mardi, février 24, 2026

Les derniers articles

Articles liés

Israël publie une carte des sites présumés du Hezbollah au sud du Litani en réponse aux annonces libanaises

- Advertisement -

L’annonce par l’armée libanaise, ce jeudi 8 janvier 2026, de l’achèvement de la première phase de son plan de désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, a immédiatement suscité une réaction ferme de la part d’Israël. Le ministère israélien des Affaires étrangères a diffusé une carte détaillant des sites présumés du mouvement chiite, incluant des complexes, des sites de lancement et des réseaux souterrains, affirmant que le Hezbollah se réarme plus rapidement qu’il n’est désarmé. Cette carte, présentée comme une preuve tangible, met en lumière les tensions persistantes malgré les efforts déployés par Beyrouth pour respecter les termes de l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 sous l’égide des États-Unis.

Cette réponse israélienne intervient alors que l’armée libanaise a déclaré avoir étendu sa présence opérationnelle dans la zone comprise entre la Ligne bleue, frontière délimitée par l’ONU, et le Litani. Selon le communiqué officiel de l’armée, cette phase initiale a permis de sécuriser les zones vitales, d’étendre le contrôle sur l’ensemble du territoire concerné et de démanteler les infrastructures militaires non étatiques. Des tunnels, des positions de lancement de roquettes et d’autres structures ont été neutralisés, tandis que des armes ont été confisquées dans les camps de réfugiés palestiniens. Le commandant de l’armée, Rodolphe Haykal, a briefé le gouvernement lors d’une session du cabinet au palais de Baabda, soulignant que cette étape marque un progrès significatif dans l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en 2006 pour mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah.

Le président Joseph Aoun a exprimé son soutien total à cette initiative, appelant Israël à cesser ses attaques, à se retirer des zones occupées et à libérer les prisonniers libanais. Il a également exhorté les pays amis à ne pas envoyer d’armes au Liban sauf par l’intermédiaire des institutions étatiques, une référence implicite à l’Iran, principal fournisseur du Hezbollah depuis des décennies. Le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri ont eux aussi endossé l’annonce de l’armée, soulignant l’importance de ce pas pour la stabilité du pays et la reconstruction après les destructions causées par le conflit de 2024.

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Du côté israélien, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié les efforts libanais d’encourageants mais « loin d’être suffisants ». Le communiqué insiste sur le fait que l’accord de cessez-le-feu stipule clairement que le Hezbollah doit être pleinement désarmé, et accuse le groupe de tenter de se réarmer et de reconstruire son infrastructure terroriste avec le soutien iranien. La carte publiée par le ministère des Affaires étrangères israélien identifie plusieurs dizaines de sites au sud du Litani, incluant des bunkers souterrains, des dépôts d’armes et des plateformes de lancement camouflées dans des zones civiles. Des photos et vidéos aériennes, promises par le porte-parole de l’armée israélienne, doivent venir appuyer ces allégations dans les prochaines heures.

Cette carte n’est pas une première : Israël a régulièrement partagé de telles informations avec les médiateurs internationaux, dont les États-Unis et la France, pour justifier ses frappes quasi quotidiennes sur le territoire libanais. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 27 novembre 2024, Israël a maintenu une présence militaire sur cinq points stratégiques en hauteur le long de la frontière, des collines qu’il considère essentielles pour sa sécurité. Ces positions, les seules zones au sud du Litani non encore sous contrôle libanais selon l’armée de Beyrouth, sont vues par le Liban comme un obstacle majeur à la poursuite du désarmement. Les autorités libanaises affirment que ces occupations et les frappes continues entravent les opérations de l’armée et favorisent une escalade.

