Le Président de la République s’est exprimé ce mercredi 25 septembre à l’occasion de la 74ème assemblée générale de l’ONU qui a actuellement lieu à New York aux Etats-Unis.

À cette occasion, le chef de l’état a évoqué devant ses homologues les différents dossiers auxquels le Liban fait actuellement face dont le dossier du retour des réfugiés syriens et palestiniens présents au Liban ou encore la poursuite de l’occupation israélienne de certains territoires libanais.

Le discours du Président de la République (en arabe)

Le Président de la République a d’abord félicité ses homologues pour leurs présences lors de l’Assemblée Générale de l’ONU.

Le Chef de l’Etat les a également remercié pour avoir accepté la création d’une académie pour les rencontres humaines et le dialogue, le 16 septembre dernier et qui sera basée au Liban. Il s’agissait d’une proposition du Président de la République lors de la précédente assemblée qui s’est déroulée en 2018.

Toujours concernant la situation géopolitique au Moyen-Orient, le général Aoun rappelé les risques pesant sur la souveraineté et la sécurité du Liban.

Il a abordé plus spécifiquement la question du retour des réfugiés syriens dans leur pays, appelant ses homologues à oeuvrer dans ce sens. Cette crise, estime le Président de la République, n’est pas de la seule responsabilité du Liban, qui s’est également interrogé sur la volonté réelle de certains états et de certaines organisations à permettre ce retour.

Nous avons de nombreux points d’interrogation sur les positions de certains États actifs et d’organisations internationales concernées, qui tentent d’empêcher ce retour et les allégations selon lesquelles la situation sécuritaire en Syrie est dangereuse.
Le Général Michel Aoun, le 25 septembre 2019 devant l’Assemblée Général de l’ONU.

Il a estimé que ces allégations servent à maintenir la peur du retour au sein de la communauté syrienne et a indiqué à ce sujet que le Liban pourrait prochainement prendre des décisions dans le cadre de ce dossier en raison des risques que leur présence pose à l’identité libanaise, citant le précédent palestinien dont une importante communauté est toujours présente depuis 1948 sur le territoire du Pays des Cèdres.

« Cela pourrait conduire le Liban à favoriser le processus de retour actif, en accord avec l’État syrien, le cas échéant, pour résoudre ce dilemme qui menace notre entité et notre existence « 

Le discours du Président de la République

Son Excellence Monsieur Tidjani Mohamed points, président de l’assemblée générale,
Son excellence le secrétaire général de l’organisation des Nations Unies, Monsieur Antonio Gutierrez
Messieurs les chefs d’état et de gouvernement,
Mesdames et messieurs,
Je suis heureux d’abord de vous féliciter, monsieur le président, pour votre élection à la présidence de la soixante-quatrième session de l’assemblée générale des Nations Unies, et je vous souhaite une bonne chance.
Je remercie également son excellence Mme Maria Verne Espinosa gar pour la bonne direction de la session précédente,

Je félicite le secrétaire général de l’organisation des Nations Unies, Monsieur Gutierrez, pour ses efforts, en particulier son projet de réforme de l’organisation internationale, qui touche les différentes parties de son mandat, et l’attention qu’il accorde aux questions de notre région en général et au Liban.

Le 16 septembre, l’assemblée générale a voté la résolution numéro 344, en faveur de la création de l’Académie humaine pour les rencontres humaines et du dialogue au Liban.
Je voudrais remercier au nom de mon pays, les États membres qui ont voté en faveur de ce projet et qui ont encourager à aller de l’avant dans cette initiative que j’ai lancé, il y a deux ans.
Je vais suivre avec attention la création de cette académie, en croyant que la paix véritable est celle qui se joue entre les êtres humains et non sur le papier, mais aussi sur le rôle du Liban et son message de rencontre et de dialogue, et de ce que son peuple et sa communauté sont en train de faire: La vie commune est une expérience qui doit refuser l’extrémisme intellectuel et religieux et apprendre à comment vivre dans la tolérance.
L’importance de cette académie réside dans la création d’un projet international visant à promouvoir les cultures et les différentes religions, à promouvoir l’esprit de coexistence, à diffuser et accepter la culture du savoir-faire, dans le cadre des principes et des objectifs de l’organisation des Nations Unies, objectifs qui s’oeuvrent pour combler l’écart entre les peuples, en particulier via la diplomatie de prévention des conflits.

