Le dossier libanais est dominé, mardi 12 mai 2026, par une double pression. D’un côté, la troisième réunion libano-israélienne prévue à Washington place Joseph Aoun, Nawaf Salam et Nabih Berri devant une séquence diplomatique à haut risque. De l’autre, l’escalade entre les États-Unis et l’Iran réduit la marge de manœuvre de Beyrouth. Selon Al Joumhouriyat du 12 mai 2026, la prochaine étape des pourparlers se déroule dans un climat de forte incertitude, sans indication claire sur une issue positive. Le journal décrit un paysage dominé par les frappes israéliennes, les destructions au sud du Litani et au nord du fleuve, ainsi que par des menaces israéliennes liées au désarmement du Hezbollah.
Un front diplomatique sous pression
Selon Al Joumhouriyat du 12 mai 2026, la position libanaise repose d’abord sur une exigence simple: obtenir un arrêt du feu avant tout autre débat. Le journal cite une source officielle selon laquelle Beyrouth va à Washington comme à une occasion d’arrêter la guerre. Cette même source insiste sur la nécessité de créer un climat calme autour de la réunion. Le Liban veut ainsi empêcher Israël d’imposer une logique de négociation sous les bombes. Cette formule résume l’enjeu du moment. Beyrouth accepte de discuter, mais refuse que la table de négociation serve de couverture à une extension des attaques.
Cette ligne a été portée dans les rencontres avec le diplomate américain Michel Issa. Al Joumhouriyat du 12 mai 2026 indique que l’ambassadeur américain a rencontré Joseph Aoun, Nabih Berri et Nawaf Salam. Le président de la République a demandé une pression américaine sur Israël pour stopper l’arrêt du feu violé, les opérations militaires, la destruction des maisons et les opérations de terrassement. Nawaf Salam a tenu un discours proche. Il a demandé que la pression sur Israël permette l’arrêt des attaques et des violations, afin de consolider l’arrêt du feu.
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Al Quds du 12 mai 2026 confirme le même cadrage. Le journal rapporte que Joseph Aoun a demandé aux États-Unis de pousser Israël à cesser les bombardements et les démolitions de maisons dans le sud du Liban. Le même article indique que le conflit n’a pas réellement cessé depuis l’annonce américaine d’un arrêt du feu le 16 avril. Israël maintient une zone de sécurité déclarée unilatéralement, qu’elle présente comme destinée à empêcher les attaques du Hezbollah.
La guerre pèse sur la réunion de Washington
La situation militaire nourrit le doute sur l’utilité immédiate des pourparlers. Nahar du 12 mai 2026 écrit que le Liban aborde la semaine de la réunion de Washington avec des attentes réduites. Le journal estime que les chances d’une percée diplomatique sérieuse paraissent faibles. Il décrit un arrêt du feu devenu sans effet, alors que les affrontements se poursuivent au sud et que les frappes israéliennes s’accompagnent d’ordres d’évacuation élargis jusqu’au nord du Litani et au Bekaa occidental.
Cette lecture est renforcée par Al 3arabi Al Jadid du 12 mai 2026. Le journal note qu’Israël a augmenté la pression militaire à l’approche de la troisième réunion directe à Washington. Il mentionne l’élargissement des demandes d’évacuation vers le Bekaa occidental et la possibilité, relayée par des médias israéliens, d’un élargissement de l’opération terrestre. Le même article souligne que l’armée israélienne reconnaît aussi la difficulté de faire face aux drones du Hezbollah guidés par fibre optique.
Selon Al Quds du 12 mai 2026, la tension a aussi une traduction humaine. Le journal cite la présidence libanaise et un porte-parole du ministère de la Santé, selon lesquels soixante-quatorze personnes ont été tuées dans des attaques israéliennes au cours des trois derniers jours. Cette donnée alimente le discours libanais sur la nécessité d’un arrêt immédiat des attaques. Elle explique aussi pourquoi le dossier humanitaire devient un élément de la négociation, même si la discussion porte officiellement sur la sécurité, les frontières et l’avenir du front sud.
Le facteur iranien complique le calcul libanais
Le Liban n’est pas traité comme un dossier isolé. La crise entre Washington et Téhéran pèse sur la réunion de Washington. Al Sharq Al Awsat du 12 mai 2026 rapporte que Donald Trump a durci son ton contre l’Iran après le rejet de la réponse iranienne au plan américain. Le président américain a jugé cette réponse inacceptable et a lié tout accord futur à des garanties empêchant l’Iran de disposer d’une arme nucléaire. Le journal souligne que le détroit d’Ormuz et l’uranium enrichi élargissent la fracture entre Washington et Téhéran.
Al Quds du 12 mai 2026 rapporte que Donald Trump a décrit l’arrêt du feu avec l’Iran comme très faible et placé sur des appareils de réanimation. Le même journal indique qu’il envisage de reprendre le projet dit de liberté à une échelle plus large. Ce projet ne se limiterait plus à l’escorte de navires dans le détroit d’Ormuz. Il pourrait devenir un outil de pression militaire et maritime contre l’Iran. Dans ce contexte, toute discussion sur le Liban se trouve mêlée au bras de fer régional.
Selon Al Quds du 12 mai 2026, l’Iran présente pourtant sa réponse comme légitime. Téhéran demande l’arrêt de la guerre, la levée du blocus, la libération des avoirs gelés et la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz. Le journal indique aussi que l’Iran inscrit la sécurité au Liban parmi ses demandes. Cette mention place le front sud dans un ensemble régional plus vaste. Elle montre que Beyrouth peut difficilement séparer la réunion de Washington du rapport de force entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Les objectifs israéliens restent centraux
Le débat ne porte pas seulement sur un arrêt des attaques. Il touche à l’équilibre politique et militaire du Liban. Al Joumhouriyat du 12 mai 2026 estime que la réunion de Washington ne peut être réduite à une discussion technique. Elle concerne la souveraineté, l’autorité de l’État et la place du Hezbollah dans l’équation intérieure et régionale. Le journal affirme que Washington veut obtenir un résultat rapide au Moyen-Orient et que l’administration Trump cherche à séparer le dossier libanais de l’affrontement plus large avec l’Iran.
La pression israélienne porte aussi sur le terrain. Al Quds du 12 mai 2026 rapporte que des médias israéliens évoquent une préparation de l’armée à élargir son opération au Liban. Le même article cite Benjamin Netanyahu, selon lequel la guerre avec le Hezbollah devrait continuer même si celle avec l’Iran s’achève. Cette position donne une indication claire sur le risque principal pour Beyrouth. Même une baisse de tension entre Washington et Téhéran ne suffirait pas forcément à éteindre le front libanais.
Al Bina’ du 12 mai 2026 propose une lecture plus critique de la médiation américaine. Le journal affirme que Michel Issa aurait indiqué aux autorités libanaises de ne pas faire de l’arrêt du feu une condition préalable à la participation aux négociations. Selon cette lecture, le cessez-le-feu deviendrait un point de discussion et non un préalable. Le journal y voit un risque pour la souveraineté libanaise, car Israël pourrait échanger l’arrêt des attaques contre des gains politiques ou sécuritaires, notamment sur le dossier des armes du Hezbollah.
Beyrouth cherche une marge étroite
La marge libanaise paraît donc limitée. Al Joumhouriyat du 12 mai 2026 souligne que le Liban se présente avec des références politiques et juridiques, dont la résolution 1701, le respect de la souveraineté et l’arrêt des violations terrestres, aériennes et maritimes. Mais ces arguments se heurtent à un rapport de force défavorable. Le journal pose ainsi la question centrale: que peut obtenir le Liban à Washington dans un équilibre aussi inégal et dans une région aussi tendue?
Dans ce cadre, l’enjeu immédiat n’est pas de conclure un accord global. Il est d’empêcher que la réunion devienne un simple décor diplomatique pendant que la guerre s’élargit. Nahar du 12 mai 2026 insiste sur la demande de garanties américaines formulée par Nawaf Salam. Al Joumhouriyat et Al Quds du 12 mai 2026 rapportent la même demande sous une forme proche: faire pression sur Israël, arrêter les frappes, mettre fin aux démolitions et stabiliser l’arrêt du feu. Les journaux décrivent ainsi une journée où l’action libanaise se concentre sur un objectif minimal, mais vital: transformer la réunion de Washington en levier de désescalade réelle, plutôt qu’en étape supplémentaire dans une guerre prolongée.
Politique locale: l’État libanais entre négociations, fracture interne et dossier de l’amnistie
Les trois présidences face au test de Washington
La scène politique locale est dominée, mardi 12 mai 2026, par la préparation de la réunion libano-israélienne prévue à Washington. Nahar du 12 mai 2026 indique que le diplomate américain Michel Issa a rencontré Joseph Aoun, Nabih Berri et Nawaf Salam avant cette échéance. Le journal rapporte que la rencontre avec le président de la Chambre à Aïn el-Tiné a porté sur les développements au Liban et dans la région. Il ajoute que Michel Issa a ensuite vu le Premier ministre Nawaf Salam au Grand Sérail pour évoquer la réunion de Washington. Nawaf Salam a insisté sur la nécessité d’une pression américaine sur Israël afin d’arrêter les attaques et les violations, dans le but de consolider l’arrêt du feu. Cette séquence place les trois présidences dans une position délicate. Elles doivent afficher une ligne commune, tout en tenant compte d’un terrain militaire très instable et d’un débat intérieur vif sur la nature des négociations.
Dans le même contexte, Al Joumhouriyat du 12 mai 2026 décrit une réunion à haut risque. Le journal estime que le Liban entre dans ce processus à un moment de grande sensibilité politique et sécuritaire. Les pressions au sud se croisent avec des divisions internes sur l’utilité des pourparlers et leurs limites. Cette formulation montre que la question n’est plus seulement diplomatique. Elle touche à la capacité de l’État à parler d’une seule voix. Elle touche aussi au rapport entre les institutions et le Hezbollah. Les négociations deviennent ainsi un révélateur des fractures internes. Elles posent une question simple: qui définit la position nationale quand le front sud reste actif et que la pression américaine s’accroît?