Les craintes d’une nouvelle confrontation

Les échanges de ce 8 janvier 2026 ravivent les appréhensions d’une reprise des hostilités, alors que le Liban peine à se remettre d’une guerre qui a causé des milliers de morts et des dommages estimés à plusieurs milliards de dollars. Le conflit, qui a éclaté en septembre 2024 après des mois d’échanges de tirs à la suite de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, a vu Israël infliger de lourdes pertes au Hezbollah, éliminant une grande partie de son commandement supérieur et affaiblissant considérablement ses capacités militaires. Pourtant, le mouvement chiite conserve une influence politique majeure, avec une représentation importante au Parlement, où il détient de nombreux sièges pour la communauté chiite, et deux ministres au sein du cabinet.

Le Hezbollah, de son côté, a affirmé coopérer avec l’armée libanaise dans le sud, mais refuse toute discussion sur un désarmement ailleurs tant qu’Israël n’aura pas cessé ses frappes et retiré ses troupes du territoire libanais. Des sources officielles du mouvement indiquent que l’accord de cessez-le-feu ne s’applique qu’au sud du Litani, tandis qu’Israël maintient qu’il concerne l’ensemble du pays. Cette divergence d’interprétation est au cœur des tensions actuelles, avec des réunions régulières entre les parties libanaise et israélienne, sous l’égide des États-Unis, de la France et des forces de maintien de la paix de l’ONU (Finul), pour superviser les développements.

L’intensification de la diplomatie israélienne, notamment avec la France et l’Arabie saoudite, vise à exercer une pression sur le Liban pour accélérer le processus. Ces pays, qui ont des intérêts et une influence au Liban, pourraient jouer un rôle clé pour éviter une intervention israélienne directe. Un rapport publié dans la presse israélienne ce même jour qualifie l’annonce de l’armée libanaise de « conte de fées » et le commandant Haykal de figure peu crédible, suggérant que l’armée israélienne prépare un plan pour désarmer elle-même le Hezbollah si nécessaire, bien que le timing n’ait pas encore été décidé.

Le contexte régional et les implications immédiates

Au-delà des accusations mutuelles, cette situation s’inscrit dans un cadre géopolitique complexe marqué par l’influence iranienne au Liban et les alliances régionales. L’arrivée à Beyrouth, ce jeudi, du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, pour discuter des « défis » auxquels fait face le Liban, y compris l’occupation israélienne et les violations du cessez-le-feu, souligne le soutien continu de Téhéran au Hezbollah. Des entretiens avec les dirigeants libanais portent sur les moyens de contrer ces violations, tout en évitant une escalade qui pourrait déstabiliser davantage la région.

Le plan de désarmement libanais, approuvé par le gouvernement en septembre 2025, prévoit une échéance fin 2025 pour évacuer les armes non étatiques au sud du Litani. La seconde phase, qui débutera entre le Litani et le fleuve Awali, incluant la ville portuaire de Saïda, sera évaluée en février 2026 lors d’un rapport mensuel au gouvernement. Le ministre de l’Information, Paul Morcos, a indiqué que l’armée travaillera également sur un plan pour le nord du Litani, avec une « contention » des armes dans d’autres régions du pays, interdisant leur usage ou leur déplacement.

Cette initiative est cruciale pour le Liban, qui espère attirer des fonds internationaux pour la reconstruction. La guerre de 2024 a exacerbé la crise économique, avec une dette publique dépassant les 100 milliards de dollars, une inflation galopante et une pauvreté touchant plus de 80 % de la population. Le désarmement des groupes non étatiques, dont le Hezbollah et les factions palestiniennes, est perçu comme une condition sine qua non pour débloquer des aides du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, qui conditionnent leur soutien à des réformes structurelles et à une souveraineté étatique renforcée.

Les dynamiques confessionnelles ajoutent une couche de complexité. Le Hezbollah, ancré dans la communauté chiite du sud et de la Bekaa, jouit d’un soutien populaire en tant que force de résistance contre Israël. Son désarmement partiel au sud pourrait affaiblir son rôle militaire sans altérer son poids politique, mais toute tentative d’extension nationale risque de raviver les divisions internes, dans un pays où les alliances confessionnelles – sunnites à Tripoli, chrétiens dans le Mont-Liban, druzes dans le Chouf – dictent souvent les équilibres du pouvoir.

