Le ton américain à l’égard d’Israël s’est encore durci jeudi 13 août. Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël et soutien historique de la colonisation, a qualifié d’« acte de terreur » le siège de maisons palestiniennes par des colons israéliens à Qusra, en Cisjordanie occupée. La formule est remarquable venant d’un diplomate qui avait jusqu’ici défendu certaines des positions israéliennes les plus contestées. Elle intervient surtout après plusieurs semaines de désaccords entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu sur l’Iran, Gaza et le Liban. Ces épisodes ne constituent pas encore une rupture de l’alliance américano-israélienne, mais ils dessinent une crise politique de plus en plus difficile à dissimuler.
Le fait du jour est d’autant plus significatif qu’il vient de Mike Huckabee. Ancien gouverneur républicain de l’Arkansas, pasteur baptiste et figure de la droite évangélique américaine, l’ambassadeur appartient depuis des décennies au courant politique américain le plus favorable à Israël. Il a défendu les colonies de Cisjordanie, contesté la perspective d’un État palestinien sur ce territoire et employé à plusieurs reprises la terminologie biblique de « Judée-Samarie » privilégiée par la droite israélienne.
Jeudi, le diplomate a pourtant employé un vocabulaire habituellement réservé aux attaques palestiniennes ou aux groupes armés. Après plusieurs jours de siège de familles palestiniennes par des colons à Qusra, près de Naplouse, Huckabee a parlé d’un « horrible acte de terreur » et demandé que les auteurs soient traités comme des criminels. Une famille concernée possède également la nationalité américaine, ce qui a placé directement l’ambassade dans le dossier.
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
Cette déclaration ne signifie pas que l’administration Trump a changé de doctrine sur la Cisjordanie. Elle prend cependant une dimension particulière parce qu’elle s’ajoute à une succession très rapide de mises en garde américaines à Israël. En moins de trois mois, Donald Trump a menacé Benjamin Netanyahu de le laisser affronter seul l’Iran, Washington a contesté certaines opérations israéliennes au Liban, le Premier ministre israélien a publiquement rejeté un plan américain pour Gaza et le département d’État vient de rappeler qu’une occupation permanente du sud du Liban serait incompatible avec les engagements pris par Israël.
Mike Huckabee parle désormais de « terrorisme »
Les incidents de Qusra ont commencé au cours du week-end. Des dizaines de colons israéliens se sont installés autour de plusieurs maisons palestiniennes, empêchant leurs occupants de circuler normalement. L’accès à l’eau et à l’électricité a été interrompu dans certaines habitations, tandis que des familles ont signalé des jets de pierres, des dégradations et l’impossibilité de recevoir normalement nourriture ou médicaments.
L’une des maisons appartient à Lou Ridi, un Palestino-Américain vivant aux États-Unis. Des membres de sa famille sont restés bloqués plusieurs jours avant une intervention des forces israéliennes. L’implication d’un citoyen américain a donné à l’affaire une dimension diplomatique que d’autres épisodes de violences commises par des colons n’avaient pas nécessairement eue à Washington.
L’ambassade américaine a demandé aux autorités israéliennes d’intervenir. L’armée a ensuite renforcé ses effectifs dans le secteur, démantelé des installations construites par les colons et annoncé des mesures disciplinaires contre des militaires aperçus aux côtés des groupes impliqués. Au moins un Israélien a été interpellé.
C’est dans ce contexte que Huckabee a employé le terme de « terreur ». La condamnation ne se limite donc pas à dénoncer des « violences », des « extrémistes » ou des « actes inacceptables ». Le représentant personnel de Donald Trump en Israël a utilisé une qualification politique et morale particulièrement lourde à propos de citoyens israéliens s’attaquant à des Palestiniens.
Un changement spectaculaire venant de Huckabee
La personnalité de l’ambassadeur explique pourquoi cette déclaration retient autant l’attention. Mike Huckabee n’a jamais été considéré comme un diplomate susceptible de chercher systématiquement un équilibre entre les positions israéliennes et palestiniennes. Lors de sa confirmation au Sénat en avril 2025, il était au contraire présenté comme l’un des ambassadeurs américains les plus idéologiquement proches de la droite israélienne depuis plusieurs décennies.