Il y a deux jours, le sommet de l’action climatique, initiée par le secrétaire général, s’est tenu ici. Dans ce contexte, le Liban s’est joint au groupe des états qui appuient l’initiative lancée par le président de l’Autriche « pour davantage d’ambition sur le climat » après r été à l’avant-garde des États qui ont signé l’accord concernant la question.

Par ailleurs, le Liban a pris de nombreuses mesures cette année pour renforcer le rôle des femmes. Le gouvernement libanais a approuvé et lancé un plan D’Action National Global pour mettre en œuvre la résolution 1325 du conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité. Nous avons également pris toutes les mesures visant à donner effet aux travaux de la Commission Nationale des droits de l’homme et du comité


Monsieur le président
Ô présence généreuse,
La guerre chaude qui a connu de nombreux états au Moyen-Orient a diminué au cours de la dernière décennie, mais ses effets et ses conséquences sur nos pays et nos sociétés restent de plus en plus répandus sur les plans économiques et sociaux.

Les séances de débat de l’assemblée générale de cette année sont sous le thème de  » promouvoir les efforts internationaux en faveur de l’élimination de la pauvreté, de l’éducation de haute qualité, du travail climatique et de l’inclusion.
Nous vous rappelons à nouveau l’ampleur des effets négatifs de la crise des réfugiés, ses conséquences sur la sécurité, politique, sociale, économique et environnementale, ainsi que sur les infrastructures, la croissance et le taux élevé de chômage.
Cela représente une grave menace pour notre programme de développement durable, et a encore accentué à la crise économique.

Si le Liban s’efforce de faire face à la situation économique difficile, avec l’adoption d’une série de mesures et des réformes radicales de son système économique et financier, en collaboration avec les institutions internationales concernées, cela me pousse aussi à exhorter tous les dirigeants du monde à travailler à un retour (des réfugiés syriens).

Les personnes sont en sécurité en Syrie, d’autant que la responsabilité de faire face à cette crise ne se limite certainement pas au Liban. C’est une responsabilité internationale commune que nous devons tous coopérer pour trouver des solutions et de manière urgence.
La Communauté internationale ne peut se contenter de fournir une assistance minimale aux personnes et aux réfugiés dans leur lieu de déplacement sans mettre en place des programmes de retour sûrs.

Les conditions de ce retour sont désormais présente, la situation sécuritaire dans la plupart du territoire syrien, selon des rapports internationaux, étant stable et les affrontements militaires limitées dans la région d’Idlib.
L’état syrien a déclaré officiellement et à plusieurs reprises sa volonté de voir le retour de ses enfants déplacés,
À ce jour, près de 370 370 personnes ont quitté le Liban, dont plus de 250 250 sont de retour en Syrie, et aucune information n’a été reçue concernant des persécutions ou des mauvais traitements dont ils feraient l’objet.

Par conséquent nous avons des réserves sur la position de certains états et organisations internationales concernés visant à bloquer ce retour et les allégations de la grave situation sécuritaire en Syrie, qui auraient pour but de préoccuper des personnes déplacées indiquant clairement les difficultés politiques dans lesquelles elles sont confrontées.

(…)

C’est pourquoi le Liban souhaite encourager son processus de retour, en accord avec l’état syrien pour résoudre ce dilemme qui menace son entité et son existence. L’expérience concernant les réfugiés dans le monde et l’attente de solutions politiques ne sont jamais rassurer.

Dans notre histoire, deux expériences infructueuses dans ce domaine sont présentes dans nos mémoires, la première en 1974 après le déclenchement de la guerre à Chypre et l’arrivée rapide d’une grande partie des civils au Liban, puis le retour rapide dans leur pays dès que le cessez-le-feu a été déclaré, sans aucune attente.
La deuxième expérience a commencé en 1948 avec les vagues de déplacement du peuple palestinien vers les pays de la diaspora et vers le Liban en particulier, les palestiniens vivant encore dans les camps avec le rêve de revenir. Il attendent toujours la solution politique et la mise en œuvre de la résolution 194 .

