Reporters sans Frontières (RSF) a publié aujourd’hui, mardi 21 avril 2020, son classement annuel de la liberté de la presse dans le monde. Le Liban continue sa baisse dans le classement entamée en 2015, perdant une position supplémentaire par rapport à 2019 pour atteindre la 102e position sur 180 Etats.

Dans ce cadre, RSF explique le classement du Liban :

Des médias fortement politisés, une liberté d’expression attaquée

S’il existe une réelle liberté de ton dans les médias libanais, ces derniers restent néanmoins extrêmement politisés et polarisés. Les journaux, radios et chaînes de télévision servent d’outils de communication à certains partis politiques ou hommes d’affaires. Le code pénal libanais considère la diffamation, la calomnie ainsi que la diffusion de fausses informations comme des infractions et en a une définition très large.

On observe une inquiétante instrumentalisation de la justice pour poursuivre des médias et des journalistes qui s’intéressent de près ou de loin à des personnalités politiques ou religieuses réputées toutes puissantes. Au cours des dernières années, la justice a inquiété des présentateurs pour avoir laissé leurs invités critiquer les autorités libanaises dans leur émission, mais aussi des journaux pour avoir enquêté sur des faits de corruption.

Les journalistes sont le plus souvent condamnés à payer des amendes ou à de la prison par contumace – bien qu’ils soient toujours susceptibles d’être envoyés derrière les barreaux -, et sont poursuivis devant les tribunaux des imprimés mais aussi par la justice militaire. La question des réfugiés syriens et des relations avec Israël est également très sensible. Si la “révolution” d’octobre 2019 a levé le tabou de la critique des figures intouchables, les attaques contre les médias se sont intensifiées au cours des manifestations.

Les forces de l’ordre ont recours à un usage disproportionné de la force et attaquent des journalistes, pourtant clairement identifiables comme tels.

Les reporters qui travaillent pour les médias proches du pouvoir sont malmenés par les manifestants, qui les accueillent avec défiance. D’autres, identifiés par des individus de leur communauté, sont accusés d’être des traîtres lorsqu’ils relaient des informations à contre-courant.

Enfin, blogueurs et journalistes en ligne continuent d’être convoqués par le “bureau de lutte contre la cybercriminalité”, pour des publications sur les réseaux sociaux à la suite d’une plainte déposée par une partie privée, souvent des notables liés au gouvernement.

Samir Kassir Foundation | SKeyes Center

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