Les derniers articles

Articles liés

Sud-Liban : Salam dénonce les destructions israéliennes

- Advertisement -

Le Premier ministre Nawaf Salam a condamné mercredi 12 août la « destruction systématique » menée selon lui par Israël dans le sud du Liban, après une nouvelle série de démolitions de maisons et de bâtiments publics. Ses accusations ont été renforcées le même jour par les déclarations du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui a affirmé que l’armée détruisait « toutes les maisons » dans la zone contrôlée par ses forces. Washington a de son côté rappelé qu’une présence militaire israélienne permanente dans le sud du Liban serait incompatible avec l’accord-cadre signé fin juin.

La controverse replace les destructions dans le sud du Liban au centre du processus politique engagé entre Beyrouth et Israël. Alors que l’accord conclu sous médiation américaine prévoit un retrait progressif des forces israéliennes, le déploiement de l’Armée libanaise et le désarmement du Hezbollah, les opérations de démolition se poursuivent dans plusieurs localités du sud.

Nawaf Salam considère que ces destructions ne peuvent être justifiées par une qualification générale des villages comme infrastructures militaires. Le chef du gouvernement accuse Israël de détruire des habitations, des infrastructures civiles, des bâtiments administratifs et des lieux de culte tout en empêchant une partie de la population déplacée de retourner dans ses localités.

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Les déclarations d’Israel Katz ont accentué la confrontation. En visite mercredi dans le sud du Liban, le ministre israélien de la Défense a annoncé que les troupes resteraient dans une « zone de sécurité » et a assumé la destruction de bâtiments dans les secteurs sous contrôle israélien.

Nawaf Salam dénonce une « destruction systématique »

Dans son communiqué du 12 août, Nawaf Salam a directement invoqué le droit international et le droit international humanitaire. Il estime que les « attaques, incursions, démolitions et la destruction systématique des habitations », auxquelles s’ajoutent les destructions d’infrastructures, de bâtiments publics et de lieux de culte, constituent une violation grave des règles applicables aux conflits armés.

Le Premier ministre rejette surtout la justification israélienne selon laquelle l’ampleur des infrastructures militaires du Hezbollah permettrait de traiter des secteurs entiers comme des objectifs militaires. Pour Beyrouth, une telle interprétation efface la distinction entre infrastructures civiles et installations utilisées à des fins militaires.

Salam estime qu’il est impossible de considérer des villages et des villes entières comme des « installations militaires ». Une telle qualification ne peut, selon lui, servir à justifier leur destruction, le déplacement de leurs habitants et l’interdiction durable de leur retour.

Cette question constitue désormais l’un des principaux points de friction entre le Liban et Israël. Les bombardements ont fortement diminué depuis les arrangements conclus en juin, mais les démolitions et explosions contrôlées continuent dans plusieurs secteurs où l’armée israélienne conserve une présence terrestre.

Israel Katz assume la destruction des maisons

La déclaration de Nawaf Salam est intervenue le jour même d’une visite d’Israel Katz aux forces israéliennes déployées dans le sud du Liban. Le ministre israélien a défendu la stratégie militaire appliquée dans la zone et déclaré que l’armée continuait à détruire les infrastructures souterraines attribuées au Hezbollah.

Il a également employé une formulation beaucoup plus large en affirmant que l’armée israélienne était en train de « détruire toutes les maisons » dans le secteur concerné. Katz a assuré avoir ordonné aux forces armées de prendre les dispositions nécessaires à une présence prolongée.

Ces propos s’inscrivent dans une ligne déjà exprimée par le ministre israélien depuis le début de la campagne militaire de 2026. Au printemps, il avait annoncé que les habitations situées dans certains villages proches de la frontière seraient détruites afin d’empêcher le Hezbollah de rétablir une infrastructure militaire à proximité du nord d’Israël.