Joseph Aoun cherche à documenter la guerre
La présidence tente de transformer la crise en dossier d’État. Nahar du 12 mai 2026 rapporte que Joseph Aoun a présidé à Baabda une réunion de coordination avec les ministères et les organismes chargés de suivre les effets de la guerre israélienne contre le Liban. L’objectif est de rassembler les données, d’organiser le soutien et de préparer les documents utiles aux démarches régionales, internationales et juridiques. Le journal précise que cette action vise à établir un dossier complet sur les dégâts et les pertes subis par le Liban. Cette démarche donne à la présidence une fonction de centralisation. Elle permet aussi de déplacer le débat depuis la seule réaction politique vers la constitution d’un dossier légal et diplomatique.
Al Sharq du 12 mai 2026 donne une lecture proche de cette réunion. Le journal indique que Joseph Aoun a réuni à Baabda les ministères et les instances concernés par les conséquences de la guerre. Il précise que l’objectif est de soutenir l’action officielle et diplomatique du Liban dans la phase à venir, mais aussi de préparer les pièces qui peuvent être utilisées dans les recours régionaux et internationaux. Le ton est administratif, mais l’enjeu reste politique. La présidence cherche à montrer que l’État existe encore comme cadre d’action. Elle veut aussi documenter les faits avant toute discussion plus large sur la sécurité, les frontières ou les responsabilités.
Cette orientation rejoint la ligne portée par Nawaf Salam. Al Sharq Al Awsat du 12 mai 2026 rapporte que le Premier ministre a demandé de poursuivre la documentation des crimes de guerre et de porter le dossier devant les Nations unies et les instances internationales. Le journal cite le ministre de l’Information Paul Morcos, selon lequel un accord prévoit l’envoi prochain d’une mission du Haut-Commissariat aux droits de l’homme au Liban. Cette mission doit vérifier les violations commises pendant la guerre. Le gouvernement travaille aussi à une réunion du Conseil des droits de l’homme à Genève sur le dossier libanais. Ainsi, l’exécutif tente de construire une réponse institutionnelle et juridique. Cette réponse ne règle pas le rapport de force militaire, mais elle donne une base aux démarches politiques du Liban.
La relation entre Baabda et le Hezbollah reste tendue
La question la plus sensible concerne le lien entre la présidence et le Hezbollah. Nahar du 12 mai 2026 parle d’une rupture entre Joseph Aoun et le parti. Le journal indique que cette distance se répercute sur les négociations de Washington. Il pose la question d’un éventuel contact entre les deux parties après une phase marquée par des accusations de trahison. Le même article rappelle que les regards politiques restent fixés sur la réunion libano-israélienne de Washington, tandis que la possibilité d’une rencontre entre délégations américaine et iranienne à Islamabad est aussi suivie pour ses effets possibles sur le sud du Liban. Le contexte est donc double. Il y a une crise intérieure de confiance, mais aussi un calcul régional qui dépasse Beyrouth.
Al Joumhouriyat du 12 mai 2026 nuance cette rupture sans la nier. Le journal note que le ton du Hezbollah contre la ligne de négociation de Joseph Aoun et Nawaf Salam a baissé ces derniers jours. Toutefois, il précise que cette baisse ne signifie pas l’ouverture d’une nouvelle page. Elle ne constitue pas non plus une percée dans le mur de désaccord entre les deux camps. Le journal cite l’analyse autour du député Ali Fayad, qui a vu dans certaines positions récentes des deux présidents une tentative de corriger la posture de négociation et de se rapprocher de constantes libanaises. Mais cette lecture reste limitée. Elle ne prouve pas une évolution réelle dans la relation entre le parti et Baabda.
La ligne du Hezbollah reste critique. Al Bina’ du 12 mai 2026 rapporte que le parti estime que le chemin suivi par une partie du pouvoir et certaines forces confessionnelles menace la stabilité intérieure. Le député Hussein Hajj Hassan accuse l’État d’avoir choisi des négociations directes avec Israël sous parrainage américain. Il juge ce choix mauvais et porteur de crises successives. Il demande où se trouve l’arrêt du feu pour lequel les autorités ont remercié Donald Trump. Selon lui, Israël viole cet arrêt chaque jour et des Libanais continuent de mourir. Ce discours vise directement la stratégie officielle. Il traduit aussi le refus de laisser le gouvernement et la présidence fixer seuls la ligne politique face à Israël.
Walid Joumblatt refuse la paix, mais reconnaît la réalité sociale du Hezbollah
Dans ce débat, Walid Joumblatt tente de formuler une position de prudence. Ad Diyar du 12 mai 2026 rapporte qu’il affirme qu’il ne peut y avoir d’accord de paix avec Israël, mais seulement une trêve ou un arrêt du feu. Il ajoute que l’on parle du Hezbollah comme s’il s’agissait d’un corps étranger au Liban. Or, selon lui, le parti fait partie du peuple. Il pose ensuite une question politique et sociale: comment demander aux familles du sud de remettre leurs armes à l’État alors que leurs villages sont détruits, leurs maisons ruinées et leurs terres occupées? Cette position ne valide pas toute l’action du Hezbollah. Mais elle souligne que le désarmement ne peut pas être traité comme un simple ordre administratif. Il suppose une réponse à la peur, à l’occupation et à la destruction.
Cette lecture donne un angle local à un débat souvent présenté comme régional. Elle rappelle que les discussions sur les armes, la trêve et la négociation touchent d’abord les communautés du sud. Dans un tel climat, le pouvoir central doit composer avec des attentes contradictoires. D’un côté, il doit affirmer la souveraineté de l’État et éviter que le Liban soit entraîné dans des guerres par procuration. De l’autre, il ne peut pas ignorer les villages bombardés, les terres occupées et le sentiment d’abandon. La politique locale libanaise se construit donc dans une tension constante entre l’autorité institutionnelle et la réalité des zones exposées.
Le dossier de l’amnistie rouvre les clivages confessionnels
Le second grand dossier local est celui de l’amnistie générale. Nahar du 12 mai 2026 affirme que la séance prévue a été reportée et que ce report n’est pas seulement technique. Selon le journal, le débat est dominé par une logique confessionnelle qui dépasse l’intérêt national. Chaque camp présente l’amnistie comme une correction d’injustice pour sa propre base, tandis que d’autres y voient une menace politique, sécuritaire ou communautaire. Le journal estime que le texte est passé d’un débat juridique à un test d’équilibres nationaux. Le dossier révèle donc les réflexes profonds du système libanais. Il montre comment une réforme présentée comme humanitaire devient vite un champ de confrontation entre mémoires, peurs et calculs électoraux.
Ad Diyar du 12 mai 2026 rapporte que le texte reste bloqué. Selon des sources parlementaires citées par le journal, les surenchères troublent le climat et aucun accord final ne se dessine. Il n’y aurait donc pas de réunion des commissions parlementaires conjointes cette semaine. Toutefois, les contacts se poursuivent pour relancer le texte. Le journal indique qu’Ali Hassan Khalil a contacté Joseph Aoun et Nawaf Salam pour confirmer que le duo chiite reste engagé dans la formule consensuelle issue de la rencontre des députés avec le président Aoun. Mais le point le plus sensible demeure, selon le journal, la position des blocs sunnites et la question de l’amnistie des islamistes.
Al Sharq du 12 mai 2026 confirme cette absence d’accord final. Le journal évoque des signaux positifs après une réunion entre certains députés et Joseph Aoun, mais précise que d’autres parlementaires ne voient pas de consensus. Il ajoute que les contacts politiques continuent et que le texte n’est pas tombé. Dans ce cadre, Gebran Bassil a publié une position ferme. Il affirme que l’amnistie des victimes d’injustice est un devoir. En revanche, il refuse l’amnistie des trafiquants de drogue, des meurtriers et des voleurs de l’argent des déposants. Il rejette aussi toute discussion sur l’amnistie des meurtriers de soldats, en rappelant son soutien à l’armée et à ses martyrs.
Aoun et Berri cherchent une formule d’équilibre
Ad Diyar du 12 mai 2026 présente une autre approche du même dossier. Le journal écrit que le retour de l’amnistie dans le débat politique et judiciaire intervient sur fond de crise sociale, de prisons surpeuplées, de lenteur des procès et de nombreux détenus sans jugement définitif. Il rapporte que Joseph Aoun traite le dossier avec prudence, loin de la surenchère, en gardant comme priorités la protection de l’État, la stabilité intérieure, le respect de la Constitution et l’indépendance de la justice. Cette approche vise à éviter que l’amnistie soit perçue comme une prime à l’impunité ou comme une atteinte à la confiance dans les institutions.
Le même journal souligne le rôle de Nabih Berri. Ad Diyar du 12 mai 2026 indique que le président de la Chambre cherche à arrondir les angles entre les forces politiques afin de parvenir à une formule qui préserve la stabilité intérieure et apaise les tensions de la rue. Le journal évoque aussi des idées juridiques et financières, dont la possibilité d’imposer des frais ou contributions aux bénéficiaires d’une amnistie. Les sommes pourraient revenir au Trésor, au fonds de solidarité des juges ou au soutien du personnel judiciaire. Cette piste traduit une volonté de concilier l’aspect humanitaire de l’amnistie et les besoins financiers d’un État affaibli. Elle ne résout pas les désaccords de fond, mais elle montre que les acteurs cherchent encore une voie médiane.