Les violations persistantes et les occupations

Malgré l’annonce libanaise, Israël continue d’occuper les cinq points stratégiques frontaliers, des hauteurs dominant la vallée de la Bekaa et les routes d’approvisionnement. Ces positions, prises lors des opérations de 2024, permettent à Israël de surveiller les mouvements au sud du Litani et de prévenir toute reconstitution des forces du Hezbollah. L’armée israélienne justifie ces occupations par la nécessité de protéger ses frontières, accusant le Hezbollah d’utiliser des civils comme boucliers pour cacher des armes dans des villages et des zones agricoles.

Les frappes israéliennes, quasi quotidiennes depuis le cessez-le-feu, visent des cibles présumées du Hezbollah, incluant des convois d’armes et des sites de stockage. Le Liban dénonce ces actions comme des violations flagrantes de l’accord, qui entravent le déploiement complet de son armée et sapent la confiance dans le processus. Des rapports de la Finul confirment une augmentation des incidents frontaliers, avec des échanges de tirs sporadiques et des survols de drones israéliens au-dessus du territoire libanais.

Dans ce climat, le mécanisme de suivi du cessez-le-feu, impliquant les États-Unis, la France, l’ONU et les parties concernées, joue un rôle pivotal. Des réunions tripartites à Naqoura, siège de la Finul, permettent de discuter des plaintes et de coordonner les retraits. Pourtant, les divergences persistent : le Liban insiste sur un retrait israélien immédiat, tandis qu’Israël conditionne tout mouvement à une vérification indépendante du désarmement.

Les perspectives immédiates pour la seconde phase

La transition vers la seconde phase du plan libanais, centrée sur la zone entre le Litani et l’Awali, implique des défis logistiques pour une armée libanaise aux ressources limitées. Avec un budget restreint et une dépendance aux aides internationales, l’armée a progressivement dispersé ses forces dans le sud, confisquant des armes dans les camps palestiniens comme ceux de Rachidiyé et de Bourj el-Barajneh. Cette opération, menée avec discrétion pour éviter des confrontations internes, vise à réaffirmer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.

Le rapport prévu en février 2026 évaluera les progrès et proposera un calendrier pour les étapes suivantes, incluant potentiellement une contention des armes au nord du Litani. Des officiels libanais soulignent que cette approche progressive est essentielle pour maintenir la stabilité, évitant un vide sécuritaire qui pourrait profiter à d’autres groupes armés. Entre-temps, les efforts diplomatiques se multiplient, avec des contacts entre Beyrouth et Washington pour renforcer les capacités de l’armée libanaise via des formations et des équipements.

Les implications pour la reconstruction économique

Le désarmement est intimement lié à la relance économique du Liban. Après la guerre de 2024, qui a détruit des infrastructures clés comme des ponts, des routes et des quartiers entiers dans le sud, le pays compte sur des conférences internationales pour mobiliser des fonds. La Conférence de Paris, prévue pour le printemps 2026, pourrait débloquer des milliards si le Liban démontre un engagement ferme envers la résolution 1701 et la monopolisation des armes par l’État.

Des estimations du ministère des Finances indiquent que la reconstruction nécessitera au moins 20 milliards de dollars, couvrant la réparation des habitations, la restauration du réseau électrique – endommagé à 40 % – et la relance du port de Beyrouth, déjà affaibli par l’explosion de 2020. Le désarmement du Hezbollah est vu comme un signal positif pour les investisseurs, particulièrement les pays du Golfe, qui conditionnent leur aide à une réduction de l’influence iranienne.