La justification israélienne repose sur l’utilisation présumée de maisons, de tunnels et d’autres installations civiles par le Hezbollah. L’armée israélienne affirme vouloir démanteler les structures permettant au mouvement chiite de se réimplanter près de la frontière et estime que cette action est nécessaire pour garantir la sécurité des localités du nord d’Israël.

Le gouvernement libanais conteste cette logique lorsqu’elle conduit à raser des zones résidentielles entières. Il considère que la destruction généralisée des propriétés civiles ne peut être assimilée à la neutralisation d’objectifs militaires précis.

Zawtar al-Charqiyé : mairie, école et dispensaire détruits

La polémique a pris mercredi une dimension particulièrement concrète à Zawtar al-Charqiyé, dans le sud du Liban. Selon l’Armée libanaise, les forces israéliennes ont fait exploser plusieurs bâtiments dans cette localité située à proximité de l’une des zones pilotes prévues par l’accord conclu en juin.

L’institution militaire affirme que les destructions ont touché le bâtiment municipal, une école publique, un dispensaire, une crèche ainsi que plusieurs habitations. L’Agence nationale d’information a également signalé des explosions provoquées par les forces israéliennes dans différentes localités méridionales.

Pour Beyrouth, la destruction de bâtiments de cette nature renforce les interrogations sur la qualification militaire systématique des infrastructures présentes dans la zone. Une mairie, une école ou un centre de soins bénéficie normalement du caractère civil attaché à sa fonction, sauf utilisation militaire répondant aux critères prévus par le droit des conflits armés.

L’armée libanaise fait également valoir que les opérations israéliennes compliquent directement son propre déploiement. Les destructions des routes, des bâtiments et des infrastructures publiques réduisent les possibilités de rétablir une administration normale dans les secteurs où Beyrouth est censé progressivement reprendre le contrôle.

Washington conteste l’idée d’une présence israélienne permanente

Les déclarations d’Israel Katz ont aussi provoqué une réaction américaine significative. Interrogé sur l’annonce d’une présence militaire prolongée dans la « zone de sécurité », un responsable du département d’État a rappelé que Washington attendait de toutes les parties qu’elles respectent l’accord-cadre conclu à la fin du mois de juin.

Les États-Unis ont souligné qu’Israël avait affirmé ne nourrir aucune ambition territoriale au Liban. Dans cette logique, une présence militaire permanente dans le sud du pays ne serait compatible ni avec les engagements prévus par l’accord ni avec l’objectif d’une sécurité durable des deux côtés de la frontière.

La prise de position américaine est importante parce que Washington constitue le principal médiateur du processus en cours. L’accord du 26 juin repose sur une série d’étapes destinées à rétablir l’autorité de l’État libanais dans le sud tout en répondant aux préoccupations de sécurité israéliennes.

Il prévoit notamment un désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes et le déploiement de l’Armée libanaise. Sa mise en œuvre doit commencer dans des « zones pilotes » avant d’être étendue progressivement.

Une implantation israélienne durable contredirait donc l’un des piliers du mécanisme. De la même manière, Israël considère qu’un retrait ne peut être dissocié de garanties vérifiables sur le démantèlement des capacités militaires du Hezbollah dans les zones concernées.

L’accord de juin mis à l’épreuve sur le terrain

Le différend montre les difficultés croissantes entre le texte de l’accord et la réalité observée dans le sud. Les violences ont fortement diminué depuis la conclusion du mémorandum américano-iranien et de l’arrangement libano-israélien de juin, mais elles n’ont pas complètement cessé.

Des frappes israéliennes ponctuelles continuent d’être signalées. Dans les zones sous contrôle de l’armée israélienne, les démolitions se poursuivent également. Pour le Liban, cette situation empêche de créer les conditions nécessaires au retour des habitants et à la reprise d’une vie administrative normale.

Israël considère pour sa part que le démantèlement des infrastructures du Hezbollah doit précéder tout retour à la situation antérieure. Ses responsables affirment qu’un retrait sans élimination des tunnels, dépôts d’armes, positions et autres installations du mouvement risquerait de recréer la menace qui existait avant la guerre.