Citation et discours des personnalités politiques: les mots de la crise entre État, résistance et pressions américaines
Joseph Aoun place l’arrêt du feu au centre du discours officiel
La parole de Joseph Aoun, mardi 12 mai 2026, se concentre sur une demande claire adressée aux États-Unis. Selon Al Quds du 12 mai 2026, la présidence libanaise indique que Joseph Aoun a appelé Washington à faire pression sur Israël pour arrêter le feu et mettre fin aux démolitions de maisons dans le sud du Liban. Cette formulation installe le chef de l’État dans une posture de recours diplomatique. Elle montre aussi que Baabda cherche à lier la réunion de Washington à une exigence concrète. Il ne s’agit pas seulement d’aller négocier. Il s’agit d’obtenir un arrêt réel des attaques, alors que le bilan humain continue de monter. Le même article de Al Quds du 12 mai 2026 rapporte que soixante-quatorze personnes ont été tuées en trois jours par des frappes israéliennes, malgré l’annonce d’une trêve le mois précédent. Cette donnée donne du poids au discours présidentiel. Elle transforme la demande de Joseph Aoun en argument d’urgence.
Dans Al Joumhouriyat du 12 mai 2026, cette ligne apparaît dès la première page. Le journal résume la position présidentielle par une formule directe: Joseph Aoun et Nawaf Salam demandent à Michel Issa de faire pression sur Israël. Cette mise en avant n’est pas neutre. Elle donne à la parole officielle une valeur de message commun entre Baabda et le Grand Sérail. De plus, elle montre que l’ambassadeur américain devient le destinataire direct des demandes libanaises. La parole de Joseph Aoun n’est donc pas seulement nationale. Elle est pensée pour être relayée dans le canal américain avant la réunion de Washington. Elle vise à empêcher que le Liban entre dans les pourparlers sous le feu et sans garanties minimales.
Nawaf Salam élargit le propos vers le droit international
Nawaf Salam tient un discours proche de celui de Joseph Aoun, mais avec un accent plus juridique. Al Liwa’ du 12 mai 2026 rapporte que le Premier ministre insiste sur la nécessité d’une pression sur Israël pour arrêter les attaques et les violations. Le but est de rendre possible la stabilisation de l’arrêt du feu. Cette phrase fixe l’ordre des priorités. D’abord la fin des frappes. Ensuite seulement la discussion politique. Dans cette logique, la demande de garanties américaines devient un outil de protection. Elle traduit aussi la crainte que les négociations servent à couvrir une poursuite de la guerre.
Selon Al Sharq Al Awsat du 12 mai 2026, Nawaf Salam a aussi demandé de poursuivre la documentation des crimes de guerre et de transmettre ces dossiers aux Nations unies et aux instances internationales. Le journal cite les annonces faites par le ministre de l’Information Paul Morcos après la réunion ministérielle. Elles portent sur un accord avec le Haut-Commissariat aux droits de l’homme pour envoyer une mission au Liban. Cette mission doit vérifier les violations commises pendant la guerre. Le gouvernement travaille aussi à une séance du Conseil des droits de l’homme à Genève sur le dossier libanais. Ainsi, le discours de Nawaf Salam ne se limite pas à la plainte politique. Il cherche à construire un dossier international, avec faits, documents, bilans et preuves.
Cette orientation revient aussi dans Al Liwa’ du 12 mai 2026. Le journal rapporte que Nawaf Salam a exprimé ses craintes face à l’élargissement des attaques israéliennes. Il a lié cette crainte à la nécessité de documenter les crimes de guerre et de porter le dossier devant les Nations unies. Cette manière de parler donne au gouvernement une double fonction. Il doit gérer l’urgence et préparer la plainte. Il doit aussi montrer que l’État reste capable de parler au nom des victimes. Dans un pays où les institutions sont souvent accusées d’impuissance, ce registre juridique sert à réaffirmer une autorité.
Nabih Berri cherche une issue par les équilibres arabes et américains
La parole de Nabih Berri apparaît moins directe que celle de Joseph Aoun et Nawaf Salam, mais elle reste centrale. Nahar du 12 mai 2026 indique que Michel Issa a rencontré le président de la Chambre à Aïn el-Tiné, avant de voir le Premier ministre. Le journal note aussi que l’ambassadeur américain a recueilli les positions des trois présidences avant la réunion de Washington. Cette séquence donne à Nabih Berri un rôle de passage obligé. Elle confirme que le pouvoir législatif reste au cœur de la position libanaise, surtout lorsque les discussions peuvent toucher à des engagements politiques lourds.
Ad Diyar du 12 mai 2026 donne un autre relief à la parole de Nabih Berri. Le journal affirme que sa démarche vise à placer le Liban derrière la position saoudienne sur la solution à deux États et l’approche de la paix. Selon cette lecture, l’initiative de Nabih Berri rapproche des positions libanaises éloignées et recrée un rôle de liaison dans un pays épuisé. Ce discours est important. Il ne se limite pas à la réunion de Washington. Il cherche à inscrire le Liban dans une couverture arabe plus large. Pour Nabih Berri, l’équilibre interne passe donc par un appui régional, en particulier saoudien, qui peut réduire l’isolement de Beyrouth.
Dans le même journal, le discours attribué aux milieux proches de la négociation insiste sur le rôle possible de Marco Rubio. Ad Diyar du 12 mai 2026 écrit que le pari libanais repose sur le chef de la diplomatie américaine pour peser sur la délégation israélienne. Le texte ajoute qu’une cellule de soutien logistique au sein de Baabda suit le dossier de manière continue. Même si cette lecture n’est pas une citation directe de Nabih Berri, elle éclaire le cadre de sa démarche. La parole politique libanaise cherche à trouver un relais américain jugé capable de freiner Israël. Elle tente aussi de préserver un minimum d’unité nationale autour d’un objectif: obtenir l’arrêt du feu avant tout autre débat.
Walid Joumblatt refuse la paix formelle avec Israël
Walid Joumblatt adopte une parole de prudence, mais elle tranche avec les discours les plus simples sur le désarmement. Ad Diyar du 12 mai 2026 rapporte qu’il affirme qu’il ne peut pas y avoir d’accord de paix avec Israël. Selon lui, il ne peut y avoir qu’un accord de trêve, c’est-à-dire un arrêt du feu. Cette phrase trace une limite politique nette. Elle refuse l’idée d’une normalisation. Elle maintient la discussion dans le cadre de la sécurité et de l’arrêt des combats.
Dans la même déclaration citée par Ad Diyar du 12 mai 2026, Walid Joumblatt rappelle que le Hezbollah n’est pas un corps étranger au Liban. Il dit que le parti fait partie du peuple. Il ajoute que cette réalité est souvent mal comprise. Il pose alors une question de fond: comment demander aux familles du sud de remettre leurs armes à l’État, alors qu’elles voient leurs villages détruits, leurs maisons ruinées et leurs terres occupées? Cette parole ne règle pas la question des armes. Mais elle déplace le débat. Elle rappelle que la sécurité n’est pas une notion abstraite. Elle dépend de maisons, de terres et de villages. Elle dépend aussi de la confiance envers l’État.
Le Hezbollah et ses proches attaquent la voie des négociations
Le discours du Hezbollah et de ses proches se construit contre l’idée d’une négociation conduite sous pression américaine. Al Bina’ du 12 mai 2026 rapporte une position de Wadih Khazen, qui accueille favorablement la demande de Joseph Aoun de faire pression sur Israël. Mais le même texte affirme que la résistance défend une terre encore occupée et la souveraineté du Liban face aux attaques répétées. Cette parole soutient donc la présidence sur l’arrêt du feu, tout en maintenant la légitimité de la résistance. Elle illustre une ligne présente dans une partie du camp politique libanais: l’État peut demander une pression diplomatique, mais il ne peut pas retirer à la résistance sa justification tant que l’occupation continue.
Al Liwa’ du 12 mai 2026 rapporte aussi une déclaration du cheikh Ali Al Khatib. Il affirme que le camp de la résistance ne s’accroche pas aux armes si une alternative existe à travers un État qui protège tout le monde. Mais il ajoute qu’il n’est pas possible de retirer les armes sous occupation et sans alternative. Cette formule résume une position ancienne, reformulée dans la crise actuelle. Le désarmement est présenté comme lié à trois conditions: fin de l’occupation, protection par l’État et retour des habitants chez eux. La phrase est aussi une critique directe de l’autorité publique. Elle accuse l’État de retirer la légitimité à la résistance au moment où Israël continue de tuer.
Dans ce même climat, Nahar du 12 mai 2026 relève des informations contradictoires sur la relation entre la première présidence et le Hezbollah. Le journal évoque d’un côté un refus de contact attribué au parti, et de l’autre des affirmations selon lesquelles un contact existe par intermédiaire. Cette ambiguïté pèse sur les discours. Elle montre que les mots publics ne disent pas toujours tout des canaux réels. Mais elle confirme une chose: la relation entre Baabda et le Hezbollah reste un axe central de la politique libanaise.
Gebran Bassil encadre l’amnistie par des lignes rouges
Le dossier de l’amnistie fait aussi ressortir une parole politique ferme. Al Sharq du 12 mai 2026 rapporte que Gebran Bassil distingue entre l’amnistie des victimes d’injustice et celle des auteurs de crimes graves. Il affirme que l’amnistie pour les victimes d’injustice est un devoir. En revanche, il refuse l’amnistie des trafiquants de drogue, des meurtriers et des personnes liées au vol de l’argent des déposants. Il rejette aussi toute discussion sur l’amnistie des meurtriers de soldats. Cette position vise à répondre à deux publics. Elle parle aux familles qui réclament la fin d’injustices judiciaires. Mais elle rassure aussi ceux qui craignent une impunité large.
Cette déclaration intervient dans un contexte que Ad Diyar du 12 mai 2026 décrit comme très sensible. Le journal parle de prisons surpeuplées, de procès lents et de nombreux détenus sans jugement définitif. Il souligne aussi que Joseph Aoun traite ce dossier avec prudence, en cherchant à préserver l’État, la stabilité intérieure, la Constitution et l’indépendance de la justice. Le discours de Gebran Bassil s’inscrit donc dans un espace étroit. Il doit montrer une ouverture humanitaire, sans donner l’image d’une loi faite pour effacer des crimes.
