Après 27 jours du début de la révolution libanaise, le président libanais, Michel Aoun, a répondu aux différentes questions des journalistes Sami Kleib et Nicolas Nassif au cours d’un entretien retransmis sur les différentes chaînes libanaises. Voici les points les plus importants des réponses données par le président de la République :

Le mouvement a commencé avec des revendications économiques pour ensuite atteindre des revendications politiques.

Les revendications du peuple sont justes, alors j’ai réagi positivement à leurs égards, et j’ai convié le peuple à une réunion afin de se disserter, mais je n’ai toujours pas reçu de réponse à mon invitation.

Le slogan de « Tous veut dire Tous » est inacceptable car il n’est pas logique de généraliser la corruption, car ceci veut dire qu’il n’y a pas de personnes honnêtes dans ce pays, et ceci n’est pas vrai. Nous avons toujours des personnes honnêtes et douées qui sont capables de remettre ce pays sur ses pieds.

Dans une société à caractère politique et à la fois contradictoire, nous ne voulons pas nous diriger vers de nouvelles contradictions, nous aspirons à un gouvernement harmonieux afin de pouvoir mettre un plan exécutable.  

Je n’ai accédé à la présidence que pour construire un État. Je ne cherche personnellement pas un avenir, mais j’ai un passé qui m’a coûté 15 ans d’exil, loin de ma communauté pour la liberté, la souveraineté et l’indépendance.

Je viens du peuple, mais je suis malheureusement enchaîné par les contradictions du pouvoir.

Je réitère mon appel à tous afin d’unir les différents lieux de rassemblements pour mener à bien les réformes, lutter contre la corruption, et renforcer de l’État.

Nous devons représenter une certaine confiance chez le peuple, et nous devons regagner leur confiance. Il serait utile de voir ce qu’il est possible de faire à ce niveau.

Il existe trois étapes pour la construction de l’Etat : la lutte contre la corruption, la situation économique, et le travail pour aboutir à une société laïque.

Fixer une date pour les consultations parlementaires repose sur certaines réponses que nous attendons de la part des personnes concernées, et si ces réponses ne seraient pas disponibles nous allons reporter cette affaire encore quelques jours.

Nous avons surmonté de nombreuses difficultés et nous en sommes maintenant aux derniers points, car nous cherchons à former un gouvernement harmonieux.

Je suis d’accord avec toutes les demandes du mouvement économique et social

J’ai dit aux juges : « Je suis votre toit en acier, et si vous ne parvenez pas à supporter la pression, vous pouvez me la transmettre, je m’en chargerai ». Il y a certainement de la pourriture quelques parts, et nous sommes chargé de la traiter.

Le ministre Gebran Bassil est lui seul capable de décider s’il fera partie ou pas du nouveau gouvernement. Personne n’a le droit à dire au président du plus grand bloc parlementaire qu’il ne peut pas faire partie du gouvernement.

Un gouvernement technocrate ne peut pas préciser la politique à suivre du pays. Je suis pour la formation d’un gouvernement à moitié politique et à moitié technocrate.

En ce qui concerne la nomination de Saad Hariri, les consultations parlementaires seules peuvent déterminer s’il sera ou pas le chef du prochain gouvernement.

Depuis 2006, le Hezbollah n’a pas tiré une seule balle vers Israël, et il ne s’interfère aucunement dans les affaires proprement libanaises. Nous avons tous eu à subir un blocus financier pour que l’on s’affronte entre nous, mais ceci n’aura pas lieu, du moins durant mon mandat.

L’indépendance, la souveraineté et la liberté des Libanais est une priorité pour moi, et personne ne peut imposer le fait d’annuler l’existence d’un parti qui représente le tiers du peuple libanais.

Pourquoi depuis trois ans, on ne cesse de parler d’un effondrement au niveau financier et économique ? Ceci n’est-il pas également une forme de guerre ?

J’en appelle à tous les Libanais de ne pas se ruer vers les banques car ceci ne ferait qu’aggraver la situation. Je les rassure, leur argent est garanti, et nous sommes en train de résoudre cette crise.

En ce qui me concerne, j’ai toujours réclamé le retour des réfugiés Syriens en Syrie auprès des organisations internationales. Leur réponse a toujours été tout d’abord de nous remercier pour notre patience, mais de nous signaler que ceci ne se fera que lorsqu’une solution politique serait retrouvée.

Je n’ai pas d’appréhension quant à mon mandat, mais j’ai des appréhensions envers le Liban … l’ONU et l’UE ne sont pas en train de nous aider, et de mon côté, je n’ai aucune alliance avec des pays étrangers, mes alliances sont uniquement avec les différentes composantes du peuple libanais.

Le dollar n’est pas introuvable au Liban, mais il a été retiré des banques et conservé dans les foyers, et ceci n’aide en aucun cas l’économie au Liban.

Le cas de la banque Intra persiste toujours, d’ailleurs cette banque existe encore, et la situation actuelle ressemble en plusieurs points au cas d’Intra.

Rester dans la rue et bloquer les routes ne peut que causer de graves torts à l’Economie.

J’ai entièrement confiance en l’Armée et son commandement, et je n’ai eu pour le moment aucun contact avec la délégation française, qui est censée me rencontrer demain.

J’en appelle aux Libanais de ne pas être négatifs, la négativité génère une négativité défavorable et entraîne à des affrontements. Les revendications du peuple sont légitimes, et nous œuvrons à y répondre. Mais il faut sortir de la rue, parce que ceci ne peut que nuire au Liban.

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