Dans un contexte lié à la gravité de la réduction des services fournis par l’office de l’office aux réfugiés palestiniens (UNRWA), causant des pressions sociales et financières supplémentaires sur eux, nous nous mettons en danger avec la transformation de jeunes palestiniens d’étudiants en sciences à des étudiants de terrorisme.
Le Liban avait déjà mis en garde contre toute tentative visant modifier le mandat de l’office. Je demande aux États qui contribuent à leur budget de doubler leurs contributions afin de pouvoir retrouver le rôle vital de l’UNRWA.


Monsieur le président
Messieurs !

La crise au moyen-Orient est de plus en plus complexe car toutes les solutions et toutes les pratiques israéliennes sont en contradiction avec les principes de l’ONU ;
L’annexion de Jérusalem, la politique de colonisation et les lois contraires aux droits de l’homme, la reconnaissance de l’annexion de territoires occupés par la force, comme cela a été le cas pour les hauteurs du Golan et les promesses électorales d’inclure de nouveaux terres, avec les propositions de supprimer les frontières de certains états et frapper l’unité de leur territoire pour régler la question palestinienne pour maintenir les palestiniens où ils sont.

et les dommages que ceux-ci peuvent faire au Liban dont une grande partie des réfugiés sont présents sur son territoire.
Tout ce qui précède porte atteinte à toute occasion de paix, avec un avenir incertain aucun doute, car les droits des peuples restent en vie aussi longtemps que possible.


Monsieur le président,
Messieurs !
Les violations israéliennes de la résolution 1701 n’ont jamais cessé, de même que les attaques perpétrées contre la souveraineté libanaise, maritime et aérienne.
L’acte d’agression flagrante commis le mois dernier dans un quartier résidentiel au cœur de Beyrouth est la violation la plus grave de cette résolution.
Les incendies provoqués par les tirs de missiles israéliennes et qui ont duré des jours dans les fermes de chebaa occupées sont un crime international pour l’environnement et cela doit être condamné.

Depuis cette tribune, je répète que le Liban est un pays aimant la paix. Nous nous sommes attachés à la résolution 1701. Nous nous sommes toujours engagés à le respecter, mais notre engagement n’élimine pas notre droit naturel à la défense légitime, de notre territoire et notre peuple, par tous les moyens disponibles.

L’attachement du Liban à ses droits souverains sur les fermes de chebaa, les collines de kfarchouba et le nord du village de Ghajar, tous occupés, pour mettre en place les frontières terrestres internationalement reconnues par des documents de l’ONU, ainsi que de la frontière maritime, sous l’autorité de l’organisation des Nations Unies, permettra le Liban à entamer ses activités de prospection de pétrole et de gaz dans ses eaux régionales avant la fin de l’année.


Monsieur le président
Messieurs !

Alors que le Liban est en train de commencer ses préparatifs pour célébrer l’anniversaire du « Grand Liban », et depuis la création la création de l’organisation des Nations Unies le 24 octobre 1945, le monde a vu de nombreuses guerres et conflits, en particulier au Moyen Orient. La chaleur augmente ou baisse, mais elle ne refroidit jamais, et nos peuples en paient toujours le prix, de leur sécurité, de leur stabilité, de leur sécurité, de leur économie et même de leur diversité démographie.
L’essentiel du problème est lui-même, l’intérêt des puissants s’oppose au droit des faibles, les principes, la logique, la justice et les solutions.

Aujourd’hui, la politique générale a perdu sa stabilité. Le monde a perdu sa stabilité. Il n’y a plus de mesures pour limiter et contrôler les différends et donc les résoudre selon les règles en vigueur. Cela a rendu plusieurs peuples incapables de surmonter les options politiques qui dépassent les frontières, les empêché de se rencontrer et de coopérer. Cet état des choses ouvert une large place au chaos.

L’ONU a pris de nombreuses initiatives visant à promouvoir la voix de la paix et du développement. Certaines d’entre elles ont réussi et d’autres n’ont pas atteint les résultats escomptés. Nous espérons qu’ils renforcent les principes généraux, le droit international et les instruments, car ils sont la seule référence à la protection des droits
Il n’y aura pas de justice, pas de droit et de paix tant que le principe qui règne dans notre monde est :
Je suis fort et donc j’ai raison !

Merci de m’avoir écouté

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