Trump et Netanyahu durcissent la scène régionale
Les déclarations étrangères pèsent directement sur les discours libanais. Al Sharq Al Awsat du 12 mai 2026 rapporte que Donald Trump a rejeté la réponse iranienne après l’avoir lue. Il a écrit qu’elle ne lui plaisait pas et qu’elle était totalement inacceptable. Il a aussi accusé l’Iran de jouer avec les États-Unis et d’autres pays. Ce vocabulaire dur réduit l’espace des compromis. Il nourrit aussi la crainte libanaise d’un lien plus fort entre le front sud, le détroit d’Ormuz et le dossier nucléaire iranien.
Benjamin Netanyahu adopte, lui aussi, un ton qui ferme la porte à une désescalade rapide. Nahar du 12 mai 2026 rapporte qu’il estime que la guerre avec le Hezbollah doit continuer même si la guerre avec l’Iran s’achève. Il ajoute que l’Iran voudrait obtenir un arrêt du feu ici, puis un arrêt du feu au Liban. Le même article indique que l’armée israélienne se prépare sur le terrain à élargir l’opération terrestre au Liban. Ce discours place Beyrouth devant une équation rude. Même une avancée sur le dossier iranien ne garantirait pas l’arrêt du front libanais. Les mots de Netanyahu deviennent donc un facteur de crise intérieure. Ils renforcent les appels officiels libanais à des garanties américaines. Ils donnent aussi des arguments aux forces qui disent que l’arrêt du feu doit précéder toute discussion.
Diplomatie: Washington, Téhéran et Pékin encadrent la marge libanaise
Une médiation américaine sous tension
La diplomatie libanaise avance dans une séquence dominée par Washington. Selon Al Joumhouriyat du 12 mai 2026, l’attention locale, régionale et internationale se concentre sur la troisième réunion libano-israélienne prévue dans la capitale américaine, sous parrainage des États-Unis. Le journal souligne que le Liban entre dans ce processus dans un moment politique et sécuritaire très sensible. Les pressions militaires au sud croisent les divisions internes sur l’utilité des pourparlers et leurs limites. Ainsi, la table diplomatique ne se présente pas comme un espace calme. Elle prolonge un rapport de force déjà visible sur le terrain. Le Liban veut l’arrêt du feu. Israël veut garder la pression militaire comme outil de négociation. Les États-Unis, eux, cherchent à produire un résultat rapide, sans avoir encore montré une volonté claire d’imposer une contrainte décisive à Israël.
Dans ce cadre, la tournée de Michel Issa auprès des trois présidences prend une valeur de test. Nahar du 12 mai 2026 rapporte que l’ambassadeur américain a rencontré Joseph Aoun, Nabih Berri et Nawaf Salam. Joseph Aoun lui a demandé de faire pression sur Israël pour arrêter le feu, les opérations militaires, les destructions de maisons et les travaux de terrassement. Nawaf Salam a ensuite réaffirmé la nécessité de pousser Israël à cesser les attaques et les violations, afin de stabiliser l’arrêt du feu. Cette double demande montre que Beyrouth tente de transformer la réunion de Washington en outil de désescalade. Pourtant, le même cadre reste fragile. Le Liban réclame des garanties concrètes, tandis que Washington parle surtout de processus, de médiation et de rapprochement des positions.
Les garanties américaines deviennent le cœur du débat
La demande de garanties est devenue le mot central de la diplomatie libanaise. Nahar du 12 mai 2026 cite Nawaf Salam, selon lequel le Liban veut une traduction pratique et réelle des garanties américaines mentionnées par l’ambassade des États-Unis à Beyrouth. Le Premier ministre ajoute que personne ne négocie au nom du Liban en dehors de l’État libanais. Cette phrase vise plusieurs publics à la fois. Elle s’adresse aux États-Unis, pour rappeler que le cadre légal passe par les institutions. Elle s’adresse aussi aux acteurs intérieurs, en particulier au Hezbollah, pour affirmer que la décision diplomatique relève de l’État. Enfin, elle parle aux partenaires extérieurs, qui veulent savoir si le Liban peut porter une position unifiée.
Cependant, cette affirmation d’autorité se heurte à une réalité plus dure. Al Joumhouriyat du 12 mai 2026 estime que le rôle américain ressemble davantage à une gestion de processus qu’à une imposition de règlement. Washington réunit les parties, fournit un cadre de discussion et cherche à réduire les écarts. Mais le journal note qu’aucun signe clair ne montre une pression suffisante sur Israël pour obtenir un arrêt du feu avant la réunion. Cette limite est essentielle. Elle place le Liban devant une équation diplomatique risquée. Soit il participe à la réunion malgré les attaques, au risque de paraître accepter la négociation sous le feu. Soit il insiste sur l’arrêt préalable des frappes, au risque d’être accusé de bloquer le processus.
Washington veut des résultats rapides
Le calcul américain apparaît plus ambitieux que la simple gestion d’un incident frontalier. Al Joumhouriyat du 12 mai 2026 rapporte que la visite de Michel Issa coïncide avec l’achèvement des préparatifs à Washington. Selon les sources citées par le journal, les États-Unis veulent empêcher le retour à une atmosphère de guerre, réussir les négociations, atteindre des résultats rapides et obtenir le plus large consensus libanais possible autour des pourparlers directs. Washington présente ces négociations comme une occasion pour le Liban d’arrêter sa souffrance, de restaurer l’efficacité de l’État et de réaffirmer sa souveraineté sur tout le territoire. Cette lecture donne à la médiation américaine une portée politique intérieure. Elle ne traite pas seulement du front sud. Elle touche à la reconstruction de l’autorité de l’État libanais.
Mais cette ambition rencontre plusieurs obstacles. Le premier est israélien. Israël refuse de faire de l’arrêt du feu une condition préalable. Le second est libanais. Le Hezbollah n’est pas partie directe à la table, alors que son rôle militaire détermine une partie de la réalité du terrain. Le troisième est régional. Le dossier libanais reste lié à l’affrontement entre Washington et Téhéran. Al Joumhouriyat du 12 mai 2026 souligne que les diplomates américains peuvent demander à Israël de réduire l’escalade, mais qu’ils demandent aussi qui peut garantir l’engagement du Hezbollah. Le journal rappelle que Nabih Berri peut encore peser sur le parti, mais qu’il n’est pas lui-même partie directe à cette réunion, et qu’il préfère le principe de négociations indirectes.
Le pari libanais sur le canal américain
Dans ce climat, le Liban cherche un relais à Washington. Ad Diyar du 12 mai 2026 écrit que le pari libanais repose sur un canal avec Marco Rubio. Selon le journal, la délégation menée par Simon Karam espère que le chef de la diplomatie américaine pourra influencer la délégation israélienne. Le journal ajoute qu’une cellule de soutien logistique a été constituée à Baabda pour accompagner le travail de la délégation. Un rapport diplomatique venu de Washington conseille aux responsables libanais de profiter du rôle de Marco Rubio, présenté comme l’une des rares figures de l’administration Trump à ne pas être liée à certains réseaux hostiles à Joseph Aoun. Cette lecture montre que la bataille diplomatique se joue aussi dans les couloirs américains, pas seulement à la table officielle.
Le même journal souligne que les autorités libanaises sont engagées dans une course contre le temps pour obtenir un arrêt du feu avant la réunion. Ad Diyar du 12 mai 2026 rapporte que Michel Issa a promis des efforts dans ce sens lors de sa tournée auprès des trois présidences. Nabih Berri lui aurait indiqué que son premier pari porte sur la voie de négociation entre les États-Unis et l’Iran. Cette remarque est importante. Elle montre que la diplomatie libanaise sait que son dossier n’est pas autonome. Pour Beyrouth, le front sud peut être influencé par la manière dont Washington et Téhéran gèrent leur propre crise. Le Liban discute donc avec Israël, mais il regarde aussi vers l’Iran, les États-Unis et la Chine.
Le facteur iranien resserre le cadre
La crise irano-américaine pèse directement sur la diplomatie libanaise. Al Sharq Al Awsat du 12 mai 2026 rapporte que Donald Trump a durci le ton après avoir rejeté la réponse iranienne aux propositions américaines. Il estime que tout accord futur doit contenir des garanties claires empêchant l’Iran de disposer d’une arme nucléaire. Le journal souligne aussi que Téhéran demande que tout accord commence par la fin de la guerre, la levée du blocus et la libération des avoirs gelés. Le dossier du détroit d’Ormuz et celui de l’uranium enrichi creusent donc l’écart entre les deux camps. Cette fracture réduit la marge libanaise, car toute tension nouvelle entre Washington et Téhéran peut se traduire par une pression accrue sur le front sud.
Al 3arabi Al Jadid du 12 mai 2026 adopte la même lecture. Le journal estime que le rejet rapide de la réponse iranienne par Washington a accru la peur d’un retour aux affrontements militaires. Il décrit une diplomatie active visant à éviter une nouvelle guerre qui ferait payer le prix aux pays du Golfe et au reste du monde. Cette analyse donne une place centrale au détroit d’Ormuz. Si le passage reste menacé ou fermé, la crise devient mondiale. Le Liban, dans ce contexte, n’est qu’un front parmi d’autres. Mais il peut devenir un levier de pression, surtout si les acteurs régionaux cherchent à peser sur la décision américaine ou israélienne.
Pékin entre dans l’équation
La visite de Donald Trump à Pékin donne une autre dimension à la diplomatie régionale. Al 3arabi Al Jadid du 12 mai 2026 écrit que le président américain revient en Chine dans un contexte très différent de celui de sa visite de 2017. Les tensions concernent désormais la guerre contre l’Iran, la guerre en Ukraine, Taïwan, les droits de douane, les minerais rares et la concurrence technologique. Le journal estime que certains analystes n’excluent pas que Donald Trump fasse des concessions à Pékin pour sortir d’une crise dans laquelle il s’est engagé trop loin. La Chine devient donc un acteur de stabilisation possible, non par proximité avec le Liban, mais parce qu’elle peut peser sur les grands équilibres énergétiques et commerciaux.