En juin 2025, il avait publiquement mis en doute l’objectif traditionnel d’un État palestinien établi en Cisjordanie et à Gaza. Il avait même suggéré que, si un État palestinien devait être créé, un territoire pourrait éventuellement être trouvé dans un autre pays musulman plutôt que sur les terres revendiquées par les Palestiniens. À propos des politiques israéliennes en Cisjordanie, il avait également adopté une attitude très peu interventionniste.
Cette orientation s’est encore manifestée en février 2026. Lors d’un entretien qui avait provoqué des condamnations dans plusieurs capitales arabes, Huckabee avait défendu une conception biblique des droits territoriaux d’Israël et tenu des propos particulièrement favorables à une extension de son contrôle territorial.
L’ambassadeur n’est donc pas en train de devenir un opposant à Israël ou un défenseur classique de la diplomatie palestinienne. Sa réaction à Qusra est plus intéressante précisément parce qu’elle ne correspond pas à son parcours. Lorsqu’un responsable aussi proche idéologiquement d’Israël qualifie l’action de colons de « terrorisme », le message adressé au gouvernement israélien prend un poids différent.
Les tensions États-Unis-Israël s’accumulent
La déclaration de Huckabee serait néanmoins excessive à interpréter isolément comme la preuve d’une crise diplomatique. Elle devient beaucoup plus significative lorsqu’elle est replacée dans la succession d’incidents qui détériorent depuis le printemps les relations entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu.
L’alliance stratégique entre les États-Unis et Israël reste extrêmement solide. Washington continue de garantir une grande partie de la sécurité extérieure israélienne, de fournir des armes et de coordonner étroitement ses opérations régionales avec l’État hébreu. Les deux pays ont combattu ensemble contre l’Iran en 2026 et partagent toujours l’objectif de réduire les capacités militaires de Téhéran, du Hezbollah et du Hamas.
Ce qui change concerne les objectifs politiques qui doivent suivre les opérations militaires. Donald Trump cherche de plus en plus clairement à transformer les avantages obtenus par la force en accords permettant de réduire l’engagement américain. Benjamin Netanyahu estime pour sa part qu’un retrait trop rapide ou des compromis insuffisants peuvent permettre aux adversaires d’Israël de reconstituer leurs capacités.
Cette différence stratégique était encore gérable tant qu’elle restait privée. Elle est désormais exposée publiquement sur plusieurs fronts.
Iran : Trump avait menacé Netanyahu de le laisser seul
La rupture de ton la plus spectaculaire s’est produite début juin au sujet de l’Iran. Après des mois de guerre, Donald Trump cherchait à stabiliser un cessez-le-feu et à négocier avec Téhéran. Benjamin Netanyahu voulait conserver sa liberté d’action militaire face à un adversaire qu’Israël considère comme une menace existentielle.
Le président américain avait alors révélé avoir adressé un avertissement direct au Premier ministre israélien. Si Netanyahu relançait la guerre contre l’Iran au mépris de la stratégie américaine, il pouvait, selon Trump, se retrouver « seul » pour la mener.
Une telle menace est exceptionnelle dans la relation américano-israélienne. Elle indiquait que le soutien militaire américain ne devait plus nécessairement être considéré comme automatique pour toute nouvelle opération décidée par Jérusalem.
Le désaccord portait notamment sur les conséquences des attaques israéliennes au Liban. Washington cherchait à empêcher une nouvelle escalade impliquant l’Iran, tandis que certaines opérations israéliennes contre le Hezbollah menaçaient de provoquer précisément cette réaction. Trump avait publiquement estimé qu’une frappe israélienne au Liban n’aurait pas dû avoir lieu et demandé à Netanyahu davantage de retenue.
