Revue de presse : une trêve ouverte, entre retour sous les ruines et bataille...
La revue de presse du 18 avril montre un Liban suspendu entre trêve fragile, retour des déplacés parmi les ruines et bataille des récits sur l’après-guerre. D’un journal à l’autre, la même question domine : le cessez-le-feu ouvre-t-il une stabilisation politique, ou seulement une pause sous haute incertitude régionale persistante.
Cessez-le-feu au Liban : un discours présidentiel pour fixer le sens politique de la...
Dans sa première grande allocution après l’entrée en vigueur de la trêve avec Israël, Joseph Aoun a tenté de fixer le cadre politique de la séquence qui s’ouvre. Le président libanais affirme que la négociation n’est ni un recul ni une faiblesse, mais un moyen de reprendre la décision nationale, de protéger les civils et de replacer l’État au centre. Son discours intervient alors que le pays reste marqué par les destructions, les déplacements massifs et l’incertitude sur la solidité du cessez-le-feu.
Un pays qui importe sa nourriture ne peut pas se payer une nouvelle crise...
Le Liban dépend de l’extérieur pour 86 % de son alimentation, ce qui rend toute fragilité monétaire immédiatement dangereuse. Entre guerre, recul agricole, pression sur les importations et stabilité défensive de la livre, le pays vit sous une ligne de survie où sécurité alimentaire et taux de change sont désormais indissociables.
Kérosène : les compagnies européennes commencent à réduire leurs vols
La crise du kérosène n’est plus un simple sujet de marché. En Europe, elle commence à modifier les programmes de vol. KLM a déjà supprimé 160 vols européens sur un mois en invoquant des coûts devenus trop élevés, tandis que Lufthansa accélère ses réductions de capacité et retire des appareils plus gourmands. Air France n’a pas encore annoncé de coupes séparées liées au kérosène, mais le groupe Air France-KLM est directement exposé. En Italie, le vrai sujet n’est plus Alitalia, disparue, mais ITA Airways et la fragilité montrée par plusieurs aéroports déjà touchés par des tensions temporaires d’approvisionnement.
Entre dollar et pétrole, l’économie libanaise encaisse un nouveau choc
Entre flambée pétrolière et domination persistante du dollar, l’économie libanaise subit un nouveau choc. Le carburant plus cher, les infrastructures abîmées et l’incertitude monétaire frappent ménages, commerces et transports. Même si le brut se détend légèrement, le Liban reste exposé, faute d’amortisseurs énergétiques, budgétaires et monétaires durables.
Trump somme Israël d’arrêter les frappes au Liban
Donald Trump affirme que les États-Unis ont interdit à Israël de poursuivre ses frappes sur le Liban. Sa formule brutale, « Enough is enough », marque un seuil inédit : Washington ne parraine plus seulement la trêve, il intime publiquement à son allié d’arrêter, malgré des violations signalées sur le terrain au Sud.
Ormuz : l’Iran rouvre le passage commercial
L’Iran a annoncé la réouverture du détroit d’Ormuz à tous les navires commerciaux pour la période restante du cessez-le-feu au Liban. Présentée comme une autorisation complète, la mesure reste pourtant encadrée par un itinéraire coordonné par les autorités maritimes iraniennes. Cette décision modifie immédiatement la lecture régionale de la trêve, desserre la pression sur les marchés de l’énergie et offre à Téhéran un nouvel espace diplomatique. Mais elle ne constitue pas encore un retour complet à la normale, tant son périmètre demeure limité, temporaire et politiquement réversible.
Salam relance le dossier des armes des camps palestiniens
Au Sérail, Nawaf Salam a tenu deux réunions qui éclairent le vrai visage de l’après-trêve au Liban. Avec plusieurs diplomates européens, il a évoqué le soutien à son gouvernement, les besoins humanitaires et la phase de négociation ouverte après le cessez-le-feu. Avec le représentant spécial du président palestinien, il a abordé la situation des camps, le déplacement des Palestiniens depuis les camps du Sud, les conditions de vie et la reprise du plan de remise des armes palestiniennes, surtout à Beyrouth. Ensemble, ces échanges montrent que le Liban tente de gérer en même temps l’urgence extérieure et ses dossiers intérieurs les plus sensibles.
À Washington, le monde presse le Liban sur les réformes
À Washington, la délégation financière libanaise a tenté de convaincre ses interlocuteurs internationaux que le pays peut encore redevenir un partenaire crédible. En marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, les échanges ont porté sur les réformes, la gouvernance, le secteur privé, les infrastructures et les besoins de financement. Le message reçu est clair : le soutien extérieur reste possible, mais il dépendra d’une vision plus lisible, d’une exécution plus rapide et d’une capacité réelle de l’État à restaurer la confiance.
Londres, Riyad, Téhéran, Islamabad : qui a vraiment tenu la main sur la journée...
Le cessez-le-feu libanais du 17 avril ne s’est pas joué à Beyrouth seulement. Londres a soutenu le cadre, Riyad a poussé l’État, Téhéran a protégé son influence et Islamabad a maintenu le canal discret. Derrière la trêve, quatre capitales ont pesé sur le sens politique, le rythme et la suite.
Retour des déplacés : Salam coordonne l’après-trêve
La réunion ministérielle quotidienne présidée par Nawaf Salam à la Sérail a donné ce matin une image concrète de l’après-cessez-le-feu. Le gouvernement a mis au premier plan le retour des déplacés, les centres d’accueil encore mobilisés, les conditions de sécurité au Sud, la réparation de certains ponts, les arrestations après les tirs en l’air, les approvisionnements en mazout et la protection des journalistes après l’agression de photographes. L’exécutif tente ainsi de faire passer la trêve du registre militaire au registre administratif.
Au Liban, l’armée israélienne accusée de désinformation
L’affaire Ali Chouaib dépasse de loin une simple polémique visuelle. Après la mort du journaliste libanais dans une frappe au sud du Liban, l’armée israélienne a diffusé un visuel destiné à l’associer au Hezbollah. Or cette image s’est révélée modifiée, provoquant la réaction d’une association de la presse étrangère et relançant un débat plus large sur la désinformation de guerre. Le dossier met en lumière une mécanique désormais centrale dans les conflits contemporains : après la frappe, vient la bataille du récit, des preuves supposées et de la requalification publique des morts.
Électricité au Liban-Sud : les réparations commencent
L’établissement public de l’électricité a annoncé le début des réparations sur plusieurs lignes de transport et de distribution endommagées au Liban-Sud, dans un contexte où la sécurité du terrain et les moyens disponibles restent des limites majeures. Les lignes Zahrani–Tyr, Tyr–Wadi Jilo et Nabatiyé–Tyr figurent parmi les axes touchés, tandis que les grandes stations de transformation situées au sud du Litani ont été isolées, sauf Marjeyoun. Pour éviter un effondrement total du service, la centrale de Tyr a été relancée de manière autonome afin d’alimenter les zones raccordées au poste principal de la ville.
Ils reviennent voir ce qu’il reste : le retour prudent des familles dans les...
Le cessez-le-feu n’a pas ramené la normalité, seulement la possibilité de revenir voir. Dans les zones touchées, des familles libanaises rouvrent leurs portes, évaluent les dégâts, récupèrent quelques affaires et mesurent ce qui reste habitable. Le vrai retour commence par le doute, les routes coupées, les maisons et l’incertitude persistante.





