Al Bina’ du 12 mai 2026 va plus loin. Le journal affirme que la crise du détroit d’Ormuz a montré les limites de la capacité américaine à imposer seule la stabilité. Selon cette lecture, Washington se voit obligée de traiter la Chine comme un partenaire difficile à contourner dans la gestion de la sécurité de l’énergie et du commerce mondial. Le journal ajoute que la rencontre de Pékin pourrait devenir une épreuve pour Donald Trump: choisir une forme de compromis qui protège les intérêts américains, mais qui pourrait réduire la place d’Israël dans le jeu régional. Cette analyse inscrit le Liban dans un champ diplomatique plus large, où les décisions se prennent aussi entre grandes puissances.
La voie juridique complète la voie politique
La diplomatie libanaise ne se limite pas à Washington. Al Liwa’ du 12 mai 2026 rapporte que Nawaf Salam a présidé une réunion ministérielle centrée sur l’élargissement des attaques israéliennes et sur la nécessité de documenter les crimes de guerre. Le Premier ministre a évoqué un accord avec le Haut-Commissariat aux droits de l’homme pour une visite prochaine au Liban. Il a aussi parlé d’un travail en vue d’une séance du Conseil des droits de l’homme à Genève. Le ministre de l’Information Paul Morcos a précisé que les ministères coordonnent la collecte des données sur les destructions, les pertes et les dégâts, avec l’appui d’institutions internationales, dont la Banque mondiale, et l’usage d’images satellite.
Cette voie juridique sert plusieurs objectifs. Elle fixe les faits. Elle donne au Liban des pièces utilisables dans les enceintes internationales. Elle tente aussi de compenser la faiblesse militaire par une stratégie de droit. Al Liwa’ du 12 mai 2026 rapporte en outre que Nawaf Salam exprime des craintes face à l’élargissement des attaques israéliennes et demande de porter les crimes de guerre devant les Nations unies. Cette démarche ne remplace pas la négociation de Washington. Elle la complète. Elle permet à Beyrouth de dire que le dossier libanais ne se réduit pas à une discussion de sécurité entre deux délégations. Il contient aussi des violations, des destructions, des morts, des déplacés et un besoin d’enquête internationale.
Les relais arabes et européens
La diplomatie libanaise cherche aussi des appuis au-delà du canal américain. Ad Diyar du 12 mai 2026 indique que Nabih Berri a contribué à placer le Liban derrière la position saoudienne sur la solution à deux États et l’approche de la paix. Le journal estime que cette initiative rapproche des positions libanaises éloignées et recrée un rôle de liaison dont le pays a besoin. Dans ce cadre, l’appui arabe sert de couverture. Il donne au Liban un cadre moins isolé face à Israël et aux États-Unis. Il permet aussi d’éviter que les négociations soient perçues comme une démarche solitaire de Beyrouth.
Sur le plan régional plus large, Al Sharq Al Awsat du 12 mai 2026 rapporte aussi que les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé de reprendre les relations commerciales avec la Syrie et de relancer l’accord de coopération suspendu en 2011. Ce dossier n’est pas directement lié à la réunion de Washington, mais il modifie l’environnement diplomatique du Liban. La Syrie redevient un espace de dialogue pour l’Europe, au moment où Beyrouth tente aussi de réorganiser ses relations avec Damas. Pour le Liban, cette évolution peut ouvrir des marges sur les questions de transport, d’énergie, de frontières et de réfugiés, même si la priorité immédiate reste l’arrêt du feu au sud.
Politique internationale: l’Iran, la Chine et l’Europe au centre d’un ordre régional sous tension
Washington et Téhéran dans une logique de rupture contrôlée
La politique internationale du mardi 12 mai 2026 est dominée par la crise entre les États-Unis et l’Iran. Selon Al Sharq Al Awsat du 12 mai 2026, Donald Trump a fortement durci son discours après avoir rejeté la réponse iranienne aux propositions américaines. Le journal rapporte qu’il a qualifié cette réponse de « stupide » et de « ridicule », tout en affirmant que tout accord futur doit inclure des garanties claires empêchant Téhéran de posséder une arme nucléaire. Ce durcissement verbal ne ferme pas encore la porte à la négociation. Il sert aussi à replacer Washington en position de force avant toute reprise du dialogue. Mais il accroît le risque de rupture, car Téhéran refuse de présenter ses demandes comme des concessions. L’Iran affirme au contraire défendre des droits légitimes, dont l’arrêt de la guerre, la fin du blocus maritime, la libération des avoirs gelés et la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Al Quds du 12 mai 2026 décrit la même scène en insistant sur la fragilité de l’arrêt du feu. Le journal rapporte que Donald Trump a parlé d’une trêve « sous assistance vitale », tout en menaçant d’élargir le projet maritime américain dit de liberté. Cette opération ne se limiterait plus à escorter les navires dans le détroit d’Ormuz. Elle pourrait devenir un moyen de pression direct sur Téhéran. En face, l’Iran présente sa proposition comme « généreuse » et « responsable », selon les propos attribués au porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. Le cœur du désaccord tient donc à la définition même de la sécurité. Washington parle de programme nucléaire. Téhéran parle de souveraineté, de blocus, de sanctions et de circulation maritime.
Ormuz et l’uranium cristallisent le bras de fer
Le détroit d’Ormuz concentre désormais les tensions militaires, économiques et diplomatiques. Al Sharq Al Awsat du 12 mai 2026 écrit que l’Iran demande la reconnaissance de sa souveraineté sur ce passage stratégique, la fin du blocus naval américain, la garantie qu’aucune nouvelle attaque ne sera menée, la levée des sanctions et la fin de l’interdiction américaine sur les ventes de pétrole iranien. Ces demandes forment un paquet complet. Elles ne portent pas seulement sur la guerre en cours. Elles visent à redéfinir le rapport de force entre Téhéran et Washington dans le Golfe. La réponse américaine est négative, car elle voit dans cette position une tentative de l’Iran pour obtenir des gains régionaux sans abandon réel sur le nucléaire.
Le dossier nucléaire reste tout aussi central. Al 3arabi Al Jadid du 12 mai 2026 rapporte, en citant des responsables non nommés repris par l’agence américaine Associated Press, que l’Iran aurait proposé d’abaisser une partie de son uranium hautement enrichi et de transférer le reste vers un pays tiers. Cette proposition serait accompagnée de pourparlers de trente jours pour fixer les détails finaux. Mais cette offre ne suffit pas à Washington. Donald Trump estime que les concessions restent insuffisantes. L’administration américaine cherche une garantie plus solide et plus durable. La divergence est donc profonde. L’Iran veut sauver son programme et gagner du temps. Les États-Unis veulent réduire fortement la capacité nucléaire iranienne avant de relâcher la pression militaire et économique.
Netanyahu pousse vers une lecture existentielle de la crise iranienne
Israël joue un rôle moteur dans le durcissement du dossier iranien. Al Quds du 12 mai 2026 rapporte que Benjamin Netanyahu a déclaré à la chaîne américaine CBS que la guerre avec l’Iran n’était pas terminée. Il a affirmé qu’Israël avait obtenu des résultats importants, mais que la mission n’était pas achevée. Il a aussi évoqué la possibilité d’un effondrement du régime iranien, tout en reconnaissant que cet effondrement n’était pas garanti. Cette position entretient l’idée d’un conflit de longue durée. Elle place le programme nucléaire, les missiles et les relais régionaux de Téhéran dans un même ensemble stratégique.
Cette parole israélienne pèse aussi sur la politique américaine. Al Quds du 12 mai 2026 note que certains médias israéliens critiquent Netanyahu, car ses déclarations peuvent gêner Donald Trump aux États-Unis. Elles nourrissent l’idée que la guerre contre l’Iran est d’abord celle de Netanyahu, avant d’être celle de Washington. Toutefois, le Premier ministre israélien maintient la pression. Il affirme que ne pas agir contre l’Iran comporte des risques plus grands que l’action militaire. Ce raisonnement renforce le camp de l’escalade. Il rend plus difficile un compromis limité sur Ormuz ou sur l’uranium. Il transforme la négociation en débat sur la survie d’un régime, ce qui réduit l’espace d’une sortie rapide.
Pékin devient une étape clé pour Donald Trump
Le déplacement de Donald Trump à Pékin ouvre un autre front diplomatique. Al 3arabi Al Jadid du 12 mai 2026 écrit que le président américain retourne en Chine près de neuf ans après sa visite de 2017. Mais le contexte a changé. Les tensions entre Washington et Pékin sont désormais liées à la guerre américaine et israélienne contre l’Iran, à la guerre russe en Ukraine, à Taïwan, aux droits de douane, aux minerais rares et à la compétition technologique. Le journal estime que certains analystes n’excluent pas que Trump fasse de grandes concessions à la Chine afin de sortir d’une crise dans laquelle il s’est lui-même engagé trop loin.
Al Joumhouriyat du 12 mai 2026 présente cette rencontre comme une façade diplomatique derrière laquelle se prépare une guerre économique longue. Le journal écrit que la paix et la stabilité seront le message public lors de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping. Pourtant, les deux pays identifient déjà leurs points faibles et leurs outils de pression. La Chine, selon l’analyse rapportée par le journal, cherche à bâtir un cadre légal pour répondre aux sanctions et aux restrictions américaines. L’enjeu dépasse donc la seule visite présidentielle. Il s’agit d’une confrontation structurelle sur les chaînes d’approvisionnement, les matières premières, la technologie et la capacité de chaque puissance à faire mal à l’autre sans ouvrir une guerre directe.