Cette différence d’interprétation place l’accord sous tension. Beyrouth considère le retrait israélien et le retour de l’État comme indispensables à l’application du texte. Israël lie davantage son retrait aux résultats obtenus dans le désarmement et à la disparition de toute présence militaire du Hezbollah.

L’Armée libanaise expose ses difficultés au général Clearfield

La poursuite des destructions était également au centre des discussions tenues mercredi entre le commandant de l’Armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, et le général américain Joseph Clearfield. Ce dernier dirige le groupe militaire de coordination chargé de suivre plusieurs aspects de la mise en œuvre des arrangements conclus sous médiation américaine.

Les deux officiers ont examiné la situation dans le sud ainsi que les dispositions sécuritaires prévues par l’accord. L’Armée libanaise a surtout présenté les difficultés auxquelles elle est confrontée dans l’accomplissement de ses missions, en mettant en avant la poursuite des attaques, du nivellement de terrains et des destructions israéliennes.

Cette question touche directement à la crédibilité du mécanisme. Le déploiement de l’armée suppose non seulement la présence de ses unités, mais aussi l’existence de routes, de bâtiments administratifs, de positions militaires et d’infrastructures permettant le retour de l’État dans des régions fortement endommagées.

Le général Clearfield s’est également entretenu avec le président Joseph Aoun au palais de Baabda. Les discussions ont porté sur la mise en œuvre de l’accord-cadre et sur les conditions nécessaires à la poursuite du processus.

Les destructions deviennent un enjeu des négociations

L’ampleur des dégâts dans le sud était déjà devenue un sujet politique avant les déclarations de Nawaf Salam. Une enquête publiée cette semaine à partir d’images satellitaires et de données libanaises décrit des destructions touchant des localités entières, des terres agricoles et des infrastructures civiles.

Le Conseil national de la recherche scientifique libanais estime que des dizaines de localités et de secteurs agricoles se trouvent dans la zone contrôlée par Israël et que plusieurs centaines de milliers d’habitants restent empêchés de rentrer. Les évaluations des dégâts restent néanmoins incomplètes dans les secteurs auxquels les autorités libanaises n’ont pas librement accès.

Israël défend ces opérations au nom de la nécessité militaire et de la destruction des capacités du Hezbollah. Des spécialistes du droit international soulignent toutefois qu’une destruction de biens civils doit répondre à des critères de nécessité militaire précis et ne peut reposer uniquement sur l’hypothèse qu’un bâtiment pourrait être utilisé ultérieurement par un groupe armé.

Le désaccord rejoint donc directement celui exprimé par Nawaf Salam : Beyrouth rejette la possibilité d’attribuer un caractère militaire collectif à des villages entiers pour justifier leur destruction.

Un huitième cycle de négociations prévu à Rome

Cette confrontation intervient alors que le Liban et Israël doivent poursuivre les négociations sous médiation américaine. Un huitième cycle de discussions est prévu le mois prochain à Rome. Il devra traiter de la mise en œuvre de l’accord, du retrait des forces israéliennes et du dispositif de sécurité destiné à empêcher une reconstitution des capacités militaires du Hezbollah dans le sud.

Les propos d’Israel Katz compliquent cependant la position libanaise avant cette nouvelle échéance. Beyrouth considère qu’une occupation durable et des destructions poursuivies après l’accord sont incompatibles avec le processus négocié. Washington a désormais publiquement rappelé qu’une présence militaire israélienne permanente ne correspondrait pas aux engagements pris.

Sur le terrain, la question reste immédiate pour les habitants déplacés. Les nouvelles explosions signalées à Zawtar al-Charqiyé et dans d’autres localités montrent que la diminution des combats n’a pas encore mis fin aux démolitions, alors que l’Armée libanaise doit précisément étendre sa présence dans les secteurs prévus par l’accord.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

A lire aussi