La relation personnelle entre les deux dirigeants, longtemps présentée comme particulièrement étroite, entrait alors dans une phase plus conflictuelle. Trump continuait à qualifier Netanyahu d’allié, mais il ne cachait plus son irritation lorsqu’une opération israélienne risquait de compromettre ses propres négociations.
Les services américains ont même surveillé les intentions israéliennes
La détérioration est devenue plus sensible lorsque les services américains ont commencé à examiner non seulement les intentions iraniennes, mais également le risque que le gouvernement israélien fasse échouer les efforts diplomatiques de Washington.
En juin, des évaluations américaines ont estimé qu’Israël pouvait prendre des mesures susceptibles de compromettre l’accord que Donald Trump tentait alors de consolider avec Téhéran. La question n’était plus seulement de savoir ce que l’Iran ferait, mais jusqu’où Netanyahu était prêt à aller pour empêcher un compromis qu’il jugerait trop favorable à la République islamique.
Cette méfiance ne signifie pas que Washington considérait Israël comme un adversaire. Elle montre cependant que les intérêts des deux alliés ne coïncidaient plus totalement. Les États-Unis voulaient limiter une guerre devenue coûteuse et politiquement difficile. Israël souhaitait exploiter autant que possible l’affaiblissement iranien avant de renoncer à l’option militaire.
Ce désaccord reste aujourd’hui non résolu. Les négociations entre Washington et Téhéran sont de nouveau bloquées, tandis que la confrontation autour du détroit d’Ormuz continue. La possibilité d’une nouvelle escalade maintient Israël et les États-Unis dans une dépendance militaire mutuelle, sans effacer leurs différences sur la manière de mettre fin au conflit.
Gaza : Netanyahu rejette ouvertement le plan Trump
Un nouvel épisode est intervenu dimanche 9 août. Benjamin Netanyahu a publiquement rejeté le nouveau plan en quinze points défendu par Donald Trump pour Gaza. Le projet américain prévoit notamment le désarmement du Hamas et un retrait progressif des forces israéliennes, accompagné d’un mécanisme international chargé de stabiliser le territoire.
Le Hamas a accepté le principe du document, tout en conservant ses propres conditions sur la manière dont son désarmement doit intervenir. Israël refuse de son côté la séquence proposée. Netanyahu exige que le désarmement soit réellement achevé avant un retrait des forces israéliennes.
Le différend porte donc sur l’ordre des étapes. Pour Washington, retrait et désarmement doivent progresser dans un mécanisme coordonné. Pour Israël, quitter les positions militaires avant d’avoir vérifié la disparition complète des capacités armées du Hamas ferait courir le risque de voir celui-ci se réorganiser.
La divergence serait déjà importante si elle restait une négociation technique. Netanyahu a choisi de la rendre publique en affirmant que le document américain était inacceptable pour Israël. Le geste touche directement Donald Trump, qui cherche à présenter son dispositif de paix comme une solution régionale après plusieurs années de guerre.
La Maison Blanche n’a pas retiré son projet. Les responsables américains ont au contraire affirmé qu’il demeurait en vigueur et que les discussions avec Israël se poursuivaient. Le message est clair : Washington ne considère pas le refus israélien comme la fin de la négociation.
Au Liban, Washington contredit Israel Katz
Le troisième dossier de tension concerne directement le Liban. Mercredi 12 août, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, s’est rendu dans le sud du pays et a annoncé que l’armée israélienne continuerait à y maintenir une « zone de sécurité ». Il a également assumé la destruction d’infrastructures souterraines et d’habitations dans les zones contrôlées par les forces israéliennes.
La réponse américaine a été inhabituellement nette. Le département d’État a rappelé qu’Israël avait affirmé ne nourrir aucune ambition territoriale au Liban et qu’une présence militaire permanente dans le sud ne correspondrait ni aux engagements pris dans l’accord-cadre de juin ni à la sécurité durable recherchée pour les deux pays.
Cette position intervient alors que Washington joue le rôle principal dans les négociations entre Israël et le Liban. L’accord conclu à la fin juin repose sur une logique de réciprocité : désarmement progressif du Hezbollah, déploiement de l’Armée libanaise, mécanisme de vérification et retrait israélien des territoires occupés.