L’Europe cherche une place entre la guerre et la médiation
La guerre en Ukraine reste un autre dossier majeur. Al 3arabi Al Jadid du 12 mai 2026 rapporte que Vladimir Poutine a proposé le nom de l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder comme possible médiateur dans les discussions avec l’Europe pour mettre fin à la guerre. Cette proposition a ravivé les débats à Berlin. Schröder reste une figure controversée en raison de ses liens avec Moscou. Selon le même journal, le gouvernement allemand n’est pas convaincu qu’il puisse mener seul une telle mission. La presse allemande évoque plutôt une formule associant Schröder et le président allemand Frank-Walter Steinmeier. Cette option serait vue comme un choix « intéressant » à Berlin, mais elle reste politiquement sensible.
Le dossier ukrainien continue aussi d’alimenter les sanctions européennes. Nahar du 12 mai 2026 rapporte que l’Union européenne a imposé des sanctions à seize personnes et sept entités russes, en raison de la déportation illégale et systématique d’enfants ukrainiens. Le journal cite les estimations européennes selon lesquelles environ vingt mille cinq cents enfants ukrainiens auraient été déportés de force depuis le début de la guerre. L’Union européenne présente ces actes comme des violations graves du droit international et comme une atteinte aux droits fondamentaux des enfants. Ce volet montre que l’Europe ne traite pas seulement la guerre en Ukraine comme un conflit territorial. Elle la place aussi sur le terrain juridique et humanitaire.
La Syrie revient dans l’agenda européen
La Syrie occupe une place importante dans la presse du 12 mai 2026. Al Sharq Al Awsat du 12 mai 2026 rapporte que les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé de reprendre les relations commerciales avec Damas et de réactiver l’accord de coopération suspendu en 2011, lorsque le soulèvement contre Bachar el-Assad avait basculé dans une guerre civile de quatorze ans. Le Conseil de l’Union européenne présente cette décision comme une étape importante pour renforcer les relations entre Bruxelles et Damas. Cette évolution marque un tournant. Elle ne signifie pas un effacement des années de guerre. Mais elle indique que les Européens veulent désormais accompagner une phase de stabilisation, de reconstruction et de retour progressif des réfugiés.
Selon Al Sharq Al Awsat du 12 mai 2026, la commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Suica, affirme que l’Europe se tient aux côtés de la Syrie pour passer de la crise au redressement. Elle insiste sur l’importance de la Syrie en Méditerranée orientale et sur l’ampleur des besoins de reconstruction. Le soutien européen vise les institutions de santé, les infrastructures, la reprise économique et sociale, ainsi que la construction institutionnelle. Cette approche traduit une logique pragmatique. L’Europe veut contenir les effets régionaux de l’effondrement syrien, réduire la pression migratoire et retrouver une capacité d’influence dans un pays longtemps dominé par d’autres acteurs, notamment la Russie, l’Iran et la Turquie.
Le Soudan et l’Irak signalent d’autres foyers de fragilité
Au Soudan, Al Sharq Al Awsat du 12 mai 2026 rapporte la défection du général Ali Rizqallah, surnommé Al Safna, des Forces de soutien rapide. Le journal indique qu’il ne rejoint aucun autre camp armé et qu’il se présente comme aligné sur la volonté du peuple soudanais. Cette défection intervient après celle d’un autre officier important, le général Al Nour Ahmad Adam, connu sous le nom d’Al Nour Al Qubba, qui avait rejoint l’armée en avril. Le mouvement est notable, car Al Safna avait conduit plusieurs combats ayant permis aux Forces de soutien rapide de contrôler de vastes zones au Kordofan. Cette évolution ne suffit pas à inverser le cours de la guerre, mais elle montre des fissures internes dans un conflit qui a déjà détruit les institutions et fragmenté le pays.
En Irak, Al Sharq Al Awsat du 12 mai 2026 rapporte que l’Iran a réagi aux informations sur une possible présence israélienne dans une base secrète du désert de Nadjaf. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, affirme que Téhéran prend cette question au sérieux et qu’elle sera soulevée avec Bagdad. En parallèle, la commission de la sécurité et de la défense du Parlement irakien prévoit d’entendre des responsables de sécurité afin de vérifier les informations sur des activités militaires étrangères. Cette affaire illustre la fragilité de la souveraineté irakienne. Elle montre aussi que l’Irak reste un terrain sensible dans la confrontation entre Israël, l’Iran et les États-Unis, même lorsqu’aucune opération ouverte n’est confirmée.
Économie: les déposants, le port de Beyrouth et le choc pétrolier replacent la crise libanaise dans l’urgence régionale
La Banque du Liban met en avant les paiements aux déposants
La matière économique libanaise du 12 mai 2026 se concentre d’abord sur les déposants. Nahar du 12 mai 2026 rapporte le communiqué de la Banque du Liban sur les circulaires 158 et 166. Le texte rappelle que la crise bancaire ouverte en octobre 2019 a bloqué l’accès libre aux dépôts, surtout ceux en devises. La Banque du Liban présente donc ces deux circulaires comme l’outil légal encore disponible pour rendre une partie des fonds aux déposants. Selon Nahar du 12 mai 2026, 578 770 déposants avaient bénéficié des deux mécanismes à la fin de mars 2026. Parmi eux, 266 166 avaient récupéré la totalité de leurs fonds dans le compte spécial concerné. Cela représente 46 % des bénéficiaires. Le même article indique que les paiements cumulés ont atteint 6,109 milliards de dollars à la fin de mars 2026. La Banque du Liban a couvert 4,183 milliards de dollars, soit 68,46 % du total. Les banques commerciales ont couvert 1,926 milliard de dollars, soit 31,54 %. Ces chiffres donnent au gouverneur Karim Souaid un dossier sensible. Ils permettent de montrer une continuité de paiement. Mais ils rappellent aussi que le règlement global de la crise bancaire reste absent. Les circulaires soulagent une partie des ménages. Elles ne remplacent ni une loi de restructuration bancaire, ni un plan complet de restitution des dépôts.
Al Sharq du 12 mai 2026 détaille davantage la logique financière des circulaires. Le journal rapporte que les mécanismes 158 et 166 fournissent plus de 2,5 milliards de dollars en liquide par an. Ces paiements sont financés à partir des réserves obligatoires des banques commerciales déposées à la Banque du Liban. Le communiqué insiste sur le fait que ces fonds appartiennent, en droit et en réalité, aux déposants eux-mêmes. La formulation est importante. Elle cherche à répondre à une critique ancienne. Les déposants veulent savoir si les sommes versées sont une vraie restitution ou une avance limitée sur des fonds déjà immobilisés. Selon Al Sharq du 12 mai 2026, la Banque du Liban reconnaît attendre encore un plan complet de stabilité financière, ainsi que les lois nécessaires à la réforme et à l’organisation du secteur bancaire. Le dossier reste donc suspendu entre deux logiques. D’un côté, les paiements mensuels créent de la liquidité et réduisent la tension sociale. De l’autre, l’absence d’un règlement global prolonge la défiance. L’économie reçoit de l’argent frais, mais elle ne retrouve pas encore un système bancaire normal.
Des chiffres précis, mais une reprise financière encore fragile
Les détails publiés par Al Sharq du 12 mai 2026 montrent une baisse légère des décaissements mensuels. Les paiements liés aux circulaires 158 et 166 sont passés de 242,2 millions de dollars en février 2026 à 240,4 millions en mars 2026. La baisse atteint 1,8 million de dollars, soit 0,73 %. La part des banques dans le paiement de mars a été d’environ 28,36 millions de dollars, soit 11,80 % du total mensuel. La Banque du Liban a donc payé 88,2 % des sommes versées dans le cadre des deux circulaires ce mois-là. Le même journal indique que 610 624 demandes avaient été déposées pour bénéficier des deux mécanismes. Il ajoute que tous les bénéficiaires de la circulaire 158, depuis le 1er juillet 2021, dont les dépôts étaient égaux ou inférieurs à 40 200 dollars, avaient récupéré l’ensemble de leurs économies à la fin d’avril 2026. Ces données donnent une image plus fine de la crise. Elles montrent que le mécanisme atteint une large population. Mais elles montrent aussi que l’effort repose de façon très forte sur la Banque du Liban. La contribution des banques reste plus faible dans le flux mensuel. Ainsi, le dispositif soutient la consommation et les ménages, mais il ne règle pas encore la question de la responsabilité bancaire.
Al Liwa’ du 12 mai 2026 reprend les mêmes chiffres et insiste sur la dimension sociale du dossier. Le journal rapporte que la Banque du Liban présente la poursuite des paiements comme une responsabilité légale et sociale envers les déposants, surtout dans les circonstances difficiles que traverse le pays. Cette approche place les circulaires dans un champ plus large que la technique monétaire. Les dépôts bloqués sont une question de pouvoir d’achat, de dignité et de confiance publique. La restitution partielle permet à certains ménages de payer des soins, des loyers, des études ou des dépenses courantes. Mais elle ne suffit pas à restaurer l’épargne détruite. Elle ne rétablit pas non plus le crédit. Dans une économie libanaise encore marquée par la méfiance envers les banques, le paiement mensuel agit comme un filet de sécurité. Il ne devient pas un moteur de croissance. Pour que l’effet soit plus fort, il faudrait des règles claires sur les pertes, le capital des banques, la place de l’État et la protection des petits déposants. Or les sources du 12 mai montrent que cette réforme reste en attente.
Le port de Beyrouth tente de reconstruire ses capacités
Le deuxième dossier économique libanais concerne le port de Beyrouth. Al Sharq du 12 mai 2026 rapporte que l’administration et l’exploitation du port ont annoncé la relance d’un appel d’offres public pour l’achat et la livraison de véhicules. Le sujet paraît limité. Il est pourtant lié à la reprise d’une infrastructure clé. Le communiqué cité par le journal indique que plus de 75 véhicules du port ont été totalement détruits lors de l’explosion du 4 août 2020. Depuis cette date, l’administration n’a acheté aucun nouveau véhicule, alors que les besoins opérationnels ont augmenté pour la sécurité, la maintenance et les services. Le conseil d’administration du port avait approuvé le 10 mars 2026 le cahier des charges d’un appel d’offres. Celui-ci avait été publié sur la plateforme des marchés publics le 12 mars, avec une date limite de dépôt des offres fixée au 22 avril. Après l’ouverture des offres, un seul soumissionnaire s’est présenté. Le conseil a donc décidé d’annuler la procédure et de la relancer, au nom du principe de concurrence et de l’obtention des meilleures conditions pour l’administration publique.
