hostile. Si cette information est confirmée, elle ajoute une dimension grave à l’affaire. Elle ne concerne plus seulement une présence israélienne clandestine. Elle touche aussi au rôle américain dans la capacité de l’Irak à surveiller son propre espace. La question devient alors double. L’Irak a-t-il perdu le contrôle d’une partie de son territoire désertique ? Et les États-Unis ont-ils limité sa capacité de contrôle au moment même où Israël utilisait ce territoire contre l’Iran ?
Gaza, la guerre prolongée et la pression sur les civils
Al Quds du 18 mai 2026 rapporte que l’armée israélienne a poursuivi son offensive dans la bande de Gaza malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre précédent. Le journal indique qu’au moins six Palestiniens ont été tués et que d’autres ont été blessés par des frappes de drones israéliens dans plusieurs zones du territoire, dont Al Mawasi, à l’ouest de Khan Younès, pourtant présentée par Israël comme une zone sûre. Le ministère de la Santé à Gaza, cité par Al Quds du 18 mai 2026, affirme que le bilan de la guerre a dépassé 72 000 morts. Ces chiffres donnent au dossier palestinien une place centrale dans la scène internationale. Ils montrent aussi que le cessez-le-feu, comme au Liban, ne signifie pas une fin réelle de la violence.
Al 3arabi Al Jadid du 18 mai 2026 rapporte, de son côté, que Benjamin Netanyahu a affirmé qu’Israël contrôlait désormais 60 pour cent de la bande de Gaza, contre 50 pour cent au moment de l’accord de trêve. Il a ajouté que l’objectif israélien restait de s’assurer que Gaza ne représente plus une menace pour Israël. Cette déclaration éclaire la logique de l’opération israélienne. La trêve n’empêche pas l’élargissement du contrôle territorial. Elle peut même être utilisée pour consolider des gains militaires. Pour les Palestiniens, cela signifie que la question ne porte pas seulement sur l’arrêt des frappes. Elle porte aussi sur la maîtrise du territoire, le retour des déplacés, les zones dites sûres et le risque d’une occupation de fait prolongée.
Fatah après le congrès : noms visibles, programme absent
La scène palestinienne est aussi marquée par les résultats du huitième congrès de Fatah. Al Quds du 18 mai 2026 rapporte que Marwan Barghouti, détenu dans les prisons israéliennes depuis 2002, est arrivé en tête de la compétition pour le comité central avec 1879 voix. Il devance Majed Faraj, chef des renseignements palestiniens, qui obtient 1861 voix. Viennent ensuite Jibril Rajoub avec 1609 voix, Hussein Al Sheikh avec 1570 voix, Leila Ghannam avec 1472 voix, Mahmoud Al Aloul avec 1469 voix, Tawfiq Al Tirawi avec 1361 voix et Yasser Abbas avec 1290 voix. Ces résultats placent un prisonnier au sommet symbolique de la hiérarchie élective, tandis que des figures liées à l’appareil sécuritaire ou à la succession politique renforcent aussi leur présence.
Al Sharq Al Awsat du 18 mai 2026 écrit que les élections du comité central ont montré l’avancée de ce que le journal appelle le « génération de l’intérieur », c’est-à-dire les cadres actifs en Cisjordanie et à Gaza, face à l’ancien courant de Fatah. Le journal rappelle que le système interne prévoit l’élection de 18 membres du comité central et de 80 membres du conseil révolutionnaire, avec la possibilité pour le président du mouvement de nommer trois membres supplémentaires. Al Sharq Al Awsat du 18 mai 2026 souligne aussi l’entrée de personnalités comme Majed Faraj, Zakaria Zubeidi et Yasser Abbas. Cette recomposition indique une transition partielle, mais non une rupture complète. Le poids des réseaux anciens demeure. Pourtant, le vote montre une demande de renouvellement, sous l’effet combiné de la guerre, de l’usure de l’Autorité palestinienne et de l’incertitude sur l’après-Mahmoud Abbas.
Nahar du 18 mai 2026 propose une lecture plus critique de cette séquence. Le journal estime que l’entrée ou la montée de Yasser Abbas, fils du président Mahmoud Abbas, peut renforcer l’image d’usure de Fatah et rappeler des précédents arabes de transmission dynastique du pouvoir. Le quotidien ajoute que les accords de dernière minute et les pressions extérieures ont souvent joué un rôle dans la gestion des vides au sein de l’Autorité palestinienne et de Fatah. Cette analyse montre que le congrès ne règle pas la question de la légitimité. Il la déplace. La victoire symbolique de Marwan Barghouti exprime une attente populaire. Mais l’organisation pratique du pouvoir reste aux mains de réseaux institutionnels, sécuritaires et familiaux.
Le Golfe redessine ses routes face au risque d’Ormuz
Al 3arabi Al Jadid du 18 mai 2026 rapporte que la guerre américaine, israélienne et iranienne, ainsi que les tensions autour du détroit d’Ormuz, ont provoqué un trouble important dans le transport maritime et énergétique du Golfe. Le journal cite une analyse de l’Institut pour les études de politique internationale de Milan, selon laquelle la crise a modifié en profondeur la carte du commerce et de l’énergie dans la région. Les États du Golfe accélèrent donc la construction de couloirs terrestres et maritimes capables de protéger la circulation commerciale. Cette évolution n’est pas seulement économique. Elle traduit une crainte stratégique : celle de voir Ormuz devenir un point de blocage durable dans toute crise avec l’Iran.
Al 3arabi Al Jadid du 18 mai 2026 indique que le commerce extérieur de marchandises des États du Golfe atteint 1,6 billion de dollars, selon les données du centre statistique du Golfe. Le même encadré mentionne un produit intérieur brut d’environ 2,3 billions de dollars et un produit intérieur brut par habitant moyen de 38 200 dollars. Ces chiffres donnent la mesure de l’enjeu. Une crise prolongée autour d’Ormuz ne toucherait pas seulement les exportations de pétrole. Elle pèserait sur les importations, les chaînes logistiques, les ports, les prix de l’assurance et les plans de diversification. Les routes alternatives deviennent donc une priorité de sécurité nationale. Le Golfe cherche à réduire sa dépendance à un seul passage maritime, tout en préservant son rôle dans le commerce mondial.
Al Quds du 18 mai 2026 signale aussi que l’Irak a annoncé l’achèvement de 94 pour cent du projet de raccordement électrique avec les États du Golfe. Le ministère irakien de l’Électricité parle d’un projet reliant la station de Wafra au Koweït à la station d’Al Faw dans le sud de l’Irak, sur une longueur d’environ 285 kilomètres. Ce dossier paraît technique, mais il s’inscrit dans la même logique régionale. Les États cherchent à tisser des infrastructures communes pour amortir les chocs. Dans une région marquée par la guerre Iran-États-Unis-Israël, les bases secrètes en Irak, les fronts libanais et palestinien, et la pression sur Ormuz, les réseaux électriques, les ports et les routes deviennent aussi des instruments politiques.