Si Israël transforme la zone actuellement contrôlée dans le sud en présence permanente, l’architecture américaine est directement remise en cause. Le problème ne concernerait donc plus seulement Beyrouth et Jérusalem, mais la crédibilité de la médiation des États-Unis.
L’administration Trump ne s’est pas contentée d’une formule générale appelant les parties à la retenue. Elle a explicitement indiqué qu’une implantation permanente serait incompatible avec le cadre accepté. Cette prise de position s’ajoute désormais au rejet du plan américain pour Gaza et aux divergences sur l’Iran.
Huckabee apporte désormais la Cisjordanie à la liste
Avec Qusra, la Cisjordanie devient à son tour un terrain de friction visible. Le fait est important parce que l’administration Trump avait jusqu’ici adopté une politique extrêmement favorable aux positions israéliennes dans ce territoire. Elle avait notamment supprimé au début du second mandat de Trump des sanctions imposées sous l’administration précédente à certains colons accusés de violences.
Des élus démocrates reprochent d’ailleurs depuis plusieurs semaines à Washington d’avoir envoyé un message d’impunité en supprimant ces mesures. Les violences se sont poursuivies en 2026, tandis que les implantations et avant-postes se multiplient dans plusieurs secteurs de Cisjordanie.
Huckabee avait longtemps résisté à l’idée que Washington doive imposer à Israël une politique précise en matière de colonies. Il avait également refusé de placer la création d’un État palestinien au cœur de son mandat. Sa condamnation de Qusra ne correspond donc pas à un simple retour à la diplomatie américaine traditionnelle.
Elle marque plutôt l’apparition d’une limite. La proximité politique avec Israël n’empêche plus l’ambassadeur de qualifier directement certains Israéliens de terroristes lorsque leurs actions visent des familles palestiniennes, en particulier lorsqu’un citoyen américain est concerné et que les forces de sécurité israéliennes semblent incapables de mettre rapidement fin aux violences.
Une crise avec Netanyahu plus qu’avec Israël
Ces épisodes doivent toutefois être interprétés avec précision. Parler d’une rupture entre les États-Unis et Israël serait prématuré. Les liens militaires, sécuritaires, économiques et politiques entre les deux pays restent trop profonds pour que quelques désaccords, même importants, suffisent à renverser l’alliance.
La crise paraît davantage opposer l’administration Trump à la stratégie actuelle de Benjamin Netanyahu. Les États-Unis continuent de soutenir les objectifs généraux de sécurité d’Israël, mais contestent de plus en plus les méthodes, la durée des occupations militaires et la séquence dans laquelle doivent intervenir les retraits.
Sur l’Iran, Washington veut conserver la maîtrise du calendrier de la guerre et des négociations. À Gaza, Trump veut transformer le cessez-le-feu en accord politique comprenant un retrait. Au Liban, il souhaite que le désarmement du Hezbollah débouche sur le retrait israélien prévu. En Cisjordanie, son propre ambassadeur demande maintenant des poursuites contre des colons violents.
Netanyahu se trouve face à une logique différente. Sa coalition et son électorat de droite exigent des garanties sécuritaires maximales et refusent que des concessions territoriales précèdent le désarmement effectif des adversaires d’Israël. Les élections israéliennes prévues le 27 octobre renforcent encore cette contrainte.
Le Premier ministre dispose donc de peu d’espace politique pour apparaître comme cédant aux injonctions américaines. Donald Trump, à l’approche des élections américaines de mi-mandat de novembre, cherche de son côté des résultats visibles après une année marquée par plusieurs guerres coûteuses.
Trump ne veut plus nécessairement suivre Netanyahu jusqu’au bout
La dynamique actuelle révèle ainsi une transformation importante de la relation. Durant les premiers mois du mandat, le gouvernement israélien pouvait espérer que le retour de Donald Trump lui offrirait une liberté d’action régionale presque sans limite. L’ambassadeur nommé à Jérusalem semblait lui-même symboliser cette proximité idéologique exceptionnelle.