Ce dossier porte sur des voitures, mais il révèle une question économique plus vaste. Le port de Beyrouth reste un pilier du commerce libanais. Sa remise en état ne dépend pas seulement des grands travaux visibles. Elle passe aussi par la reconstitution des moyens de gestion, de surveillance, de maintenance et de sécurité. Al Sharq du 12 mai 2026 précise que l’appel d’offres inclut aussi la vente des véhicules endommagés par l’explosion. Cette précision montre une volonté d’assainir les actifs et de réduire le gaspillage. Le port affirme aussi respecter les normes de transparence et la loi sur les marchés publics. Cette mention est centrale, car la reconstruction du port reste marquée par une forte exigence de contrôle. Toute dépense publique liée au port peut être lue à travers le traumatisme du 4 août. La relance de l’appel d’offres après une seule proposition permet donc d’afficher une procédure plus prudente. Mais elle montre aussi la lenteur du redressement. Six ans après l’explosion, le port continue de remplacer des outils de base. Cette lenteur pèse sur la capacité du Liban à reconstruire une économie logistique crédible.
Assurance sociale et coût des services
La presse économique du 12 mai signale aussi une autre tension intérieure: le coût social de la crise. Al Sharq du 12 mai 2026 rapporte que le député Simon Abi Ramia a rencontré Mohammad Karaki, directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale. La réunion a porté sur les défis de la caisse et sur les services fournis aux citoyens. Le journal indique que le débat a notamment abordé l’accueil des patients couverts par la sécurité sociale dans les hôpitaux, ainsi que les difficultés rencontrées par les citoyens dans ce domaine. Ce sujet relève de la société, mais il touche aussi au cœur de l’économie. Quand les ménages ne peuvent plus financer les soins, leur revenu disponible chute. Quand les hôpitaux hésitent à recevoir des assurés, la protection sociale perd son sens. Et quand la caisse publique n’arrive pas à suivre les coûts, la crise bancaire se double d’une crise de services. Le lien avec les dépôts est direct. Beaucoup de familles dépendent des retraits partiels pour régler des frais que les institutions publiques ne couvrent plus assez vite. La crise financière devient ainsi une crise de sécurité économique quotidienne.
Le choc pétrolier menace les prix et les importations
À l’échelle régionale, le principal risque économique vient de l’énergie. Al Sharq du 12 mai 2026 rapporte que les prix du pétrole ont bondi d’environ 4 dollars le baril dans les premiers échanges de lundi, après la perte d’espoir d’une fin rapide du conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le journal indique que les contrats à terme sur le Brent ont augmenté de 4,3 %, à 105,47 dollars le baril, tandis que le brut américain a progressé de 4,7 %, à 99,92 dollars. Cette hausse reflète la crainte d’un maintien de la fermeture du détroit d’Ormuz, passage vital pour le commerce maritime d’énergie. Pour le Liban, l’effet potentiel est direct. Le pays importe une grande partie de ses besoins énergétiques. Toute hausse durable du pétrole peut se traduire par une pression sur les prix des carburants, du transport, de l’électricité privée et des biens importés. Elle peut aussi réduire l’effet positif des paiements aux déposants, car une partie de la liquidité rendue aux ménages serait absorbée par l’inflation importée.
Al Sharq Al Awsat du 12 mai 2026 donne une mesure plus large du choc. Le journal rapporte les propos du président de Aramco, Amin Nasser, selon lesquels le monde fait face à la plus grande secousse d’approvisionnement énergétique de son histoire. Il avertit que la poursuite des perturbations dans le détroit d’Ormuz pourrait retarder le retour du marché pétrolier à la normale jusqu’en 2027. Selon Al Sharq du 12 mai 2026, Amin Nasser estime que le marché perd environ 100 millions de barils par semaine avec la fermeture du détroit. Le nombre de navires qui le traversent chaque jour serait tombé entre deux et cinq, contre environ soixante-dix avant la guerre. Ces données placent la crise libanaise dans une chaîne mondiale. Le Liban ne peut pas isoler son économie d’un choc de cette taille. Les coûts de transport, les prix alimentaires, les assurances maritimes et les délais d’importation peuvent tous être touchés.
Les économies du Golfe sous pression, avec des effets indirects pour le Liban
Al 3arabi Al Jadid du 12 mai 2026 décrit les difficultés de Bahreïn face à la guerre régionale. Le journal écrit que le royaume traverse un tournant économique critique, marqué par le croisement d’une dette souveraine élevée et de chocs dans ses secteurs d’exportation. Les tensions dans le Golfe et la fermeture du détroit d’Ormuz ont, selon le journal, paralysé presque totalement les flux de pétrole brut et de produits de l’aluminium, qui forment la colonne vertébrale du budget public. L’économiste Jassim Ajaka affirme au journal que Bahreïn entre dans des jours difficiles, après l’arrêt des exportations de l’entreprise d’aluminium Alba et de la société pétrolière Bapco. Il estime que l’économie devient dépendante d’un stock financier qui s’épuise vite. Le journal ajoute que Fitch a abaissé la note en février et que Moody’s a placé la perspective en territoire négatif en avril.
Cette pression régionale concerne aussi le Liban de façon indirecte. Les pays du Golfe restent des sources de transferts, d’emplois, d’investissements et de soutien financier possible. Si la guerre pousse les États à réorienter leurs budgets vers la défense et la sécurité, leur capacité à soutenir des économies fragiles peut diminuer. Al 3arabi Al Jadid du 12 mai 2026 rapporte que certains analystes jugent le soutien historique des partenaires du Conseil de coopération du Golfe comme un facteur qui peut éviter un effondrement soudain de la note de Bahreïn. Mais le journal note aussi que l’économie de guerre oblige à changer les priorités de dépense, au détriment des investissements en infrastructures et des objectifs de long terme. Pour le Liban, cette évolution est un signal. La stabilité régionale n’est pas seulement une question de sécurité. Elle conditionne aussi le coût de l’énergie, le commerce, les transferts des expatriés et la capacité d’attirer des capitaux.
La situation du Qatar, évoquée par Al 3arabi Al Jadid du 12 mai 2026, complète ce tableau. Le journal rapporte que les tensions géopolitiques et la perturbation de la production et des exportations de gaz depuis la fin de février ont touché le tourisme, l’hôtellerie, les itinéraires aériens, le nombre de visiteurs et les revenus du secteur. Cette donnée confirme que la guerre ne touche pas seulement le pétrole. Elle atteint les services, les voyages et les revenus non pétroliers. Pour le Liban, qui dépend aussi de la mobilité, des visiteurs, des liaisons aériennes et des flux de la diaspora, ce signal régional est lourd. Les chiffres libanais disponibles ce 12 mai restent centrés sur la Banque du Liban et le port de Beyrouth. Mais le cadre économique général est plus large. Il combine une crise bancaire non résolue, une reconstruction lente des infrastructures et une flambée régionale des risques énergétiques.
Culture: au Liban, la mémoire, le livre et les saisons locales résistent au bruit de la guerre
Le rose de Damas comme récit culturel et économique
La page culturelle la plus libanaise du corpus vient de Nahar du 12 mai 2026, avec un reportage consacré à la saison du rose de Damas à Qsarnaba, dans le Bekaa. Le journal décrit une matinée où l’odeur précède le paysage. Les champs deviennent un lieu de travail, de mémoire et de transmission. Le rose y est présenté comme l’identité de la localité. Il n’est pas réduit à une image douce ou folklorique. Il devient un signe de présence sur une terre éprouvée. Nahar du 12 mai 2026 rappelle que Qsarnaba, comme d’autres localités de Baalbek, a vécu sous les frappes israéliennes avant l’arrêt du feu, tandis que ses environs ont encore été touchés après. Le reportage place donc la cueillette dans une tension forte. La saison arrive avec le parfum, mais aussi avec une inquiétude lourde. La culture locale apparaît ici comme une façon de tenir, plus que comme un simple événement rural.
Le même reportage de Nahar du 12 mai 2026 donne une dimension sociale à cette scène. La cueillette rassemble les habitants, les familles et les visiteurs. La figure de Naïfa Deirani, âgée de quatre-vingt-treize ans, donne au récit une profondeur de temps. Elle marche avec sa canne et continue de participer à la saison. Ce détail montre que le rose de Damas n’est pas seulement un produit agricole. Il est un lien entre générations. Le journal souligne aussi que Qsarnaba compte parmi les plus grands producteurs de rose de Damas au Liban. Chaque maison ressemble à un petit atelier. Les roses deviennent de l’eau de rose, de la confiture, du jus et des produits parfumés. Ainsi, le geste culturel rejoint l’économie familiale. Dans une période de crise, cette saison donne une valeur à chaque pétale. Elle transforme un patrimoine en revenu, sans lui retirer sa charge intime.
De la fleur au produit, une mémoire qui circule
Nahar du 12 mai 2026 détaille aussi le processus de distillation. Les pétales sont nettoyés, puis placés avec de l’eau dans un récipient de cuivre. La vapeur monte, se condense et donne les gouttes d’eau de rose. Le journal précise qu’un kilogramme de roses produit environ un demi-litre d’eau de rose, au terme d’un travail qui peut durer plusieurs heures. Ce passage donne au lecteur une compréhension concrète du métier. Il montre aussi que la culture matérielle libanaise repose souvent sur des gestes précis, transmis dans les familles. Le rose de Damas n’existe pas seulement dans les champs. Il existe dans la cuisine, dans la fête, dans les soins, dans les cadeaux et dans les souvenirs. La distillation transforme une saison courte en présence durable. Elle permet de conserver l’odeur de la terre longtemps après la fin de la cueillette.