Les tensions frontalières et les accusations croisées

Au cœur des désaccords, la carte israélienne met en exergue des sites spécifiques : des complexes souterrains près de Nabatiyeh, des lancement de roquettes camouflés dans des oliveraies à Bint Jbeil, et des réseaux logistiques reliant la Bekaa au sud. Israël affirme que ces installations, détectées par des renseignements avancés, prouvent que le Hezbollah tente de reconstituer son arsenal malgré les pertes subies en 2024, quand des milliers de roquettes ont été détruites et des commandants comme Fouad Chokr éliminés.

Le Liban rétorque que ces allégations servent de prétexte à des violations continues, avec plus de 50 frappes recensées depuis le cessez-le-feu. Des incidents récents, comme une frappe sur un véhicule près de Tyr le 6 janvier 2026, illustrent cette dynamique. L’armée libanaise, tout en poursuivant ses opérations, appelle à une coordination accrue via la Finul pour vérifier les sites et éviter les malentendus.

L’influence internationale et les médiations en cours

Les États-Unis, architectes de l’accord de 2024, exercent une pression sur Beyrouth pour accélérer le désarmement, tout en soutenant Israël dans ses préoccupations sécuritaires. Des visites de hauts fonctionnaires américains à Beyrouth en décembre 2025 ont insisté sur la nécessité d’une implémentation complète de la résolution 1701, incluant le retrait du Hezbollah au nord du Litani et la destruction de son arsenal.

La France, avec ses liens historiques au Liban, joue un rôle de médiateur, facilitant des dialogues sur l’assistance à l’armée libanaise. Des discussions avec l’Arabie saoudite visent à contrer l’influence iranienne, avec des promesses d’investissements si le Hezbollah accepte un rôle purement politique. L’Iran, via son ministre Araghchi, réaffirme son soutien au Liban face à l’« agression » israélienne, sans commenter directement le désarmement.

Les défis internes au Liban

Au sein du Liban, le processus soulève des questions sur la cohésion nationale. Le Hezbollah, malgré ses pertes, maintient une base loyale dans les régions chiites, où il fournit des services sociaux et une protection perçue contre Israël. Son acceptation du désarmement au sud est conditionnée à un retrait israélien, mais des voix internes au mouvement indiquent une réticence à céder l’ensemble de son arsenal, vu comme un atout stratégique.

L’armée libanaise, composée de toutes les confessions, doit naviguer ces sensibilités pour éviter des fractures. Des opérations récentes dans les camps palestiniens ont confisqué des armes légères et des munitions, mais sans affrontements majeurs. Le gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025, priorise la stabilité, avec des ministres comme celui des Affaires sociales gérant les retombées humanitaires.

Les occupations israéliennes en détail

Les cinq points occupés par Israël – des collines comme celles de Maroun al-Ras et de Aïtaroun – offrent une vue imprenable sur les vallées libanaises. Contrôlés depuis novembre 2024, ils abritent des postes d’observation et des unités d’élite. Le Liban exige leur évacuation immédiate, arguant qu’ils violent la souveraineté et empêchent le déploiement complet au sud du Litani.

Des patrouilles conjointes avec la Finul tentent de monitorer ces zones, mais des incidents, comme des tirs de sommation le 4 janvier 2026, soulignent les risques. Israël conditionne tout retrait à des garanties que le Hezbollah ne reviendra pas, proposant des vérifications internationales.

Les frappes récentes et leurs impacts

Les frappes israéliennes du 7 janvier 2026 près de Khiam ont ciblé un dépôt présumé, causant des dommages matériels sans victimes rapportées. Ces actions, justifiées par des renseignements sur des mouvements d’armes, sont dénoncées par Beyrouth comme des provocations. L’armée libanaise répond en renforçant ses positions, avec des déploiements supplémentaires de blindés et d’infanterie.

Dans ce contexte, la visite d’Araghchi inclut des discussions sur des aides humanitaires iraniennes, tout en condamnant les occupations. Les implications immédiates incluent une vigilance accrue le long de la frontière, avec la Finul augmentant ses patrouilles pour prévenir les escalades.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

A lire aussi