La situation de l’été 2026 est différente. Trump continue de défendre Israël mais manifeste une volonté croissante de déterminer lui-même quand une opération militaire doit s’arrêter. Il refuse surtout que les objectifs israéliens prolongent automatiquement l’engagement des forces américaines ou compromettent les accords qu’il cherche à conclure.
Cette évolution avait déjà suscité une forte inquiétude en Israël en juin. Des proches du président avaient dû défendre publiquement sa politique auprès d’un public israélien préoccupé par ses négociations avec l’Iran. Mike Huckabee avait lui-même reconnu l’existence d’une anxiété importante sur l’état de la relation bilatérale.
Son intervention du 13 août prend ainsi un relief supplémentaire. Deux mois après avoir cherché à rassurer les Israéliens sur le soutien de Trump, l’ambassadeur se retrouve à demander aux autorités israéliennes d’agir contre des colons qu’il qualifie de terroristes.
La droite israélienne pourrait devenir un problème pour Trump
Le principal risque pour Washington vient désormais des forces politiques situées à la droite de Netanyahu. Les partis nationalistes et religieux de sa coalition défendent une politique d’annexion en Cisjordanie, s’opposent aux retraits territoriaux et souhaitent maintenir une liberté militaire maximale à Gaza, au Liban et face à l’Iran.
Or plusieurs objectifs américains nécessitent exactement l’inverse : des retraits vérifiables, des compromis négociés et une limitation progressive des opérations militaires. Plus Trump cherchera à clôturer les différents conflits régionaux, plus cette contradiction apparaîtra.
Le cas de Qusra montre aussi que la violence des colons peut devenir un problème bilatéral direct. Lorsque des Palestiniens possédant la nationalité américaine sont visés, l’administration ne peut plus traiter les incidents uniquement comme une affaire intérieure israélo-palestinienne. L’ambassade doit protéger ses ressortissants et demander des comptes aux autorités israéliennes.
La formulation employée par Huckabee pourrait donc constituer un précédent. Si les attaques se poursuivent et si Washington estime que la police ou l’armée israéliennes ne répondent pas suffisamment, la question de mesures américaines contre les auteurs pourrait de nouveau se poser.
Une alliance toujours solide, mais une discipline américaine plus visible
La prudence reste indispensable avant de parler d’une véritable crise stratégique entre les deux pays. Les États-Unis n’ont pas suspendu leur soutien militaire à Israël. Donald Trump n’a pas remis en cause l’alliance et répète publiquement que sa relation avec Netanyahu reste bonne, y compris après le rejet israélien de son plan pour Gaza.
Mais la multiplication des désaccords modifie la nature de cette relation. Washington ne cherche plus seulement à protéger Israël ou à faciliter ses opérations. Il exige désormais plus clairement que Jérusalem respecte les cadres diplomatiques que les États-Unis ont eux-mêmes négociés et les limites fixées par le président américain.
L’Iran a constitué le premier test majeur, lorsque Trump a menacé Netanyahu de le laisser combattre seul. Gaza constitue le deuxième, avec le refus israélien d’un plan présidentiel que Washington continue malgré tout à défendre. Le Liban ajoute un troisième contentieux sur la durée de l’occupation israélienne. La condamnation de Huckabee en Cisjordanie crée désormais un quatrième front politique.
Pris séparément, chacun de ces dossiers pourrait être présenté comme un désaccord normal entre alliés. Leur concentration sur quelques semaines dessine cependant une tendance plus difficile à écarter : les objectifs américains et israéliens pour l’après-guerre ne sont plus totalement alignés.
La prochaine indication viendra de la réaction du gouvernement israélien aux propos de Mike Huckabee et de la manière dont les autorités traiteront les colons impliqués à Qusra. Elle viendra également des négociations sur Gaza et le Liban, où Washington demande désormais des retraits que le gouvernement Netanyahu refuse encore de considérer comme acquis.