La dernière image donnée par Nahar du 12 mai 2026 relie le parfum au conflit. Le journal écrit que Qsarnaba sort de l’ombre des frappes pour entrer dans sa saison. Les habitants cueillent leur revenu dans la terre. Les visiteurs cherchent le sens du rose. La marmite de distillation devient un signe de vie. Cette description donne à la culture une fonction très précise. Elle ne nie pas la guerre. Elle ne la décore pas non plus. Elle montre comment une localité continue de produire du sens malgré la peur. Dans cette page, le patrimoine n’est pas un luxe. Il est une preuve de continuité. Entre la poudre et le rose, Qsarnaba choisit de raconter son histoire par ce que les mains cueillent, non par ce que la guerre détruit.
Zina Makki passe de l’écran à l’écriture
La scène culturelle libanaise est aussi portée par des figures issues de l’audiovisuel. Al Sharq du 12 mai 2026 rapporte que l’actrice libanaise Zina Makki a lancé son nouveau livre, intitulé Le Trou noir. Le journal présente cette sortie comme une étape littéraire qui révèle un aspect différent de sa personnalité artistique et créative, loin de l’écran et du jeu. L’information est traitée dans la page arts, mais elle dépasse la simple actualité de célébrité. Elle montre le passage d’une artiste connue pour l’image vers une forme écrite plus lente. Dans un paysage culturel où les réseaux sociaux amplifient souvent les gestes rapides, la publication d’un livre introduit un autre temps. Celui de l’écriture, de la maturation et du récit personnel.
Al Sharq du 12 mai 2026 précise que Zina Makki a partagé avec ses abonnés une vidéo montrant l’arrivée des exemplaires de son roman au Koweït. Elle y apparaît avec les enfants de sa famille, au moment d’ouvrir le colis. Elle explique que l’idée a vécu dans sa tête et qu’un an et demi d’écriture a fini par devenir un objet tangible. Le journal insiste sur sa joie et son émotion. La scène est intime. Elle donne au livre une naissance familiale avant sa circulation publique. Cette manière de communiquer appartient à l’époque actuelle. La sortie littéraire passe par l’image, mais elle ramène vers le texte. La célébrité numérique sert ainsi de porte d’entrée vers une œuvre écrite. Pour la culture libanaise, cette bascule entre écran, famille et roman montre une hybridation croissante des formes artistiques.
Raymon Jabareh et la mémoire du théâtre libanais
La mémoire du théâtre libanais occupe une place notable dans Al Liwa’ du 12 mai 2026. Le journal rapporte une soirée consacrée à Raymon Jabareh. L’événement s’ouvre par l’hymne national, puis par une intervention du journaliste Walid Abboud. Des projections documentaires et des témoignages reviennent ensuite sur l’expérience artistique et intellectuelle du dramaturge. La docteure Lina Saade Jebran affirme que Jabareh était un penseur existentiel qui a utilisé le théâtre pour questionner et dévoiler la fragilité humaine. L’acteur Issam Al Achkar le décrit comme l’un des pionniers de la renaissance du théâtre libanais. Ce cadre rappelle que le théâtre n’est pas seulement une pratique de scène. Il a été, au Liban, un espace de pensée, de satire et de critique sociale.
Al Liwa’ du 12 mai 2026 rapporte aussi l’intervention d’Omar Jabareh, fils de l’artiste honoré. Il souligne l’importance de préserver l’héritage de son père dans les archives des grandes figures au centre Phénix pour les études libanaises de l’université. Le père Joseph Moukarzel estime, de son côté, que Jabareh portait la préoccupation de l’être humain et de la patrie dans des œuvres audacieuses. Le ministre Salameh salue le rôle de l’université dans la préservation, la restauration et la réanimation du patrimoine libanais. Il voit dans cette commémoration un signe de son rôle culturel. Cette séquence est importante, car elle pose la question des archives. Dans un pays où la mémoire culturelle risque souvent la dispersion, classer, conserver et transmettre deviennent des actes politiques au sens large.
Le livre politique comme objet culturel
La culture du 12 mai 2026 passe aussi par le livre politique. Al Liwa’ du 12 mai 2026 consacre un article au livre Kamal Joumblatt: secrets et positions, du journaliste Amer Machmouchi. Le texte le présente comme un témoignage documentaire qui mêle mémoire personnelle et analyse politique. Il ouvre une fenêtre sur l’expérience de Kamal Joumblatt, décrit comme une figure majeure de la pensée et de la politique au Liban et dans le monde arabe. L’article insiste sur le fait que le livre dépasse le récit d’un dirigeant. Il tente de comprendre un projet intellectuel et politique resté présent dans le débat public. La culture est ici liée à l’histoire des idées. Elle sert à interroger l’État, la réforme et le sens de l’engagement.
Le même article de Al Liwa’ du 12 mai 2026 rapporte que Farès Saïd voit dans ce livre plus qu’un récit de relation personnelle. Il y lit l’expérience d’une génération liée à une idée de changement politique et intellectuel. Le rédacteur en chef de Al Liwa’, Salah Salam, salue pour sa part le travail et le professionnalisme de l’auteur. Il estime que l’ouvrage donne une image précise d’une personnalité politique et intellectuelle exceptionnelle, sans simplification excessive. Cette lecture montre que le livre libanais continue de fonctionner comme espace de mémoire et de débat. L’ouvrage ne ferme pas une période. Il rouvre une question: comment transformer l’idée d’État, souvent répétée, en réalité possible dans un pays encore pris dans les crises?
Institutions patrimoniales et agenda culturel
L’agenda culturel libanais comporte aussi des rendez-vous institutionnels. Al Liwa’ du 12 mai 2026 annonce qu’à l’invitation de l’association Al Makassed, et sous le patronage du Premier ministre Nawaf Salam, une cérémonie rendra hommage au docteur Faisal Sano. Elle est prévue le vendredi 15 mai à huit heures du soir, dans le lieu nommé AVA VENUE à Achrafieh. Le journal précise que cet hommage vise à saluer son parcours et son service de la mission de l’association. Cette annonce relève de la vie culturelle et sociale beyrouthine. Elle montre que les institutions historiques continuent d’organiser des moments de reconnaissance publique, malgré le climat national dominé par la guerre et les négociations.
Dans la même rubrique, Al Liwa’ du 12 mai 2026 rapporte que l’organe administratif de la Fondation nationale du patrimoine a été reconduit pour trois ans. Mona Hraoui en garde la présidence. Lama Salam devient vice-présidente. Rihan Haidar est secrétaire et Raymond Araygi trésorier. Parmi les membres figurent notamment Nora Joumblatt, Rima Chehadeh, Nayla Kataneh, Leila Badr, Rose Choueiri, Jamana Debbane, Youmna Ziadeh Karam, Liliane Matar et Samir Abi Lamaa. Cette information paraît institutionnelle, mais elle renvoie à un enjeu plus large. La protection du patrimoine libanais dépend d’associations, de réseaux de compétences et de continuités administratives. Dans un pays où l’État peine souvent à protéger les sites et les archives, ces structures jouent un rôle de relais.
Cannes et le recul des grands studios américains
La culture internationale est dominée par le Festival de Cannes. Al 3arabi Al Jadid du 12 mai 2026 indique que l’édition 2026 s’ouvre sans grand film des studios américains. Le journal rappelle que Cannes a longtemps accueilli des premières d’œuvres très visibles, comme La Guerre des étoiles, Indiana Jones et Top Gun. Mais cette année, aucun grand film de Hollywood ne figure au programme. Cette absence suscite des questions sur la relation entre le festival, les grands studios et le marché du cinéma. Cannes reste un lieu central pour le prestige artistique. Pourtant, les studios cherchent davantage à contrôler les dates de sortie, la communication et le risque critique.
Al 3arabi Al Jadid du 12 mai 2026 rapporte que cette prudence est liée à un marché difficile et à la crainte des critiques trop précoces. Le journal cite l’exemple du film Joker: folie à deux, présenté d’abord à Venise en 2024 avant son échec commercial. Le critique Jay Sperling Reich estime que les studios produisent moins de films adaptés à Cannes et préfèrent maîtriser totalement leur calendrier. Cette analyse éclaire une mutation du cinéma mondial. Les grands studios ne cherchent plus seulement la reconnaissance des festivals. Ils veulent protéger leurs produits et éviter qu’un accueil critique négatif ne pèse sur la billetterie. Cannes demeure donc un phare culturel, mais son lien avec l’industrie commerciale se tend.
Une culture arabe entre poésie, arts visuels et nouveaux espaces d’expression
Les pages culturelles arabes élargissent le cadre. Al Quds du 12 mai 2026 consacre une page à la poésie, avec une lecture du recueil Cela n’a plus d’importance. Le journal s’intéresse à l’image poétique et à l’aliénation de l’être humain. Il pose une question critique: qu’est-ce qui donne à un texte littéraire sa beauté propre et sa différence? Cette approche rappelle que la culture de presse ne se limite pas à l’annonce d’événements. Elle offre aussi un espace d’analyse esthétique. La poésie y est traitée comme un lieu de tension entre le général et le singulier, entre le genre littéraire et la voix individuelle.
Al 3arabi Al Jadid du 12 mai 2026 donne enfin un aperçu de l’agenda culturel régional. Le journal annonce une initiative nommée Masmou’ au théâtre Al Qattan à Ramallah, pensée comme un espace de réflexion, d’écriture partagée, de poésie, de musique et de prise de parole. Il signale aussi une exposition d’arts plastiques sur le patrimoine culturel à Tlemcen, dans le cadre du mois du patrimoine, ainsi qu’une exposition individuelle de Naamat Al Nasser à Amman, intitulée L’art entre deux intelligences. Ces rendez-vous ne sont pas libanais, mais ils permettent de situer la scène libanaise dans un environnement culturel arabe plus large. Partout, les artistes travaillent sur la mémoire, la parole, le patrimoine et les formes nouvelles de l’expression.


